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 Time may change us But we can't trace time - Rayavi & Willys

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(Admin) ϟ Résistante de Timber
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MessageSujet: Time may change us But we can't trace time - Rayavi & Willys   10.02.17 13:49

Time may change me But I can't trace time
Raya & Willys


   
À présent, elle était un fauve. La tête pleine de rugissement, elle était rugissement à l'intérieur et silence à l'extérieur. Rien n’aurait su mieux décrire ce qu’il en était de Willys Weiss aujourd’hui. Les réponses qu'elle offrait à ses interlocuteurs étaient lapidaires, elle d'habitude si bavarde se taisait et se mouvait sans empressement, sans agitation, semblait d'ailleurs selon certain prendre plaisir quand cela rendait mal à l'aise son audience. Quelque chose avait changé, nul n'aurait su vraiment dire quoi, c'était un changement invisible à l'œil nu mais, elle, la percevait, cette petite chose qui faisait la différence aujourd'hui. Un bouleversement imperceptible qui s'en allait créer des réactions en chaîne jusqu'à l'anéantissement de celle qu'elle avait été par le passé.

Tout est laid, pensait-elle, sans prendre jamais de plaisir dans rien. La vie, pour le dire de manière prosaïque avait comme une consistance de soupe difforme et sans saveur. Willys se déplaçait d’un point à un autre sans se réjouir, souriait vaguement, l’air ailleurs. Nul ne savait ou s’en allait son esprit lorsque son regard plein de vides se posait sur un objet ou sur une personne sans qu’elle ne semble vraiment les voir. En d’autres termes, elle effrayait sa famille inquiète depuis sa courte fugue à Timber. C’est comme si ce jour-là, elle ne leur était pas tout à fait revenue entière.

Elle mangeait sans appétit à n'importe quelle heure de la journée, son corps d'ailleurs s'était arrondie et on la pensait en bonne santé. En réalité c'était là le fruit de l'ennui et de l'angoisse, le temps s'étirait ici à Deling, ses journées étaient vide et si longue. Pour calmer ses humeurs rebelles qui avaient effrayé toute sa famille, on lui avait rapidement fait une place dans la préparation du mariage qui aurait lieu le moi prochain. Une idée de ses parents que Hazel avait accueillis sans grand enthousiasme, elle avait néanmoins accepté que Willys s'assoie à côté d'elle et tachait de lui faire paresseusement décrocher quelques mots. Étrangement la cadette s'était prêté au jeu. Son regard était las, mais de temps à autre elle lançait des idées intéressantes alors qu'elle fixait sans envie la maquette de la salle de réception, toute fascinée par la minutie du travail de celui qui avait été chargé de réduire à petite échelle le lieu où tout ce beau monde se réunirait pour acclamer Monsieur et madame Général de Timber. En réalité, sans que cela ne soit très sérieux, elle songeait ou il serait le plus judicieux de s'installer pour faire un carnage. Elle imaginait les pires des scénarios sous une apparente indifférence, touchait de manière pensive la miniature d'une petite table et songeait au dégât si par inadvertance quelqu'un y aurait caché une bombe. On aurait dit qu'elle essayait d'amoindrir le risque - possible - de mort violente en le réduisant a des pensées dévastatrices. Elle ne lançait pas un mauvais sort, au contraire, elle le contrait à sa manière.

Et puis, comme il devint nécessaire de l'occuper toujours plus, de fil en aiguille on vint à lui proposer de devenir professeure de solfège. C'est une amie de Hazel qui s'adressa poliment à elle en louant son parcours, pourtant brouillon, de musicienne et la pria d'enseigner la musique à sa fille qu'elle comptait inscrire au conservatoire. Willys avait parfaitement conscience que l'idée ne sortait pas de nul part, que ses inquiets de parents avaient dû encore là jouer un rôle mais elle ne s'en formalisa pas bien longtemps et accepta l'offre. Elle eut une élève, puis deux, au bout de deux semaines elle pouvait se vanter d'être là professeur privée de quatre petits musiciens en herbes dont elle s'était assez rapidement attachée. Ces enfants étaient tous issus d’un certain milieu, leurs parents étaient tout aussi puissants que terrifiant mais nul n’égalait la dernière de la liste qui l’avait employée. Rayavi Kumar.

Joan l’avait prévenu, quand il avait appris que sa belle-sœur serait amenée à côtoyer la famille Kumar un sourire bien particulier s’était dessiné sur son visage. Là, il n’avait pas manqué de lui signaler qui elle était, de dresser un portrait des plus acerbes de la drôle de dame ou transparaissait pourtant une certaine forme respect. Il fallait faire avec tout cela mais Willys, car c’était bien plus commode, se concentrait sur les leçons avec la fille et non sur la mère qui, parfois, passait un coup d’œil discret à travers la porte du salon où avaient lieu les cours. Au mieux, la promue professeure tachait d’ignorer la présence impressionnante de son hôte et pour l’heure les deux femmes n’avaient échangé que deux trois mots formels. La blonde tachait de ne rien offrir de plus tant elle était persuadée de se faire dévorer si un jour elle se risquait à aller plus loin, elle ne voulait être rien de plus que celle qui venait dispenser des cours à son adorable fillette. Encore une fois, elle fermait les yeux et ne voulait rien entendre.

« Bien. » Conclut Willys en observant l’enfant du coin de l’œil, refermant son cahier, signant la fin de la leçon. « A la semaine prochaine Ariane. » Finit-elle avec un sourire chaleureux convenu, un brin mécanique alors que l’enfant sautait de sa chaise et la laissait ranger ses affaires. La professeure rangea quelques mèches rebelles derrière son oreille, soupira le plus discrètement possible, attrapa ses fournitures et les casa sans soin dans une sacoche rapiécé dont la lanière menaçait à chaque instant de se rompre. Frottant ses yeux fatigués, Willys secoua vaguement la tête et se redressa, rejoignant un brin fébrile la mère avec, pourtant, cette espèce de nonchalance qui la sauvait aujourd’hui de bien des situations.

Elle était là, debout derrière la porte, sans l’enfant, et comme toujours Willys ne la regarde pas vraiment. Plutôt, elle la regardait sans la voir, offrant un nouveau sourire sans chaleur qu’elle maîtrisait avec de moins en moins de maladresse. « Ariane travaille très bien. » Assura-t-elle généreusement. Ce genre de commentaire stérile que l’on se sentait obligé de faire pour ne pas partir en manquant de politesse… La conversation aurait pu s’arrêter là. Mais peut être, ce soir, les choses seraient différentes.
   
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MessageSujet: Re: Time may change us But we can't trace time - Rayavi & Willys   11.02.17 11:35

Time may change us But we can't trace time
Willys & Rayavi


Vendeuse de drogue?
Immergée, criant de toutes ses forces sans même faire le moindre bruit, rage et colère se répandaient doucement dans une baignoire si finement ouvragée qu’elle en était presque une œuvre d’art. Des eaux parfumées et savonneuses surgit une silhouette féline, tout juste couverte par de la mousse. Rayavi poussa un long soupir. Il ne lui fallut qu’une fraction de seconde pour atteindre sa coupe de champagne délicatement déposé sur le côté. Le sens des priorités, la veuve semblait l’avoir. Se perdant dans l’apprêté de sa boisson, tout ce qu’elle cherchait à faire, c’était oublier pour un instant la situation abominable dans laquelle elle se trouvait. Qui l’eut cru, la grande et détestée Rayavi mise au tapis par une foutue sorcière et ses sbires. Pire encore, son enfant, appendice de sa propre personne, lui avait été volé. Tristesse, dépression, inquiétude, aucune de ces émotions ne semblaient avoir pris le dessus chez la froide demoiselle. Un seul sentiment dominait ses pensées : colère. Elle les écraserait tous, sans exception. Cette simple idée la fit frémir de plaisir, s’enfonçant un peu plus profondément dans l’eau brûlante. Ce moment de détente aurait pu durer des heures encore, mais malheureusement, la complaisance n’était plus permise.

