AccueilAccueil  FAQFAQ  RechercherRechercher  MembresMembres  GroupesGroupes  S'enregistrerS'enregistrer  ConnexionConnexion  

Partagez | 
 

 Where is my mind ? - Lucian&Willys

Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Aller en bas 
(Admin) ϟ Résistante de Timber
avatar
Date d'inscription : 11/05/2016
Messages : 1301
Avatar : Brie Larson
Crédits : DΛNDELION (avatar) ultraviolences (crackship) anaelle (sign)

Âge du perso : 24 ans
Activité : Professoresse de solfège
Feuille de personnage
stat :
stat points
force
magie/aura■■■
resistance
esquive

Magies maîtrisées :
Objets:
Voir le profil de l'utilisateur http://fieldofheroes.forumactif.org/t184-willys-how-do-you-prove
MessageSujet: Where is my mind ? - Lucian&Willys   27.12.16 19:27


Where is my mind ?


 
Déambuler sombrement dans un cimetière n’aurait jamais dû faire partie du plan. Aujourd’hui, maintenant qu’il était trop tard, Willys soulevait la bêtise du scénario qu’elle avait un temps imaginé possible. Croire que tout cela aurait pu se résoudre sans violence était stupide, naïf et presque inconvenant, elle en payait le prix fort. Trainant son accablante culpabilité, elle s’acheminait à continuer de vivre tout en donnant à ses interlocuteurs l’étrange impression qu’elle n’était plus tout à fait là. Douée d’accoutumer pour se mentir à elle-même, pour poursuivre son quotidien sans trop être marqué par les événements, Willys était incapable aujourd’hui de gérer l’affliction dans laquelle la laissait les choix qu’elle avait fait et les conséquences qui en avaient découlé. Et que dire de ceux, décisifs, qu’elle devait faire dans les jours à venir ?

Elle n’avait toujours pas dit à son réseau, du moins ce qu'il en restait, qu’elle s’en allait quitter Timber et doutait d’avoir la force de le faire. Alors quoi ? Elle s’en irait comme une voleuse ? Attendrait le dernier moment ? Imaginer le regard qu’allait poser Gatiss sur elle lui faisait perdre son maigre courage, elle n’aurait ni les mots ni la force de se justifier, sans doute parce que son attitude était aussi misérable que la décision qu’elle avait prise. Elle tachait de se convaincre pourtant qu’elle était juste, pour elle mais aussi pour eux, il était préférable qu’elle parte. Ce serait peut-être temporaire. Peut-être.

Ses doigts gelés se resserrèrent une dernière fois autour de la couronne de fleurs qu’elle tenait entre ses mains. Silencieuse devant le modeste monument érigé à la mémoire des sept disparus lors de ce qui était titré comme le terrible l’attentat de la station tv, elle déposa l’objet au milieu de nombreux bouquets encadrant la stèle. L’émotion était vive, leur action n’avait pas fait l’unanimité, là où elle aurait tant souhaité que leur intervention soude les troupes ils n’avaient récolté qu’un peu plus de discorde. Timber était en colère. Timber était en deuil. Ils étaient surtout épuisés. Détachant de la couronne deux tiges surmontées de petit boutons dorée, des immortelles, elle s’éloigna rapidement, craignant d’être repérée pour la énième fois autour d’un monument autour du quel il n’était pas bon de trainer trop longtemps.

D’un pas presque mécanique elle se faufila à travers les allées, une main glissée dans la poche de son grand manteau noir, l’autre tenant fermement les deux fleurs. Cet endroit l’angoissait au plus haut point, ici le silence était roi et cela n’avait pour elle rien de reposant. Imaginer tous ces corps allongés sous la terre qu’elle foulait lui flanquait la nausée et pourtant, depuis une semaine, la culpabilité était si vive qu’à chaque fois qu’elle passait devant le cimetière, elle faisait demi-tour pour y entrer et fleurir les tombes de ceux qui étaient morts par leur faute dans l’espoir, peu sérieux, que les ombres en colères qu’elle jurait deviner à chaque coin de rue la laissent en paix. Un moyen comme un autre de se « racheter », c’était ce à quoi elle s’acheminait depuis bien longtemps aujourd’hui.

Elle arriva bientôt devant une petite tombe correctement entretenue sous laquelle reposait le couple Morgenstern. Avant l’attentat Willys n’avait jamais osé se rendre devant leur stèle mais le jour où elle avait fleuri le petit monument l’idée de la trouver s’était imposé à elle. Un besoin de dire pardon sans pouvoir vraiment l’obtenir ni le mériter. Au moment où elle déposa les fleurs, des bruits de pas l’alarmèrent et comme si elle avait été prise en flagrant délit d’une très lourde faute elle fut prête à décamper. C’était sans compter le fait de se retrouver nez à nez avec Lucian, ou du moins de le voir avancer quelques mètres plus loin alors qu’elle, col relevé, mains dans les poches, le dévisageait sans savoir quelle attitude adopter. L’idée saugrenue de quitter les lieux sans lui adresser la parole n’était pas sérieusement envisageable mais la situation était si gênante que des taches rouges apparurent sur ses joues, donnant des couleurs à son visage devenu bien pâle. « J’avais besoin… » Commença-t-elle alors qu'il se raprochait avant de suspendre sa phrase, prenant la main en décidant d’être la première à réagir. « J’avais besoin, enfin, j’ai éprouvé le besoin de venir ici et… Je suis désolé que je tu me trouves là. » Conclut-elle sur la défensive, plus agressive qu’elle ne l’aurait souhaiter mais bien trop prise au dépourvue pour avoir le temps d’adopter un autre ton.
 
© Field of Heroes

_________________

your mess
is mine

• Award du personnage miss Castrophe •
   • Award du membre en or •
   • Award du meilleur RP •
Revenir en haut Aller en bas
(Admin) ϟ SOLDAT
avatar
Date d'inscription : 13/02/2016
Messages : 307
Avatar : Matt Lanter
Crédits : Moony

Âge du perso : 25 ans
Activité : Pousse toi je suis du SOLDAT
Feuille de personnage
stat :
stat points
force■■■■■
magie/aura
resistance■■■■
esquive■■■■■

Magies maîtrisées :
Objets:
Voir le profil de l'utilisateur
MessageSujet: Re: Where is my mind ? - Lucian&Willys   17.01.17 20:30


Where is my mind ?


 
Quinze ans. Cela faisait quinze ans jours pour jours aujourd’hui que l’armée galbadienne avait brutalement exécuté mes parents. Anniversaire tragique s’il en était. Mais également un rendez-vous que je ne manquerais pour rien au monde. Les souvenirs de mes parents s’effritaient, uniquement ravivé par un dessin au crayon que je ne m’étais jamais résolu à quitter, même dans les pires moments de tourmente de ma vie. Fang m’avait pourtant encouragé à les oublier pour ne pas souffrir. Lui-même avait occulté tellement de choses au fil des années. Mais pour moi, laisser leur souvenir s’effacer serait comme les renier. Ultima avait fini par comprendre cela et avait décidé de ne plus toucher aux rares vestiges qu’il me restait d’eux. Très charitable de sa part.

Je m’étais récemment souvenu que ma mère adorait les lys. C’est pourquoi, après être passé dans la dernière planque en date des enfants des rues de Timber, j’avais donné à leur chef l’intégralité de ma dernière solde. Les temps étaient durs depuis le pseudo attentat et les Galbadiens ne voyaient pas ces enfants perdus d’un bon œil. Leur situation était encore plus précaire qu’à l’accoutumée mais leur fierté n’en avait que redoublé. S’ils n’avaient pas su que j’avais été l’un des leurs, ils n’auraient sans doute pas vu mon geste d’un si bon œil. J’aurais voulu faire plus mais ils ne m’auraient pas laissé. J’étais ensuite passé acheter un bouquet de lys chez une des rares fleuristes de Timber encore en activité. Offrir des fleurs se faisait rare en ces temps troublés. Comme si la peur empêchait d’apprécier la beauté des choses simples de la vie.

Il était maintenant temps. Je respirais un bon coup, me préparant au rituel qui allait suivre. Je remontais la petite allée menant au cimetière de Timber d’un pas trainant. Trop jeune et perdu dans les méandres des ruelles de Timber, je n’avais pas su, à l’époque, qui avait bien pu leur organiser des funérailles. Des membres de leur réseau sans aucun doute. Timber prenait soin des siens. Ils m’avaient sans doute cru mort ou prisonnier de Galbadia. C’était des choses qui arrivaient. De jeunes enfants de résistants orphelins envoyés à Deling pour être modelés selon les attentes du régime. J’avais au moins échappé à cela.

La première chose que je vis fut le monument à la mémoire des disparus de la station. Mes pensées se dirigèrent vers Selena. Je l’avais brièvement eu au téléphone tandis qu’elle quittait Timber pour se rendre à Deling. Ces événements l’avaient marquée. Les pertes humaines, l’odeur de chair brulée, son sort ôtant la vie à un jeune homme qu’elle connaissait… sa voix s’était brisée en racontant tout cela le plus brièvement possible. Kramer n’aurait jamais du autoriser cette opération. Il avait été d’une légèreté affligeante. Trop d’inconnues, pas assez de préparation. Cette opération portait dès l’origine les graines d’un désastre. Je le lui aurais dit si j’avais été consulté. Le fait qu’il n’y ai aucune perte parmi l’équipe de résistant et des SEED tenait presque du miracle. Ou plutôt des compétences hors du commun de Selena et Sithmaith. Je ne connaissais pas leur compagnon de mission donc je n’avais pas d’avis à son sujet. Toujours est-il que Timber était encore un peu plus aux abois.

Je détachais mon regard de la stèle avant de me remettre en marche. Je pouvais apercevoir une silhouette près de la tombe. Cela me fit froncer les sourcils. En quinze ans, je n’avais jamais croisé personne ici. Parfois Fang m’accompagnais mais jamais sans mon accord. Les compagnons de résistance de mes parents étaient passés à autre chose, emprisonnés ou plus de ce monde. Je savais que Selena passait fleurir et entretenir leur tombe à chacun de ses passages à Timber. Il y avait de grande chance que tel ait été le cas malgré le fiasco de sa mission.

Je m’approchais à pas de loups mais la silhouette m’avait entendu. Je fini par découvrir une version plus emmitouflée que dans mes souvenirs de Willys Weiss. Ainsi donc elle avait choisi de se rendre sur la tombe de mes parents. Aujourd’hui, entre tous autres jours. Son visage avait viré au cramoisi. Elle ne s’attendait visiblement pas à me voir ici. Comme à son habitude, elle commença directement à parler dès que je fus à distance d’oreille. Son petit laïus terminé, je gardais mon visage neutre habituel.

« Tu devrais vraiment arrêter de t’excuser en permanence. »

Je m’approchais, déposant le bouquet de Lys sur la tombe et avisant un autre bouquet, presque passé, contenant des œillets. Selena était bel et bien passée par ici.

Je n’avais pas relevé l’agressivité dans la voix de Willys. J’avais fini par comprendre que c’était là son mode de fonctionnement. Elle mordait quand elle se sentait acculée ou prise au dépourvu.

« Ce n’est pas comme s’ils recevaient beaucoup de visites. »

M’accroupissant au niveau de la tombe, je posais ma main sur la pierre froide, juste sous la date gravée en lettre d’or. La date d’aujourd’hui, seulement quinze ans plus tôt. Cet hommage silencieux effectué, je me relevais pour me tourner vers Willys. Elle avait l’air fatiguée, presque maladive.

