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 Bang, Bang, I shot you down | Mateusz

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MessageSujet: Bang, Bang, I shot you down | Mateusz   27.10.16 22:54



Bang, Bang, I shot you down


C’était donc cela la Balamb Garden University ? Pas de quoi pavoiser. Un seul ascenseur, une architecture en engrenage qui vous oblige à marcher et marcher encore pour aller d’un point A à un point B… Non vraiment, avec un tel budget j’aurai fait les choses différemment. Mais je n’étais qu’une invitée en ces lieux et une invitée pas vraiment désirée en plus. Nul doute que mes remarques concernant l’aménagement de l’espace ne feraient qu’agacer un peu plus mon hôte. Rien que pour cela, je l’envisageais fortement.

Je venais de quitter le Directeur de la BGU et il m’avait fait une drôle d’impression. Sous ses airs avenants se cachait un être plus retors que je n’aurais cru. Il avait été très difficile à manœuvrer. Beaucoup plus que son associé et chargé de finance. Avec lui je n’avais eu qu’à battre des cils et laisser ce qu’il savait de mon compte en banque faire son effet. La partie avait réellement commencé à devenir stimulante lorsqu’il avait fallu convaincre le chef des mercenaires de me laisser faire mon marché parmi ses charmantes recrues. Déjà cette partie-là avait été ardue mais j’avais du redoubler d’efforts afin d’obtenir le droit de rester loger à la BGU quelques semaines afin de pouvoir réellement me faire une idée. J’avais eu droit à un non et un agacement à peine dissimulé. Il m’avait fallu bluffer et menacer de faire appel à quelqu’un d’autre pour finalement avoir le droit de rester dans les lieux. En masquant ma véritable identité. Facile. J’avais bien vu que le vieux grognon était agacé mais apparemment, il avait besoin de mon argent. L’argent… tout était tellement plus simple avec. Ceux qui disent que l’argent ne fait pas le bonheur n’ont manifestement jamais connu la pauvreté et les restrictions. Chez les prêtresses d’Hyne, on vivait pauvrement. J’avais eu bien du mal à le supporter moi qui jusqu’à mes quatorze ans avait toujours vécu dans un confort plutôt aisé. Ce temps était à présent révolu. J’avais plus de gils que je pourrais en dépenser en une vie et ils fructifiaient sous les placements avisés de mon gestionnaire.

Je lui avais, juste avant de partir, demandé ou se trouvait le stand de tir de la BGU. Il m’avait alors jeté un regard étonné. J’avais alors sorti du holster placé autour de ma cuisse mon arme fétiche avant de la charger sous ses yeux avec une rapidité impressionnante. D’un seul coup, je n’étais plus la futile chanteuse agaçante. J’étais remonté dans son estime. Ah… les hommes, toujours à sous-estimer les femmes. Un joli visage suffisait à nous faire passer pour ce qu’ils avaient envie qu’on soit. Ridicule. Comme pour le pousser de nouveau à me mépriser, je faisais remarquer avec toute la hauteur possible que la sécurité laissait réellement à désirer et que si j’avais pu faire rentrer une arme à la BGU, n’importe qui le pourrait (c’était faux bien sûr, j’étais attendue et personne ne fouille les stars). Il m’avait observé avec un air mystérieux, comme s’il me jaugeait sans savoir quoi attendre de moi. Quel curieux personnage.

J’avais choisi de programmer mon entretien avec Kramer de bon matin pour éviter que l’on me voie m’entretenir avec lui. J’avais dissimulé mes boucles blondes si reconnaissables sous une perruque rousse et une coupe au carré. Mes habituelles tenues aux couleurs voyantes que l’on pouvait  voir dans les magazines se trouvaient remplacées par une courte mais néanmoins élégante petite robe anthracite et des talons noirs. Mes yeux verts assombris par un trais de khôl le rendait plus intense. A moins de réellement s’être intéressée à mon apparence – et je doute d’avoir beaucoup de fans acharnés à la BGU – on ne devrait normalement pas me reconnaître. Mon but était de toute façon d’observer discrètement et non de rester suffisamment avec les mercenaires pour qu’ils découvrent le pot-au-rose.

Me mettant en position, je visais la cible, vidant mon esprit de toute pensée nuisible. Comme disait toujours mon père, la concentration est la clé de tout. Je me calais sur le rythme de ma respiration, observant les endroits que je voulais atteindre. Le vide. Le silence. Et je tire. Déplaçant à peine mon arme et atteignant pourtant les divers points vitaux de la silhouette qui me servait de cible. Et pourtant, un bruit, une arrivée, un prénom annoncé et qui pourtant n’était pas le mien. La dernière balle dévie d’un ou deux centimètres, ratant le point vital. Voilà qui m’avait mise de mauvaise humeur. Rater ma cible, même de si peu me mettait toujours en colère. Je me tournais donc, agacée par mon échec, vers l’importun afin de lui signifier son erreur.

« Tu t’es trompé de fille. »

Ajouter un ‘désolée’ aurait été superflu. Je ne l’étais pas et n’avait aucune raison de l’être. Sans quitter l’intrus des yeux, je rechargeais mon arme à l’aveugle avec des gestes rapides et sûrs avant de me retourner rapidement vers la cible et de lui asséner un tir en pleine tête. Voilà qui était mieux. Mes épaules pouvaient se détendre et je laissais échapper un petit soupir satisfait. Le tir, c’était jouissif, mieux que le sexe. Enfin, il faut dire que dans ce registre-là, mes expériences bien que nombreuses, n’avaient jamais été très concluantes. Elles manquaient de frisson et ressemblaient plus à des transactions commerciales. Tirer avec mon arme, là il y a avait du frisson, de l’excitation.

Un petit sourire toujours en coin, je me retournais et posais mes yeux verts sur l’homme qui m’avait interrompue. Il était toujours là ? Sans vraiment faire cas de sa présence, je rangeais mon arme à son emplacement fétiche puis, en croisant les bras, je l’observais à mon tour sans vergogne. Après tout, ce petit jeu pouvait aussi se jouer à deux.

« Je peux t’aider ? »

Le ton était moqueur, mais pas ouvertement méprisant. J’avais fait un effort. Les effets de ma séance de décompression se faisaient encore sentir.
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MessageSujet: Re: Bang, Bang, I shot you down | Mateusz   03.11.16 16:07



Bang, Bang, I shot you down


 
Qu’est-ce que Mateusz pouvait bien apprécier ? Peu de personnes dans cet établissement devaient s’en soucier, mais la question sans doute avait effleuré l’esprit d’un certain nombre d’individus. On pouvait alors avancer que le garçon était moqueur, un sourire insupportable collé sur son visage rappelait au monde qu’il donnait l’impression de se foutre de tout. On pourrait s’arrêter là, donc, juger qu’il prenait un certain plaisir à descendre ses disciples et considérer qu’il n’était effectivement rien de plus que le petit imbécile qu’il donnait à voir. A vrai dire rare étaient ceux qui était allé plus loin, qui à vrai dire avait la patience et l’envie de s’intéresser à un type de sa trempe ? Mateusz n’avait pas trouvé son public, on appréciait peu son humour douteux ni ses sautes d’humeur, son cynisme n’avait jamais été le bienvenu et il n’avait jamais réussi à duper son monde au point qu’on ignore qu’il cache plus ou moins admirablement son tempérament agressif et coléreux. Il y a pourtant dans cet établissement une personne qui avait eu le courage, la folie, appelez ça comme vous voudrez, de supporter cet arrogant type, et pendant quatre ans en plus ! Une femme qui avait partagé sa vie, à qui il avait même été fiancé avant qu’elle ne mette un terme définitif à leur relation. Georgia Crawley.

Alors que Mateusz consultait son téléphone sans trop savoir s’il attendait encore que la rousse ait la décence de le prévenir qu’elle lui avait sans doute encore fait faux bond, il ne put se retenir de détailler la photo juxtaposée au contact, celle qui s’affichait à chaque fois qu’il recevait un message de son ex fiancée. Avaient-ils été heureux ensemble ? La question en apparence semblait simple, pourquoi donc alors était-il si compliqué d’y répondre ? Il l’avait très certainement aimé, ou du moins avait-il été confortable de l’avoir à ses côtés toutes ses années. Mateusz restait persuadé cependant qu’ils n’étaient restés ensemble que par peur de la solitude, sachant pertinemment qu’avec leurs caractères respectifs il serait ardu de rencontrer quelqu’un d’autre capable de les supporter, ils avaient d’un commun accord silencieux décidé de rester ensemble. En témoigne leurs nombreuses séparations, l’équilibre de leur couple avait été cependant précaire, mais comme encore une fois il était plus commode d’avoir quelqu’un qui nous aimait à ses côtés, ils ne finissaient toujours pas retomber dans les bras l’un de l’autre. Est-ce qu’elle lui manquait ? Il détestait cette question, ou plutôt il détestait la réponse. Oui, évidemment. Mais encore fois était-ce réellement Georgia qui lui manquait ou la présence d’une personne qui lui donnait l’affection dont il avait besoin ?

Il y avait peu de choses que Mateusz appréciait, revenons-en à cette constatation. En haut de la liste cependant on pouvait noter qu’être pris pour un imbécile et lui faire perdre son temps était deux choses qui le faisaient clairement sortir de ses gonds. Alors pourquoi diable attendait-il encore devant les salles de classe, un carton sous le bras, espérant que la silhouette de Georgia se dessine dans son champ de vision ? Elle lui avait donné rendez-vous là. Cela faisait deux mois maintenant qu’ils avaient réussi à s’éviter mais la belle avait décidé depuis peu de récupérer les affaires qu’elle avait pu laisser dans sa chambre aussi avaient-ils bien été obligé de se fixer une date. Une date qui ne cessait d’être décalé par la rousse qui était aussi habile pour l’éviter que pour trouver des prétextes hallucinants pour repousser toujours un peu plus l’échéance. Elle assurait n’y être pour rien mais Georgia était douée pour se dédouaner et cela faisait bien longtemps qu’il ne croyait plus à ses abracadabrantes histoires. Il aurait été sans doute plus simple de laisser la boite devant sa chambre mais la jeune fille avait insisté pour que cela se fasse en face à face, ce qui était sans doute le plus fou c’est que Mateusz se plie à la demande et juge effectivement préférable et mature de mettre un terme à leur histoire convenablement. Aujourd’hui cependant serait sans doute le rendez-vous loupé de trop. Une idée lui vint alors. Georgia était une des meilleures tireuses de l’établissement et il n’était jamais rare de la croiser au centre de tir. Avoir un rendez-vous avec son ex fiancé lui avait peut-être donné la folle envie de fendre de quelques balles une silhouette en papier qu’elle imaginait sans doute à son effigie. C’était l’endroit où on était sûr de la rencontrer quand elle était anxieuse, et maintenant qu’il y pensait effectivement le lieu de rendez-vous avait sans doute été tout calculé depuis un moment. Tentant le tout pour le tout, il s’engouffra dans le couloir qui permettait d’y accéder.

Des coups de feu lui indiquèrent qu’il n’avait peut-être pas eu tort et quand dans son champ de vision se dessina la silhouette longiligne d’une belle femme, cheveux roux coupé au carré et robe noir de circonstance, il l’appela en tentant de passer au-dessus du bruit assourdissant des tirs. « Georgia ! » Et pourtant quand elle se retourna…

Les sourcils de Mateusz se froncèrent. « T’es qui toi ? » S’enquit-il pris au dépourvu et agacé après qu’elle l’ait informé s’être trompé de fille. Oui, de toute évidence. Merde, il avait passé 4 ans avec Georgia, comment avait-il pu la confondre avec une autre ? Mais quoi qu’on dise, les deux se ressemblaient, de dos on aurait pu les prendre pour des sœurs et leurs visages présentaient même quelques similitudes troublantes. Au même instant son portable vibra, l’inconnue elle lui demandait si elle pouvait l’aider et d’un air agacé il releva vaguement une main pour l’inviter à se taire alors qu’il consultait le message. « Pense ce que tu veux Mat, mais j’ai une urgence. Pas une fausse excuse. Suis envoyé à Timber, tu as du voir les info –

Mais le garçon ne poursuivit pas plus longtemps sa lecture, jeta violemment le carton sur une table et s’assit à quelques mètres, passant une main sur son visage tendu avec de secouer la tête il releva ses yeux vers celle qu’il avait prise pour Georgia. Mais sérieusement, à quoi s’était-il attendu ? « Tu disais quoi ? M’aider ? Ouai, tu peux. Débarrasse-moi de ce truc, sers-toi, prends ce que tu veux, doit bien y avoir des affaires qui vont intéresser une fille comme toi. » Après tout vous vous ressemblez comme deux gouttes d’eau, se retint-il de dire alors qu’entre ses doigts il faisait jouer son portable, ne sachant trop encore s’il allait répondre à son ex fiancée ou définitivement ignorer cet énième message d’excuse.