Second soupir. Aussitôt quitta-t-elle la chaleur réconfortante de son bain que déjà les voix bêtes et sonores de ses « gardes du corps » résonnaient violemment dans sa tête. Superbe cadeau de son bourreau, ses moindres faits et gestes étaient épiés sans aucune délicatesse par ces abrutis. Rayavi se serait bien jetée derechef dans ses draps de soie, mais la journée était loin d’être finis. Il était tout juste 18h51, et la leçon de solfège de sa fille se terminait incessamment sous peu. Aucun besoin de rejoindre à priori la professeur et Ariane, puisque les cours se passaient un peu plus bas dans le salon du manoir Kumar. Une idée folle trottait pourtant dans la tête de la veuve… Oui, il était temps. Souriant doucement, satisfaite par ses propres projets, Rayavi quitta brusquement la salle de bain attenante à sa suite, poussant la porte contre l’un de ces balourds. Complètement nue, sans gêne ni pudeur vis-à-vis de ces gardes qu’elle ne considérait même pas comme humains, car bientôt morts, la demoiselle se dirigea avec nonchalance jusqu’à sa garde-robe. Se montrer décontractée tout en assurant sa position de pouvoir. Il ne lui fallut que quelques instants pour trouver la tenue parfaite. D’un ivoire chatoyant mettant en valeur son teint hâlé, ce négligé représentait cet équilibre parfait qu’elle recherchait tant. Faisant tomber avec douceur ses longues boucles dans son dos, la vénéneuse Rayavi était prête à faire des ravages.

Il était temps désormais. 18h58. Mademoiselle Weiss quitterait aussi vite que possible le manoir, ainsi il n’y avait pas un instant à perdre. Attrapant un étrange flacon à la sortie de sa chambre, Rayavi se dirigea avec hâte vers le petit salon. Willys était un sujet plus qu’intéressant à étudier. La position de ses parents, leurs prétendues ambitions, les rumeurs d’un mariage pour bientôt. Pitié et amusement, voilà ce que ressentait la veuve pour cette jeune femme. Tout était bon à prendre dans le jeu dangereux que Rayavi comptait mener, et une personne semblant de premier abord sans aucune utilité pouvait se révéler être le plus puissant des alliés. L’ancienne factrice avait su suscité l’intérêt de l’affreuse matriarche, mais il restait maintenant à déterminer s’il y avait quelque chose à tirer d’elle ou non. Intérêt ne signifie ni respect ni admiration. Hostile, froide, bête, de nombreuses choses pouvaient pousser Rayavi à la laisser dans sa misère. La veuve espérait qu’elle aurait le bon sens de savoir qui flatter et qui rejeter. Pressée comme jamais, la matriarche n’en oubliait pas pour autant l’élégance avec laquelle elle se devait de se mouvoir. Descendant les escaliers telle une duchesse,  la main posée délicatement sur la rambarde, Rayavi exultait le pouvoir. Ce n’était en vérité plus le cas, et les rares spectateurs n’étaient que d’austères tableaux. Les apparences comptaient tout de même toujours plus que le reste.

19h, pile à l’heure. Rayavi eut tout juste le temps d’embrasser sa fille, cette dernière se dirigeant sans demander son reste vers sa chambre. La vraie partie de plaisir allait commencer maintenant. De l’encadrement de la porte du petit salon apparut Willys, belle comme une fleur mais semblant presque fanée en cet instant. Elle semblait misérable, et la veuve se demandait vraiment si elle pensait convaincre qui que ce soit avec ces sourires en demi-mesure, masquant tout juste son malaise. Ou peut-être que Rayavi était juste devenue trop bonne à ce petit jeu. Allez savoir. Lui rendant un sourire resplendissant, la matriarche détailla son interlocutrice en silence, une petite habitude made in Kumar. Willys devait y être habituée désormais, mais quelque chose semblait différent cette fois-ci. Un soupçon d’intérêt sincère pour la jeune femme peut-être ? « Ariane travaille très bien ». L’ancienne ingénieure eut presque envie de rire, mais se retint sans problème avec son maintien légendaire. L’échange de simples mots de courtoisie semblait inévitable désormais… Ou peut-être que ?

-Je suis ravie de l’entendre. Pour dire vrai, j’ai moi-même constaté d’incroyables progrès depuis que nous passons par vous. Vous êtes prodigieuse Mademoiselle Weiss. Il serait ainsi dommage de devoir me séparer d’un élément aussi brillant.

Clac. Comment une voix si douce et mélodieuse pouvait-elle prononcer de telles choses ? Le sourire de la veuve se transforma en même temps, devenant plus fin, presque moqueur ? Willys serait étonnée par cette étrange tournure de situation. Malheureusement pour elle, elle n’était pas au bout de ses peines, loin de là. Avançant lentement sa main droite vers la jeune femme, un étrange flacon trônait entre ses griffes. Quand il fût assez proche de son visage, l’ancienne factrice put lire sans aucun problème l’étiquette. Un flacon de pilules psychotropes, des antidépresseurs. La situation n’avait aucun contexte, pas de raison, pas de logique, rien. Du moins c’est ce que Willys penserait nécessairement. Le discours de la veuve ne reprit que plus fort que jamais.

-Je me suis donc arrangée pour vous procurer ces jolies petites pilules. Vous savez, je crois en l’idée que les enfants ressentent les émotions des adultes qui les entourent. Il serait fâcheux que votre mal-être défavorise Ariane, n’êtes-vous pas d’accord?

Folle, Rayavi semblait l’être. Les choses ne feraient qu’empirer pour un temps. Le test, après tout, ne faisait que commencer.
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MessageSujet: Re: Time may change us But we can't trace time - Rayavi & Willys   16.02.17 11:45

Time may change us But we can't trace time
Willys & Rayavi


Petite, elle se sentait si petite au milieu de ce décor. Tout ici lui rappelait l'escroquerie que représentait sa présence et semblait l'appeler à réaliser qu'elle n'était et ne serait jamais faite pour ce monde. Tant mieux, lui soufflait une petite voix, quelque part elle n'avait aucune envie d'oublier d'où elle venait et rejeter d'une certaine façon ce qui se présentait à elle c'était peut-être une forme fragile de résistance. Cet empire elle ne devait et ne devrait jamais l'envier. Son regard dénué de toute émotion, ses gestes dénués de toutes intentions, Willys n'avait qu'une envie à présent, quitter la demeure au plus vite. Mais une fois dehors, elle voudrait certainement quitter la ville, puis peut être même plus tard le continent et si cela était possible elle aurait volontiers déserté sa propre tête. Partir à la recherche d'un endroit inédit où elle se sentirait enfin bien, loin des guerres, des conflits d'intérêts de toute cette folie assassine. Elle avait encore le luxe de fantasmer malgré son apparente absence, un lieu où elle échapperait à toutes ses angoisses, un endroit où elle se révélerait et ou, tout simplement, elle se sentirait bien. Utopique, peut-être, mais il était rassurant d'avoir encore la capacité de rêver.

Jamais pourtant il ne lui était venu à l'idée de rejoindre un paradis artificiel, de croire aux promesses faites par l'ordonnance d'un médecin ou par un homme peu scrupuleux lui assurant que sa marchandise lui ferait oublier tous ses problèmes. L'idée même l'effrayait, la dépendance lui faisait peur car quoi que pourvu d'un esprit plutôt solide elle savait qu'un rien aujourd'hui suffirait à la briser. Commencer, oui, et puis comment s’arrêter ? Aussi lorsque, impérieuse, Rayavi Kumar révéla l’objet caché au creux de sa main, toute blême Willys accusa le coup avec difficulté.

Ah, on en était là ? Machinalement la main gauche de la professeure se resserra autour de la lanière fragile de son sac alors que, inhalant une dose de courage sous forme de grande inspiration d’air, elle alla planter son regard dans celui si intimidant de son interlocutrice. Bien. Elle partait avec grand désavantages dans ce combat, elle en avait pertinemment conscience, elle n’avait ni la verve impeccable de Rayavi ni son charisme détonnant. Lui demandait-on pour autant de briller d’une quelconque manière ? Au fond elle ne s’imposait qu’une chose, ne pas être trop ridicule. Si elle voulait s'échapper, il n'était pas question d'entrer trop longtemps dans son jeu, lui donner ce qu'elle voulait et partir. Point. Willys n'avait jamais fait une bonne locutrice, plus impulsive que réfléchie, un brin ingénue et n'y connaissant pas grand chose dans l'art de la manipulation, sa franchise en devenait déconcertante et elle ne percevait que bien rarement les subtilités du langage. Elle partait avec une balle dans le pied, elle avait un maître en la matière face à elle.

Trop étourdie pour mesurer l’affront, s’en formaliser ou se mettre en colère, sa naïveté et son esprit plutôt lent lui permettraient peut-être d’avoir une attitude correcte. Caresser pour mieux frapper, elle avait au moins eu la jugeote de comprendre le sort qu’était en train de lui réserver la matriarche sans deviner à quelle sauce elle serait dévorée, car bien que la blonde la surplombe de quelque dix bons centimètres, elle devinait le festin à suivre.