« Comment tu gères tout ça ? »

Pas besoin de préciser. Elle saurait que je voulais parler des récents événements de Timber, de l’ « attentat », des victimes et des retombées de toute cette histoire. Je l’avais prévenu que la résistance n’était pas un jeu. Mais je ne pensais pas non plus que les choses déraperaient à ce point.
© Field of Heroes
Revenir en haut Aller en bas
(Admin) ϟ Résistante de Timber
avatar
Date d'inscription : 11/05/2016
Messages : 1301
Avatar : Brie Larson
Crédits : DΛNDELION (avatar) ultraviolences (crackship) anaelle (sign)

Âge du perso : 24 ans
Activité : Professoresse de solfège
Feuille de personnage
stat :
stat points
force
magie/aura■■■
resistance
esquive

Magies maîtrisées :
Objets:
Voir le profil de l'utilisateur http://fieldofheroes.forumactif.org/t184-willys-how-do-you-prove
MessageSujet: Re: Where is my mind ? - Lucian&Willys   21.01.17 13:03


Where is my mind ?


 
Arrêter de s’excuser en permanence ? La bouche entrouverte, Willys se retient à temps de rétorquer quoi que ce soit. Elle finit par sceller ses lèvres d’un air décidé comme si elle venait là de prendre la résolution de ne plus jamais répondre et s’écarta de quelques mètres en se détournant légèrement de la scène dans l’espoir maladroit d’offrir là à Lucian un minimum d’intimité. C’est vrai, elle était reine en matière d’excuses et pourtant elle lâchait souvent le mot désolé d’un ton revêche et désagréable comme si la formule, quoi que régulièrement répété, lui coûtait quelque chose. En réalité elle s’excusait de tout, tout le temps, de ses phrases maladroites, de ses actions inhabiles de ses avis inexpérimentée comme s’il s’agissait là d’une formule magique à exprimer à tout prix pour ne pas froisser ses interlocuteurs. Mais quoi que juste elle n’aimait pas qu’on lui fasse la remarque, c’était pointé avec un peu trop d’exactitude du doigt une de ses failles et entrevoir un peu trop facilement son « entourloupe ». À vrai dire, à force de se dire désolé on commençait peut-être à mettre en doute sa franchise, ce qui n’était pas chose à faire car elle l’était toujours, sincèrement, ce qui était bien difficile à gérer d’un point de vue émotionnel.

Baissant les yeux vers Lucian lorsqu’il vint poser sa main sur la stèle, son cœur rata un battement en ne découvrant qu’à cet instant la fatidique date de leur mort. Machinalement elle détourna le regard comme si cette information, loin de ses yeux, serait moins douloureuse à encaisser. Une Weiss devant la tombe du couple Morgenstern quinze ans jour pour jour après qu'ils aient été tué… S’il y avait une vie après la mort, ils devaient profiter la d’un bien drôle de spectacle. L’idée évidemment avait de quoi mettre mal à l’aise pourtant Willys restait là, pieds ancrés dans le sol, poings enfouis dans les poches, incapable de partir tant qu’on ne l’aurait invité à le faire.

Si elle avait eu les mots pour le faire, elle aurait voulu glisser là une parole réconfortante, lui témoigner son soutien, faire un grand et beau discours. Elle lui aurait dit combien cette scène lui brisait le cœur, aussi, peut-être, si ce n’était pas trop déplacé. Mais les mots, comme toujours, lui manquaient. Plutôt, ils seraient sortis en désordre si elle avait eu la bêtise d’ouvrir la bouche et aurait manqué son objectif la rage au ventre. Elle anticipait le désastre, après tout le scénario se répétait tant de fois.

Willys sursauta au moment où Lucian s’adressa à elle, surprise par l’initiative et encore plus par son interrogation. Elle l’observa quelques instant avant de changer de sujet d’intérêt mais n’ayant aucune idée de l’endroit ou poser son regard elle finit par fermer les yeux en secouant la tête.

« Mal. » Que pouvait-elle répondre d’autre ? Si on partait du principe qu’elle gérait d’une quelconquoqnue manière la situation, elle le faisait mal, affreusement mal et il n’y avait pas grand-chose à ajouter à cela. Passant le dos de sa main sur son nez froid avant de renifler, la factrice resta un court instant étrangement silencieuse alors qu’elle observait le bout de ses chaussures.

« Est-ce que je ne suis qu'une petite bourgeoise qui pensais que... Que... Qu'elle pourrait, je ne sais pas... Je ne sais pas même pas vraiment ce que j'espérais. »
Bredouilla t’elle en s’agitant, relevant les yeux vers le ciel et battant des cils pour lui faire passer son ennuyante envie de pleurer.

« Il faut juste que je donne un sens à tout ça. Que je trouve… Que j’arrive à me voir dans la glace en prétextant que ça en avait un. Je vais devenir folle sinon. » Un rictus triste lui échappa alors qu’un sourire ironique se formait sur ses lèves. « On est jamais préparé, pas vrai. Tu m’avais prévenu après tout. C’est pas vraiment réconfortant comme idée. Pas que je veuille m'y faire. Non, non surtout pas. Enfin je veux dire, cette situation ne devrait jamais être normale, ce qui est normal c'est de ne pas être préparé. C'est juste... je peux pas. Je peux pas me dire "ce sont des dommages collatéraux". Non. Non c'est des vies qu'on a prise. Qu'est ce qui me différencie de mes... » Parents. Bien qu'elle ne soit pas allé au bout de sa phrase, mesurant son indélicatesse, combien tout cela était absurde à aborder au vues des circonstances, l'idée était clair et elle regrettait déjà de l'avoir pensée tout haut. « Pardon. » Bredouilla t'elle avant de respirer bruyammant. « Pardon d'avoir dit pardon. » Se rattrapa t'elle misérablement en se rappelant qu'il l'avait invité plus tôt à ne pas le faire.
© Field of Heroes

_________________

your mess
is mine

• Award du personnage miss Castrophe •
   • Award du membre en or •
   • Award du meilleur RP •
Revenir en haut Aller en bas
(Admin) ϟ SOLDAT
avatar
Date d'inscription : 13/02/2016
Messages : 307
Avatar : Matt Lanter
Crédits : Moony

Âge du perso : 25 ans
Activité : Pousse toi je suis du SOLDAT
Feuille de personnage
stat :
stat points
force■■■■■
magie/aura
resistance■■■■
esquive■■■■■

Magies maîtrisées :
Objets:
Voir le profil de l'utilisateur
MessageSujet: Re: Where is my mind ? - Lucian&Willys   28.01.17 20:58


Where is my mind ?


 
Ce n’était pas par méchanceté que je lui demandais d’arrêter de s’excuser. C’était juste que je n’avais jamais vraiment compris l’intérêt des excuses. A quoi bon ? Soit elles étaient vides et sonnaient plus comme de la politesse qu’autre chose, soit il était déjà trop tard. Je faisais toujours en sorte de ne pas avoir à regretter mes actes. De toujours faire les choses en connaissance de cause. Les excuses n’avaient pas leur place là-dedans, de même que les regrets même si j’avais plus de mal sur cette deuxième partie. C’était les rues de Timber qui m’avaient fait comprendre que les excuses, tout comme les promesses, n’engageaient que ceux qui y croyaient et que souvent, c’était celles qui restaient silencieuses qui avaient le plus de poids.

Elle était certainement gênée de se retrouver face à moi. Ce n’était clairement pas prévu. Nos rencontres ne l’étaient jamais vraiment. Tout aurait du nous pousser à rester le plus éloigné l’un de l’autre que possible et pourtant, le destin n’avait de cesse de nous positionner sur le chemin de l’autre. Je n’étais pourtant pas du genre à croire au destin. Je ne croyais pas en grand-chose en fait. Mes illusions avaient volées en éclat ce fameux jour qui me faisait face en lettres dorées. Mais les Sorcières, les Gardiens… Tout cela plaidait pour l’existence d’une force supérieure. Hyne, Destin, Plan de l’univers… Peu importe comment on l’appelait. Mais si tel était le cas alors, elle était bien cruelle. Les guerres, les conflits, les espérances, le besoin de liberté des pauvres mortels devaient être bien ennuyeux pour ces puissances supérieures. En quoi les petits jeux de pouvoirs des masses humaines pourraient bien les intéresser?

Nous avons déjà mené nos propres batailles tu sais. Ce n’est pas propre aux humains.

Des guerres entre Gardiens, lorsqu’ils étaient libres et donc à leurs pleines capacités… En voilà une perspective effrayante. Ultima était déjà assez effrayante comme cela lorsqu’elle lançait son attaque Hécatombe. Pas besoin de l’imaginer menant ses troupes à la bataille.

Nos batailles à nous n’impliquaient pas de magie et de folklore. C’était un combat entre l’oppression et la liberté. Un combat que j’avais refusé de faire mien. Alors, fatalement, je respectais ceux qui suivaient cette voie tout en étant inquiet pour eux. Cela menait invariablement au désastre. Mais ce n’était pas quelque chose que Willys avait besoin d’entendre en ce moment. Elle gérait mal la situation. Elle l’avait dit elle-même mais elle était loin d’être la seule. Selena était retournée également et pourtant c’était une SEED chevronnée. Alors une petite factrice de Timber… Forcément c’était trop pour elle.

« Ce que tous les résistants veulent. Faire bouger les choses. Faire la différence. »

Elle ne me laissa pas aller plus loin. Maintenant que j’avais ouvert les vannes, rien ne pouvait plus l’empêcher de parler. Tandis qu’elle s’excusait à nouveau, puis s’excusait de s’excuser, je retenais un soupir amer avant de lui signifier d’un petit mouvement d’épaules que ce n’était pas grave. Ou tout du moins, j’espérais qu’elle le comprenne ainsi.

« La grande différence entre toi et tes parents, c’est qu’il savait pertinemment qu’ils envoyaient ‘autres personnes à la mort. C’était une mission pacifique. Personne ne devait être blessé. Sinon Kramer n’aurait jamais accepté. C’était de la routine pour le SEED. Personne n’avait prévu ça. »

Où peut-être que si. Après tout, Selena et Sithmaith étaient surqualifiées pour de la simple escorte de résistants. Je préférais ne pas m’appesantir sur cette question gênante.

« Les Loups aussi avaient causé des pertes civiles lors d’une opération. Des membres du réseau bien sûr, mais aussi une petite fille qu’un soldat avait utilisée comme bouclier humain. J’aimerais pouvoir dire que ça n’arrivera plus mais ça arrivera. Il n’y a pas de résistance passive ou non violente. Parce qu’eux seront violents. C’est quelque chose qu’il faut accepter.  C’est pour ça que j’ai refusé de reformer les Loups et que j’ai laissé… un ami, s’en charger. Je peux foncer vers ma mort sans aucune crainte mais je refuse qu’on me suive sur cette route. »

Je soupirais. Ce sujet était trop sensible pour moi et en parler devant la tombe de mes résistants de parents était délicat. Je leur avais pourtant expliqué mon point de vue de nombreuses fois devant cette même tombe. J’avais pourtant toujours le sentiment de les renier lorsque je le faisais.