 
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MessageSujet: Re: Bang, Bang, I shot you down | Mateusz   05.11.16 1:23



Bang, Bang, I shot you down


Georgia ? Je commençais à me demander qui pouvait bien être cette fille dont le prénom avait dérangé ma séance de tir. Une SEED sans doute. Je m’intéressais en général assez peu aux autres mais le fait qu’on me confonde avec une inconnue titillait ma curiosité. J’avais également perdu l’habitude qu’on me demande qui j’étais. Soit mon déguisement était meilleur que ce que je croyais soit il n’avait vraiment aucune idée de qui je pouvais être. Dans un cas comme dans l’autre, cela rendait les choses plus amusantes. Je n’avais pas à faire semblant d’être souriante et agréable. C’était devenu mon habitude… jouer un rôle devant les caméras et les fans. Mais bien souvent, c’était fatiguant. Un artiste doit toujours être parfait. On perd en humanité pour devenir une icône, quelque chose d’irréel. Mais quand les projecteurs s’éteignent et que le maquillage disparaît, on est seul avec soi-même, ses regrets et ses imperfections. Alors on la recherchait sans cesse, la perfection. Comme un papillon recherchait la lumière au risque de se brûler les ailes.

Je jaugeais l’individu quelques instants avant de daigner répondre à sa question.

« Aileen. »

Bon, il s’attendait sans doute à un peu plus que cela du genre pourquoi j’étais là mais je ne donnais jamais aussi facilement de réponses. C’était perdre le contrôle de la conversation. Le bruit caractéristique d’un vibreur troubla le silence soudain de la pièce. Maintenant que j’avais arrêté de tirer, je me rendais compte qu’un haut-parleur diffusait de la musique.  Pourquoi mettre ce genre d’équipement dans une salle de tir ? Cet établissement était décidément une énigme.

Wow. Voilà que l’inconnu me piquait une crise de nerf. Le message qu’il venait de lire ne lui avait manifestement pas plu. C’est ce que je déduisais en tout cas de la façon dont il avait balancé son carton. Il avait l’air à cran. Intéressant. Peut-être que les rumeurs qui prétendaient que tous les SEED étaient névrosés avaient du vrai. Intriguée, je m’approchais du jeune homme avant de retirer mon holster pour que mon arme ne me rentre pas dans la cuisse alors que je m’asseyais sur le rebord de la table, proche de lui et du carton. Je croisais les jambes, aussi à l’aise que dans un cocktail mondain, mon arme posée à côté de moi.

Je l’observais avec un intérêt clinique.  Il n’était pas beau à proprement parlé. Même sans les cicatrices sur son visage, il ne répondait pas aux canons conventionnels de la beauté. Il n’y avait rien de plus ennuyeux que les gens beaux. On leur pardonnait tout, comme si un physique ravageur pouvait tout racheter. Je méprisais les jolis visages. Peut-être aussi parce que je les associais à celui du Monstre. Non, ne pas y penser. Sinon j’aurais besoin d’une nouvelle séance de tir.

En reprenant la parole, l’inconnu me fournit un catalyseur pour ma colère. Une fille comme moi ? Il avait eu le temps de voir quoi ? Mon visage et d’entendre mon prénom et il avait déjà une idée toute faite sur mon compte. Je ne pus donc retenir un ricanement cynique.

« Waouh. Une fille comme moi ? Charmant. Tu sais quoi de moi ? Mon prénom ? Et rien qu’avec ça tu m’as déjà rangée dans une jolie petite case. Tu me vexes. »

J’avais pris un air faussement outré avant d’attraper le carton et de fouiller dedans. La plupart des gens n’y aurait pas touché même en y étant invités mais j’avais toujours eu l’esprit de contradiction. Je parcourais donc d’un air détaché le contenu du carton, sortons parfois un objet ou un autre m’arrêtant sur une jolie pince à cheveux puis, plus longuement, sur un petit poignard en argent que je fis virevolter d’une de mes mains à l’autre. Je ne savais pas me battre avec des armes blanches. Ni les lancer d’ailleurs. Mais enfoncer une petite lame effilée dans le corps de quelqu’un devait être à la portée de tout le monde non ? Posant la lame sur mes genoux, je me tournais vers Monsieur Mauvaise Humeur.

« Elle a du goût. » Il était évident que ses objets ne lui appartenaient pas et vu qu’il cherchait une femme, pas besoin d’avoir terminé l’école pour en déduire que ces affaires lui appartenaient. La fin d’une histoire sans doute. Désignant le poignard d’un signe de tête, je ne pus m’empêcher de demander « T’es sûr de toi ? » S’il décidait de rendre l’intégralité du carton à sa propriétaire, c’était maintenant ou jamais. Ouais… il y avait surement une histoire de rupture là dessous. Se lier sentimentalement aux gens n’apportait de toute façon que désolation.

Soudain, les premières notes d’une chanson que je ne connaissais que trop bien retentirent u travers du haut-parleur de la salle. Mon premier tube, une chanson d’amour niaise au possible. Je l’avais supprimée de toutes mes tournées pour une bonne raison. Elle m’horripilait. J’avais du me faire violence pendant ma toute première tournée pour la chanter chaque soir et je la haïssais de toutes les fibres de mon être. Je m’étais vendue à l’époque en acceptant de la chanter. Cela me rappelait une époque où je ne valais pas plus qu’une marchandise, un produit à tester et à commercialiser. En réalité ce que beaucoup prenaient pour de la passion dans la chanson était en réalité une ferveur d’un tout autre genre. La soif de sang. Le silence se fit alors. Sans même m’en rendre compte, la rage m’avait poussé à tirer sur le haut-parleur. Sous le coup de l’émotion, mes yeux avaient foncés pour un vert plus soutenu. Il me fallait prendre sur moi et réaliser les exercices de respiration que mon psy m’avait conseillée. Très utile contre les crises de colère parait-il. Bon ça et les médicaments qu’il me prescrivait depuis l’agression et que je prenais de manière aléatoire.

Mon interlocuteur devait se demander quelle mouche m’avait piquée, je lui répondis d’un haussement d’épaule.

« Je n’ai jamais aimé cette chanson. Et puis si ce cher Cid a quelque chose à en redire, il le mettra sur ma note. »

Si ce n’était pas déjà le cas, je sentais que le vieux Kramer allait bientôt regretté d’avoir accédé à ma demande. Et dire que c’était seulement la première matinée de mon séjour.
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MessageSujet: Re: Bang, Bang, I shot you down | Mateusz   11.11.16 11:07



Bang, Bang, I shot you down


 
Elle était tout à fait à son goût, un peu trop certainement pour ne pas s’en méfier. Mateusz avait toujours eu le chic pour être séduit par des filles qui lui attirait bien des problèmes, à croire qu’il ne pouvait qu’apprécier, bien malgré lui, quelque chose de compliqué. Souvent ces femmes étaient bien plus belles que ce à quoi il aurait dû prétendre selon les autres, loin d’être parfaite elles ne répondaient pas spécialement aux canons de beauté mais avaient un quelque chose d’indéfinissable qui l’attirait irrémédiablement. Un mélange d’innocence et de danger, des femmes prisonnières de leur physique adolescent mais qui savait en faire usage mieux que personne. Elles étaient fortes, rarement équilibrées, souvent folles, et la plupart du temps toxique. A voir le regard qu’elle lui jetait, cette manière si particulière et féminine de le toiser avant de daigner lui offrir une réponse, il pouvait juger sans trop se tromper qu’il avait affaire à une de ces créatures qu’il maudissait autant qu’elle lui plaisait, à son grand damne. Oui il savait déjà qu’il allait passer un mauvais quart d’heure, loin d’apprécier ce qui allait suivre il ne pouvait s’empêcher d’être curieux et su, à partir du moment ou elle eut ce petit rire cynique avant de l’envoyer paître, qu’il ne s’était pas trompé. « Tu lui ressembles. Même coupe, même corps, même allure. C’est tout ce que je voulais dire. » Et tout aussi chiante, aussi, s’empêcha-t-il d’ajouter alors que la belle s’était penchée sur le carton. Il ne put se retenir d’esquisser vaguement un sourire en secouant la tête. Outrée, mais quand même curieuse de savoir ce qu’il avait à lui proposer. Elle n’allait très certainement pas apprécier d’être comparé à une autre femme, il avait pu se rendre compte que la gente féminine était peu friande de ce genre de remarque, mais il s’en moquait un peu.

Pendant que la dénommée Aileen fouillait dans les affaires de Georgia, il eut brutalement une sensation étrange, comme l’envie de la retenir et de l’empêcher d’aller plus loin. C’était stupide pourtant, ce n’était que des affaires, du moins tachait-il de s’en convaincre. Plus que des vêtements et quelques accessoires, il s’agissait de souvenirs, c’est comme s’il invitait une inconnue à les consulter bien qu’elle ignore tout de leurs significations. Merde, il ne se connaissait pas aussi sentimental, c’était franchement agaçant. Préférant donc retourner à la contemplation de son portable, ne s’étant toujours pas arrêté sur une décision – lui répondre ou non ? Tel est la question – la jolie rousse finit par briser le silence en annonçant qu’elle avait du goût. Peut-être. Sans doute même. Il n’avait pas été séduit pour rien. Relevant la tête un brin désintéressé, il se rendit compte qu’elle tenait entre ses mains un petit poignard qu’il aurait reconnu entre mille. C’était lui qui l’avait offert à Georgia, sur une sorte de coup de tête un peu stupide, il avait finalement craint qu’un jour elle ne le lui plante dans le dos lors d’une dispute. Son ex-fiancée y tenait, pendant un temps l’arme blanche ne quittait son ceinturon et elle était toujours fière de l’utiliser. Est-ce que cela avait encore du sens qu’elle le récupère ? Enfin, la question serait sans doute plutôt de savoir s’il y avait un sens à le léguer à cette sinistre inconnue dont, aussi charmante soit elle, il ignorait tout de l’identité. Un nom ça ne suffisait pas. « Elle ne s’en rendra même pas compte. » Mentit il en détournant le regard. Il aurait pu s’appesantir un peu plus longuement sur le choix fait pas Aileen, prendre cet objet parmi tant d’autres n’était clairement pas anodin, cela le confortait dans l’idée qu’il s’était fait d’elle assez rapidement. Il devrait se méfier.

Une sirupeuse chanson d’amour s’échappa des haut-parleurs, si il avait le malheur de la connaître, c’est parce que Georgia l’avait un temps écouté en boucle. Elle n’assumait d’ailleurs pas franchement ce titre au milieu de sa playlist et n’aimait pas que Mateusz se moque d’elle quand elle en fredonnait la mélodie. Décidément, il ne savait pas bien quel tour était en train de lui jouer le destin mais… Aileen venait de sortir son arme, et sans demander de reste, explosa radicalement le haut-parleur qui rendit rapidement l’arme après avoir grésillé pitoyablement quelques secondes après l’impact. Mateusz resta coi mais étrangement impassible, comme peu étonné vis-à-vis d’une réaction qui aurait dû normalement susciter un peu plus de surprise. « Et bah… » Souffla-t-il avant de soupirer. « En quoi la BGU pourrait-elle bien t’être utile ? » Se demanda-t-il à voix haute alors qu’il fixait la jeune femme qui manquait manifestement cruellement de recul sur ce qu’elle venait de faire. N’importe quel idiot l’aurait certainement sermonné, mais franchement, ce n’était pas son rôle. C’était une folle, au moins maintenant c’était très clair dans son esprit, et aussi fatigué soit-il par son petit numéro il restait pourtant là à l’interroger. Nul besoin de rappeler qu’il s’ennuyait et que s’il aurait été certainement plus sage de retourner dans sa chambre, se retrouver seul à cet instant n’était pas franchement une idée très séduisante.

Alors il avait croisé les bras, tentant d’imaginer pour quoi elle avait eu besoin de demander l’aide de Kramer. En parlant de note elle avait signifié qu’ils avaient passé un contrat, malgré ses prouesses il doutait qu’elle soit SEED donc... « Un client reste rarement bien longtemps dans l’établissement et saccage encore moins le matériel. Mais j’imagine que tu vas me sortir que tu n’es pas comme les autres ? »

 
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MessageSujet: Re: Bang, Bang, I shot you down | Mateusz   12.11.16 0:25



Bang, Bang, I shot you down


Ainsi donc, je ressemblais physiquement à la fameuse Georgia. J'aurais pu me formaliser, voire même me vexer d'une telle remarque il y a quelques années, mais plus aujourd'hui. Dans mon métier, plus que la voix, c'était l'apparence qui primait. J'avais donc appris à laisser les commentaires et les comparaisons physiques flotter au dessus de moi sans m'atteindre. Je ne pouvais pas me permettre d'être outrée lorsqu'on comparait mon physique à celui de quelqu'un d'autre alors que j'avais laissé ma maison de disque en faire un produit et un argument de vente. Je ne poussais pas l'hypocrisie jusque là.