« Non. » Balbutia t’elle en cherchant ses mots, une première elle qui d'habitude parlait sans vraiment bien réfléchir, réajustant la lanière sur son épaule, serrant son autre poing. « Je veux dire, non, bien sur vous avez raison, mais non. Je vous remercie, mais ça ne m’intéresse pas. Et ma foi si j’en ressens finalement le besoin, je trouverai bien une façon de m’en procurer par mes propres moyens. »

Par Hyne, d’où lui venait cette impertinence ? Ce n’était pas de l’insolence au sens propre du terme, mais refuser une offre en y mettant les formes, c’était nouveau. Loin de s'engaillardir de cette heureuse hardiesse, le regard incertain Willys jaugea l’effet de sa réponse sur sa patronne.

« Mais soyez assurée que je me préoccupe du bien d’Ariane et… » Mais comme si le destin eu décidé qu’elle devenait décemment trop confiante, la lanière de son accessoire choisis que le moment était idéal pour se rompre. Un poids en moins sur son épaule, le sac s’effondra sur le sol et déversa son contenu de manière éparse devant les deux femmes. Au début, Willys ne réagit pas, elle contempla le désastre d’un air profondément las avant de fermer les yeux et de prendre une longue et bruyante respiration. Ses nerfs s’en allaient craquer comme cette pauvre sangle.

« Excusez-moi. » Lâcha-t-elle froidement avant de s’accroupir pour rassembler ses affaires, préférant s’éteindre pour ne pas éclater. Elle n’était, heureusement pour elle, pas ce genre de femmes à accumuler mille et un trésor dans sa besace. Un agenda, son portefeuille, un paquet de cigarette timidement entamé, son livre de musique, son cahier de professeure et un autre, étrangement vide qu’elle s’était promis un jour de couvrir de notre, gisaient ça et là et il ne serait pas trop compliqué de les rassembler. Ah cet acerbe sentiment de honte, revoilà qu'il faisait des siennes en semant le désordre dans son esprit. Comme s'il n'était pas déjà assez humiliant d'entendre dire qu'elle était dépressive, il fallait en plus qu'elle donne toujours plus de raisons à ses interlocuteurs de penser qu'ils étaient dans leur droit de la prendre de haut.
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MessageSujet: Re: Time may change us But we can't trace time - Rayavi & Willys   17.02.17 7:45

Time may change us But we can't trace time
Willys & Rayavi


De la peur au pouvoir?
Le malaise de la demoiselle suintait sans aucun contrôle de sa pauvre enveloppe charnelle. Aux yeux de Rayavi, Willys était transparente. Son regard morne, ses mots sans aucune saveur, son visage blême. Si la veuve cherchait à détruire l’institutrice, rien ne serait plus simple. Si fragile, il semblait que le moindre souffle l’emporterait au loin. Hyne soit loué, ses intentions n’étaient pas mauvaises, ou du moins pas vraiment. La jeune femme se pensait peut-être adroite dans cette supercherie, mais on ne pouvait ainsi tromper une vieille louve comme Rayavi. Tout cela ne signifiait qu’une chose : malgré son apparente dépression, l’instinct de survie de la rebelle demeurait. Cette flamme qui, en dépit de tout, la poussait à continuer à vivre du mieux qu’elle le pouvait. Quelle créature intéressante. Son petit manège n’offrait rien de plus qu’un spectacle grandeur nature à la veuve. Elle tentait bien, toute pâle, de tenir tête à son hôtesse, mais c’était une guerre perdue d’avance. Que pensait-elle ainsi faire ? Cherchait-elle à fuir ? Pensait-elle qu’il était aussi facile de s’échapper des griffes de l’ignoble dame Kumar ? Comprenait-elle à qui elle avait affaire ?

Les mots de la jeune femme étaient durs, froids et d’une étonnante impertinence. Son masque restait pourtant craquelé, tenant tout juste sur son anxieux visage. Sa réponse était malgré tout intéressante, bien plus censée que tout ce que la veuve avait pu s’imaginer. Les différents éléments s’imbriquaient naturellement, offrant petit à petit à Dame Kumar un véritable panorama sur la personne de Willys. Sa volonté demeurait encore, victoire. Faible, presque éteinte, elle était tout de même là. Rayavi était satisfaite, tout ce qu’elle cherchait à savoir lui venait sans aucun effort entre les mains. Cette étrange institutrice pouvait être utilisée, bien. Des pantins sans volonté, la veuve n’en voulait pas. Tout ce qu’elle souhaitait, c’était des pions avec la rage de vaincre, ou du moins de faire changer les choses. Elle était décidée. Mme Weiss deviendrait sienne. Ses pensées semblaient cruelles, pourtant cette alliance impie offrirait tant à la demoiselle. Inégal ou non, l’échange qui adviendrait éventuellement ne laisserait pas totalement démunis l’âme en peine de cette pauvre Willys. Le sourire de l’hotêsse s’illumina alors que ces réjouissantes idées traversaient son esprit. Il était hors de question de lui laisser l’occasion de s’enfuir.

Posant en silence le flacon d’antidépresseurs sur l’une des tables de l’entrée qu’elle pouvait par miracle atteindre, Rayavi restait toujours au milieu du passage entre le petit salon et la sortie, amusée comme jamais. Tandis que la veuve s’apprêtait à lancer la suite de son horrible petit plan, la jeune Willys fût rattrapée par sa propre maladresse, renversant tout le contenu de sa sacoche à terre. Elle était si mignonne, toute gauche et faiblarde. Observant hâtivement le contenu du fameux sac exposé à son regard de rapace, Rayavi se décida à lui venir en aide. Austère mais révélateur. Et ce paquet de cigarette tout juste entamé, cherchait-elle stupidement à noyer son mal-être dans ce vice-là ? Qu’importe. Se mettant avec élégance et douceur sur ses genoux, l’hôtesse aida son invité à rassembler ses affaires. Leurs mains se croisèrent à de nombreuses reprises, ne provoquant qu’indifférence chez Dame Kumar. Alors qu’elle se tenait là, belle comme jamais, un sourire ravageur sur le bout des lèvres, Rayavi prit enfin la parole, sa voix suave résonnant comme une douce mélodie.

-Vous êtes étonnamment plus résiliente que dans mes plus beaux rêves, Dame Weiss. Je suis ravie que vous ayez décliné mon offre. Je tenais à vous montrer la futilité de votre attitude, ce qui semble malheureusement toujours vous échapper, mais je suppose que vous pouvez être satisfaite de ne pas être un échec absolu.

Ses mots étaient durs, comme toujours, mais pas dénués de vérité. Rien ne devait faire sens pour la résistance en cet instant, le discours de la veuve ne semblant qu’effleurer tout juste le cœur du problème. Heureusement pour elle, Rayavi comptait bien lui ouvrir les yeux, quitte à la forcer violemment. Gaspiller ainsi un tel potentiel était ridicule. Il fallait tout faire pour sauver le soldat Weiss.

-Pensez-vous influencer votre destin en vous comportant ainsi ? Molle, sans but, faible. Je ne connais pas les détails de votre vie, Mme Weiss, tout ce que je sais, c’est que vous êtes malheureuse. Votre attitude n’aide en rien, malheureusement. Vivez, riez et surtout, préparez votre revanche sur ceux qui vous ont ainsi troublé. Je ne veux pas d’un cadavre ambulant aux côtés de ma fille. Vous ne souhaitez pas vous droguer, ce que je respecte grandement mais… Reprenez vos esprits ou disparaissez de ma vue. Réfléchissez-y soigneusement, il serait dommage de prendre avec hâte une décision que vous regretterez le restant de vos jours.

Rayavi se demandait bien comment son interlocutrice allait réagir à tout cela. Correctement, elle l’espérait en tout cas. Se relevant avec addresse, subtilisant au passage le paquet de cigarette de l’institutrice, la veuve franchit le seuil de la porte, entrant à son tour dans le petit salon. Dépassant Willys d’une démarche féline, Dame Kumar tourna tout juste son visage vers elle, la scrutant avec attention.

-Rejoignez moi… pour un verre.

La fausse hésitation au milieu de ces quelques mots n’était pas innocente. Elle promettait indirectement à Willys le monde, et elle espérait que la jeune femme en tirerait les bonnes conclusions. Les choses promettaient, décidemment.