« Ce que j’essaie de dire, c’est que les vrais coupables, ce sont Delling et sa Sorcière. Selena m’a parlé du Gardien et des monstres. Ceux sont eux la cause de tous ces morts. »

Je me retenais de poser une main réconfortante sur son épaule. Selon Selena, c’est ce qu’il fallait faire dans ces moments-là mais… je me souvenais de sa réaction à mon contact lors du bal et je ne tentais aucune approche. A la place, je restais là, emprunté, à me demander quoi dire ou quoi faire. Je n’étais pas doué pour parler. En fait, en général j'évitais. Mais cette fille et sa capacité assez étrange à monologuer en bafouillant pendant des minutes entières me poussaient moi aussi à parler. Comme je ne cessais de me le répéter, elle était pourtant la dernière personne à qui j'aurais du vouloir parler, la dernière personne à réconforter. Et pourtant, j'étais là, avec elle, devant la tombe de mes parents. Surréaliste, encore une fois.
© Field of Heroes
Revenir en haut Aller en bas
(Admin) ϟ Résistante de Timber
avatar
Date d'inscription : 11/05/2016
Messages : 1301
Avatar : Brie Larson
Crédits : DΛNDELION (avatar) ultraviolences (crackship) anaelle (sign)

Âge du perso : 24 ans
Activité : Professoresse de solfège
Feuille de personnage
stat :
stat points
force
magie/aura■■■
resistance
esquive

Magies maîtrisées :
Objets:
Voir le profil de l'utilisateur http://fieldofheroes.forumactif.org/t184-willys-how-do-you-prove
MessageSujet: Re: Where is my mind ? - Lucian&Willys   01.02.17 1:09


Where is my mind ?


 
Faire bouger les choses. Certainement oui. Mais ses intentions avaient-elles été aussi louable dans un premier temps ? N’avait-elle pas voulu faire bouger les choses de manière petite et égoïste plutôt ? Car en fin de compte, ce n’est pas tant le monde qu’elle avait voulu changer, mais elle. C’est vrai elle avait grandi, du moins tachait-elle de s’en convaincre, au fur et à mesure, elle avait pris position et s’était forgé une opinion. Certes elle avait adopté celles de ses camarades et avait créer ses discours en copiant et en collant certaines de leurs idées, en s’adaptant à leur manière de parler et en adoptant leur vision du monde, néanmoins elle avait aujourd’hui la sensation étrange de ne pas être tout à fait celle qu’elle avait été avant de les rejoindre. À vrai dire, elle n’avait même plus l’impression d’être celle que Lucian avait rencontré cinq mois plus tôt. Plusieurs « elle » se baladait dans le temps et elle les regardait, curieuse, sans vraiment jamais se reconnaître. C’était une sensation étrange au point où elle se demandait franchement qui était-elle censée être parmi toutes ces ombres et, bizarrement, l’idée qu’elle soit chacune d’entre elles lui paraissait absurde. Elle ne l’expliquait pas, c’était un ressentis qu’elle aurait eu toutes les peines à décrire et elle ne s’attarderait pas à l’expliquer, cela prendrait certainement des heures et nul interlocuteur n’était assez courageux pour endurer cela.

Croisant ses bras contre sa poitrine après avoir monopolisé la conversation, elle toucha brièvement son front avant de se retourner, comme pour s’assurer, un peu trop tard, qu’ils étaient bien seuls dans cet imposant cimetière. Rien à déclarer cependant, pas âmes qui vivent, l’expression choisis lui parut alors des plus sinistre et sans trop expliquer pourquoi elle se rapprocha du SOLDAT, dépassant la frontière imaginaire qu’elle avait placé entre lui et elle un peu plus tôt. Un soupire et un mouvement d’épaules plus tard, alors qu’elle avait relevé des yeux misérables et désolés vers lui, il reprit la parole et elle se promit de ne pas l’interrompre.

Personne n’avait prévu ça. Personne non. Alors pourquoi la culpabilité continuait-elle de la ronger ? Pourquoi diable croire qu’ils auraient pu d’une façon ou d’une autre gérer autrement ce cataclysme voir même l’anticiper ? Et si… Oh par Hyne non, non elle ne commencerait pas plus de phrases par « et si », cela finirait par la rendre folle. Il fallait faire avec les faits, elle n’aurait jamais d’autre version de l’histoire et c’était ce qu’elle avait le plus de mal à accepter.

Et voilà qu’il parlait, qu’il parlait presque autant qu’elle mais Willys aurait voulu qu’il s’arrête là, car à mesure qu’il se confiait, son visage à elle se défaisait du peu de couleur qu’il avait eu l’audace d’aborder encore. Comme si une partie d’elle refusait d’écouter plus longtemps, elle décrocha, livide, resserrant ses bras maigres contre son ventre alors que l’image d’une petite fille enlevée par un militaire l’emporta sur le reste. La suite créa un désordre sans noms dans son esprit embrumé. Pas de résistances passive possible. Cela recommencera et cela recommencera encore. Mais comment pouvait-on accepter l’inacceptable ? Diable osait-elle réellement se poser la question ? Elle qui, pendant tant d’années, avait refuser de voir la vérité en face ? Elle qui, adolescente, ne s’indignait pas, vivait une vie presque normale sur un terrain occupé par la milice cruelle de Vinzer Deling sans se soucier des cris et des suppliques. Elle savait finalement mieux que personne comment on acceptait tout cela… C’était simple, finalement, de fermer les yeux sur le monde, vraiment simple.

Les vrais coupables. Oh ce qu’elle avait envie de l’entendre, qu’on les incrimine eux, Vinzer et sa sorcière et qu’elle puisse ainsi elle se décharger de sa lourde et encombrante culpabilité. Mais ce n’était pas aussi simple, la prétendue formule magique ne fonctionna pas correctement, ses remords étaient toujours là, sans surprise, bien qu’elle eût l’espoir infime et naïf, un court instant, que cela fonctionne.

« Mais on ne devrait pas parler de tout ça ici, pas devant eux, ce n’est pas correct ils… Je sais pas. Peut être qu'ils n’apprécient pas. » Avança-t-elle comme si tous les morts avaient la capacité de les entendre et qu’il fallait respecter la bienséance, que de pareils propos les mettraient sûrement en colère ou les rendraient tristes, qu’en tous les cas des nouvelles plus joyeuses auraient été les bienvenus, ou qu’ils soient. Si seulement il y avait un ailleurs, il était si réconfortant de se dire que c’était le cas. Réconfortant et terrifiant à la fois quelque part. Elle n’était pas à un sentiment paradoxal prêt. Relevant la tête vers Lucian en se demandant s’il était bien convenable de lui demander son avis sur l’au-delà, elle pinça ses lèvres en espérant presque qu’il devine son idée sans qu’elle n’ait à le formuler à voix hautes. Pensait-il, comme Zael, que ses parents d’un endroit obscur suivaient sa trajectoire ?

Alors elle posa sa bien maladroitement main sur son bras. Ce n’était clairement pas quelque chose d’habituel, le geste manquait cruellement d’assurance et il avait été esquissé de manière un peu ridicule. D’ailleurs, maintenant que cette main était là, elle ne savait trop comment la retirer et c’est aussi gauchement qu’elle la fit glisser avant qu’elle ne croise à nouveau les bras.

« J’ai juste cru… » Reprit elle en fronçant légèrement les sourcils, à voix basse. « C’est idiot. Vraiment je vais le dire mais je sais déjà que c’est idiot. Je pensais qu’après la diffusion de notre message les gens allaient sortir dans les rues, que ça leur donnerait le courage de le faire et que tous ensemble on arriverait à quelque chose. Et vraiment, maintenant ça me semble stupide, mais à un moment j’ai imaginé que c’était possible. Mais quelle imbécile… ! » Souffla t’elle, les yeux légèrement écarquillés comme si elle mesurait sa bêtise, le visage empreint de tristesse. « Il y avait tellement d’espoir sur cette cassette. » Ici, elle secoua la tête, consciente qu’elle monopolisait à nouveau la conversation, qu’elle tirait égoïstement la couverture à elle. « Tu penses qu’on ne peut rien faire, donc ? La violence engendrera la violence, un nouveau dictateur remplacera l'ancien... » Elle n'arrivait pas à se faire à l'idée cette fois ci. Tout ça, c'était trop injuste et elle continuait d'ésperer que quelqu'un, quelque chose, détruise cette boucle infernal.
© Field of Heroes

_________________

your mess
is mine

• Award du personnage miss Castrophe •
   • Award du membre en or •
   • Award du meilleur RP •
Revenir en haut Aller en bas
(Admin) ϟ SOLDAT
avatar
Date d'inscription : 13/02/2016
Messages : 307
Avatar : Matt Lanter
Crédits : Moony

Âge du perso : 25 ans
Activité : Pousse toi je suis du SOLDAT
Feuille de personnage
stat :
stat points
force■■■■■
magie/aura
resistance■■■■
esquive■■■■■

Magies maîtrisées :
Objets:
Voir le profil de l'utilisateur
MessageSujet: Re: Where is my mind ? - Lucian&Willys   12.02.17 20:47


Where is my mind ?


 
Que qui n’appréciait pas ? Mon regard se posa alors sur les tombes. Oh. Mes parents. Je ne savais pas trop quoi penser de toutes ses histoires de vie après la mort. Je n’y croyais pas vraiment. Peut être effectivement que les âmes des morts allaient dans un endroit plus beau mais pourquoi s’embêteraient-ils alors à revenir dans ce monde terne et sans espoir ? Non, je ne croyais pas que mes parents observaient ce que je faisais de ma vie depuis un plan supérieur. Plus encore, je ne le souhaitais pas. J’étais plus heureux s’ils ignoraient ce que j’étais devenu et ce par quoi j’étais passé. Je n’en avais pas honte, mais je savais que cela leur aurait fait du mal. Savoir que j’avais vécu dans la rue, toutes les privations et les coups que j’avais endurés. La faim, le froid, les vols et les combats… Ce n’était pas la vie qu’ils avaient souhaité pour moi. Ils voulaient que j’ai une belle et longue vie, loin du joug Galbadien. Et au lieu de ça ? J’étais brisé et j’étais parfaitement conscient que j’allais mourir très bientôt. J’avais signé en connaissance de cause. Ce que la plupart de mes proches ignoraient, c’est que j’étais mort à l’intérieur depuis ce funeste jour. Celui qu’on apercevait en lettres d’or sur les pierres tombales. Mon âme était morte ce jour-là. J’aurais dû mourir avec eux. Les combats, le SOLDAT, tout cela n’était qu’une vaste fuite en avant vers un résultat couru d’avance. La mort.

Alors non, je ne craignais pas que mes parents entendent mes échanges avec Willys Weiss. Non. C’était tout le reste que je ne voulais pas qu’ils connaissent. Je ne voulais pas qu’ils puissent apercevoir le vide qu’ils avaient laissé dans mon cœur et dans ma vie.

« Ils ne sont plus là. Ils ne peuvent pas nous entendre et encore moins avoir une opinion sur ce qu’on dit. »

Je n’avais pas dit ça sèchement. C’était un simple constat. Cynique. Sans espoir. Mais un constat. Sous ces pierres, il n’y avait plus que des os sans âmes. Une masse de divers composants sans vie. J’étais arrivé à cette conclusion lors de ma première visite ici avec Fang. Après avoir parlé et parlé encore à ces pierres dans l’espoir qu’un signe, une parole, n’importe quoi me donne la réponse que j’attendais. Pourquoi ? J’aurais tant aimé savoir pourquoi. Mais il n’y avait pas de réponse. Tout ne pouvait pas toujours être expliqué.

Et c’est alors que Willys amorça un contact. Presque rien et pourtant… Je savais que ce n’était pas dans ses habitudes. Elle était encore moins tactile que moi. Ce geste voulait donc forcément dire quelque chose mais quoi ? Elle retira sa main presque aussitôt si bien que l’espace d’un instant, je cru avoir rêvé. Tout depuis notre première rencontre jusqu’à maintenant semblait tiré d’un mauvais feuilleton. Mais le destin s’acharnait à nous pousser l’un vers l’autre. Comme s’il avait quelque chose à nous dire. Ce qui était ridicule car le destin n’était pas plus réel que l’au-delà.