« J'espère pour elle qu'elle ne me ressemble pas trop. »

Je ponctuais cette réplique d'un sourire énigmatique. Cette remarque pouvait être interprétée de bien des façons. Il serait dangereux pour elle de trop me ressembler alors qu'un contrat avait vraisemblablement été posé sur ma tête (je doutais que mon vieil 'ami' fasse le sale boulot lui même). Encore que, je notais son prénom dans un coin de ma tête. Avoir une doublure pourrait éventuellement m'être utile un jour. Mais j'espérais aussi pour elle que sa ressemblance avec moi ne soit que physique. J'avais perdu la personne qui comptait le plus à mes yeux et depuis, j'étais vide. Je n'avais pas été capable de transférer l'amour inconditionnel que je portais à mon pèreet il s'était transformé en douleur. C'est pour ça que les chansons de mon dernier album étaient décrites comme poignantes et torturées. De façon masquée, elles racontaient ma vie. Mes cicatrices.

Un soir, alors que mon père était rentré gravement blessé d'une de ses missions, un homme était passé le recoudre à la maison. J'avais sept ans et j'avais du assister cet inconnu pendant qu'il recousait mon père. J'avais pleuré pendant que l'aiguille entrait et sortait de sa peau. Mon père ne s'était même pas évanoui. Il avait posé sa main sur ma joue et m'avait alors dit de ne jamais avoir honte d'une cicatrice. Qu'elles seraient la preuve que j'étais plus forte que ce qui avait essayé de me blesser. Mon père en avait sur tout le corps. J'en avais donc conclu qu'il était l'homme le plus fort du monde.

Je n'avais pas fait cas du mensonge de Mateusz car je ne m'étais même pas rendu compte qu'il avait menti. Je n'étais pas la personne la plus douée pour décrypter les émotions de mes semblables. Je n'avais pas la patience pour ça. Et puis j'étais trop occupée à m'empêcher de fixer ses cicatrices comme une espèce de sociopathe. Mon psy trouvait d'ailleurs révélateur que je trouve ça attirant. Selon la théorie enfantine que j'avais fait mienne avec les années, le SEED devait donc être fort. Mes cicatrices à moi étaient psychologiques mais les siennes marquaient son visage. C'était presque fascinant. Mais bien vite, mes péripéties avec le haut parleur interrompirent le fils de mes pensées.

Face à mon coup d'éclat, il était resté étonnamment calme. Du sang-froid dans les situations imprévues, c'était toujours utile. Mais c'était un SEED après tout. On ne pouvait pas s'attendre à moins si? Sa question suivante eu le mérite de me faire sourire. Une vrai sourire. Ce qui était suffisamment rare pour être noté. Mon humeur venait de changer radicalement. Tirer sur des choses et les détruire avait en général un effet apaisant sur moi.

« C'est un secret. »

J'agrémentais ma réponse d'un clin d'œil avant de m'étirer comme un chat.

« Je ne vais quand même pas te raconter mes plus noirs secrets alors que je connais même pas ton nom. »

Tandis qu'il m'observait, les bras croisés, sous entendant que je n'étais pas aussi spéciale que je voulais bien le croire, j'y vis comme un défi. Je m'approchais donc de façon à me retrouver face, à lui, plus près que ce qui est communément admis comme la distance minimale entre deux inconnus. J'aimais mettre mal à l'aise mon auditoire. Cette technique marchait plutôt bien en général. Le fixant avec une lueur amusée dans le regard et un sourire en coin, j'ouvrais ma main pour faire apparaître sous ses yeux la clé que Cid m'avait donné un peu plus tôt. C'était celle d'une des chambres de SEED de rang A. Le standing haut dessus des chambres des SEED lambda. Elles étaient facilement reconnaissables.

« Je suis là pour quinze jours. Ton Directeur n'était pas vraiment d'accord mais à la fin de notre rendez-vous je pense qu'il m'aurait accordé n'importe quoi juste pour me voir quitter son bureau. Il supporte assez mal la critique. Et qu'on lui rappelle que c'est le client qui décide. »

Je haussais vaguement les épaules

« Et puis pour le matériel... Franchement, qui a besoin d'écouter de la musique au stand de tir?  »

Mon portable se mit alors à sonner. Soupirant, je m'écartais un temps de mon interlocuteur.

« Allo? Oui? Comment ça annulé? Timber? Je n'étais pas au courant. Évidemment que Kramer a accepté ma condition. Non je n'ai pas fait ma difficile. Oh, désolée plus de réseaux. On se rappelle ! »

J'avais éloigné mon téléphone de ma bouche avant de raccrocher. Je n'avais pas envie d'offrir un prétexte à ma nouvelle distraction du moment pour s'échapper. Mon manager venait d'annuler mon interview prévue pour dans 15 jours à Timber. Apparemment il y avait eu un problème à la station télé. Il voulait aussi savoir si j'avais trouvé un garde du corps. Les choses n'étant pas si simple que ça, j'avais préféré biaiser.

Prévenant toute velléité de fuite de la part du sombre personnage, j'attrapais la première chose qui passait, à savoir le coin de son sweatshirt. Luttant contre mes instincts les plus profonds (demander de l'aide ne me venais pas naturellement, croyez moi. J'étais sûre que le Directeur avait volontairement oublié de m'indiquer le chemin. Pourquoi sinon me donner celui de cette pièce mais pas celui vers ma chambre. Quel homme mesquin! Tordu comme il semblait l'être il avait peut être intentionnellement diffusé cette chanson idiote. Je prenais une bonne inspiration et me jetais à l'eau.

« Est-ce que tu pourrais me montrer le chemin jusqu'à ma chambre? »

Je détestais devoir demander qu'on me rende service. Je voulais garder cette image de femme en contrôle, qui savait toujours ce qu'elle doit faire. Bitch in charge en quelque sorte. Et je l'étais la plupart du temps. Quand cela concernait ma carrière et tant que je ne fermais pas les yeux pour essayer de dormir. Je l'étais sous la parure de LOVELESS. Quand elle recouvrait totalement Aileen comme elle le faisait si bien. C'était plus difficile d'être 'en contrôle' depuis qu'on avait tenté de me tuer dans une réception pleine de monde.
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MessageSujet: Re: Bang, Bang, I shot you down | Mateusz   20.11.16 14:42



Bang, Bang, I shot you down


 
« J'espère pour elle qu'elle ne me ressemble pas trop. » Le tout ponctué d’un petit sourire charmant, un brin inquiétant, et presque un peu triste. Décidément, la curieuse jeune femme avait réussi à alpaguer son attention. Physiquement bien sûr, elle était plaisante et il était difficile de l’ignorer, mais il y avait bien plus que ça, une sorte de mystère chez elle qu’on avait envie de résoudre bien malgré nous. Cela créait chez lui un paradoxe assez extraordinaire, Mateusz n’aimait pas franchement que quelqu’un suscite chez lui une once d’intérêt. D’accoutumé égoïste et profondément désintéressé par les autres, leur vie et les prétendus secrets qui devaient les définir, il s’inquiétait quand une personne venait titiller sa curiosité. Peut-être que le fait qu’elle ressemble à Georgia jouait inconsciemment dans la balance, il aurait pu pourtant tout autant s’en éloigner pour la même raison. Peut-être aussi, et c’était bien plus difficile à reconnaître, baissait-il sa garde parce qu’elle lui plaisait et que, comme un homme idiot qu’il n’assumait pas spécialement être, il flanchait devant une jolie fille. D’autant plus quand celle-ci semblait avoir de gros problèmes. C’était terrifiant.

Et visiblement elle n’était pas désintéressée non plus. Une créature comme elle l’aurait déjà congédié dans le cas contraire. Il n’y avait qu’à voir les coups d’œil presque discret qu’elle jetait vers son visage. Elle n’était pas la première à s’empêcher de contempler trop longtemps ses cicatrices, il avait l’habitude maintenant d’attirer une curiosité assez malsaine de la part de ses interlocuteurs. Ce mélange de fascination et de répugnance, l’envie toujours plus dérangeante de regarder ce qu’on n’avait pas envie de voir. L’impression alors d’être un vulgaire numéro de cirque, une espèce de bête qui molestait ses congénères. C’était loin d’être agréable et particulièrement difficile à accepter, surtout quand on avait paradé pendant des années dans les couloirs en prétendant qu’on se moquait du regard du monde posé sur nous. Pourtant chez Aileen il n’y avait pas de dégoût, ou alors elle le cachait admirablement bien. C’était assez curieux et il ne savait pas bien qu’elle attitude adopter, était-il agacé par ses œillades ou fière qu’elle le dévisage étrangement ? Cela faisait quelques mois maintenant qu’il était partagé entre l’envie d’assumer ce qu’il était devenu et celle de se terrer dans sa chambre où il pouvait laisser libre cours à sa colère d’exploser et cacher ces vilains traits qu’il ne supportait pas.

S’était-il aimé un jour ? Les autres diront sûrement que oui, son orgueil et sa médisance en disaient long sur ce qu’il pensait de lui-même. Peut-être. Effectivement il s’était longtemps vanté de ses capacités, se moquant de ceux qui en étaient dépourvu, ignorant tout bonnement ceux qui pourraient prétendument le desservir. Il ne se privait pas de dire tout haut ce qu’il pensait tout bas, ça ne l’avait pas aidé, il ne s’était jamais plaint. Enfin, cela ne répondait pas à la question. Quel regard portait-il sur lui avant l’incident de Dollet ? Merde alors et pourquoi se le demander ? Aujourd’hui il ne se supportait plus, du moins il maudissait son corps, son visage, tout ce qui lui rappelait l’échec, tout ce qui lui rappelait qu’il avait eu des prétentions bien trop hautes. Ce qu’il pensait de lui par le passé ne comptait plus, c’est son regard dans le présent qui importait. Il réalisait alors bêtement ce qui était satisfaisant dans l’échange qu’il avait avec cette inconnue. Elle ne le jugeait pas. Que pensait-elle de ses blessures ? Elle croyait qu’elles étaient héroïques ? Qu’il avait pu acquérir ses marques lors d’une mission particulièrement périlleuse ? À cet instant finalement elle était peut-être la seule dans cet établissement à ne pas connaître la vérité. Elle avait le luxe de pouvoir imaginer un scénario, elle n’avait pas eu vent des bruits qui couraient, ignorait qu’il était la risée de toute une école, la honte d’une élite prestigieuse. Elle lui renvoyait autre chose, il n’était pas un sinistre petit con arrogant et dépourvu de jugeote, juste un inconnu un peu bourru et marqué par un combat. Il détestait que cela soit plaisant.

Un secret donc ? Il détailla sa silhouette fine quand elle s’étira avec une souplesse féline avant qu’elle ne lui rappelle ne pas connaitre son nom. Le garçon soupira avant de poursuivre. « J'ai laissé entendre qu'ils m’intéressaient ? » Elle le devinait, très certainement. « Mateusz. » Se présenta t’il sans émotion, ne sachant pas vraiment pourquoi un prénom donnait soudainement l’impression qu’on était moins des inconnus. C’est à ce moment qu’elle s’approcha, toujours aussi gracile, jusqu’à se placer juste en face de lui. La jeune femme n’étant aucunement gênée par la proximité de leurs corps, Mateusz ne put s’empêcher d’esquisser un sourire à peine perceptible. Ah elle voulait jouer… Essayait elle de l’intimider ? Le problème ? C’est qu’elle réussirait presque. Depuis Dollet il n’aimait pas qu’on l’observe de si près, qu’on ait une vue imprenable sur les cicatrices qui barraient son visage. Alors il tacha de se concentrer sur autre chose, sur celui si particulier et charmant de son interlocutrice, assez ravissant à observer.  Il n’avait jamais aimer donner aux autres ce qu’ils voulaient. Elle ouvra alors sa main et il baissa les yeux vers ce qu’elle avait à lui montrer. Une clé, et pas n’importe laquelle, un sésame qui permettait d’ouvrir une chambre réservée au SEED de rang A. « Une hôte de luxe, donc. » Constata t’il avant qu’elle ne lui avoue être là pour une quinzaine de jours. Il s’amusa de sa désinvolture alors qu’encore une fois il aurait dû s’en inquiéter. Ne pas perdre de vue qu’il avait affaire à une timbrée, une folle dépourvue d’état d’âme, pensant que le monde lui appartenait. Il pouvait aisément imager combien elle avait insupporté le directeur qui pourtant avait cédé devant sa cliente autoritaire. Une femme à protéger, très certainement. On ne cachait pas dans ses locaux n’importe qui. Femme de la pègre ou témoin à défendre, dieu sait qui pouvait se cacher derrière ce joli petit visage. Pas une femme ordinaire, en tous cas.