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Dernière édition par Rayavi Kumar le 07.03.17 3:39, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: Time may change us But we can't trace time - Rayavi & Willys   21.02.17 13:33

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Willys & Rayavi


Il eut surement été plus prudent de dire oui. Si écourté l’échange devenait une priorité, donner à son interlocutrice ce qu’elle voulait et partir sans demander de reste aurait été la plus sage des conduites. Seulement, aussi catastrophique sois son état, Willys ne se résolvait pas à abandonner ce qu’il lui restait de conviction. Elle n’avait jamais été du genre à donner à l’autre la réponse qu’il attendait, à se plier à la majorité en adoptant l’avis général par confort. Elle campait plutôt son opinion et cela lui avait parfois joué quelques tours, nullement décidé à ménager ses interlocuteurs et à leur faire entendre ce qu’il leur faisait plaisir plutôt que ce qu’il lui semblait juste. Cela tendait à étonner son auditoire prompt à considérer qu’elle n’était pas bien éloquente, pourtant, pourvu d’ un caractère pour le moins obstiné, plus d’un s’était heurté à son entêtement en essayant de lui faire changer d’avis.

Willys n’oubliait pas pour autant à qui elle avait affaire, une femme redoutable, ce genre de personnage avec qui il serait inconscient de rivaliser. Le genre de personne, aussi, qu’elle n’avait aucune envie de côtoyer. Rayavi Kumar, son histoire et ses frasques, étaient effrayantes et fou serait celui qui voudrait avoir un rôle dans cette intrigue. Willys ne prétendait à rien, s’approcher de cette maison n’avait jamais fait partie de ses grands projets et on pouvait se demander pourquoi diable avait-elle accepté l’offre d’enseigner la musique sous ce toit si elle ressentait une pareille aversion pour ce que représentait la présidente. Les enfants, prétendait-elle, ces enfants fils et filles de monstres dont elle voulait s’approcher et à qui elle voulait apprendre quelque chose à travers ses fragiles leçons. Si c’était là un moyen de se projeter, une espèce de thérapie étrange à laquelle elle se prêtait plus ou moins consciemment, très certainement. N’acceptant rien de sa famille et de leur héritage, elle se cherchait presque dans le visage de ces enfants fortunés à qui elle enseignait la musique. Aussi pathétique soit il le constat était sans appel et si elle en avait eu honte le jour où elle l’avait réalisé, être professeure restait ce qui la sauvait du naufrage.

Cataclysme imminent. Au moment où son sac heurta le sol dans un fracas épouvantable, rependant son contenu dans le hall, elle ressentit une fureur et une tristesse profondément démesurée. Cette petite chose de trop, qui surgit au mauvais moment, et vous pousse bêtement à remettre toute votre vie en question. Elle aurait pu en hurler de rage. Bien sûr elle se dépêchait de ramasser ses fournitures, mais quelle ne fut pas sa surprise quand la superbe Rayavi lui prêta main forte. Gênée par cette attention alors que les doigts de la présidente se refermaient sur ses objets personnels, leurs mains s’effleurèrent à plusieurs reprises et elle ne put s’empêcher d’être embarrassé par ce contact, bref mais troublant. Un pauvre merci s’échappa de ses lèvres pincées alors qu’enfin elle avait récupéré toutes ses affaires, mais déjà la femme qui lui faisait face reprenait la parole…

Ses mots la percutèrent en plein fouet. Hébétée, Willys écarquilla ses yeux alors que, frappé de mutisme, elle détaillait la dame qui abordait le plus éclatant des sourires. Passé la surprise, la perplexité pris du terrain. Que cherchait-elle en lui adressant un pareil discours ? Car si elle avait compris son inquiétude vis-à-vis de sa fille dans un premier temps, la démarche qu’elle tentait ici d’entreprendre lui échappait intégralement. L’institutrice ne sut riposter alors déjà son interlocutrice s'emparait à nouveau de la parole, brute mais douce. Déroutante. La suite compléta l’introduction et déjà le visage de Willys reprenait des couleurs alors qu’elle serrait sa mâchoire, profondément mal à l’aise mais plus que jamais alerte. C’était une gifle donnée par une main gantée de velours, mais la question malgré tout persistait, pourquoi Rayavi se donnait-elle tant de mal ? La professeure se rappela de l’évocation de ses « beaux rêves » et songea alors qu’elle attendait quelque chose d’elle, que si déjà la mère s’était imaginé cette scène et s’en était même allé songer à plusieurs scénarios, c’est qu’elle avait décidé ce soir qu’il était temps. Temps de quoi, elle l’ignorait, et ce n’était pas foncièrement plaisant de savoir que Rayavi Kumar avait des plans pour vous.

Un peu trop tard, elle se rendit compte que la maîtresse des lieux avait subtilisé son paquet de cigarettes et toute honteuse qu’elle ait découvert ce vice après qu’elle ait tenu un grand discours contre une drogue qui conduirait à une forme de dépendance, elle toucha son front d’un air embêté. Elle enchaînait les écarts ridicules et quand Rayavi l’invita à la rejoindre dans le salon elle songea qu’elle ne le faisait que dans le but de se moquer un peu plus d’elle. Mais en réalité cette phrase là qu'elle lui avait adressé n’était pas innocente et elle sentait, tendue, que quelque chose, là, à cet instant, était en train de se jouer. Quelque chose qui la dépassait d'ailleurs, car sa réponse et ses réactions détermineraient sans doute beaucoup et cette perspective était vertigineuse. Je ne peux pas refuser, songea t-elle alors que, toujours assise auprès de son sac abîmé, ses doigts se resserraient sur la lanière cassée. Ne serait-ce parce qu’il faut que je sache ce qu’elle veut, pensa-t-elle encore alors qu’hypnotisé par la silhouette superbe de son hôte, elle suivit du regard son départ. Là, Willys se redressa, lissa mal habile son pantalon noir et sa chemise blanche, réajusta bêtement sa coiffure avant d’emboîter le pas de la présidente.

« Qu’est ce que vous pouvez bien esperer ? » Rien de diplomate dans la requête qu’elle cracha à peine fut-elle entré dans le petit salon. Elle ne ferait pas de rond de jambe, n’était pas de celles qui éclataient de rire, un verre à la main, en préparant le terrain, elle voulait tout savoir et maintenant. « Pourquoi est ce que vous me dites ça ? Mon état ne peut pas vous préoccuper autant sans raisons. » Ajouta-t-elle avec une rictus en haussant les épaules, ni méprisant ou médisant, il refletait juste son incompréhension alors qu'elle cherchait une réponse dans les prunelles brune de la grande dame. Un rapport avec sa famille, sans doute, quoi d’autre ? Dieu qu’elle était devenue soudainement visible aux yeux de monde depuis que les Weiss s’étaient hissés à une haute marche. Qu’elle le veuille ou non elle avait maintenant un rôle à jouer, c’est Hazel qui, acerbe, lui avait glissé cette recommandation un jour au creux de l’oreille. Une recommandation oui, celle de se méfier de tous et de toujours faire briller leur nom de famille en société, car si jusqu’alors on pouvait lui pardonner ses nombreux faux pas, aujourd’hui lui le moindre d’entre eux pourrait être retenu contre sa famille.

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MessageSujet: Re: Time may change us But we can't trace time - Rayavi & Willys   07.03.17 4:30

Time may change us But we can't trace time
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Echec et...
Les réactions de la pauvre Willys offraient un spectacle délicieux à la cruelle matrone. Son visage décomposé, sa posture chancelante, tout semblait indiquer que Rayavi était en train de la martyriser. Et puis au fond, cela semblait presque vrai. Pourtant, l’une comme l’autre savaient désormais que tout autre chose se jouait. La veuve n’était pas cruelle. Elle n’attaquait personne sans raison, si elle se décidait à vous écraser, c’était toujours pleinement justifié, ou en tout cas justifié dans son esprit tordu. Ne laissant aucune chance à la professeur de rétorquer quoi que ce soit, chacun de ses mots se plantaient insidieusement dans l’esprit de la demoiselle. La matriarche attendait tant de sa nouvelle camarade, la décevoir n’était pas une possibilité. Rayavi la sentait toujours autant réticente, mais le combat ne faisait que commencer. Elle comptait bien détruire ses défenses une et à une pour enfin remporter la tant rêvée récompense : le soutien de Mme Weiss. Aucune scrupule ne retenait l’hôtesse, elle avait besoin de Willys plus que jamais en ces temps sombres. Rien ne pourrait l’arrêter, elle mettrait en œuvre coûte que coûte son plan.