Mais ce qui intéressait vraiment Willys, c’était les conséquences de leur petite opération. Les regrets tourbillonnaient dans son esprit comme autant de rappel incessant que les choses avaient mal tournés. J’en avais vu des gens arborer cette expression au fil des années. Des résistants, des SEED, des politiciens… Pas une seule fois leurs regrets n’avaient changé quoi que ce soit.

« L'espoir, c'est une chose, mais voir plus loin que son propre confort, sa propre survie, tout le monde n’en est pas capable. Et on ne peut pas les blâmer pour ça. Comme tu ne peux pas t’en vouloir d'y avoir cru. Mais oui. Un soulèvement causera toujours des pertes. Dictature ou non. »

Mon regard se fit alors plus lointain.

« Si la BGU m’a appris une chose, c’est que dans une guerre, il n’y a pas les méchants d’un bord et les gentils de l’autre. Juste des gens qui se battent pour leur pays, leur famille. Leur survie. »

Et il suffisait de leur présenter un ennemi commun pour que les alliances d’apparence les plus contre nature puissent germer. Mais aujourd’hui, je ne voulais pas penser à la guerre et à ses ravages. Et la petite Weiss ne devrait pas non plus. Sans trop savoir ce qui me prenait, je me dirigeais vers la sortie du cimetière, faisant signe à Willys de me suivre.

« Rester ici ne va pas t’aider. Au contraire. La meilleure façon d’honorer les morts c’est de vivre. Pour eux. »

Voilà pourquoi, bien qu’ayant toujours bravé la mort de façon quasi quotidienne, je n’avais jamais réellement poussé le destin. Ou en tout cas jamais consciemment. J’étais un très mauvais exemple en réalité mais avait-elle besoin de le savoir ?

« Allez viens, je t’emmène manger quelque chose. On dirait que tu vas t’évanouir. »

Et sans lui laisser le temps de refuser je nous dirigeais vers l’un des derniers salons de thé de Timber encore ouvert.
© Field of Heroes
Revenir en haut Aller en bas
(Admin) ϟ Résistante de Timber
avatar
Date d'inscription : 11/05/2016
Messages : 1301
Avatar : Brie Larson
Crédits : DΛNDELION (avatar) ultraviolences (crackship) anaelle (sign)

Âge du perso : 24 ans
Activité : Professoresse de solfège
Feuille de personnage
stat :
stat points
force
magie/aura■■■
resistance
esquive

Magies maîtrisées :
Objets:
Voir le profil de l'utilisateur http://fieldofheroes.forumactif.org/t184-willys-how-do-you-prove
MessageSujet: Re: Where is my mind ? - Lucian&Willys   17.02.17 12:28


Where is my mind ?


 
Personne pour les entendre, donc. Le constat était sans appel et contrairement à elle qui donnait toujours l’impression de chercher l’assentiment de son interlocuteur, Lucian, lui, était formel. Personne pour les entendre, personne derrière ces tombes, juste un souvenir, un passage sur terre déjà bientôt oublié. Qui pour se rappeler d’eux dans quelques années ? Oh diable non, tout ça était bien trop déprimant, cette conversation, le cadre, leur duo même, des plus tristes, rivalisait avec la définition de la dépression. S’agitant soudainement comme pour se défaire du sentiment lourd et dur qui rongeait doucement chacun de ses espoirs, Willys soupira bruyamment, nerveuse, avant de fermer les yeux dans la volonté de remettre de l’ordre dans son esprit tourmenté. Mais rien à faire, il régnait là-haut un désordre sans nom, des pensées confuses qui lui flanquaient des maux de crânes terribles, rien de bon à prendre. Pinçant presque un peu trop violemment l’arrête de son nez en grimaçant, elle écouta la suite avec une certaine distance et se redressa seulement au moment où Lucian lui affirma qu’il était inutile de s’en vouloir pour y avoir cru. Plissant les yeux, rangeant ses poings serrés dans les poches de son manteau, elle l’observa alors qu’il assurait qu’il n’y avait ni bons ni mauvais dans ce monde.

« On est tous le méchant de quelqu’un. » S’entendit-elle répondre, le visage dur comme si cela lui coûtait un certain effort de réfléchir sur la question. Qu’on le veuille ou non, faire des choix, c’était prendre le risque de froisser quelqu’un, et comme tout un chacun pensait toujours agir dans le bon sens, cela devait forcément amener à créer des conflits. De cette pensée un brin naïve on pouvait développer quelque chose de bien plus profond, mais Willys à cet instant n’en avait plus tant la force et aurait voulu envoyer valser toute cette mélancolie au loin. Écrasant sous la semelle de sa chaussure un caillou avant de l’envoyer valser, elle fixa l’endroit où il avait dû atterrir avant d’être tiré de ses étranges songes. Lucian Morgenstern venait-il réellement de lui proposer de manger quelque chose ? Visiblement oui, car déjà il quittait le cimetière d’un pas décidé sous le regard ahuri de la blonde. Willys n’hésita pas longtemps avant de lui emboîter le pas mais se tint quelques mètres derrière lui, comme si marcher à ses côtés était une étape qu’elle n’osait franchir encore.

Le voyage, silencieux, ne fut pas bien long, déjà ils s’engouffraient dans un établissement d’où se dégageait une réconfortante chaleur. On pouvait aisément croire en s’asseyant ici, et si on y mettait un minimum de bonne volonté, que Timber et ses soucis se trouvaient loin. Le bâtiment était beau, entretenu avec grand soin. Parfois on osait tout à fait passer le cadre de la porte, comme si s’octroyer ce petit moment de plaisir, même ça, on n’en avait le droit dans cette ville. Pourtant, malgré l’absence de clientèle, l'enseigne restait accrochée là-haut depuis des années et l'établissement demeurait ouvert. Willys s'y était rendu occasionnellement avec Gaïa, la plupart du temps, aussi retourner ici faisait remonter une vague de souvenirs qui lui paraissait si lointain soudainement. Hier encore il lui semblait possible de les dater et de caresser l’émotion que ces mémoires suscitaient, plus aujourd’hui.

La jeune fille suivit le mercenaire sans mot dire, l'air perplexe, observant presque discrètement le visage de celui qui l’avait conduit dans ce salon. Il était tout à fait surprenant que ce garçon connaisse cette adresse, il détonnait avec l'ambiance et l'idée folle qu'il l'ait un jour aperçue en compagnie de sa meilleure amie la traversa. Paranoïaque, pensa t'elle en secouant la tête. Mais de toute évidence un détail lui échappait et une fois qu'elle se délesta de son manteau, les joues roses et les cheveux ébouriffés, sans préambule, elle l'interrogea.

« Pourquoi est ce que tu es si attentionné avec moi ? » Aucune agressivité dans sa voix, plutôt de la surprise et de la douleur. De la douleur, oui, aussi étrange que cela puisse être. Comme si elle-même avait conscience de l'absurdité de sa bienveillance, elle aurait pu assurer ne pas mériter tour cela même si elle ne pourrait jamais s’en plaindre. Elle était touchée, mais là n'était pas la question. Pourquoi l'écoutait-il ? Pourquoi prendre le temps de la rassurer, elle, jusqu’à écourté sa visite au cimetière un jour aussi important ? En réalité elle ne savait pas bien quelle réponse elle attendait, mais elle voulait justifier cette gentillesse et lui trouver un sens. Ou peut-être, plus sinueusement, voulait-elle l’entendre dire que l’histoire de parents ne condamnait pas le parcours des enfants.

« Je n’ai pas rêvé ! » Le visage de Willys se décomposa, elle n’eut pas besoin de lever les yeux vers celle qui s’était penché vers leur table, Hazel Weiss, rayonnante, se tenait près d’eux. Enlevant ses gants en détaillant le curieux duo qui lui faisait face, l’ainée de la famille s’attarda longuement sur le bellâtre qui tenait compagnie à la plus jeune avant de lui offrir le plus impeccable des sourires. Hazel n’était pas spécialement belle, mais elle possédait une aura, un charisme tout particulier qu’elle avait travaillé, et cela se sentait, avec le plus grand des soins des années durant. Elle était née élégante, raffinée, aussi gracieuse que sa sœur était brute et maladroite. Il n’était toute fois pas difficile de lier l’une et l’autre tant physiquement elles se ressemblaient, on était pourtant particulièrement dérouté par leurs manières ô combien distinctes.

« Puisque ma sœur ne semble pas décidée à faire les présentations… Hazel. Vous êtes ? » Après un temps de latence, elle avait décidé de prendre les rennes alors qu'elle tendait sa main blanche vers le jeune homme. Willys, de son côté, les yeux affolés et l’air tendu, fixait le mercenaire d’un air profondément désolé. Fallait-il qu’il rencontre toute la famille de ceux qui avaient conduit à l’assassinat de ses parents aujourd’hui ? Et après, irait-on encore lui assurer qu’il n’existait pas de force supérieure ? « Hazel. Qu’est-ce que tu fais là. » Cracha presque Willys d’un ton méchant qu’on ne lui connaissait que très peu. Loin de s’en formaliser, trop habituée, l’ainée secoua légèrement la tête, s’excusant presque du regard auprès du SOLDAT. « Quelle question. » Le déménagement. Bien sûr. Plus blême que jamais Willys détourna le regard alors que son poing se crispait sur le tissu de son pantalon. Qu’elle ne glisse aucun mot à ce propos, par pitié, supplia t’elle en fixant l’extérieur. Elle n’avait pas envie que Lucian, sache, pas maintenant, pas avant qu’elle n’ait décidé de le lui dire.

© Field of Heroes

_________________

your mess
is mine

• Award du personnage miss Castrophe •
   • Award du membre en or •
   • Award du meilleur RP •
Revenir en haut Aller en bas
(Admin) ϟ SOLDAT
avatar
Date d'inscription : 13/02/2016
Messages : 307
Avatar : Matt Lanter
Crédits : Moony

Âge du perso : 25 ans
Activité : Pousse toi je suis du SOLDAT
Feuille de personnage
stat :
stat points
force■■■■■
magie/aura
resistance■■■■
esquive■■■■■

Magies maîtrisées :
Objets:
Voir le profil de l'utilisateur
MessageSujet: Re: Where is my mind ? - Lucian&Willys   19.03.17 22:22


Where is my mind ?


 
Prolonger cette entrevue avec Willys Weiss n’était sans doute pas une bonne idée. Objectivement, j’en étais parfaitement conscient. Je ne saurais pas expliqué pourquoi j’avais pris le parti de continuer notre conversation dans un cadre plus neutre. La situation avait été un échec aussi bien pour la résistance que pour la BGU. Alors oui, la voir en aussi mauvaise forme m’interpellait. Je n’étais pas un monstre. Ce n’était sans doute pas avec ses proches qu’elle évoquerait le sujet et elle était encore trop naïve et trop jeune dans la résistance pour gérer les conséquences de tout ça. Il n’y avait qu’à la regarder pour en être convaincue. Avec son air coupable, c’était un petit miracle que personne ne soit venu essayer de savoir ce qu’elle cachait. Se rendait-elle seulement compte d’à quel point la situation à Timber était pourrie ? On pouvait déjà sentir la fin d’un statuquo qui durait depuis des années. Deling se faisait moins discret et Timber moins sure.