Son téléphone se mit à sonner et alors qu’elle soupirait comme une diva agacée qu’on la dérange, elle décrocha en s’éloignant de lui. Evidemment il écouta la conversation. Timber. Encore. Il avait évidemment entendu l’affaire, qui n’était pas encore au courant ? Cela lui prouvait juste que le monde tournait aussi mal que prévu, que tirer de plus de cette histoire ? Cela faisait plus de vingt ans qu’on leur servaient le même refrain et il était plutôt surprenant que la situation ne dérape pas sérieusement une bonne fois pour toute. On ne s’émouvait même plus du nombre de victimes tant il y en avait à déploré depuis le début des hostilités. Il n’avait vu là qu’un affront de plus et était passé à l’article suivant sans plus d’intérêt. Il avait d’ailleurs refermer le journal avant de l’avoir terminé au final. Toujours est-il que cela contrariait les plans de la belle puisqu’un mystérieux événement semblait avoir été annulé. Bien… Est-ce qu’il n’était pas tant de retourner vaquer à ses occupations ? Visiblement pas, car à peine avait-elle raccrocher que sa main se referma  sur un pan de sa veste. Première manifestation de surprise, Mateusz fronça légèrement les sourcils en relevant ses yeux vers ceux, bien embêtée de la belle, qui finit par lui demander de la guider vers sa chambre. « Ça t’a coûté combien de me poser la question ? » A voir sa mine, bien plus que de raison. Haussant brièvement les épaules, il attrapa sa main pour qu’elle desserre sa prise avant de la relâcher et se remettre debout. « C’est par là. » Annonça t’il sans lui laisser le temps de revenir sur sa décision en l’invitant sans mot à le suivre. Son regard se porta néanmoins sur le carton toujours abandonné sur la table. Il hésita longuement, partagé entre l’idée de le laisser là, en pâture à tous les curieux, ou de le reprendre avec lui. La raison sembla l’emporté quand sans commentaire, il s’en saisit avant de quitter les lieux.

« Pas au courant pour Timber ? Sur quel genre de planète est ce que tu vis ? »
Demanda t’il sans sembler particulièrement intéressé, sur le ton du constat plutôt que celui de l’interrogation alors qu’il traversait le couloir. « J'oubliais, c'est un secret. » Reprit il entre amusement et mépris. « C'est quoi ce plan sinon ? Tu ne pouvait pas te débrouiller avec une carte ? » Continua t'il alors qu'ils s’engouffraient dans l'ascenseur. Escorté la jeune femme ne le dérangeait pas plus que ça, il était surpris cependant qu'elle lui demande de l'aide pour retrouver sa chambre. Pas qu'il n'imagine quoi que ce soit de graveleux, seulement qu'elle ait encore la patience de le supporter était étrange. Non pas qu'il se soit montré particulièrement désagréable - de son avis - mais bien parce que ce genre de créature d'habitude ne lui prêtait pas autant d'attention. « Je vais me taire, tu as toujours le flingue. Je sais de quoi tu es capable avec ce truc entre les mains. » S'amusa t'il en détournant le regard alors qu'ils descendaient vers le rez de chaussées.


 
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MessageSujet: Re: Bang, Bang, I shot you down | Mateusz   26.11.16 20:43



Bang, Bang, I shot you down


Mateusz. Il s’appelait donc Mateusz. J’ajoutais mentalement ce nom à ma liste de gardes du corps potentiels. Quitte à garder quelqu’un à mes côtés en permanence, autant que ce soit quelqu’un qui m’intriguait. Mais il n’était que ma première rencontre à la BGU. Qui sait, d’autres spécimens se cachaient peut être en ces murs. Certainement même. Mercenaires et parfaitement sain d’esprit n’étaient pas des concepts qui se mariaient très bien. On avait mis en doute ma santé mentale plus d’une fois enfin… on m’avait traitée de folle un nombre incalculable de fois. Je ne pensais pas l’être pourtant mais parfois, quand on allait à contrecourant du système on ne pouvait échapper à ce genre de qualificatifs.

Une chose était sûre, ma tentative d’intimidation n’avait pas fonctionnée. Il ne semblait pas du genre à réagir comme on l’y attendait. Tant mieux. J’aimais les défis. Mais sa façon de me dévisager avait quelque chose de perturbant. Ca ne devrait pas pourtant, j’avais l’habitude d’être filmée en gros plan et scrutée par des centaines de personnes. Mais c’était quand j’étais Loveless. En tant qu’Aileen, c’était étonnamment plus difficile. Pourtant Loveless et moi étions une seule et même entité.

Le commentaire qu’il fit en voyant la clé eu au moins le mérite de me rassurer. Quand associe le mot luxe à ce bout de ferraille voulait surement dire que la chambre était décente et, que Hyne m’en soit témoin, que je n’aurais pas à la partager. Je n’avais plus partagé une chambre depuis que j’avais quitté les religieuses. Car oui, mes amants ne restaient pas dormir. Soit ils quittaient les lieux soit je m’en allais. Dormir à côté de quelqu’un nécessitait un degré de confiance que je n’étais pas prête à donner à qui que ce soit. Ils n’en demandaient de toute façon pas tant. Pendant des années j’avais été un objet, que ce soit en tant que femme ou en tant qu’artiste. Cela avait changé, depuis quelques mois et ils s’en étaient tous rendus compte. La toile que j’avais tissée depuis des années c’était refermée sur mes proies et j’allais enfin devenir maîtresse de mon propre destin.

Je n’étais cependant pas encore en mesure de me passer de manager même si son interruption me donnait très envie de le renvoyer. A croire qu’il avait un sixième sens pour me rendre la vie impossible. Tout cela pour quoi ? Parler de morts, dévastation, incendie blablabla. Les livres d’histoire en étaient pleins. Qu’il me parle donc de la façon de les prévenir et là peut être capterait-il quelques secondes de mon attention. Attention qui était maintenant fixée sur deux points. Ne pas me retrouver livrée à moi-même dans cet étrange complexe et trouver ma chambre pour ne pas avoir à errer dans les couloirs dans mes talons hauts. J’avais donc opté pour l’inconfort moral (demander de l’aide) plutôt que l’inconfort physique. Alors qu’il me demandait ce que lui demander de l’aide m’avait couté, je ne pus m’empêcher de penser ‘beaucoup trop’. Cela du se voir sur mon visage car il haussa les épaules sans se départir de son petit air hautain. Lorsqu’il me pris la main pour me faire lâcher prise je ne pus m’empêcher de sursauter très légèrement. Pas de peur non. De surprise plutôt. Je n’avais pas vraiment anticipé le contact de sa peau sur la mienne. Même si c’était simplement pour se dégager. On me traitait en statue de cristal en général. Pas de contact ou alors dans un cadre bien précis. Là, il s’agissait d’un contact spontané et sans ambiguïté. Trop inhabituel pour ne pas me faire tiquer. Je n’aurais pas dû apprécier ça.

J’avais toujours le poignard dans mon autre main alors que mon arme demeurait sur la table. Je m’empressais de l’attraper avant de le suivre. Je ne pus retenir un petit sourire ironique en le voyant emporter avec lui le carton qu’il avait voulu me donner. Sentimental, mine de rien. Je gardais pour moi les commentaires sarcastiques qui me venaient à l’esprit. J’avais encore besoin de son aide. Tandis qu’il me questionnait sur Timber en se moquant ostensiblement de ma réponse précédente, je haussais les épaules avec désinvolture.

« La presse et la télévision ne savent jamais de quoi ils parlent donc je ne m’y intéresse pas.  Des morts il y en a partout, le monde ne s’arrête pas de tourner pour autant. »

Pouvait-on faire plus cynique ? Sans doute pas. Mais qui s’intéresse à la mort quand il a déjà tout perdu ? Mais je n’avais pas du tout envie de parler de tout ça et de toute façon sa réponse à propos d’une carte me fis ouvrir de grands yeux.

« Une carte ? Quelle carte ? Le vieux grincheux ne m’a pas parlé d’une carte ! »

Cela faisait sans doute un peu trop de ‘carte’ pour une même phrase. Mais cette nouvelle information m’avait passablement énervée. A part des informations cryptiques sur la façon d’accéder à la salle de tir, Kramer ne m’avait rien dit. Il fallait que je canalise mon émotion. Je ne pouvais plus tirer sur des objets. On était dans un ascenseur après tout ! Je concentrais donc mon attention sur ce que je savais faire de mieux : faire tourner mon monde en bourrique. J’avais une cible parfaite sous la main. Me plaçant en face de lui, je penchais encore une fois la tête légèrement sur le côté.

« Ne t’inquiète pas, je n’ai pas prévu d’abuser de toi. Pas tout de suite en tout cas. »

J’avais agrémenté la fin de ma phrase en le poussant légèrement avec le pommeau du poignard que je tenais à présent par la lame. Il ne recula même pas. Impressionnant. J’avais à présent en ma possession deux armes létales ce qu’il ne manqua pas de remarquer. Comme si de rien était, je me retournais ensuite vers la porte de l'ascenseur, le chiffre 0 apparaissant enfin.

Le bruit caractéristique de ascenseur se fit entendre alors que je jetais un regard alentour à la recherche de la fameuse carte. Je n’avais pas vraiment fait attention à l’aller, trop occupé à trouver un sens à cette architecture étrange. A la réflexion l’espèce de grand panneau en face de nous cachait peut être un plan du bâtiment. Comment se sentir stupide en quelques instants…

« Et maintenant ? »

Avant même la fin de ma phrase il s’était remis en route, me guidant à travers l’étrange complexe. Je reconnaissais le couloir menant au garage. J’étais arrivée par là. Les couloirs étaient pleins de cadets et ce fut encore pire en arrivant aux dortoirs. J’évitais de parler consciente qu’ils risquaient de reconnaitre ma voix. Ou tout du moins certains d’entre eux. Je faisais également en sorte de ne pas les laisser avoir une vision complète de mon visage. C’était un peu comme éviter des paparazzis au final. En quelques minutes, nous étions arrivés devant ma porte. Je poussais un léger soupir de soulagement avant de faire tourner la clé dans la serrure. Je faisais alors signe à Mateusz de me suivre. Il n’allait pas se débarrasser de moi si facilement.

« Entre. Je te promets que je ne vais pas te séquestrer. »

En a peine quelques secondes, j’avais déposé mon arme sur le bureau, le poignard sur le lit et retiré mes chaussures. J’avais toujours été du genre bordélique. A côté de la porte se trouvait trois énormes valises. Sur la plus grosse d'entre elles se trouvaient deux choses. Une lettre de démission et un mot au feutre noir « Bon débarras ». Enfin, j’étais sûr pour le mot car je pouvais le lire de là où j’étais, assise sur le lit. La lettre de démission c’était une supposition. Sur le bureau, il y avait également un grand panier avec des fruits et un nombre impressionnant de… bretzels ? Pourquoi des bretzels ? Enfin bref. Apparemment quelqu’un savait recevoir ici. Pas Kramer j’en étais sûre. Plutôt son financier. Il y avait aussi un bouquet de roses d’une variété qui ne poussait qu’à Trabia malgré le rude climat. C’était mes préférées mais je ne pus m’empêcher de froncer les sourcils. Je m’approchais donc des roses et de la carte portant le nom de Norg. ‘En espérant que votre séjour ici vous inspire une alliance un peu moins temporaire’. SI je ne savais pas qu’il en avait après mon argent, j’aurais presque pu y voir une demande en mariage. Profondément amusée, je m’approchais de Mateusz.