S’infiltrant avec élégance dans le petit salon, Rayavi se dirigea sans plus attendre vers le bar, assoiffée comme jamais. Elle ne se sentait pas animée par cette soif commune aux mortels, non. Assoiffée de pouvoir, voilà ce qu’elle était. Tout l’alcool du monde ne serait pas en mesure d’étancher cette soif là, mais un bon verre ne se refusait jamais. L’ingénieure accoudée au bar, en négligé de soie, dans un décor rococo digne du plus somptueux des palais, offrait une image saisissante à la pauvre résistante. Rayavi était reine en ces lieux, cela ne faisait aucun doute. Ignorant toujours royalement son interlocutrice, la veuve agrippa une bouteille de Cognac presque vide, versant tout son contenu dans deux verres de cristal coutant probablement bien plus que tout ce que la professeure possédait. Etrangement, les bouteilles d’alcool se faisaient rares sur le comptoir. Sans connaitre la veuve, ce simple détail aurait pu passer inaperçu. Pourtant, venant d’une perfectionniste millionnaire, quelque chose semblait clocher. Depuis le coup d’état de cette charmante sorcière, l’hôtesse ne s’était pas arrêtée une seule fois de boire. Si Willys avait l’œil, peut-être pourrait-elle commencer à comprendre le mal-être sommeillant dans le cœur de la folle Rayavi.

Son attention se reporta enfin sur Mme Weiss, qui au plus grand bonheur de la matriarche, avait décidé de la suivre dans sa tanière. Alors que cette dernière lui lançait au visage toutes ses incertitudes sans aucune retenue, la veuve se contentait de siroter son verre, attendait patiemment qu’elle se taise. Un vague amusement se lisait toujours sur le visage de la matrone, ce qu’elle appréciait cette étrange conversation. Son regard sombre se planta une nouvelle fois sur Willys, impérieux comme jamais. Il était temps de reprendre la valse macabre, et des doutes subsistaient toujours dans l’esprit de la vieille folle. Devait-elle continuer son petit jeu, ou était-il temps d’être enfin honnête avec son interlocutrice ? Le temps pressait, et la résistante pouvait s’échapper à tout instant, pourtant Rayavi ne sentait nullement en danger. Il n’y avait aucun intérêt à prendre une décision sur un coup de tête, et risquer de tout perdre. Tendant avec un sourire ravageur le deuxième verre de Cognac à Willys, Rayavi prit de nouveau la parole.

-Buvez. Vous aurez sûrement besoin de courage liquide si vous vous entêtez à continuer dans cette direction-là.

A la fois conseil et menace, la veuve ne jouait plus à la dinette. Rayavi avait au moins la gentillesse de la prévenir, ce qui n’était pas donné à tous ceux ayant eu le malheur d’échanger avec la vieille folle. Détaillant une nouvelle fois la professeure, impatiente d’observer ces adorables réactions, la demoiselle ne put réprimer un nouveau sourire. De courte durée ce sourire fût, malheureusement, puisque bientôt vint trouver ses lèvres une horrible petite cigarette. L’allumant sans attendre, Rayavi inhala avec plaisir le baiser de la mort. Elle comptait sur Willys pour la rejoindre incessamment sous peu, si bien sûr elle ne s’échappait pas avant. Alcool et Tabac, un cocktail aux effets dévastateurs, pourtant, tout ce que la veuve en tirait, c’était une incroyable lucidité. La vérité devait sortir. Pas bêtement, pas n’importe comment, mais c’était sans aucun doute le seul moyen de gagner la résistante à sa cause. Le choix des mots à venir serait décisif, cela ne faisait aucun doute. Se révéler suffisamment pour piquer son intérêt, sans se mettre en danger. Une tâche difficile mais que la matriarche comptait bien réussir.

-Votre situation m’indiffère totalement pour le moment. Mais tout l’enjeu est là. Pour le moment. Vous êtes une créature charmante, Mme Weiss. Disons que… je vois du potentiel en vous. Un potentiel qui a sommeillé dans votre cœur toute votre vie. Et puis soudainement, horreur, guerre, peur. Votre potentiel se réveille. Mon intérêt est né de cette constatation. Mais ce n’est pas tout. Un intérêt oisif n’est bon que pour les faibles.

Peut-être qu’elle se trompait lourdement, et dans ce cas-là les choses risquaient de devenir dangereuses très rapidement. Pourtant, Rayavi avait comme une intuition. Elle sentait Willys prête, à la limite de craquer. Soit elle perdait la tête et serait oubliée par l’histoire soit.. elle craquait son corps faible et incapable pour prendre la place qu’une telle femme méritait.

-Vous avez connaissance de ma situation, je n’ai pas besoin de vous l’expliquer. Vous connaissez les tourments qui régissent ma vie. Moi, je comprends tout aussi bien les vôtres. Et ce que je sais, c’est que vous ne pouvez rester dans cet état de semi-mort pour le reste de vos jours. Vous pouvez m’aider. Je peux vous aider. Comprenez-vous ?


Rayavi en avait déjà trop dis, oups. Importait-ce vraiment ? Juste derrière le comptoir se tenait l’un des fusils préféré de papa. Tout était sur le point de changer pour Willys, et la veuve espérait sincèrement qu’elle prendrait la bonne décision. Quelle intéressante rencontre.

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MessageSujet: Re: Time may change us But we can't trace time - Rayavi & Willys   16.03.17 11:26

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Elle avait tout fait pour ne pas attirer l’attention et voilà qu’en ne faisant sagement rien de particulier elle captait celle de la plus dangereuse, de la plus monstrueuse des femmes. Un nouveau chapitre à ajouter au livre de la triste ironie qui semblait régir sa vie. Diable, que cherchait Rayavi Kumar en venant quérir l’aide de l’ennuyeuse gamine qu’elle était ? Que pensait-elle pouvoir tirer de son corps malingre et de ses humeurs adolescentes ? Elle devait bien avoir une idée derrière la tête, ce genre de personnage ne vous approchait jamais sans avait au préalable préparé un plan tout à fait cruel et réfléchi et si pour l’heure Willys ignorait tous des motivations de la sublime présidente, elle savait, à défaut de connaitre ses intentions, qu’elle était la victime idéale de ce genre de femme.

En réalité Willys ne savait pas bien ce que le gens pensait d’elle, les idées qui pouvaient traverser leurs esprits quand ils conversaient ensemble. A priori la première impression n’était pas toujours bonne, elle était souvent de mauvaise humeur, mal apprêtée et plutôt vindicative, pas vraiment de celle qui sont doué pour mener une longue et intéressante conversation. Ses ronchonnements étaient dissuasifs, une chance ! C’était une manière pour elle de tenir le monde à distance, elle n’avait jamais cherché à faire l’unanimité, ses humeurs acerbes avaient toujours été un moyen de se protéger. Mais voilà que, bien malgré elle, de grandes dames dont elle aimait se cacher dans l’ombre s’approchait d’elle. Apercevaient-elles sa fragilité ? Voyaient-elles clair dans son jeu ? Toutes en tout cas avait sous-entendu qu’elle avait un potentiel inexploité.

La première avait été Gaïa, gamine insolente alors dont elle s’était entichée dès leur première rencontre. Elles avaient six ans. Elle lui avait assuré que ce potentiel, elle le gâchait et avait continuer à le lui répéter des années durant. Meera ensuite semblait avoir discerné chez elle une chose dont elle-même ignorait jusqu’à l’existence. Et Rayavi, enfin, sous-entendait ce soir qu’elle la voyait comme ses consœurs, cette force invisible à laquelle elle n’arrivait à croire. Etait-ce un moyen comme un autre, de tenter vainement de déclencher en elle une étincelle ? De provoquer l’impossible ? Espéraient-elles, attendaient-elles d’avoir raison ? Y croyaient-elles réellement ou était-ce un moyen comme un autre d’asseoir une sorte de pouvoir sur un esprit qui leur semblait parfaitement modulable ?

Déstabilisé, debout avec le verre que la somptueuse hôtesse de maison lui avait glissé entre les mains, Willys détaillait le visage de Rayavi Kumar sans trop oser à le faire ouvertement. Il suffisait qu’elle inhale l’odeur de l’alcool fort qui se dégageait de son verre pour savoir qu’il serait dangereux d’y tremper toute suite ses lèvres, elle était des plus bavarder quand ce sérum de vérité coulait dans ses veines et garder la tête sur les épaules était recommandé dans ce genre d’échange. De l'alcool, il venait d'ailleurs à en manquer. C'était là un détails qui ne lui échappa pas quand la présidente c'était approché du bar mais qu'elle rangea dans un coin de son esprit sans pouvoir s'empêcher pour autant de faire des racourcis. Fascinée elle l’était forcément, mais se juxtaposait alors les avertissements de Joan, son histoire et ses mésaventures, autant de fait qui l’invitaient à ne pas rester trop longtemps sous ce toit ni à écouter ce qu’elle avait à lui dire. Car elle le savait, et elle voulait s’en protéger, cette femme qui semblait lui tendre la main ce soir, elle pourrait s’en enticher. Comme, désespérée, elle avait saisi celle de Gaïa puis plus tard celle de Meera, elle pourrait se raccrocher à l’odieuse Rayavi car elle aurait été la première, à Deling City, à être franche et entrevoir ce prétendu potentiel qu’au fond, elle espérait secrètement réellement avoir.