Je me dirigeais d’un pas assuré vers le salon de thé mais Willys, derrière moi, semblait plus hésitante, comme si elle balançait entre s’éclipser et me suivre. Je ne pouvais pas lui en vouloir, tout cela était tellement surréaliste. Comme toujours quand nous nous retrouvions dans le même périmètre. Une fois arrivé dans le salon, j’adressais un bref signe de tête au patron des lieux. Des années que je me rendais ici à la même date, réglé comme du papier à musique. La seule chose qui eut l’air de le surprendre, c’était que quelqu’un m’accompagne. Je retirais ma veste en cuir, révélant un simple t-shirt blanc à col V.

La question de Willys me prit au dépourvu. Je fronçais les sourcils, ne sachant pas vraiment quoi lui répondre. Pourquoi en effet ?

« Franchement, je ne sais pas. Je vous ai tous détesté pendant si longtemps… C’était facile. Mais maintenant que je te connais. C’est plus si évident. Tout ça c’est juste un vaste bordel. Je suis aussi paumé que toi. »

Pas sur que ce soit ce qu’elle ai envie d’entendre mais je n’avais jamais été très doué pour offrir aux gens ce qu’ils voulaient. Mais avant de pouvoir réellement dénouer mes sentiments sur la question, une voix flutée vint troubler le silence gêné qui était le lot de toutes mes rencontres avec Willys. Je levais les yeux pour trouver la source de l’interruption et retenais de peu un juron bien senti. L’autre fille Weiss. Celle qui sortait avec un gradé Galbadien. La ressemblance était trop frappante pour passer à côté. C’était bien ma veine. Willys, je pouvais gérer. Il y avait chez elle une forme d’innocence bourrue qui rendait sa présence supportable et parfois même vaguement amusante. La sœur par contre… C’était une autre paire de manche. Si on s’en fiais au proverbe, ‘qui se ressemble s’assemble’, au vu de ses gouts discutables en terme d’hommes, cette rencontre serait bien difficile. La sœur (dont je ne me souvenais pas le nom) avait l’air ravie. Son sourire aurait pu illuminer la moitié de Timber. S’en était presque intimidant. J’aurai bien voulu l’ignorer mais attirer l’attention sur nous n’était pas envisageable. Elle me détaillait comme une bête curieuse. De mon côté, je ne lui accordais qu’un bref regard avant de reporter mon attention sur Willys. Qu’est-ce que j’étais supposé faire au juste ? Apparemment rien puisque la jeune femme restait tout simplement buguer. La sœur, Hazel donc, décida alors de prendre les choses en main, attirant mon attention avec sa présentation formelle.

J’observais la main tendue avant de finalement me décider à la serrer. Avec un peu trop de retard pour que cela paraisse très poli.

« Lucian. »

Je me contentais de ça. Dire que j’étais enchanté serait mentir. Je me contentais de la fixer avec toute l’intensité de mon regard de SOLDAT. C’est ce moment que Willys choisi pour sortir de sa torpeur. Son ton brutal me fit tourner brusquement la tête vers elle. Je la savais à fleur de peau mais même à moi elle ne m’avait pas parlé comme ça. Ou alors j’étais passé à côté ce qui était possible. Apparemment la fameuse Hazel avait des choses à faire dans le coin et Willys était au courant. Personnellement je m’en contrefichais et j’étais presque prêt à les laisser en famille mais toute tentative fut annihilée par l’arrivée du gérant avec une assiette de scones et une théière fumante. Il adressa un grand sourire aux filles Weiss avant de m’adresser un regard entendu.

« Et voilà, la commande habituelle. Je suis content que tu ne sois pas seul cette année. »

Avec un clin d’œil, il retourna derrière son comptoir. Comme si toute cette situation n’était pas déjà assez ubuesque, on atteignait des sommets dans l’absurde.
© Field of Heroes
Revenir en haut Aller en bas
(Admin) ϟ Résistante de Timber
avatar
Date d'inscription : 11/05/2016
Messages : 1301
Avatar : Brie Larson
Crédits : DΛNDELION (avatar) ultraviolences (crackship) anaelle (sign)

Âge du perso : 24 ans
Activité : Professoresse de solfège
Feuille de personnage
stat :
stat points
force
magie/aura■■■
resistance
esquive

Magies maîtrisées :
Objets:
Voir le profil de l'utilisateur http://fieldofheroes.forumactif.org/t184-willys-how-do-you-prove
MessageSujet: Re: Where is my mind ? - Lucian&Willys   25.03.17 9:51


Where is my mind ?


 
« Un beau duo de bras cassés… » Concéda t’elle en lui accordant un sourire à demi-convaincu. Willys, en compagnie de Lucian, ne cessait d’être traversée par des doutes et remettait instinctivement en question tout mot franchissant ses lèvres. Les plus intrépides diront qu’anxieuse elle l’était toujours et qu’importe son interlocuteur, mais en face de celui qui se dressait face à elle ce matin s’ajoutait des réflexions plus graves dont elle ne pouvait faire abréactions. Les bases, ce qui malgré eux devaient pour toujours les unir, restaient terrifiantes. Jamais l’un ou l’autre ne pourrait faire l’impasse de ce fait, passer outre était tout bonnement impossible quoi qu’ils se disent. Pourtant ils multipliaient les situations rocambolesques, défiaient toute logique en se confiant l’un à l’autre, de leur échange au-dessus des tombes du garçon à ce face à face dans un salon où on ne tarderait de leur servir thé et petits gâteaux tout selon certain frisait une certaine forme de folie. Surprise par la tournure des choses, on ne pouvait que l’être, tout, normalement – mais définitivement l’un comme l’autre n’était aficionado de la norme – aurait dû conduire ces ceux-là à s’éloigner. Mais voilà que leur destin leur jouait des tours et que, au moment de se croiser, se quitter ne devenait pas leur option favorite.

« Peut-être qu’il y a des choses qui n’ont pas besoin d’être expliquées. C’est juste comme ça. Ça dépasse l’entendement mais… C’est là. Pas que ça me convainque franchement comme explication, mais j’ai l’impression que je vais devoir m’en contenter pour le moment. » Elle triturait ses doigts, l’air ailleurs, ses sourcils un peu froncés signe qu’elle se penchait studieusement sur le sujet mais n’arrivait à trouver de réponses à ses interrogations. Et c’était frustrant. Car elle avait toujours eu besoin de décortiquer les choses, que ses liens soient limpides, simples, aucunes complications à l’horizon toléré. Diable il était simple d’entretenir l’illusion quand finalement on ne comptait que bien peu de proches autour de soi, mais les relations humaines par définition étaient un casse-tête absolu il était temps sans doute de ne pas croire que tout était noir ou blanc. Avec un certain cynisme elle aurait pu répondre que pour elle aujourd’hui tout était gris. Willys avait perdu ses repères et tout restait à reconstruire. Elle ne faisait pourtant aucun effort pour placer la première pièce du nouvel édifice, abattue et interdite elle se contentait de regarder le désastre sans plus apporter de nuances ou de couleurs à un monde qui selon elle à l’heure actuelle était dépourvue de sens.

Et comme si cette situation n’était pas déjà assez chargée en complexité, ses nerfs furent mis à rude épreuve au moment ou Hazel se décida à entrer en scène. L'intervention du propriétaire des lieux, n'arrangea évidemment rien au dessin, le sourire de la brune s'élargit alors qu'elle répondait poliment à l'attention du serveur. Il venait après tout de lui livrer la une succulente information sans le vouloir.

Les sœurs Weiss ne s’étaient jamais entendues. Willys avait beau fouiller dans ses souvenirs aucun moment de complicité ne lui revenait en mémoire quand elle inspectait le visage de l’ainée. Triste constat. Toute incapable qu’elles étaient de supporter la présence de l’autre – Hazel sans doute avait été la première molestée par l’arrivée d’un autre enfant dans la famille et avait magnifiquement ouvert les hostilités – il avait été plus commode de s’ignorer en découvrant qu’elles ne pourraient jamais rien partager ensemble. Elles ne se haïssaient pas pour autant, pire, elles étaient indifférentes et ne jetaient que des regards bien lointains au parcours respectif de chacune. Alors pourquoi diable ce matin, Hazel se décidait-elle à se mêler de la vie de la plus jeune ? La perspective qu’elle ait une vie amoureuse la rendait-elle soudainement intéressante ?

« Willys ne nous avait pas habitué à se trouver en si bonne compagnie. »
Peut-être finalement n’était-ce qu’un moyen comme un autre pour la rabaisser. C’est vrai, cette vieille compétition dont Hazel se devait de toujours sortir victorieuse. A vrai dire elle était la seule à participer à cette course, la blonde n’avait jamais voulu entrer dans ce jeu-là, sachant pertinemment qu’elle perdrait d’avance.

« C’est bon tu as fini ? Sors maintenant s’il te plaît. » La chaise avait raclé le sol, Willys se tenait maintenant droite, debout face à l’autre qui la surplombait d’une bonne dizaine de centimètre. Ne pas perdre de vue son objectif premier, faire sortir l’intruse du salon et éviter à Lucian d’être confronté à la moitié de la famille qu’il haïssait. Imperturbable, un air faussement inquiet s’afficha sur le visage de l’ainée alors qu’elle détaillait celui de sa petite sœur qui malgré l’usage de la politesse, semblait prête à l’étrangler d’un moment à l’autre.

« Je comprends mieux pourquoi les parents s’inquiètent, l’air de Deling City te fera le plus grand bien. »
Les yeux de la belle brune s’écarquillèrent alors, comme si elle venait de comprendre quelque chose, elle jeta un regard peiné à Lucian avant de leur offrir le plus condescendant des sourires. « Oh. J’interromps des au revoir, c'est ça ? » Sous texte, c’est la seule chose qui me vient en esprit qui pourrait justifier ton insupportable comportement Willys. « Ne vous inquiétez pas, ce ne sont justement que des au revoir vous serez amené à vous retrouver. Nous pourrions vous inviter à la maison, Lucian. »

Certainement Willys aurait-elle voulu se noyer dans la tasse qui l’attendait à sa place alors que, bien trop décomposé pour réagir, le fait qu’elle continue à tenir debout relevait du miracle. Ses cheveux paraissaient plus emmêlés que jamais et elle était si pale qu’on aurait pu croire qu’elle était la seule ici à ignorer l’existence de la couleur. Sa main s’enroula autour du dossier de sa chaise. L’espace d’un instant on aurait pu penser qu’elle allait la soulever pour l’écraser sur la tête de l’ainée.

« Ménagez les nerfs de ma sœur, elle a toujours été fragile. » Murmura alors Hazel, glissant ses longs doigts sur l’épaule de Lucian, faussement concerné. « Regardez là, elle pourrait me tuer. » Continua-t-elle, amusée, sur le ton de la confidence. Mais certainement avait-elle réellement aperçu l’ombre meurtrière qui de manière s’était logé dans la pupille de la blonde. Et puis, l’inflexion de sa voix, sa manière de se tenir, laissait soudainement planer le doute. N’était-ce pas là finalement une réelle crainte qui l’habitait depuis longtemps qu’elle venait d’exprimer là ?
© Field of Heroes

_________________

your mess
is mine

• Award du personnage miss Castrophe •
   • Award du membre en or •
   • Award du meilleur RP •
Revenir en haut Aller en bas
(Admin) ϟ SOLDAT
avatar
Date d'inscription : 13/02/2016
Messages : 307
Avatar : Matt Lanter
Crédits : Moony

Âge du perso : 25 ans
Activité : Pousse toi je suis du SOLDAT
Feuille de personnage
stat :
stat points
force■■■■■
magie/aura
resistance■■■■
esquive■■■■■

Magies maîtrisées :
Objets:
Voir le profil de l'utilisateur
MessageSujet: Re: Where is my mind ? - Lucian&Willys   14.04.17 23:45


Where is my mind ?