« Je devrais m’inquiéter que votre responsable financier connaisse mes fleurs préférées et m’envoie ce genre de message ? »

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MessageSujet: Re: Bang, Bang, I shot you down | Mateusz   07.12.16 12:15



Bang, Bang, I shot you down


 
Avec quelle désinvolture elle lui avait répondu… Oh c’était amusant, vraiment, une vraie diva qui se moquait certainement bien de ce qui se passant en dehors de son cercle. Cela aurait dû le révulser pourtant mais on pardonnait facilement à un joli visage n’est-ce pas ? Et puis c’était une manière comme une autre de voir les choses, lui non plus ne portait plus vraiment d’intérêt au nombre de victimes et ne passait pas son temps à se lamenter après chaque perte. Cependant, aussi froid soit il en lisant les journaux, il se renseignait toujours. Rare était les matins où on ne le voyait pas décortiquer le Balamb Times, on pourrait croire qu’il s’agissait là d’un devoir de SEED, qu’après tout il était normal et nécessaire que la force armée soit au courant de ce qu’il se passait dans le monde mais il le faisait moins pour son travail que pour lui personnellement. Il avait toujours été important d’avoir une sorte de longueur d’avance, de décrypter les tendances pour être certain de faire les bons choix et de se trouver dans le plus judicieux des camps. Pour l’heure il n’avait jamais eu à s’affoler, faire partie de l’élite de la Balamb Garden restait la meilleure des places mais Galbadia préparait quelque chose et il était nécessaire de savoir quoi. Déçu en apprenant que le discours qu’on attendait depuis des mois n’avait été mis en place que pour déclarer le futur mariage de Vinzer Deling, il avait maudit quelque part les résistants pour y avoir mis un terme car peut-être aurait-il pu se mettre quelque chose d’un peu plus intéressant sous la dent si le dictateur avait eu l’occasion d’en dire plus. Faute de quoi, les journaux s’étaient emparer de cette annonce futile et tous déblatérais autour de préparatifs de ce mariage dont il n’avait que faire. C’est en partie pourquoi il n’avait été aussi précautionneux ce matin et avait négligé une grande partie des articles, si pourtant il avait lu le Times avec un peu plus d’attention, peut-être aurait-il pu associer un certain article à la mystérieuse Aileen. Lui qui se targuait de vouloir une longueur d’avance, c’était raté.

Il en avait cependant un peu sur la jeune femme qui, visiblement irrité qu’on ne l’ait pas mise au courant, se demandait ou était la fameuse carte qu’il venait d’évoquer. Sacré Kramer, la vengeance était idiote mais on se satisfaisait de peu parfois. Ou alors le pauvre vieux avait été tellement déboussolé par sa rencontre avec la tempétueuse rouquine qu’il en avait oublié l’essentiel, qui sait. « Il a sûrement pensé que tu savais te débrouiller seule. » Sous-entendant clairement qu’elle aurait pu faire l’effort de se rendre par elle-même dans les dortoirs, la diva ne sembla se formaliser de l’accusation puisqu’elle était à nouveau devant lui, le forçant à croiser son regard alors que penchant dangereusement la tête sur le côté – il n’aimait pas ça, il savait que ce simple mouvement ne présageait rien de bon – elle posait le pommeau du poignard contre sa poitrine avant d’annoncer qu’elle ne comptait pas abuser de lui. Du moins pas encore. Voyez-vous ça. Il ne bougea pas, se contenta d’arquer légèrement un sourcil circonspect alors qu’elle vérifiait son effet. Il n’était pas du genre à se laisser démonter devant ce genre d’intimidation, a vrai dire pour l’heure il était juste surpris qu’elle formule une chose pareille à voix haute. Quel homme refuserait d’avoir affaire à elle ? Elle le savait très certainement, personne, il ne devait pas être nombreux à lui résister mais est-ce qu’elle se donnait facilement, ça, c’était une autre chose. En tout cas il doutait fortement qu’elle soit sérieuse, bien qu’une petite voix en lui ne le mette en garde et lui assure qu’il ne fallait que trop de méfier de cette demoiselle, il n’avait en tout cas absolument pas envie de rentrer dans un jeu de séduction avec elle. Pas qu’elle ne l’intéresse pas, plus une question de moment. Clairement il n’était pas bien choisi. « Garde ça pour les autres. » Se contenta-t-il de répondre alors que les portes de l’ascenseur s’ouvraient et qu’ils s’en extirpèrent.

Il commençait à regretter de ne pas avoir laissé les affaires de Georgia à l’étage. Loin d’être lourd le carton restait contraignant et le fait qu’il se le coltine à contre cœur devait lui donner l’impression qu’il l’était plus qu’il ne l’était réellement. Et maintenant ? Lui demandait la rouquine qui semblait s’être rendu compte que le panneau qui leur faisait face à quelques mètres n’était autre que le plan dont Kramer lui avait tu l’existence. Donc elle ne comptait toujours pas se débrouiller seule ? De toute évidence. Que diable lui voulait cette fille ? Sans commentaires il se mit en route, ils allaient de toute manière dans la même direction. Il aurait très bien pu la planter devant la carte et la laisser se débrouiller mais pour une raison qui dépassait certainement l’entendement il n’en fit rien. Il ne cherchait en tout cas pas à le justifier, certainement parce que la réponse ne lui plairait pas franchement.

Les couloirs du dortoir étaient bondés et cela ne semblait pas plaire à son étrange interlocutrice. Décidé à ce qu’on ne s’intéresse pas de trop prêt à elle, elle était devenue étrangement mutique et beaucoup moins assurée qu’il ne l’avait découvert tantôt. Est-ce qu’on était censé la connaitre ? Son visage était-il réellement connu ou alors n’était-ce là que pure paranoïa de sa part ? Mateusz n’avait jamais été très physionomiste, on mettait souvent cela sur le compte de son incapacité à s’intéresser à autrui en tous les cas c’était un fait, il passait parfois à côté d’un faciès qui aurait dû lui rappeler quelque chose. Il fronça alors légèrement les sourcils, comme s’il cherchait à consulter sa base de données, sonder son propre esprit pour tenter de mettre une histoire sur le compte d’Aileen. Mais rien ne lui venait et il abandonna rapidement, la porte de la chambre se dressait déjà devant eux et il aurait le loisir de lui trouver une identité plus tard. C’était sans compter l’invitation de la jeune fille qui lui assura après lui avoir promis de ne pas abuser de lui tantôt qu’elle ne le séquestrerait pas non plus. Ne pesant pas longtemps le pour et le contre il s’engouffra dans la pièce.

La chambre était immense, une vraie suite comparée à celles que les SEEDs occupaient. C’était la première fois qu’il était amené à découvrir ou on logeait les Rang A et il en éprouvait une sorte de jalousie. Il ne pourrait certainement plus jamais prétendre au titre si convoité par les élèves, ou alors, n’y aurait de nouveau accès que dans bien des années, en imaginant qu’il fasse toujours partie de l’établissement. Son regard se balada inévitablement autour de lui jusqu’à se poser sur trois énormes valises. Sur l’une d’elles, une lettre et un mot ‘Bon débarras.’, il n’eut à vrai dire le temps de s’y intéresser de plus près, Aileen revenait vers lui avec un sourire en tenant une carte dont il s’empara pour connaître la raison de son amusement. « Norg aime brosser les clients dans le sens du poil. Plus ils sont importants plus il y met les moyens nécessaires. » Il aurait sans doute été plus diplomatique de dire que la BGU savait tout simplement accueillir mais franchement… Il n’avait pas envie de prendre son interlocutrice pour une idiote. « C’est aussi fascinant qu’effrayant. » Ajouta-t-il sans émotion avant de poser la carte sur la valise, se dirigeant vers le bureau pour pouvoir se délester de son fardeau près du revolver qu'elle avait abandonné là avant d’attraper un bretzel. La simple idée de savoir que certains tueraient dans la BGU pour être à sa place le décidait à s’en emparer d’un qu'il cassa en deux avant de l'entamer. « Bon débarras ? » Demanda-t-il alors en se tournant à nouveau vers elle, s’appuyant contre le meuble. « Tu en as découragé combien comme ça ? » Beaucoup, sûrement. Et il devenait maintenant clair que la demoiselle à protéger avait besoin d'une escorte solide, qu'un membre du SEED ferait largement l'affaire, qu'elle l'avait trouvé sur son passage et qu'elle le testait puisque l'ancien s'était fait la malle. Une sorte d’entretien d'embauche peu conventionnel.

Mais elle était mal tombé, Kramer ne l'enverrait plus en mission solo, en mission tout court d'ailleurs pour l'heure, et à vrai dire la perspective de suivre la diva n'avait rien de franchement excitant. Faire dans la protection n'avait déjà rien de bien réjouissant, mais si en plus il fallait céder aux milles caprices de la personne concernée... C'était de son genre, il en était persuadé, elle ne lui avait montré qu'un millième de ce dont elle était capable et il plaignait déjà celui qu'elle embaucherait. « Kramer ne me confit pas de mission solo, tu vas devoir poursuivre tes recherches. » Annonça t'il en jetant un coup d’œil au carton, finissant le bretzel avant de le glisser sous son bras. Il n'avait plus rien à faire ici, n'est ce pas ? Elle cherchait un garde du corps, l'avait fait venir pour ça mais il ne pouvait répondre à ses attentes. Fin de l'histoire. A moins qu'elle n'en décide autrement.

 
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MessageSujet: Re: Bang, Bang, I shot you down | Mateusz   08.12.16 0:48



Bang, Bang, I shot you down


Aoutch. Mais c’est qu’il pouvait mordre le petit SEED. Il serait surpris de savoir à quel point j’avais du me débrouiller seule. Les prêtresses étaient gentilles mais elles n’étaient pas tendres. Tout ce qu’on recevait, il fallait le mériter. Nous étions souvent livrées à nous-même et avions de nombreuses corvées. Connaître la célébrité m’avait permis de ne plus jamais toucher à des produits d’entretien. J’avais aussi dû faire en sorte de faire les bons choix et nouer les bonnes alliances pour rester au sommet. En ne comptant que sur moi-même. Je savais me débrouiller seule bien sûr. Mais dépenser mon énergie pour une chose aussi futile que trouver une chambre ? Non. Je préférais déléguer. N’en déplaise Monsieur Ronchon. Je n’allais pas me formaliser pour si peu.

Mon petit jeu avec ma proie n’eut pas tout à fait l’effet escompté. C’était donc ça que ressentaient les autres quand j’arquais les sourcils ? Agaçant, vraiment. Tout chez ce jeune homme était agaçant. Délicieusement agaçant. Il n’était pas aussi stupide que la plupart des mâles qui baissaient leur garde devant ce genre de manège. Ou peut-être plus abimé. Je n’oubliais pas le carton qu’il semblait décidé à trimballer partout. Une fois de plus, la curiosité concernant la fille du carton me titillais. Ce qui était totalement absurde. Si j’avais été réellement sérieuse, j’aurai peut-être pu me vexer. Je ne lui ferai pas le plaisir de lui demander de quels ‘autres’ il voulait parler. Comme quasiment toute la population, il était sans doute persuadé que je multipliais les aventures. Oh, bien sûr je n’étais pas toute blanche mais c’était loin d’être le cas. Ce n’était néanmoins pas de folles passions. Loin de là.

La traversée des couloirs avait été une épreuve plus difficile que je n’aurais cru. Mais j’étais arrivée à bon port, accueillie par des bretzels qui plus est. J’avais bien vu qu’il observait mon visage avec cet air étrange que j’avais parfois remarqué chez les gens dans la rue au début de ma célébrité. Il essayait de replacer mon visage. Coup de chance pour moi, il semblait ne pas du tout me reconnaitre. Sans doute n’était-il pas fan de mes chansons. A l’heure actuelle, c’était plutôt une bonne chose. Au moins, Mateusz semblait également amusé par la petite note du Shuumi. Franchement, c’était vraiment trop. Il aurait dû se montrer plus subtil.

« Oui, j’avais cru comprendre qu’il en avait après mon argent quand il m’a invité à votre bal de juin dernier. J’avais d’autres engagements mais il est du genre têtu. »

Très têtu. C’est lui qui avait contacté mon manager et arrangé mon entretien avec Kramer. J’avais eu beau dire que je n’avais pas besoin de gardes du corps, il n’avait rien voulu entendre. Menaçant de supprimer des dates. Ce n’était tout simplement pas envisageable. J’avais donc décidé de faire fuir mon garde du corps du SEED comme j’avais fait fuir les autres. Ou d’en trouver un suffisamment intéressant pour supporter de l’avoir autour de moi. Et c’était loin d’être facile à réaliser.

Et évidemment, alors que je pensais à cela Mateusz avisa le charmant mot laissé par mon dernier garde du corps/chauffeur. J’espérai au moins qu’il ai eu la décence de repartir à pied. Sinon, j’allais devoir le poursuivre pour le vol de mon véhicule.

« Sept ces quinze derniers jours. Des incapables. »

J’attrapais le mot et la lettre de démission avant de les faire tomber dans une corbeille à papiers toute proche. Je m’approchais ensuite du bureau pour attraper un fruit dans le panier. Un bretzel, aussi appétissant fussent-ils, était inenvisageable. Le monde du spectacle et ses diktats… Je vous rassure, je n’avais pas poussé le vice jusqu’à choisir une banane. J’avais quand même quelques limites. J’avais jeté mon dévolu sur une pomme. Ma petite séance de tir m’avait donné faim à défaut de totalement me calmer.