Si elle comprenait. Grand dieu, voilà que c’était à elle de prendre la parole. Elle aurait presque préféré que Rayavi continue sans jamais vraiment lui demander quoi que ce soit et cela du se ressentir très clairement. Willys se renfrogna, malgré elle ses sourcils se froncèrent et son petit nez se retroussa, nerveuse.

« En quoi la modeste professeure de votre fille pourrait vous aider madame Kumar ? Je veux dire… Sérieusement… Vous… Moi ? » Lâcha-t-elle avant d’avoir un soupir amer, relevant légèrement sa main libre vers l’hôte, signalant l’absurdité de leur duo. Bien sûr elle ne doutait pas une seconde du fait que Rayavi ait vu, elle, autre chose que l’incohérence d’une pareille alliance, mais cette perspective était plutôt effrayante dans la mesure où, elle, ne distinguait rien d’autre que des ennuis.

« Et qu’est-ce que pourrais bien attendre de vous ? » Rajouta-t-elle sans mesquinerie, avec une sincérité au contraire un peu naïve, très franche. On aurait pu entendre là pourtant une vrai attaque, après tout si Rayavi restait puissante nul ignorait sa défaite. Aujourd'hui, ses usines, ce n'était plus vraiment elle qui les dirigeait et personne ne se privait en societé de lui rappeler qui elle était devenue. Mais ça, Willys l'ignorait plus ou moins. Bien sur Joan ne s'était pas privé de l'informer de sa situation et n'avait pas dissimuler son plaisir quand il avait évoqué sa sublime chute mais tout cela restait des histoires qu'on lui avait rapporté et elle ignorait tout du concret de la chose. Pour l'heure alors Willys ne ditinguait que le monde qui la séparait de son hôte, un monde qu'elle n'avait pour l'heure aucune envie de traverser. Elle n’avait pas de grandes ambitions et si effectivement elle nourrissait en elle cette colère sourde que Rayavi avait pointé du doigt, elle ne cherchait pas à l’exprimer, au contraire. Depuis quelques semaines maintenant elle réprimait toutes ses envies lourdes de conséquences et ne voulait qu’une chose : s’effacer. Oui, qu’on l’oublie et que le destin railleur lui aussi peut être la ménage.

« Oh ne vous méprenez pas, je connais un peu la réponse. Vous pourriez m’apporter beaucoup de choses, certainement plus que je ne peux l’imaginer d’ailleurs, mais le prix à payer pour ça je ne suis pas certaine d’être en mesure de le supporter. On a beau être en colère contre la même personne, est-ce que cela peut suffire à faire de nous des alliées ? » Finit-elle par bredouiller à voix haute, baissant la tête en attrapant une cigarette et l’allumant avec un peu plus d’aisance que par le passé, maladroite cependant toujours dans sa manière de faire mais étrangement solide.

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MessageSujet: Re: Time may change us But we can't trace time - Rayavi & Willys   30.03.17 5:02

Time may change us But we can't trace time
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... Mat?
Qui allait triompher ? Raison ou bien passion ? Willys était réticente, rien de bien étonnant aux yeux de la monstrueuse présidente. Rayavi était comme le diable, proposant à la demoiselle de lui offrir son âme en échange d’une vie glorieuse. Ce qu’il fallait néanmoins comprendre, c’est que rien n’était tout noir ou tout blanc. La veuve risquait tout autant à s’approcher ainsi de la jeune femme. Si elle ouvrait sa bouche devant les mauvaises personnes, Rayavi pouvait risquer gros, très gros. Willys pensait que la discussion n’était pas en sa faveur, et cela arrangeait bien la matriarche. Mais qu’est-ce qu’elle se trompait ! A égalité, elles l’étaient sans aucun doute. Si ses plans échouaient misérablement, Rayavi avait une issue de secours : l’honnêteté. Elle ne souhaitait pas en arriver là, car dire la vérité n’était jamais une chose très plaisante, pourtant nul doute que se mettre à nue convaincrait la musicienne. La matriarche ne souhaitait toutefois pas apparaitre si faible, pas tant qu’elle possédait encore de nombreuses cartes entre ses mains. Si Willys ne brillait pas de par ses qualités d’oratrice, il ne fallait jamais se laisser submerger par la confiance. Tout était possible, malheureusement.

Les réactions de la pauvre Willys provoquaient toujours de brusque accès d’hilarité chez la veuve. Rayavi ne s’en cachait plus. A quoi bon prendre le temps de dissimuler une telle chose ? L’issue de leur échange n’en changerait pas. En tout cas, elle n’aurait su trop dire si son interlocutrice était bête, manquait de confiance ou bien si elle essayait simplement de défaire l’emprise démoniaque de la matriarche. Peut-être était-ce un savant mélange de tout ça, au final ? De nombreuses questions, de nombreux doutes, mais ce qui primait, c’était l’angoisse de la musicienne. Il était si difficile de se donner les moyens de changer sa vie. Agir ainsi vous soumettait au risque de tomber encore plus bas. Mais sans risque, il n’y avait aucune chance de grimper vers l’excellence. La nuit serait longue, c’était désormais une certitude dans l’esprit de l’hôtesse. Briser un à un tous ses doutes, lui redonner confiance, la tâche n’était pas aisée, surtout quand le moindre mouvement risquait d’effrayer sa proie. Ainsi allait le triste jeu auquel Rayavi se devait de participer. La chasse commençait tout juste, et elle était bien décidée à remporter le trophée, ce joli minois aux délicieuses boucles blondes.

-Vous en préoccupez-vous vraiment ? Que cette situation soit absurde ? Que les choses fassent sens ? Dans un monde aussi pourris que le nôtre, la logique n’a que rarement sa place. Magie, guerre, destruction. Les alliances les plus improbables peuvent se révéler être les plus dangereuses ici.

Tout ce que Rayavi faisait, c’était énoncé une simple vérité. Dans un monde moderne, simple et ennuyeux, jamais ces deux demoiselles n’en seraient venues à une telle discussion. Oui, car dans un monde dénué de ce genre-là de folie, Rayavi en serait ressortie victorieuse, ou du moins c’est ce qu’elle aimait croire. Des variables toutes plus folles les unes que les autres étaient venues détruire en un claquement de doigts la vie de la matriarche. Rayavi avait besoin plus que jamais de quelqu’un sur qui s’appuyer. Elle avait besoin d’aide, et de compagnie aussi, tout simplement. Et puis, Willys n’était pas n’importe qui. Son fiancé, sa famille, Rayavi avait entendu parler de tout ce beau monde-là. Ils étaient du bon côté de la barrière, et ce genre de gens, il fallait les utiliser jusqu’à ce qu’ils en crèvent ! Même si chacune de ses actions étaient motivées par d’obscures ambitions, Rayavi avait vraiment de la considération pour sa jeune amie. Elle ne la voyait pas simplement comme un outil, elle la voyait comme une femme, aussi. Une femme utile, dont elle devait se servir sans aucune honte, mais un être humain tout de même.

-Ce prix là, vous aurez à le payer quoi qu’il en soit un jour ou l’autre. Car ce risque, ce risque de faire changer les choses sera toujours aussi couteux. Ce que je vous propose, c’est d’en partager les frais. Vous vous demandez ce que vous avez à gagner… Mais ce n’est pas la bonne façon de penser. Demandez-vous plutôt ce que vous avez à perdre en vous alliant à moi. Je ne doute aucunement de vos facultés mentales, Mademoiselle Weiss. Vous la connaissez, la juste réponse.


Et sur ces quelques mots, Rayavi vint chercher les dernières gouttes de whisky dans son verre, comme une pauvre assoiffée cherchant désespéramment de quoi rester en vie. Finissant par la même occasion la cigarette volée à la pauvre petite Willys, la matriarche se sentait mieux que jamais. S’approcher aussi subtilement de la mort lui offrait toujours un sentiment de puissance indescriptible. La situation était critique, ainsi elle avait besoin plus que jamais de tels remontants. Leur destin se jouait en ce instant, et Rayavi en avait pleine conscience. En allait-il de même pour la résistante ? Tout pouvait changer suite à ses discussions, en bien ou en mal. Tout ce que la matriarche espérait, c’était que ses souhaits soient exaucés. Parier sur le mauvais cheval de course pouvait se révéler plus que dommageable. Il fallait que ses plans aboutissent à tout prix !

-Les cartes sont entre vos mains, désormais. Libre à vous de choisir la voie qui vous sied. Qui triomphera, la misère ou le danger ?