 
Cette situation venait de virer de l’absurde au grotesque, au point que je me demandais s’il fallait en rire ou au contraire s’en offusquer. Fidèle à moi-même, je ne laissais que très peu filtrer mes émotions. C’était un mécanisme de défense comme un autre. Les deux sœurs Weiss étaient très différentes. Si je m’accommodais du côté brute de décoffrage de WIllys, je supportais beaucoup moins sa sournoise grande sœur. Elle ne m’inspirait aucune sympathie et, si elle n’avait pas été une fille, j’aurai très certainement eu envie de lui coller mon poing dans la figure. En fait, j’en avais avait peut-être bien envie tout compte fait. Je n’aimais pas la façon qu’elle avait de rabaisser sa sœur. En quoi ma compagnie pouvait-elle changer quelque chose ? Je ne comprenais pas où elle voulait en venir, par contre, il était évident qu’elle se voulait blessante. Je retenais difficilement une remarque cinglante. Il serait malvenu de me faire remarquer. Et puis, j’aimais cet endroit et je comptais bien ne pas me faire jeter dehors. Mais visiblement, ce n’était pas l’option qu’avait choisi la musicienne car elle se leva d’un coup avant d’ordonner à sa sœur de quitter les lieux. A vrai dire, j’étais surprise de son courage. Et de la façon toujours un peu aléatoire dont il se manifestait. Pas toujours au bon moment et jamais où on l’attendait. Hazel était plus grande qu’elle et, si ses griffes étaient aussi acérées que sa langue, j’espérais pour Willys qu’elle était prête à se défendre.

Tandis que les deux sœurs se regardaient en chien de faïence, je me decidais à servir deux tasses de thé fumant. A vrai dire, c’était surtout pour décrisper mes mains et les occuper à des affaires non violentes. J’en étais à mettre de la confiture sur mon scone lorsqu’Hazel mentionna Deling City avant de reporter son attention sur moi.

Alors comme ça, les rats quittaient le navire ? Je n’étais pas plus surpris que ça en constatant que WIllys partait avec eux. Apparemment, elle manquait de tempérament pour les décisions importantes. Elle semblait prête à soulever des montagnes pour des broutilles comme assommer un soldat galbadien, mais elle était prête à abandonner son réseau pour se cacher chez l’ennemi. Etais-je déçu ? Oui, sans doute un peu. Est-ce que je lui en voulais ? Non. Pas vraiment. On faisait tous ce qu’il fallait pour survivre après tout. J’en étais à prendre une gorgée de thé lorsque la jeune femme me proposa de passer chez eux. J’en avalais de travers avant de reprendre rapidement contenance.

« Je ne pense pas que ce serait une bonne idée. »

Je restais neutre, mais intérieurement je savais que cette situation était une bombe à retardement. Nul doute qu’en me décrivant à ses parents, ils feraient rapidement le rapprochement. C’était d’ailleurs surprenant qu’elle ne sache pas que je les avais espionnés pendant si longtemps. Etait-elle vraiment si autocentrée pour ne pas me reconnaître ?

« Et puis je ne suis sur ce continent que pour quelques jours. Des affaires à régler. »

Comprendre, oublie tout de suite cette idée absurde de repas car ça n’arrivera jamais à moins de m’y trainer pieds et poings liés. Je me tournais ensuite vers Willys. Elle était pâle comme la mort. Clairement cette conversation était aussi déplaisante pour elle que pour moi. Peut-être même encore plus. Et tandis que je tentais d’évaluer le degré de menace, la sœur posa la main sur mon épaule. Pour moi qui détestait les contacts physiques avec des étrangers, je du retenir un violent mouvement de recul. Je me contentais donc de me crisper, au prix de violents efforts. Son souffle près de mon oreille tandis qu’elle chuchotait n’aidait pas à me calmer sans compter que son ton doucereux me donnait plus envie de l’étriper que de compatir.

« Elle est plus résistante qu’il n’y parait. »

Au moment de prononcer le mot résistante, mes yeux avaient brièvement cherchés ceux de Willys. Comme pour lui rappeler son combat. Celui dont elle avait parlé ce fameux jour à Balamb. Bien sur, j’avais vite fait le lien entre sa rencontre avec Kramer et le fiasco d’il y a quelques semaines. Ca l’avait peut être refroidie. C’était compréhensible. Mais de là à fuir à Deling, il y avait tout un monde. Si Hazel avait su qui j’étais, sans doute n’aurait-elle pas employé le mot meurtre avec une telle facilité. Mais l’ignorance semblait la draper comme un voile de protection. Petite princesse dans sa tour d’ivoire. C’est comme ça que j’avais toujours vu les enfants Weiss jusqu’à ma rencontre avec Willys. Si mes impressions correspondaient tout à fait à l’ainée, j’avais cru m’être trompée par rapport à la sœur. Elle semblait avoir décidé de quitter sa cage en verre mais, finalement, un coup de pression et elle était prête à s’y enfermer de nouveau. Ignorant Hazel, je m’adressais donc à Willys, le regard neutre, plus froid.

« Alors comme ça, tu déménages ? »

J’avais beau ne pas être le plus malin de la BGU, je savais additionner deux et deux pour donner du sens à l’échange qui avait eu lieu entre les deux sœurs. Plus que jamais, je me demandais ce que je faisais ici, perdu au milieu d’un salon de thé avec pour compagnie la progéniture de ceux à qui je devais mon statut d’orphelin.
© Field of Heroes
Revenir en haut Aller en bas
(Admin) ϟ Résistante de Timber
avatar
Date d'inscription : 11/05/2016
Messages : 1301
Avatar : Brie Larson
Crédits : DΛNDELION (avatar) ultraviolences (crackship) anaelle (sign)

Âge du perso : 24 ans
Activité : Professoresse de solfège
Feuille de personnage
stat :
stat points
force
magie/aura■■■
resistance
esquive

Magies maîtrisées :
Objets:
Voir le profil de l'utilisateur http://fieldofheroes.forumactif.org/t184-willys-how-do-you-prove
MessageSujet: Re: Where is my mind ? - Lucian&Willys   16.04.17 17:09


Where is my mind ?


 
Elle avait osé. La main de sa sœur se posait sur l’épaule de Lucian avec une tranquillité provocante. Épouvantée par ce simple geste, Willys observait les doigts fins de future mariée se resserrer sur le tissu de la chemise du soldat, elle enroula fermement les siens autour du dossier de sa chaise alors qu’en concert tout le corps du mercenaire indiquait combien cette promiscuité le mettait mal à l’aise. Que pouvait-il bien penser à cet instant ? Où trouvait-il la force de rester si stoïque ? La musicienne craignait à vrai dire que l’explosion survienne au plus inopportun des moments, elle avait été témoin d’un réel accès de rage lorsqu’il avait abattu quelque mois plus tôt son poing dans le visage d’un Galbadien indiscret avec une décontraction déplacé. Jusqu’où pouvait-il tenir en présence de la venimeuse Hazel et combien de temps soutiendrait-il son regard inquisiteur ? Willys le sonda du regard, ne sachant trop si elle voulait qu’il la chasse ou si ce rôle devait lui revenir. Il fallait en tous les cas que la brune sorte au plus vite, l’un comme l’autre arrivaient aux limites de leurs patiences respectives.

« Elle est plus résistante qu’il n’y parait. »
Mon dieu. Le rouge lui monta avec traitrise aux joues alors qu’elle croisa brièvement le regard impassible de son interlocuteur. Mal à l’aise, elle baissa la tête, ne cherchant même plus à dissimuler sa gêne. Hazel après tout la confondrait avec une autre émotion et lui prêterait une autre explication, elle était brillante mais n’interpréterait pas cette subtile mise en garde correctement. Preuve en est, un sourire inidentifiable se peint sur ses fines lèvres alors qu’elle jetait un regard condescendant au garçon tout en gardant son insolente main posé sur son épaule. Merci de prendre la défense de ma sœur, mais elle n’en vaut pas la peine, interpréta la blonde qui se demandait toujours ce qui la retenait de flanquer sa chaise derrière l’arrière du crâne de l’ainé.

« Alors comme ça, tu déménages ? » Les sœurs échangèrent alors un regard. Willys pour fuir celui de Lucian et faire entendre à sa sœur son mépris, l’autre, sincèrement surprise, mais dissimulant mal le fait qu’elle se réjouissait d’être l’investigatrice d’un futur conflit. « Whoops a daisy. » Lança t’elle en lâchant enfin l’épaule du mercenaire, dissimulant un sourire plus ou moins contrit derrière ses longs doigts repliés. « Je ne voulais pas créer un incident diplomatique. » Menteuse. « Je vous laisse régler ça… » Finit-elle à voix basse, esquissant une grimace embarrassée, prenant son temps cependant pour réajuster la lanière de son sac sur son épaule et toiser une dernière fois l’étrange jeune homme qui semblait de toute évidence la fasciner. C’était son genre, pensa Willys avec un certain dégout, Hazel avait toujours eu un faible pour les hommes de la trempe de Lucian et bien qu’elle la sache profondément amoureuse de son futur époux, sûrement ne se retenait-elle pas de contempler "les belles choses". « Passez nous voir quand vous serez de retour sur le continent, Lucian. » Proposa-t-elle toujours à voix basse, adressant un discret geste de main à sa sœur avant de quitter gracieusement les lieux. Enfin seuls. Avec tout ce que cela sous-entendait derrière, car Lucian attendait une réponse…

La musicienne racla sa gorge, se rasseyant maladroitement sur son siège en rangeant ses mains entre ses cuisses, fixant la fumée qui s’échappait de la tasse que Lucian lui avait servi quelques minutes plus tôt avec l’impression désagréable qu’elle allait se mettre à pleurer d’un moment à l’autre. Quelques mèches de cheveux retombaient grossièrement devant son visage, elle ne les rangea derrière son oreille qu’au moment où elle reprit la parole à voix basse. « Il n’y a plus de réseau. »

Ce n’est qu’à cet instant qu’elle consulta à nouveau le regard de son interlocuteur. Toujours aussi insondable, elle n’y trouva rien à quoi se raccrocher. Alors elle secoua la tête, soupirant vaguement, croisant finalement ses bras devant elle. Plus de réseau. Ruben avait décidé de se terrer chez lui, Gatiss d’être prisonnier d’un silence coupable. Meera elle n’avait plus le courage de ressouder les troupes comme elle s’était acheminé à le faire des années durant quant à elle… Elle égoïstement aurait voulu que les autres travaillent à sa place, que ce démantèlement n’ait jamais eue lieu tout en ne faisant rien pour l’empêcher d’advenir. Sûrement aurait-elle vécu les choses autrement s’ils avaient su rester souder après le drame, mais tout avait toujours été trop fragile sûrement.