Tandis que je croquais dans mon fruit, il me confia sans détour que Kramer ne lui confiait pas de mission solo. Tiens donc… Qu’est ce que le vieux grincheux pouvait bien lui reprocher ? Mystère. D’ordinaire j’évitais les mystères, mais pas quand ils étaient associés à un défi. Et là, ce cher Mateusz m’offrait un défi de taille. Pas de mission solo hein ? Je le fixais donc de mes yeux brillants, un sourire carnassier au visage.

« Vraiment ? On verra ça. Je suis plutôt persuasive. Ce serait dommage qu’on te laisse sur la touche.»

Je n’étais pas le genre de femme à qui on refusait quoi que ce soit. Je finissais donc toujours par avoir ce que je voulais. Je n’avais pas encore tout à fait décidé si je voulais de lui ceci dit. Mais le défi qu’il me présentait était bien trop tentant. Et puis, cela faisait bien longtemps que je ne m’étais pas autant amusée.

Je fixais ensuite le carton qu’il semblait décidé à trimbaler partout.

« Je ne connais pas vraiment le protocole à suivre en cas de rupture mais tu comptes vraiment balader ton carton d’un bout à l’autre de la BGU ? »

Je le provoquais à dessein bien sûr. Le sujet était de toute évidence sensible. La jeune femme lui avait posé un lapin. Soit elle n’avait rien à faire de ses affaires, soit elle n’était pas prête à tourner la page. Dans un cas comme dans l’autre ce n’était pas très juste vis-à-vis du SEED. Il ferait mieux de se débarrasser du carton et d’oublier les relations amoureuses. C’était bien trop dangereux. Mon unique béguin s’était révélé être le diable en personne, un assassin sans foi ni loi. Il avait tué de sang-froid l’homme que j’aimais le plus au monde. J’aimais mon père plus que tout et je l’avais fait tuer . Aimer c’était détruire, c’était aussi se détruire. J’avais appris ça de façon on ne peut plus sordide. C’est pourquoi j’avais fait graver ‘Amare est delere’ sur mon arme. Pour m’en rappeler aussi longtemps que je tirerais.

Même si c’était dangereux, je le vengerai. Et pour ça j’avais les noms du carnet. L’original était en lieu sûr, mais je portais une copie numérique sur moi en permanence. C’était une microcarte habilement masquée dans mon pendentif. Je ne pouvais m’empêcher de le toucher lorsque j’étais contrariée. Et je l’étais parce que pour une raison totalement farfelue, je n’avais pas envie de me retrouver seule. Je n’avais plus été laissée seule avec moi-même depuis… depuis la mort de mon père en réalité.
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MessageSujet: Re: Bang, Bang, I shot you down | Mateusz   08.12.16 21:02



Bang, Bang, I shot you down


 
Après son argent ? Il allait finir par opter pour l’hypothèse qu’elle était une riche héritière dont le patrimoine était convoité, quelque chose de ce genre. Ça ne l’aurait pas étonné de la croiser au détour d’une soirée mondaine menant la vie dure à ceux qui se trouvaient sous ses ordres, en d’autres termes, le monde entier selon elle certainement. L’imaginer en scène l’amusait sincèrement, elle devait être délicieusement insupportable et il n’était pas certain de vouloir être témoin de cela un jour, du moins tachait-il de s’en convaincre. Cette fille était dangereuse, passé le fait qu’elle était folle c’était surtout le fait qu’elle l’intéresse qui l’inquiétait, ça ne présageait jamais rien de bon il n’était jamais trop tard pour se le rappeler. Quand elle lui annonça le nombre de malheureux qui avait jeté l’éponge en l’espace de deux petites semaines, il ne se retint plus de rire. « Sans blague. » Ce n’était absolument pas formulé comme une question, il ne la savait que trop sérieuse. Secouant la tête en haussant les sourcils, il croisa les bras en la regardant, observant le joli petit minois qui rendait la vie compliquée à tant d’hommes. Sans même la lire, elle venait de jeter la lettre à son intention à la poubelle, un geste si profondément dramatique et théâtrale qu’il l’enchanta. Tant qu’on était spectateur, on pouvait se délecter du spectacle, signer pour un rôle dans cette tragédie serait sans doute suicidaire cependant et il était donc sage de signaler au plus vite qu’il ne passerait aucun casting.

Erreur. Fatale erreur. À peine croisa-t-il son regard qu’il comprit qu’il n’aurait jamais dû formuler les choses ainsi. Trop pressé, trop impulsif, il avait encore manqué d’intelligence et allait en payer le prix. Il venait de la mettre au défi et une fille comme elle ne résistait jamais bien longtemps à l’appel du jeu. En somme, il était foutu. Si elle n’était pas trop stupide cependant peut être se rendrait elle compte qu’elle faisait là un choix idiot et capricieux, mais sincèrement, il en doutait. Poussant un bref soupire en relevant légèrement la tête, il la consulta du regard après qu’elle ait annoncé qu’il serait dommage qu’on le laisse sur la touche. « Ne t’inquiète pas va, Kramer va te présenter une belle ribambelle d’incapables tous plus drôle les uns que les autres, laisse-toi donc le temps de faire le choix le plus judicieux. » Lâcha-t-il d’un ton las, sachant que rien ne pourrait plus rattraper son erreur. Il n’y avait plus qu’à espérer qu’un autre guignol attire l’attention de la diva et qu’elle en vienne à oublier cette petite entrevue.

Petite entrevue qu’il était certainement temps d’écourter et c’est dans cette optique que son bras entoura l’encombrant carton contenant les affaires de Georgia, ce qui ne manqua pas d’attirer l’attention de la curieuse détentrice de la chambre 15. Sa provocation ne l’agaça pas parce qu’elle était malvenue mais bien parce qu’elle avait raison de l’attaquer sur ce point et il détestait se sentir idiot. « Il ne va pas rester là à ce que je sache. » Répondit-il en haussant les épaules comme si sa réponse relevait du bon sens. « Et tout logiquement il repart en même temps que moi, parce qu’à moins que tu ais d’autres plans je n’ai plus rien à faire ici. » Détourner le sujet ? Si peu. Seulement il n’avait aucune envie d’évoquer sa relation avec Georgia, aucune envie de justifier ce que représentait cette dernière boite d’affaire – il n’était même pas certain de vouloir en démêler avec lui-même, alors avec une autre… - et n’arriverait pas à faire le moindre trait d’humour sur la question. « Et par autre plan j’exclus tout abus et séquestration, je ne sais pas pourquoi je sens de le justifier avec toi. » Il était bien loin de manifester de l'inquiétude, cachait plutôt en réalité toujours un peu d’amusement derrière une apparente profonde indifférence. « Je te l’ai dit, tu trouveras d’autres incapables bien plus drôle que moi. » Certainement tous plus aptes à se plier plus docilement à ses milles caprices...

 
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MessageSujet: Re: Bang, Bang, I shot you down | Mateusz   12.12.16 18:07



Bang, Bang, I shot you down


Il était aussi glissant qu’une anguille ce garçon. Il ne répondait jamais franchement aux questions et il fallait le titiller encore et encore pour en tirer quelque chose. Mais j’aimais jouer. Peu s’en doutaient mais j’avais hérité de la patience légendaire des Redwood. Celle qui avait fait de mon père un si bon tueur à gage. Il savait choisir ses moments. Dans mon ascension jusqu’au sommet, j’avais copié sa technique. Attendant patiemment mon heure acceptant qu’on me manipule jusqu’à ce que ce soit à moi de manipuler les autres. La fin justifiait toujours les moyens et la fin que je recherchais était grandiose. Une grande apothéose sanglante et magnifique. Mais nous n’en étions pas encore là.

Je sentais bien que je l’amusais, ce drôle de garçon drapé dans son déguisement de SEED. Car oui, pour moi rien ne distinguait le SEED de n’importe quel mercenaire lambda si ce n’est l’habillage et un certain orgueil mal placé. Ils se prenaient pour les Nations Unies de la moralité. Persuadés que leurs actions étaient réalisées pour le plus grand bien. Peut-être. Sans doute pas. Personnellement ça ne me concernait pas. Ils pouvaient bien décider de prendre le contrôle du monde, tant qu’on me laissait terminer ma vendetta, je n’en avais que faire. Grand bien leur face. Mais lui… Sans trop savoir pourquoi je savais qu’il était différent des autres. Peut-être ce regard un brin cynique et désabusé. Comme s’il regardait le monde droit dans les yeux et y voyait la même chose que moi. Du vide. Un immense, terrifiant et à la fois terriblement attirant, vide.

C’était surement cela qui m’attirait chez lui. Et c’était le plus dérangeant. Personne. Je dis bien personne ne m’attirait jamais. Oh bien sur je remarquais un joli physique ou une personnalité charismatique mais en un claquement de doigt c’était déjà oublié. Lui en revanche représentait une triple menace. Il m’amusait, me défiait et je ne l’impressionnais pas. Cette trilogie était suffisamment inédite pour capter mon intérêt. Pour combien de temps ? Je ne saurais le dire. Et voilà qu’il me provoquait encore. Evitant soigneusement de répondre à ma question en détournant la conversation. Le sujet devait vraiment être sensible pour lui. Peut être n’était-il pas prêt à faire face au fait qu’il n’avait pas réellement fait le deuil de cette relation. Mais fait-on jamais réellement le deuil de ses échecs ? J’étais persuadée que non. Mais après tout, je n’avais jamais fait le deuil de rien du tout. J’avais choisi l’autre voie. Plus dangereuse. J’avais canalisé toutes mes émotions vers un seul but. Me venger.

Et voilà qu’il me parlait encore de choix. Le choix le plus judicieux, vraiment ? Je m’approchais de nouveau de lui, seulement, mes 20 cm de mon que lui ruinait quelque peu mon effet. Me plaçant légèrement sur le côté de façon à éviter son carton, je me dressais sur la pointe des pieds de façon à arriver à sa hauteur. D’une main, j’attrapais doucement son menton entre mes doigts pour le forcer à me regarder et de l’autre je m’appuyais contre son épaule de façon à me stabiliser.

« Et si je décide que c’est quand même toi que je veux ? »

A ce moment-là, je ne savais même plus moi-même si je jouais ou si j’étais sérieuse. C’était plutôt perturbant et mon impulsion fu très vite coupé par les petits bip répétitifs de mon téléphone portable m’indiquant que j’avais reçu un message. Je relâchais donc ma proie, laissant mes talons retomber sur le sol mais sans pour autant reculer. Je sortais mon téléphone de ma poche, ouvrant mon message sans m’arrêter sur l’expéditeur. C’est alors que mon visage perdit toute couleur tandis que je bazardais mon téléphone sur le lit comme s’il m’avait brûlé. La situation se compliquait et je n’étais pas totalement convaincue qu’il faille que j’en parle à Kramer. Il risquait de tripler l’escorte dont voulait m’affubler mon agent. Ce n’est pas que je prenais la menace à la légère. J’étais plutôt terrifiée pour tout dire, mais je savais d’expérience (ou plutôt de l’expérience de mon père) qu’un bon tueur à gage atteignait sa cible peu importe son degré de protection. Pire, le fait d’avoir une immense escorte autour de moi me rendait plus facilement repérable qu’en étant seule. Je connaissais les trucs des tueurs. Mon père avait été l’un d’eux. Mais avoir toute une troupe d’incapables dans les pattes serait plus qu’handicapant. Le message se répétait en boucle dans ma tête, associée à la voix de celui dont j’étais sure qu’il venait. Je suppose que tu sais ce qu'est un contrat? J'en ai mis un sur ta jolie petite tête. En souvenir du bon vieux temps.. Bien sûr il utilisait un numéro masqué mais je savais…

Je me tournais à nouveau vers Mateusz, essayant tant bien que mal de retrouver la même tête que celle que j’avais avant cette interruption. Et en priant pour qu’il n’ait pas poussé le vice jusqu’à lire par-dessus mon épaule. Les jambes un peu flageolantes, je me laissais gracieusement tomber sur le lit.

« Pas d’abus, pas de séquestration. On ne dirait peut-être pas mais je n’ai qu’une parole. »

Je lui adressais donc un sourire qui se voulait une réplique des précédents mais même moi je devinais que cette fois, je n’en étais pas capable. Et je détestais cela. J’étais effrayée et j’étais furieuse tout à la fois. J’avais envie qu’il parte. Qu’il me laisse seule avec ce nouveau poids à porter. Celui de la possibilité, bien réelle cette fois, de ma mort imminente. Et en même temps, j’avais envie qu’il reste, qu’il me défie et qu’ainsi je puisse oublier ce fâcheux incident. Mais j'avais trop de fierté pour le lui demander. Et puis il risquait de me rire au nez.