Adressant un petit sourire à son interlocutrice, Rayavi vint trouver refuge dans l’un des nombreux fauteuils du petit salon, las après tant de réflexion. Tout ce qu’elle pouvait faire, désormais

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MessageSujet: Re: Time may change us But we can't trace time - Rayavi & Willys   01.04.17 11:54

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Alors qu’elle soutenait le regard moqueur de la veuve – l’était-il seulement ? Pour la paranoïaque qu’elle pouvait se révéler être cela ne faisait pas l’ombre d’un doute - Willys tacha de réunir en urgence les informations dont elle disposait sur le compte de sa ténébreuse interlocutrice. Elles étaient maigres, on lui avait dépeint à multiples reprises une femme d’une arrogance rare et d’une cruauté sans pareil. Venimeusement belle, elle pouvait l’attester, elle terrifiait hommes et femmes, tous pleinement conscient du pouvoir dont elle disposait et qu’elle s’octroyait impudemment. Elle s’était certainement crue invincible jusqu’à l’arrivée de Cydaée qui avait mis un terme au règne de la reine empoisonneuse en tuant le mari et en enlevant l’un de ses enfants. À peine croyable cette histoire lui paraissait relever du mythe, Rayavi Kumar était une héroïne de roman, une de ces femmes diabolisées par ses pairs dont on aimait raconter les méfaits et dont on multipliait à force de bouche à oreille les atrocités pour construire autour d’elle la plus terrible des réputations. Tout cela c’est ce qu’on lui avait raconté et cela devait suffire à la mettre en garde, mais que restait-il de la femme derrière ces calomnies ?

Si elle se préocupait réellement de l'absurdité du couple qu'elles formaient ? Non, sans doute cherchait-elle seulement à comprendre les obscurs desseins de son interlocutrice. Pour l’heure la musicienne ignorait tous des plans de la belle oratrice qui continuait de croire en leur alliance tout en prenant soin de ne jamais stipuler de quoi il était réellement question. L’anxiété de Willys se transformait en impatience alors que son visage se fermait toujours plus, Rayavi continuait d’entretenir l’illusion qu’elle avait le choix, cela suffit à l’agacer.

Maintenant qu'elle avait franchis cette porte, qu'elle avait eu l'affront de donner suite à la conversation que l'hôte voulait engager, elle était faites. Qu'elle le veuille ou non, aussi insignifiant sois le rôle qu'on lui donne, elle en jouerait un dans la grande pièce de cette dame.

« Madame Kumar… Je suis peut-être dépressive mais pas suicidaire. Vous parlez admirablement bien, je vous l’accorde, mais vous ne dites rien. Alors je me permets de répéter ma question, qu’attendez-vous de moi ? Il ne serait pas bien sage de ma part d’apposer ma signature à une contrat sans en connaitre les termes n’est-ce pas. »

Willys porta sa cigarette à ses lèvres, inhala le toxique fumée sans se départir de sa mauvaise humeur et détourna son regard. Une habitude, quand elle cherchait la réponse à une question. Elle regardait rarement son interlocuteur dans les yeux dans ces moment-là, comme si elle craignait que ce dernier puisse d’une quelconque manière influencer ses idées, mais surtout par pudeur.

« Je voudrais que la justice triomphe. Mais vous l’avez si bien dit, ce monde est pourri… » Cracha-t-elle consciente de sa naïveté, se révélant profondément désillusionné. N’était-ce pas ce qui l’avait motivée à rejoindre la résistance ? Une envie candide de punir ceux qui devaient être punis et de voir triompher une cause qui lui semblait juste alors. Ses pensées s’éparpillèrent et elle secoua la tête, des visages, des noms, des lieux, elle les chassa en buvant une gorgée du nectar servie par son hôte en ayant parfaitement conscience que la réponse qu’elle lui avait offerte ne devait tout à fait la satisfaire. L’alcool fort lui donna rapidement le tournis alors qu’il incendiait sa gorge, callant sa cigarette entre ses lèvres, elle suivit l’exemple de Rayavi Kumar et s’assit sur le fauteuil qui faisait face au siens.

« Qu’envisagez-vous pour la suite ? » Lâcha-t-elle alors, soufflant sa fumée en tournant la tête, mobilisant toute sa concentration pour pouvoir entreprendre un virage corcé. Celui peut être, qui lui permettrait d'y voir plus clair. « Le chaos où loger un autre tyran dans le palais présidentiel ne m’intéresse pas. »

Marquant une pause, elle reprit alors, fixant son interlocutrice en jugeant que la réponse à sa prochaine question serait décisive.

« Quel genre de monde espérez-vous laisser à vos enfants ? »

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MessageSujet: Re: Time may change us But we can't trace time - Rayavi & Willys   23.04.17 8:42

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A cœur ouvert
Un défi allait-il enfin se présenter à l’horrible matriarche ? La discussion s’avérait pour le moment plus pimentée que prévu, pourtant rien ne laissait présager en cet instant que Willys se montrerait particulièrement coriace à défaire. Oh ce que Rayavi se trompait. Les délicieux pics de la petite résistante aurait dû lui mettre la puce à l’oreille, pourtant rien n’y faisait, la Présidente n’était pas prête à faire face à une Willys gonflée par ce mélange détonnant d’angoisse et de fierté. Une inspiration de fumée mortelle vint combler le vide dans son cœur pour un temps, brouillant son esprit tout aussi agréablement qu’on le pouvait. S’enfonçant toujours un peu dans son fauteuil, trouvant réconfort et puissance dans ce siège de pouvoir, la demoiselle semblait se désinhiber tout doucement. Ses lourdes paupières s’ouvrirent de nouveau, plongeant toujours aussi cruellement dans le regard de son interlocutrice. Tout ce qu’elle attendait, maintenant, c’était une réponse. La discussion approchait son pic, doucement mais sûrement. Les choses sérieuses commençaient seulement. Et Rayavi, elle, priait plus fort que jamais. Elle se devait de gagner Willys à sa cause, peu importe les moyens utilisés.

Mme Weiss surprenait la matriarche. Que de vigueur, que de force dans ces quelques mots. Comme des poignards plantés sournoisement dans son abdomen, Rayavi en eut le souffle coupé. L’institutrice était intelligente, bien plus intelligente que prévu. Etait-ce une mauvaise chose ou bien une bonne chose ? Un tel trait était tout à la fois une malédiction et une bénédiction. Si les deux demoiselles en venaient à collaborer, l’aide d’une personne éclairée était toujours appréciée. Rien de mieux que le soutien d’une telle personne. Pourtant, au moindre conflit, au moindre désaccord, cette dernière poserait un sérieux problème à la Présidente. Cela ne faisait aucun doute. Rayavi ne put réprimer un petit sourire en coin. Les choses devenaient vraiment intéressantes désormais. La matrone avait essayé le manipulation, le mensonge mais rien de tout cela n’avait fonctionné. Une seule chose restait dans l’arsenal de la vénéneuse Rayavi : l’honnêteté. Se prendre à un tel jeu était dangereux, pourtant la demoiselle était persuadée que cela en valait la peine. Elle voulait Willys à ses côtés.

-Qu’attends-je de vous ? N’est-ce pas la plus évidente des questions ? Soit. Laissez-moi donc y répondre. Relation, intelligence, beauté. Voilà ce dont vous disposez. Ce que j’attends de vous, c’est de participer à sauver notre futur, et celui de ceux que nous aimons. Est-ce suffisant pour vous, Mme Weiss ?


Rayavi se sentait faible et impuissante, en cet instant. Ce qu’elle détestait dire la vérité. Se sentir à la merci de quelqu’un d’autre était le pire des sentiments. Pourtant, il n’y avait aucune autre solution. La matriarche était désespérée, et elle était prête à tout sacrifier pour offrir à ses enfants un avenir radieux. Son empire, son pouvoir, sa vie, Rayavi était prête à tout pour son propre sang. Si la demoiselle s’était enfin autorisée à offrir un morceau de vérité à sa camarade, elle savait que ce ne serait pas suffisant. Il en faudrait bien plus pour convaincre cette jeune femme qui était devenu en un claquement de doigt un adversaire digne de l’affronter. C’était à la fois effrayant et follement intéressant. Comme elle l’avait si justement estimé, Willys continua à pousser toujours un peu plus loin. Elle voulait des réponses. Toutes les réponses. Dans tous les cas, si Rayavi avait deviné quelque chose avec brio, c’était bien les aspirations de l’institutrice. Une idéaliste hm ? Une révolution politique, voilà ce qu’elle voulait. L’hôtesse aurait pu mentir de nouveau, mais à quoi bon ?