« Tout ça avait encore un sens quand on était ensemble, on était fort. Seuls on est inutiles, comme tout ce qu'on a entrepris. » Souffla-t-elle. « On ne peut pas avoir fait tout ça pour rien... »

Cette dernière phrase resta en suspend un instant avant qu’elle ne se saisisse de sa tasse. « Ils m’ont dit de partir tant que je peux… » Du moins, Meera le lui avait recommandé. Elle n’avait parlé à Ruben qui restait injoignable et n’osait se confronter à la réaction de Gatiss. Encore une fois, elle se dégageait de toute responsabilité, c’était détestable. « Je te déçois ? » Elle ne savait pas bien pourquoi elle avait posé la question car elle connaissait certainement la réponse et n’avait aucune envie de l’entendre. En plus de cela elle l'avait formulé sur un ton provocant qu'elle regretta à la seconde prêt. Aussi préféra t'elle se perdre dans la contemplation de sa tasse de thé.
© Field of Heroes

_________________

your mess
is mine

• Award du personnage miss Castrophe •
   • Award du membre en or •
   • Award du meilleur RP •
Revenir en haut Aller en bas
(Admin) ϟ SOLDAT
avatar
Date d'inscription : 13/02/2016
Messages : 307
Avatar : Matt Lanter
Crédits : Moony

Âge du perso : 25 ans
Activité : Pousse toi je suis du SOLDAT
Feuille de personnage
stat :
stat points
force■■■■■
magie/aura
resistance■■■■
esquive■■■■■

Magies maîtrisées :
Objets:
Voir le profil de l'utilisateur
MessageSujet: Re: Where is my mind ? - Lucian&Willys   23.04.17 21:42


Where is my mind ?


 
Fils unique, je ne connaissais rien des rivalités inhérentes aux fratries, mais, une chose m’apparaissait avec évidence, Hazel se délectait du trouble qu’elle générait chez sa sœur. Elle était tel un chat jouant avec cruauté avec sa souris jusqu’à l’épuisement de celle-ci. Grandir face à une telle personnalité n’avait pas du être chose facile. Cela expliquait peut être plus qu’un long discours certains aspects de la personnalité de la factrice.

Ce n’est qu’en fixant mon attention sur la jeune femme que je pu rester suffisamment calme malgré la proximité crispante de la jeune femme. Comme on pouvait s’y attendre, elle fut ravie d’avoir, selon elle, semé le chaos. Je n’appréciais pas plus que cela la façon étrange dont elle me regardait. Pour une raison inconnue, cela me mettait mal à l’aise et furieux. Je ne pu retenir un éclat fugace de colère à peine contenue alors qu’elle sous-entendait clairement que sa sœur ne valait pas la peine d’être défendue. Pour qui se prenait-elle avec ses airs de petite bourgeoise ? Au cours de missions de protection, j’avais côtoyé des personnes au statut social bien plus important et qui ne respirait pas à ce point la suffisance.

Fière d’elle, la sœur finit enfin par s’éclipser, non sans renouveler son invitation. Mais oui, bien sûr. Comme si j’allais remettre les pieds dans l’antre du diable. Les espionner était une chose, s’y faire inviter en était une autre. Poli malgré tout, je lui adressais un dernier signe de tête crispé avant de laisser échapper malgré moi un soupir de soulagement tandis qu’elle franchissait enfin la porte du salon.

Willys n’avait pas décroché un mot et je reportais sur elle tout l’attention de mon regard azuré. Je ne savais pas vraiment que penser de tout ça. J’étais loin d’avoir tous les éléments nécessaires pour juger de sa situation. J’attendais donc qu’elle se décide à parler, tout en attrapant une viennoiserie. Toute la misère du monde semblait s’être abatue sur cette jeune femme qui devait être à peine plus jeune que moi. A voir sa posture contrite, je m’attendais presque à ce qu’elle me confesse un péché mortel. Willys annonça qu’il n’y avait plus de réseau. Rien de très surprenant en soit, à Timber, les réseaux se faisaient et se démantelaient. Jadis fiers et nombreux, ils avaient fondus au fil de l’occupation comme neige au soleil. Les exécutions en avaient calmés plus d’un, certains avaient fini par se lasser et abandonner. Parfois, de jeunes exaltés comme Fang refondaient d’anciens réseaux et tout recommençait.

La jeune femme reprit la parole, ouvrant son cœur sur ce qui était arrivé à son réseau résistant depuis le discours avorté de Vinzer Deling. Rien de tout cela n’était vraiment surprenant. C’était au contraire très courant dans ce milieu. Tous n’étaient pas des acharnés comme Fang dont la motivation frisait parfois la folie pure. Je ne pu masquer ma surprise quand elle me demanda si elle m’avait déçu. Mon opinion comptait-elle tant que ça ? Je n’avais pas vraiment l’habitude qu’on me demande aussi catégoriquement mon avis. La BGU ordonnait, mais amis me laissaient m’exprimer quand j’en ressentais le besoin mais jamais personne ne me demandait mon avis aussi directement. Je pris quelques secondes avant de réfléchir.

« En fait non. Je suis juste un peu surpris. Pas que tu quittes Timber et la résistance, ce serait hypocrite de ma part vu que je n’ai jamais voulu reprendre cet héritage. Plutôt que tu les suives eux. Surtout vu comment elle te traite. »

Mais bon, ce n’était pas vraiment mes affaires. Je n’avais même pas pu me résoudre à nommer sa famille de peur de dire des choses qui la blesseraient. Après tout, ils restaient quand même ses parents et sa sœur.

« Les réseaux se font et se défont. Je n’ai quasiment plus de souvenirs de mes parents mais je me souviens très bien que leur réseau est mort avec eux. La volonté, sans un leader, ne va pas bien loin. »

C’était triste mais c’était comme ça. Les gens avaient besoin de quelqu’un pour canalyser leurs volonté, lui donner forme et les guider dans la bonne direction. Ma mère, encore plus que mon père, avait cette capacité. Parfois, je n’arrivais même plus à me souvenir de son visage. Mais je n’oublierais jamais sa volonté de fer et sa voix pleine de conviction.
© Field of Heroes
Revenir en haut Aller en bas
(Admin) ϟ Résistante de Timber
avatar
Date d'inscription : 11/05/2016
Messages : 1301
Avatar : Brie Larson
Crédits : DΛNDELION (avatar) ultraviolences (crackship) anaelle (sign)

Âge du perso : 24 ans
Activité : Professoresse de solfège
Feuille de personnage
stat :
stat points
force
magie/aura■■■
resistance
esquive

Magies maîtrisées :
Objets:
Voir le profil de l'utilisateur http://fieldofheroes.forumactif.org/t184-willys-how-do-you-prove
MessageSujet: Re: Where is my mind ? - Lucian&Willys   25.04.17 11:23


Where is my mind ?


 
Le regard bien peu courageusement posé sur sa tasse de thé, bras toujours croisés sur la table, Willys attendait le verdict de Lucian qui bien cruellement semblait chercher ses mots et étirait par conséquent un silence toujours plus douloureux. Pourquoi lui avait-elle posé cette question ? Elle voulait son avis, elle le demandait toujours aux gens qui comptaient pour elle, mais comment en était-elle arrivée à considérer celui de cet homme-là important ? De toute évidence il était aussi surpris qu’elle, et comme bien souvent, la gêne supplantant l’impulsivité, elle se terrait dans un silence coupable sans donner plus de précisions à ses étranges élans un brin agressifs.

Quand le verdict tomba, comme libérée d’un poids, elle s’autorisa enfin à boire une gorgée de thé. Elle abandonnait l’idée pour l’heure de manger quoi que ce soit, aussi délicieuses semblent être les viennoiseries que Lucian leur avait commandées, elle ne lui faisait pas envie.

Mais ses joues s’empourprèrent quand il évoqua sa famille, il ne cherchait pas à comprendre ses motivations, s’étonnait juste du fait qu’elle les suive. Reposant l’objet en louant la diplomatie du jeune homme, elle racla à nouveau sa gorge, le regard un peu fuyant, la réponse pourtant ne tarda pas à se faire entendre.

« C'est temporaire et c'est la meilleure des couvertures. C'est lâche aussi, et égoïste sans doute, tu peux le dire. Mais pour me donner bonne conscience j'essaye de me convaincre que c'est le mieux à faire pendant un temps, et pas que pour moi, pour ceux que je voudrais protéger aussi. »

Persuadé d’être un danger public, de cette sorte d’individus qui torturé n’arriverait à dissimuler aucune information, elle préférait encore sauver ce qui restait du réseau en le quittant. Fuir avec ses collabos de parents, quitte à être associé à ces gens, détournait l’attention de sa petite personne. Aucun irait venir interroger la fille de cette famille si respectable, n’est-ce pas ? Il n’était pas question d’attirer l’attention maintenant. Zael ne l’avait pas compris, ou plutôt, il n’avait pas voulu le comprendre. Résonnait encore alors dans son esprit ses mots tendres, elle était égoïste et égocentrique lui avait-il dit. Sans doute, soupirait-elle aujourd’hui. Sans doute.

Observant Lucian, elle continua de l’écouter avec attention. À quoi ressemblaient ils, de loin ? Sans compter Hazel qui avait une imagination trop étriquée pour envisager autre chose qu’une histoire d’amour. De vieux amis, sans doute. Ils échangeaient avec une facilité curieuse et elle aurait voulu s’en réjouir plutôt que de relever sans cesse l’étrangeté de leur duo. Après tout n’était-ce pas ce qu’elle recherchait ? Une sorte de rédemption, qu’il voit en elle autre chose que l’ombre de leurs parents. Ils en virent à échanger autour des leaders, ici, Willys se rembrunit. Elle avait un respect sans faille pour Ruben, elle ne voulait même pas se mettre en colère contre son silence. Il avait tempéré, toujours, leurs humeurs rebelles et tous avaient voulu voir en lui un chef. Le problème ? Il n’avait sans doute jamais voulu l’être, elle le réalisait sur le tard comme bien d'autres choses dont il aurait été bon de prendre conscience plus tôt.

« Le nôtre ne rêve plus, ou plutôt si, il rêve qu'on le laisse tranquille une bonne fois pour toute. C'était le drame de trop. Tu sais, ton ami... Ils ont le même regard, celui de ceux qui en ont trop vu. »

Elle se rappelait avoir fait tout de suite le parallèle entre les deux hommes. Leurs façons de vous regarder… Ils avaient quelque chose en commun qu’elle expliquait mal.

« C'est peut être une question de leader, mais surtout de cohésion. Et c'est ce qu'on voulait, réunir tout le monde, en faisant... »

Mais elle fut stoppée dans son élan, la porte s’ouvrit sur de nouveaux clients et dans un réflexe un peu absurde elle plaqua discrètement sa main sur sa bouche. L'air ailleurs, Willys se tut un instant. Ce n'est que quelques secondes plus tard qu'elle regarda à nouveau son interlocuteur avant de reprendre la parole avec une sorte de sentiment d'urgence.

« Merci pour tout ça Lucian. »

Tout, plus que ça, d'ailleurs. Elle avait eu besoin de le dire à voix haute, qu'il l'entende distinctement. Allez savoir pourquoi maintenant...
© Field of Heroes

_________________

your mess
is mine

• Award du personnage miss Castrophe •
   • Award du membre en or •
   • Award du meilleur RP •
Revenir en haut Aller en bas
(Admin) ϟ SOLDAT
avatar
Date d'inscription : 13/02/2016
Messages : 307
Avatar : Matt Lanter
Crédits : Moony

Âge du perso : 25 ans
Activité : Pousse toi je suis du SOLDAT
Feuille de personnage
stat :
stat points
force■■■■■
magie/aura
resistance■■■■
esquive■■■■■

Magies maîtrisées :
Objets:
Voir le profil de l'utilisateur
MessageSujet: Re: Where is my mind ? - Lucian&Willys   21.05.17 19:44


Where is my mind ?