En réalité, et pour la première fois de ma vie, je n’avais pas la moindre idée de ce que je voulais réellement. Et cela me conduisait au bord du précipice.

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MessageSujet: Re: Bang, Bang, I shot you down | Mateusz   16.12.16 22:08



Bang, Bang, I shot you down


 
Voilà qu’elle glissait à nouveau vers lui, toujours aussi joueuse et manifestement décidé à aller plus loin puisque bientôt, se hissant sur ses pieds nus, elle approcha sa main de son visage pour se saisir de son menton. S’il n’avait pas montré grande émotion jusqu’alors, ce simple geste le déstabilisa franchement. Savoir que sous ses doigts si délicats se dessinait ses monstrueuses cicatrices, que son épiderme était en contact direct avec les sillons qui creusaient sa peau le révulsa. Brutalement il se dégoûta, songea à son inesthétique visage et aux incommodantes marques qui striaient son visage, cette scène devint alors ridicule et honteuse. Levant bien rapidement sa main pour se dégager de cette poigne si douce et pourtant ô combien violente, le téléphone de la diva sonna et elle se désintéressa de lui pour récupérer l’objet bruyant. Son geste suspendu dans le vide, bien heureux qu’elle baisse les yeux sur l’écran, Mateusz profita de ce court instant pour reprendre constance, cacher l’embarras qu’avait suscité ce moment, passant brièvement ses propres doigts sur son menton mais les retirant aussitôt. Il ne supportait pas toucher ses cicatrices, leur simple vision le dégoûtait, laisser les médecins le manipuler était une épreuve alors une belle femme… C’était lui rappeler ce qu’il était devenu et pourquoi, se souvenir du visage si laid que lui renvoyait chaque miroir et de son corps mutilé qu’il ne pourrait plus dévoiler. C’était insupportable.

Il ne se réveilla qu’au moment où Aileen projeta son téléphone sur le lit et aperçu un court instant son désarroi avant qu’elle aussi ne cherche à le dissimuler derrière un habile sourire. Son regard balaya la pièce, allant du mobile abandonné au somptueux visage contrarié de la diva. Quel geste dramatique, sûrement ne se rendait elle-même plus compte qu’elle mettait en scène jusqu’à sa colère – sa peur ? – tout cela devait être devenue naturelle pour elle. Il ignorait ce qu’elle avait bien pu lire sur ce message mais il avait été assez attentif à ses réactions tantôt pour se rendre compte que quelque chose venait de changer chez elle. Des menaces ? Qu’est-ce qui pouvait bien faire flancher l’indomptable demoiselle ? Puisqu’elle ne feignait rien, il aurait mis sa main au feu que ce coup-ci, elle était sincère.

Maladroitement planté à quelques mètres d’elle alors qu’elle s’était assise sur le lit en lui assurant qu'elle n'avait qu'une parole, elle semblait disposer à continuer leur conversation tout en l’invitait silencieusement à quitter les lieux. A moins que cela ne soit le contraire ? Qu’est-ce que tu fais encore là ? Voilà que Nosferatu choisissait son moment pour se réveiller de ses paresseuses absences. Il eut un tic agacé, comme s’il avait oublié combien il pouvait être perturbant d’entendre une autre voix que la sienne dans un monde qui ne devait appartenir qu’à lui. Une sorte de compassion inhabituelle devait avoir attiré l’attention de la difficile G-Force qui avait normalement pour point commun avec lui de ne jamais se soucier des problèmes des autres. Mais voilà qu’elle le sentait enclin à écouter la belle et disposer à rester plus longtemps qu’il ne le devrait à ses côtés. L’esprit pourtant n’insista pas, comme s’il présageait le danger que pouvait représenter toute forme d’alliance entre les deux humains de cette pièce, il observa le spectacle en silence.

Mateusz ne bougea plus, examinant du coin de l’œil la silhouette tourmentée de son interlocutrice. « Si c’est moi que tu veux, il va falloir que tu m’expliques en quoi je te serais utile. » Lâcha t’il d’un ton volontairement désintéressé. En sois il lui laissait l’occasion de s’exprimer sur la nature de son trouble en faisant passer cela pour un motif professionnel. Il n’avait pas envie de lui demander frontalement ce qu’elle avait et n’insisterait pas d’ailleurs si elle détournait la conversation. Il lui donnait juste la chance de s’exprimer si elle le souhaitait puisque la curiosité l’avait emporté et que la mystérieuse diva l’avait embarqué malgré lui sur son navire conduit par les mélodrames. Mais son interlocutrice semblait ailleurs et il en profita pour se rapprocher, subtilisant le téléphone de son bras libre comme décidé à obtenir des réponses par lui même. « Le poste serait si dangereux que ça ? » Lança t'il alors qu'il vérifiait voir comment allumer l'engin.

 
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MessageSujet: Re: Bang, Bang, I shot you down | Mateusz   17.12.16 19:52



Bang, Bang, I shot you down


J’étais trop déstabilisée pour en faire la remarque tout de suite, mais je n’avais rien perdu de sa réaction lorsque j’avais touché son visage. Je ne la comprenais pas vraiment mais je pouvais en deviner les raisons. Ses cicatrices avaient sans doute moins d’un an. Et il semblerait qu’il ne s’y était pas encore habitué. Avec son perpétuel air cynique, il devait sans doute être d’une rare exigence avec lui-même. C’était souvent le cas de ceux qui était encore plus exigeant avec autrui. Il était toujours plus facile de reconnaître ses propres défauts chez autrui.  Personnellement, je ne voyais pas ce que ces cicatrices avaient de si dérangeant mais après tout, je ne les voyais pas tous les matins dans la glace. Je ne connaissais pas le Mateusz d’avant les cicatrices. A vrai dire, je ne le connaissais pas tout court. Tout comme lui n’avais pas la moindre idée de qui j’étais. Mais pour tout dire, il n’y avait que deux personnes encore vivantes en ce monde à savoir qui j’étais réellement. Moi et celui qui voulait ma mort.

Si un jour je décidais d’être pleinement une Redwood, j’avais tout ce qu’il fallait pour réclamer ce droit mais à quoi bon ? Le mercenariat ou le crime organisé, ce n’était pas mon monde. Ironique n’est-ce pas, sachant que je me retrouvais dans une chambre réservée aux SEED de plus haut niveau. Des mercenaires suprêmes. Une élite au sein de laquelle mon père n’aurait pas dépareillé. Mais tout comme moi, il n’était pas du genre à prendre ses ordres de qui que ce soit ou à se cacher derrière une organisation. Il avait au moins eu cette chance. Il était mort en homme libre.

Je l’avais senti se rapprocher. Je ne voyais plus rien car mon cerveau s’était comme déconnecté quelques instants mais j’étais consciente de sa présence. Ce qui en soit aurait du m’inquiéter. Je n’étais pas du genre à apprécier qu’on me voit en état de faiblesse. Je savais qu’il me parlait mais j’enregistrais ses paroles à retardement. C’est alors qu’il se pencha pour attraper mon téléphone. Ce qui eu pour effet de me réveiller brutalement.

« NON ! »

Encore trop faible sur mes jambes pour me relever, je profitais qu’il soit encore proche de moi pour tenter de lui arracher le téléphone de la main. Il tenait bon, mais j’avais ma rapidité et l’effet de surprise pour moi.  Je tirais d’un coup sec sur le téléphone, sauf que lorsque qu’il relâcha brusquement l’objet du délit, tout ne se passa pas exactement comme je l’avais prévu.  Emportée par mon élan, je tombais allongée sur le lit tandis qu’avant que j’ai le temps de réaliser ce qu’il se passait, Mateusz me tombait à son tour dessus. Ses yeux étaient à quelques millimètres des miens, son nez touchait le mien et je pouvais sentir son souffle sur mon visage. Je sentais mon sang affluer vers mon visage alors que je rougissais comme une écolière. Par Hyne tout puissant, je n’avais jamais rougi de ma vie ! Qu’est-ce que c’était que ce nouveau délire ?

Et plus je prenais conscience de notre position et plus je montais dans les nuances de cramoisi. J’avais toujours un bras au-dessus de la tête, tenant fermement le téléphone, mais, plus perturbant, j’avais les avant-bras de Mateusz à plat de chaque côté de ma tête. Si cela expliquait sans doute que nos deux visages ne soient pas entrés en brutale collision (je n’étais pas contre les contacts un peu plus féroce mais il y avait tout de même des limites), je ne pus m’empêcher de remarquer qu’il avait dû se débarrasser du carton à un moment ou un autre de la manœuvre. Le point le plus gênant était sans doute le fait que nos deux corps étaient collés l’un à l’autre et qu’une de ses jambes s’était retrouvé Hyne sait comment pile entre les miennes. Et bien entendu, en ce mois de septembre ma robe épousait mon corps comme une seconde peau et était loin d’être épaisse.

Comment avais-je bien pu faire pour me retrouver dans une situation pareille ? On était à deux doigts du scénario d’un roman érotique à petit tirage. Non mais franchement… Ah ! Oui… Le message, le portable. Ça m’était très momentanément sorti de la tête. Bon, il était peut-être temps de m’être fin à ce petit interlude pas forcément désagréable mais foncièrement gênant. On n’allait pas resté comme ça sous le choc à se regarder indéfiniment dans le blanc des yeux.

Reprenant contenance, je coinçais à tâtons mon téléphone sous mon oreiller avant de récupérer mes mains de façon à pousser légèrement sur les épaules du SEED afin de l’obliger à se redresser sur ses genoux. Sans cela, j’étais totalement bloquée. Allait-il obtempérer? Je n’en étais pas sûre. Je saisissais néanmoins l’occasion pour tenter de reprendre les rênes de ce jeu.

« Je veux bien répondre à tes questions mais seulement si en échange, tu réponds aux miennes. Donnant-donnant. Ta question est un sujet sensible pour moi alors prépare toi à quelque chose d’équivalent. Si tu refuses de me répondre, tu me devras un service. Et je pourrais te demander n’importe quoi. Et attention ! Je le saurais si tu me mens. »

Marchander. Imposer ma loi. Tout cela me permettait d’effacer de mon corps la peur que j’avais ressenti il y a quelques instants. De la faire refluer, cellule après cellule.

« Les gardes du corps ce n’est pas mon idée. Je peux me défendre toute seule, je pense que tu l’as remarqué.  Tu me supportes depuis un bon moment maintenant et tu n’as pas saisi le premier prétexte pour déguerpir. Tu n’as pas l’air d’un complet imbécile et tu es… intéressant. C’est suffisamment rare pour faire de toi le candidat idéal. Et puis... je viens de me rendre compte que la présence d’un SEED ne serait peut-être pas totalement superflue. »

Je laissais peser un petit silence. Je préférais ne pas parler tout de suite du contrat. Cela soulèverait trop de questions auxquelles je ne voulais pas répondre. J’espérais que ma vie valait au moins quelques millions sinon je serais vexée. Oui, maintenant que j’avais repris mes esprits j’étais capable de plaisanter même sur ma mort. Le premier choc était passé. Il fallait aller de l’avant. Je m’étais fixé à 14 ans la règles de toujours aller vers l’avant. En courant si possible.

Je plantais ensuite mon regard vert dans le sien. Comme un chat analysant la souris qu’il s’apprête à dévorer.

« A mon tour maintenant. Il y a quelque chose qui m’intrigue. » J’approchais de nouveau ma main de son visage comme un peu plus tôt, anticipant sans peine son recul et sa volonté d’éviter tout contact. « Pourquoi tes cicatrices te dérangent autant ? »

Oh, je me doutais qu’il n’allait pas apprécier la question. Je me doutais même de la réponse mais je voulais l’entendre le dire. Qu’il décide d’affronter le problème ou de le fuir.

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MessageSujet: Re: Bang, Bang, I shot you down | Mateusz   19.12.16 12:28



Bang, Bang, I shot you down


 
Le geste pouvait apparaitre comme totalement déplacé, il l’était et il s’en moquait. L’insolence était une des seules choses qu’il lui restait dans cet échange pour croire encore qu’il avait une sorte de pouvoir sur la suite. La tournure de la conversation devenait un brin trop intime et alors qu’une part de lui voulait mettre un terme à cet entretient devenu trop familier, il s’apprêtait pourtant à rompre une nouvelle barrière en fouillant un objet des plus personnel. Allez y comprendre quelque chose, c’était comme lever un ordre parental pour assouvir un besoin grandissant de curiosité car bien qu’il dût s’en moquer il voulait connaitre le fruit du tourment de son interlocutrice. Faisant tourner le portable entre les doigts de sa main libre pour trouver la manipulation nécessaire qui le déclencherait, il avait évidemment pensé qu’elle ne le laisserait pas docilement faire mais n’avait absolument pas anticiper une réaction aussi violente de sa part. Définitivement réveillée de sa léthargie, Aileen s’agrippa à l’engin et dans un réflexe un peu stupide il maintint sa prise un instant avant de céder l’objet sans plus de procès. La suite non plus, il ne l’avait pas anticipé.