-La Justice est un idée que je ne comprends pas, et qui ne m’intéresse pas. Les exactions de la dictature de Deling ont offert tant à ma famille qu’à moi pouvoir et argent. Et cela ne m’a jamais posé aucun problème.

Les choses commençaient mal, très mal. Willys se sentirait sans aucun doute offensée par les rudes paroles de matriarche. Ce n’était pourtant que la simple vérité. Pourquoi Rayavi aurait-elle craché sur un régime qui jusqu’à présent lui avait offert tout ce qu’elle voulait ? Si seulement les choses étaient restées éternellement ainsi…

-Si à l’heure actuelle une dictature m’offrait les meilleures chances de survie pour ma famille, je vous écraserais sans même ciller. Bien heureusement pour vous, tout ce que les récents évènements m’ont prouvé, c’est que dans un monde sans foi ni loi, être du mauvais côté signifie la mort. Argent, pouvoir, rien de tout cela ne compte vraiment. Tout ce que je veux, c’est un paradis doré pour mes enfants.

Le simple fait de penser à ses enfants brisait le cœur de la matriarche. Rayavi était submergée par des émotions contradictoires. Tristesse, colère, amour, dégoût. Son visage d’habitude si parfaitement charmeur sembla se briser, juste un instant, alors que toutes ces émotions déferlaient sur son pauvre cœur. Apportant une nouvelle fois la cigarette contre ses lèvres pulpeuses, la demoiselle vint chercher réconfort dans les bras de la mort. Retrouvant sa contenance et son air régal en un claquement de doigt, Rayavi posa de nouveaux ses yeux sur son interlocutrice. Comment la musicienne allait-elle réagir ? L’hôtesse n’avait qu’une hâte, enfin savoir si elle se devait de jeter dans la cheminée la pauvre Willys ou bien si elle pouvait lui faire vraiment confiance. Oh triste vie.


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MessageSujet: Re: Time may change us But we can't trace time - Rayavi & Willys   26.04.17 0:10

Time may change us But we can't trace time
Willys & Rayavi


Relation, intelligence et beauté. Des trois elle n’en retint qu’un, le premier. Il serait naïf de sa part de penser que Rayavi Kumar l’avait approché pour d’autres motifs, aussi ravissants soient ceux évoqués, ils n’étaient sûrement lancés là que dans l’unique but de la flatter. Ni bête ni laide, on ne pouvait pour autant lui attribuer le moindre talent de réflexion et quant à son physique, il était somme toute banal, surtout lorsqu’on la comparait à sa sublime interlocutrice. Inutile de s’interroger sur laquelle attirerait le plus le regard entre les deux. Mais peut-être, sans doute même, était-ce précisément ça qui avait attiré l’attention de la présidente. Elle cherchait une jeune femme qui pourrait passer inaperçu, blanchit d’avance par ses adversaires à cause de son nom, d’une de celle qu’il était impossible de soupçonner coupable de quoi que ce soit. Après tout n’était-ce pas pour les mêmes motifs que Meera l’avait encouragé à rejoindre le réseau des Renards ? Par Hyne, que distinguaient donc ces femmes chez elle ?

Bien. La musicienne construisait avec ce que Rayavi se décidait à lui révéler à demi-mot. Elle distinguait donc quel genre de personnage elle cherchait à avoir dans son camp et avait sans doute mis le doigt sur la raison pour laquelle elle l’avait approché elle. Maintenant, quel était son plan ? Si plan il y avait, mais une femme brillante comme elle ne pouvait s’engager dans ce genre de conversation sans savoir très précisément ce qu’elle comptait acquérir à l’issue de cette dernière. Willys ne dissimulait plus son impatience, sa nervosité elle, se lisait dans sa manière de porter sa cigarette à sa bouche, toujours plus énergique et fébrile. Elle n’osait intervenir, maintenant que la présidente se révélait doucement à elle, la moindre contrariété pourrait la dissuader d’en dire plus. La musicienne savoura à peine cet instant court ou les rôles semblaient avoir été inversé.

Elle ne pouvait qu’admirer son honnêteté mais c’est avec difficulté qu’elle tâcha de ne réagir physiquement à ce que Rayavi venait d’énoncer. Son manque de regret était gênant, mais qu’attendait-elle au juste ? Ce régime qu’elle avait tant maudit, la femme qui se trouvait face à elle avait servi à sa construction. Elle avait créé les armes qui avaient servis à annexer sa ville, Timber, et battre ses citoyens. À aucun moment de sa vie Rayavi n’avait dû penser à ceux qu’elle devait considérer comme la populace, des simples dommage collatéraux, pire, elle ne devait y porter la moindre attention. Et elle, Willys Weiss, était assise dans un des fauteuils de ce salon incroyable, meublé grâce au sang qui avait coulé de ceux qui comme elle avait un temps espéré libérer Timber du joug de Vinzer Deling, mort et enterré lui aussi à ce jour. Il lui fallut boire une nouvelle rasade de whisky pour pouvoir s’en sortir et, étrangement, mettre de l’ordre dans son esprit.

S'il était bienvenu de se demander ce que Rayavi Kumar voulait, sans doute était-il temps de se poser à sois cette question. Si elle s’était assise, si elle l’écoutait, c’est bien qu’elle aussi depuis le début avait une idée derrière la tête. Inconsciente peut-être. Zael lui avait après tout soumis l’idée de se lier à d’autres, sous-entendant qu’elle pourrait rejoindre un réseau plus important et donner suite à la cause qu’ils défendaient. Que penserait-il aujourd’hui si Willys lui confiait le nom de celle à qui elle s’apprêtait à s’allier ? Pour sûr, elle allait perdre son petit prince.

Ce n’était pas là le seul problème, l’espace d’un instant, la musicienne craint d’avoir été découverte. Que voulait sous-entendre la présidente en lui assurant qu’elle n’aurait hésité un instant à l’écraser si elle ne s’était pas trouvé du bon côté ? Willys se surprit à appréhender qu’elle connaisse la vérité sur son compte, que d’une manière ou d’une autre, la présidente ait appris son passif de résistance. Mais cela n’avait aucun sens, elle tacha de se rassurer aussitôt, personne ne pouvait être décemment au courant de ses activités. Comment cette femme là aurait elle pu en avoir connaissance ? Non, de toute évidence ce n’était pas ce qu’elle avait voulu sous-entendre, tout ce qu’elle voulait lui faire comprendre c’est qu’elles pouvaient être amies aujourd’hui et ennemis demain, qu’importe elle l’écraserait à l’instant même où elle n’aurait plus d’utilité à ses yeux. Mais maintenant, pour une raison qui dépassait tout entendement, elle lui demandait son aide, se montrait plus vulnérable que jamais et offrant même à voir un aspect fragile de sa personnalité. Pour l’attendrir ? Willys doutait que cela soit tout à fait calculé. Rayavi était brisée, son règne achevé, mais tout ce qu’elle souhaitait selon sa propre confession c’était offrir un monde meilleur à ses enfants.

« Je veux bien boire à ça. » Lâcha Willys en terminant son verre avant de passer la paume de sa main sur ses lèvres pour effacer les traces de son méfait.

Elle ne reprit pas tout de suite la parole, mesurant sûrement pour la première fois l’importance de chaque mot qui s’en allait sortir de sa bouche. « C’est suffisant, madame Kumar. Encore faut il que nous ayons la même définition de ce qu'est un paradis doré. »

A quoi pouvait seulement ressembler le sien ? Un monde débarrassé de la dictature, de la haine, par Hyne que c’était naïf… Elle rêvait grand, mais trop grand, au point que son idée ne soit au final qu'une espèce de chose impossible à définir. Et quand Kumar lui proposait de sauver les gens qu'elle aimait, avait elle seulement idée de leur identité ? C'est à Meera, Gatiss, Ruben et Zael qu'elle pensait immédiattement. Sa famille... Pouvait on encore les sauver, à l'heure qu'il est ?

« Et surtout, comment espérez-vous le bâtir ? » Concrétement. Quel moyen et avec qui ? Qui avait elle déjà contacté ? Sûrement ne lui révélerait elle toute la suite qu'en ayant la parfaite certitude que Willys se joindrait à elle. La musicienne se montrait encore trop méfiante, sur la défense, son regard la trahissait. Mais elle éspérait toujours en entre apercevoir plus. Elle venait de pousser doucement la porte de la chambre du diable et piqué de curiosité quoi que tout lui signale de faire demi tour, elle attendait encore d'avoir un aperçu de l'intégralité de l'étrange pièce.

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Time may change us But we can't trace time - Rayavi & Willys
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