 
Une couverture ? Oui, sans doute qu’on irait pas chercher une apprentie résistante en plein milieu de la ‘glorieuse’ Deling City. Cela voudrait sans doute dire aussi que cette entrevue improvisée serait la dernière. Pour des raisons évidentes, on avait toujours évité de m’envoyer en mission à Deling City. Mais toujours était-il que la capitale était immense, ne m’inspirais aucune confiance et, surtout, que je ne souhaitais pas devoir un jour y mettre les pieds. C’était sans doute pour le mieux. Notre évolution s’était toujours faites comme sur deux systèmes différents. Ces moments où l’on se croisait étaient des anomalies. Nous n’aurions jamais du nous rencontrer. Encore moins échanger comme si nous nous connaissions depuis toujours. Certes, elle avait presque toujours fait partie de ma vie depuis que j’avais découvert ses parents. Mais comme une ombre. Une représentation irréelle de la fille des collabos qui m’avaient ravi ma famille. Pas cette jeune femme déroutante et parfois attachante que j’avais appris à découvrir. Nous n’aurions jamais du laisser cela arriver, et pourtant… C’était comme essayer d’arrêter un train en marche. Nous étions encore deux gamins perdus cherchant tant bien que mal à trouver une raison à notre présence en ce monde.

Willys avait peur semble-t-il. Elle avait peur en permanence et cela aussi c’était déroutant. J’en étais bien incapable. Peur pour elle, peur pour les autres. On me reprochait souvent d’être froid et de ne pas faire assez cas des autres en mission. Ce n’est pas que je ne m’inquiétais pas pour eux. C’était assez difficile à expliquer mais l’inquiétude était plus une forme de compassion que de peur et j’en étais donc capable. Mais quand un de mes coéquipiers se jetait dans la mêlée, je n’avais pas peur pour eux. Je ne cherchais pas à connaître les tenants et les aboutissants de la bataille lorsque l’adrénaline prenait le dessus. Je pouvais m’inquiéter hors combat, il n’y avait qu’à voir l’incident avec Sithmaith pendant notre mission à Trabia. Mais je devais intellectualiser les éléments qui chez d’autres déclenchaient instinctivement la crainte. Comme le feu, une arme braqué sur vous ou, comme Willys, le sentiment qu’on risquait de vous arrêter bientôt. Je fronçais donc les sourcils, afin de vérifier mes déductions.

« Donc tu dois partir parce que tu as peur. Pour toi et pour les autres. Je te l’ai déjà dit mais suivre ce genre d’instinct c’est ce qui permet de survivre. »

Mais survivre n’était pas forcément vivre. Il fallait être capable d’assumer ses choix. Mais ce n’était peut être pas le moment de le lui dire. Willys paraissait suffisamment déprimée comme cela. Je me tournais donc vers les pâtisseries, bien décidé à leur faire un sort. Selena et Zachary s’étonnaient toujours de ma capacité à ingurgiter une quantité impressionnante de nourriture. Aucun d’eux n’avait connu les privations, il leur était donc difficile de comprendre à quel point être capable de manger à sa faim (et même plus) était un cadeau rare et précieux.

Petit à petit, la conversation avait dérivé vers les leaders. Et, comme si Willys l’avait pressenti sans vraiment le vouloir, vers Fang. Elle était peut-être plus dangereuse qu’il n’y paraissait en fin de compte.

« Je connais bien ce regard. Fang a beaucoup souffert. On ne se retrouve pas dans la rue sans raison. Mais, contrairement à la plupart d’entre nous, il avait un foyer qu’il aurait pu retrouver. A neuf ans, il a choisi la rue. Alors oui, il en a vu plus que quiconque pourrait imaginer. Ce regard c'est celui des hommes désabusés. »

Puis Willys avait failli parler du pseudo attentat de la tour radio. Elle s’était arrêtée à temps mais je comprenais de mieux en mieux pourquoi elle tenait tant à fuir. Elle n’était pas formée pour faire face à la pression de ce genre de situation. Trop naïve et surtout trop maladroite pour faire face à toute la noirceur de ce monde dont elle venait à peine de gommer les contours.

Ses remerciements, sortis de nulle part me laissèrent un moment interloqué. Je ne savais pas vraiment de quoi elle me remerciait au juste. Gêné, je marmonnais un :

« De rien. »

Ce genre de moments me laissaient toujours embarrassé. C’était la même chose quand des villageois nous remerciaient après une mission. Je me contentais de faire mon travail ou ce qui me semblait juste et les remerciements ne me semblaient pas justifiés, presque déplacés. Comme pour combler le blanc qui s’était peu à peu installé, une sonnerie beaucoup trop enjouée se mit à résonner dans le salon. Je savais déjà de qui il s’agissait. Il n’y avait qu’elle pour paramétrer mon téléphone pour que ses appels donnent une mélodie spécifique. Mon amie d’enfance pouvait parfois également s’avérer la plaie de mon existence mais c’est sans doute pour cela que je l’adorais.

J’avais rejeté l’appel mais à peine la manipulation réalisée, le son caractéristique d’un SMS s’éleva à son tour. ‘Kramer te demande. Mission urgente. Je n’ai pas oublié quel jour on était alors passe me voir pour un câlin’. C’était du Selena tout craché.

« On dirait que le devoir m’appelle. »

Cet appel allait sonner la fin d’une entrevue qui n’aurait peut-être jamais dû commencer. Triturant nerveusement mon téléphone, je ne savais pas trop comment conclure tout ça. Devions-nous cesser tout contact ? Serait-il judicieux de lui laisser mon numéro si jamais elle désirait parler à quelqu’un de tout ça ? Etait-ce seulement une bonne idée ? Je n’étais pas la bonne personne pour ça. Aussi je décidais de ne rien faire. De ne rien dire. Au fond, n’étions-nous pas tous un peu des lâches ?
© Field of Heroes
Revenir en haut Aller en bas
(Admin) ϟ Résistante de Timber
avatar
Date d'inscription : 11/05/2016
Messages : 1301
Avatar : Brie Larson
Crédits : DΛNDELION (avatar) ultraviolences (crackship) anaelle (sign)

Âge du perso : 24 ans
Activité : Professoresse de solfège
Feuille de personnage
stat :
stat points
force
magie/aura■■■
resistance
esquive

Magies maîtrisées :
Objets:
Voir le profil de l'utilisateur http://fieldofheroes.forumactif.org/t184-willys-how-do-you-prove
MessageSujet: Re: Where is my mind ? - Lucian&Willys   25.05.17 11:06


Where is my mind ?


 
Et voilà qu’il lui donnait raison. Plutôt, de manière assez scolaire, tachait il de justifier son départ en le jugeant légitime puisque motivé par son instinct. Coite, Willys approuva vaguement l’affaire d’un bref signe de tête, étonné t’entendre ce son de cloche, rassurée quelque part aussi qu’il lui parvienne. Bien sur Meera elle aussi l’avait soutenue, mais son approbation était douloureuse, en ne la retenant pas la barman sans doute signait officiellement la fin des Renards et confessait silencieusement qu’il n’y avait plus matière à se battre. Qu’allait-il advenir du réseau démantelé ? Se pourrait-il qu’on remonte jusqu’à eux et qu’ils paient pour être les responsables d’un attentat dont ils n’avaient jamais été les instigateurs ? Nerveusement, Willys massa ses tempes, prise de maux de tête à la simple pensée que ses amis pourraient être en danger et qu’elle, elle qui était la seule à avoir une porte de sortie, ne résistait pas à en passer le seuil quitte à laisser les autres derrière elle.

Devant elle, Lucian dévorait sans trop de scrupules les mignardises commandées par ses soins. Cette vision assez singulière lui décrocha un sourire qu’elle ne dissimula presque pas. Bizarrement attendrie par la vision du colosse qui engloutissait l’une après l’autre les douceurs qui leur faisaient face, elle se hasarda à en sauver une qu’elle finit par fixer comme si la simple vision d’un aliment pouvait suffire à l’ingurgiter. La musicienne finit tout de même par croquer dans le dessert, plus lentement que son interlocuteur, donnant l’impression qu’elle apprenait à nouveau à manger et que cela lui coûtait un certain effort. Elle ne se dépêtrait pourtant pas d’un sourire discret, jusqu’à ce que la conversation se tourne vers les leaders.

Le regard des hommes désabusés. Le mot résonna encore un instant dans son esprit. Désabusés. Elle finit par approuver encore par un signe de tête, craignant de faire le moindre commentaire maladroit et ne s’en octroyant pas le droit. Neuf ans. Tout ça lui paraissait si terrifiant. Où était-elle, elle, à neuf ans ? À l’école, sagement assise près de la fenêtre, Gaïa à côté d’elle, griffonnant sur ses cahiers les leçons du professeur. La place que tout enfant de neuf ans auraient dû avoir. Elle ne pouvait même pas annoncer ne pas avoir vu la misère, tant de fois elle avait croisé des enfants de son âge dans le besoin, autant de fois elle avait détourné le regard et ignorer leurs requêtes. Pourquoi n’avait-elle rien fait ? Pourquoi avoir écouté la peur ? Son instinct n’avait jamais été bon.

La sonnerie du portable de Lucian la tira de ses songes et les yeux ronds, étonnée du choix de la musique, elle le regarda extraire le petit engin de sa poche et rejeter l’appel. Elle aurait juré voir le nom de Selena s’affiche sur l’écran – mauvaise manie d’avoir le regard toujours un peu baladeur – mais à peine avait-il raccroché qu’un sms lui parvint. Respectant l’intimité du SOLDAT, ici, elle détourna le regard, constatant que tasse et plateau était maintenant vide et que leur drôle d’entretient allait sans doute se terminer ici. Elle avait bizarrement envie de le retenir en ayant pleinement conscience que cela fut déplacé et stupide. Ce rendez-vous n’aurait jamais dû avoir lieu, pas plus que les précédents, jamais Morgenstern et Weiss n’auraient dû avoir un quelconque genre de lien. Et pourtant.

Esquissant une sorte de sourire qui ressemblait plus à une grimace tant elle était tendue lorsque Lucian annonça que le devoir l’appelait, Willys entoura sa tasse de ses mains, se précipita un peu pour en finir le contenu avant que les deux ne se regardent dans le blanc des yeux sans savoir comment se dire au revoir. Gêné autant qu’on pouvait l’être dans ce genre de situation, Willys tira un peu sur ses manches alors que le rouge lui montait aux joues.

« Eh ben… Je… À bientôt ? »

Lança-t-elle un peu trop précipitamment.

« Comme le destin semble toujours trouver une place pour nous dans nos agendas. »

Conclut-elle sans se ratatiner, préférant s’amuser des circonstances et laisser le dit destin décidé de leur prochain rendez vous.

Sujet terminé.
© Field of Heroes

_________________

your mess
is mine

• Award du personnage miss Castrophe •
   • Award du membre en or •
   • Award du meilleur RP •
Revenir en haut Aller en bas
Contenu sponsorisé

MessageSujet: Re: Where is my mind ? - Lucian&Willys   

Revenir en haut Aller en bas
 
Where is my mind ? - Lucian&Willys
Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Revenir en haut 
Page 1 sur 1
 Sujets similaires
-
» [Vente] Tarmo, Baneslayer & Jace mind sculptor x2 + fetch lands
» Empire State Of Mind
» HTLiveSight et Hattrick Mind
» [Résolu] Mind control
» lucian

Permission de ce forum:Vous ne pouvez pas répondre aux sujets dans ce forum
Field of Heroes :: Have A Break :: Notre Histoire :: Chapitre 3 : Timber, l'examen et le coup d'état-