Il perdit l’équilibre. Une des jambes de la diva avait brutalement percuté la sienne, blessée, dans sa chute et manquant terriblement de réaction il s’écroula sur le lit. Il s’était débarrassé du carton qui avait dégringolé un peu plus bas, se fracassant près du lit dans un bruit mat alors que lui eut tout juste le temps nécessaire pour ne pas écraser la jeune fille sur laquelle il se retrouva malencontreusement. Il ne prit pas bien le temps d’apprécier la situation dans un premier temps, maudissant cette jambe défaillante, honteux. Mateusz avait d’ailleurs été près à se redresser avant que son regard ne croise celui de son interlocutrice empêtrée dans la gêne et dont les joues avaient pris la couleur de son trouble. Ce n’est qu’à cet instant qu’il réalisa pleinement la situation, qu’il prit conscience de la proximité de leurs deux corps alors que leurs souffles se mêlaient de manière irrégulière et qu’il sentait celui contre le sien se soulever à chaque respiration hésitante. S’aurait été mentir éhontément que d’affirmer être insensible face à cette position, il fallait pourtant en démêler avec des sentiments contradictoires qui l’empêchaient de profiter d’une situation loin d’être déplaisante mais source d’une certaine forme d’embarras. Pourtant elle était là, confuse, et il aurait pu s'amuser de cela, se délecter du spectacle. Pourquoi n'en faisait il rien ? Par Hyne, c’était si ridicule finalement qu’il y avait manière à se moquer grassement de ce scénario et de leur manque de réactivité pour résoudre le problème. Elle n’eut pas besoin d’insister bien longtemps lorsqu’elle l’invita à se redresser, Mateusz le fit sans broncher alors qu’il eut un rictus mauvais. « Tu parles d’une première rencontre. » Depuis quand connaissait-il cette fille ? Une heure tout au plus, et ils en étaient déjà là ? Hé bien si suite était donné à cette histoire il donnait peu cher de sa peau.

S’asseyant au coin du lit avant de passer une main sur son visage, il regarda ensuite le carton dont le contenu s’était partiellement éparpillé sur le sol. Fallait-il que Georgia lui rappelle son existence à cet instant, tout avait été si cyniquement mis en scène. La voix de son interlocutrice l’interpella cependant et il se retourna légèrement pour pouvoir l’avoir à nouveau face à lui. Il détailla à nouveau son impeccable coiffure, sa bouche rose et ses grands yeux verts, troublant. Elle avait repris constance, on pouvait même dire qu’elle était à nouveau maître de chacune de ses expressions. Il avait cependant apprécié la voir sous un autre jour, la voir perdre contrôle. Proposant un marché, à savoir un échange où chacun avait à perdre – ou à gagner, selon – elle insista sur le fait que ses révélations étaient pénibles et qu’il lui faudrait sans doute passer par là lui aussi. Le SEED haussa les épaules. « Je cache certainement moins de choses que toi. » Une manière comme une autre d’annoncer qu’il acceptait le deal.


Il l’écouta, toujours au bord du lit, un genou replié vers elle, ses mains jointes. Ils étaient donc si peu nombreux à ne pas fuir devant elle ? Il n’avait certainement pas tout vu, il en était même persuadé, pour une raison ou une autre comme elle était ‘intéressée’ peut-être avait-il eu une sorte de traitement de faveur. À vrai dire il se sentait mis à l’épreuve, observé et objet d’une certaine curiosité et il n’arrivait toujours pas à savoir si cela était flatteur ou dégradant. Son regard se posa sur l’oreiller sous lequel elle avait caché son portable au moment où elle avait avoué réaliser que ce n’était pas totalement superflu, se juxtaposa malencontreusement à cela le visage si proche du sien d’Aileen qu’il tacha de chasser rapidement.

Il n’avait pas brisé le silence si bien qu’elle ne tarda pas à lui poser sa question, approchant à nouveau sa main vers lui. Cette fois encore il ne s’échappa pas de la prise, elle anticipa parfaitement sa réaction et ses doigts à nouveau se retrouvèrent en contact avec sa peau alors qu’elle lui demandait inévitablement le sujet de son trouble quant à ses cicatrices. Qu’elle pose la question l’agaça, forcément, car cela voulait dire que malgré ce qu’il intentait on découvrait plus facilement qu’il ne l’aurait voulu combien ces marques le dérangeait. Ne cherchant pas spécialement à dissimuler son mécontentement, il planta son regard dans celui de son interlocutrice. « Parce que je n’aime pas leur histoire. » Avait-il besoin d’aller plus loin, était-il tout à fait nécessaire de développer ? « Difficile de passer à autre chose quand elles sont là comme un… Rappel. » Lâcha-t-il avec une sorte de colère contenue. « Et qu’elles sont inévitablement la première chose que remarque ton interlocuteur. » Attrapant les poignets d’Aileen, il la fit lâcher prise avant de se redresser. Il avait étonnamment franc, trop franc sans doute. D’habitude il paradait, relevait le menton, affichait un air suffisant et ne réagissait certainement pas comme il venait de le faire. Pourquoi se confier à elle ? Pourquoi lui livrer une chose aussi personnelle ? Car même s’il n’avait presque rien dit à son goût il s’était déjà trop révélé. Qu’est-ce qu'elle pouvait en tirer ? Il ne voyait pas bien l’intérêt qu’elle avait à disposer de cette information, pour lui il était toujours question d’obtenir quelque chose d’intéressant en retour lors du genre de procédé auquel ils s’étaient pliés. « Tes entretient d'embauches sont toujours aussi peu conventionnel ? » Plaisanta t'il avant d'afficher une sorte de sourire. « Sept démissions en quinze jours... Tu ne m'as clairement pas tout dit. » Et il n'avait clairement encore rien vu. La mission devait être aussi dangereuse que la fille, au fond, ces bougres avaient beau être des "incapables" le score était bien trop impressionnant pour pouvoir être ignoré.

 
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MessageSujet: Re: Bang, Bang, I shot you down | Mateusz   20.12.16 0:39



Bang, Bang, I shot you down


Pire première rencontre qui soit. Sur tous les plans. Pas par rapport à Mateusz. Il était plutôt charmant dans le genre misanthrope insupportable. Mais toute cette situation était vraiment rocambolesque. Malgré ma prédisposition au drame, je voyais bien le côté excessif de la chose. Cela aurait été n’importe qui d’autre, je l’aurais congédié depuis longtemps. Alors pourquoi, est-ce que je saisissais n’importe quel prétexte pour le faire rester ? Qu’est-ce qu’il avait de si spécial ? J’étais incapable de répondre à ces questions et c’était très agaçant. En général les gens m’indifféraient. Que je ressente d’autres émotions que du dédain était suffisamment rare pour être noté.

Ce qui était encore plus dérangeant c’était surement qu’en le repoussant j’avais presque eu des regrets. Mais je préférais ne pas m’appesantir sur la question. C’était bien trop étrange. En à peine une heure, j’avais décidé d’en faire mon garde du corps et donc qu’il m’accompagne partout, je m’étais retrouvée dans une position plus que compromettante et, pire que tout au-delà du caractère gênant j’avais presque trouvé cela agréable. Il allait falloir que je prenne des distances s’il devait m’accompagner en tournée. Ce genre d’évènement favorisait la proximité et je n’aimais pas l’idée qu’il puisse déjà me sortir de mes schémas habituels. Il perturbait ma dynamique. J’aimais ça et en même temps je le détestais. Mais c’était comme observer un accident de voiture. J’avais beau savoir que les conséquences seraient désastreuses, je ne pouvais détacher mon attention de cet étrange individu. Et penser des choses aussi stupides attaquait ma bonne humeur.

Mateusz avait raison. Je cachais énormément de choses. Je jouais un rôle caché dans un autre rôle. Et pourtant je ne mentais presque jamais. Depuis le meurtre de mon père, j’étais passée maîtresse dans la dissimulation. Je savais m’esquiver, changer de sujet, dire des demi-vérités ou la tourner à mon avantage. Mais je ne mentais pas aux autres. C’était un principe.  Me mentir à moi-même ça par contre… c’était une autre affaire.

Loveless la pétillante chanteuse cachait Aileen Bliss l’insupportable diva, qui elle-même cachait Aileen Redwood. La petite orpheline au cœur déchiqueté qui voulait venger son père. J’étais chacune de ces femmes et aucune à la fois. Personne, surtout pas moi n’était de taille à recoller le puzzle de ma vie. Sans m’en rendre compte, je lui avais ouvert cette possibilité avec mon marché, mais je ne devrais en prendre conscience que bien plus tard.

Je m’étais installée en tailleur sur le lit avant de m’approcher de Mateusz en m’aidant de mes genoux. J’étais de nouveau entrée en contact avec son visage. Autant pour illustrer mon propos que mue par une impulsion. Il fallait vraiment que je soigne cette obsession des cicatrices. Il était agacé, mais c’était compréhensible. Personne n’aimait parler de ses failles. J’étais bien placée pour le savoir. Mon regard se fit plus dur à mesure qu’il parlait. Ce n’était pas par pitié, loin de là. Mais plutôt parce que quelques part, ses mots faisaient écho en moi et réveillaient de vieilles douleurs que je gardais la plupart du temps enterrées.

Alors qui me saisissait les poignets pour pouvoir s’échapper, je me laissais docilement faire pour une fois. Je m’asseyais sur le bord du lit, à la place qu’il venait de quitter et je faisais se balancer mes jambes, l’une après l’autre, pointes tendues.

« Tout le monde a des cicatrices, qu’elles soient visibles ou non. »

Je laissais peser un petit silence avant de reprendre le mantra de mon père.

« Ça veut dire que tu as été plus fort que celui… que ce qui a voulu te faire du mal. Alors quoi, si c’est la première chose qu’on remarque ? »

Allégeant l’atmosphère, je me redressais d’un coup sur mes petites jambes pour faire le tour du propriétaire tout en continuant ma conversation avec Mateusz.

« Et pour information, la première chose que j’ai remarqué chez toi c’est ton sale caractère. »

J’agrémentais ma réplique d’un petit sourire moqueur. L’interrogatoire sur le sujet était terminé mais je gardais la question de savoir qu’est-ce que ces marques lui rappelaient exactement pour plus tard. Qu’est-ce que j’avais fait de ma pomme ? Bah elle avait surement disparu dans le capharnaüm qu’était devenue ma chambre. Il me parla ensuite de mon soit disant entretien d’embauche.

« On ne me laisse pas les faire d’habitude. On se demande bien pourquoi. »

Je lui rendais son sourire, mais le mien était franc et plus mutin.

« On les a engagé pour moi, ils croyaient pouvoir me donner des ordres soit disant pour assurer ma protection alors qu’il n’était même pas capable de me suivre. Et comme je ne les avais pas engagés, je ne pouvais pas les virer... Alors j'ai pris des mesures. Et comme votre Norg a des oreilles partout, après que ma maison de Deling ait été vandalisée il m’a proposé directement les services du SEED. »

Je me dirigeais vers la table pour saisir un bretzel. Toutes ces émotions m’avaient donné faim.

« Tu as déjà tué quelqu’un ? »

La question était sortie de but en blanc, comme si j’avais demandé quelle heure il était. Après tout, le sujet n’avait jamais été tabou pendant mon enfance. J’avais très vite su ce que mon père faisait pour vivre et cela avait façonné ma vision du monde. Bien que blanche comme neige d’un pur point de vue létal, je savais que lorsque je me retrouverais devant les responsables de la mort de mon père je n’aurais pas d’état d’âme. Je ne voyais pas la nécessité de tuer mais je n’y voyais pas le mal non plus.  
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MessageSujet: Re: Bang, Bang, I shot you down | Mateusz   26.12.16 14:18



Bang, Bang, I shot you down


Il n’avait jamais été coutume de s’exposer si facilement à la première inconnue curieuse qui, motivée par d’étrange dessein, l’interrogeait sur quelque chose d’aussi privée. Voilà pourtant qu’il se livrait à Aileen avec une aisance déconcertante, en retenu, mais se pliant au jeu des révélations sans émettre la moindre protestation. Il ne l’expliquait pas, elle était là à l’observer avec ses grands yeux verts et lui avait répondu à sa question sans la moindre hésitation notable dans la voix. Mateusz ne pouvait même pas avancer qu’il était plus facile de se confier à une personne que l’on était peu certain de croiser à nouveau, ce n’était pas son genre et il était (mal)heureusement sans doute prévu que les deux soient amenés à travailler ensemble. Il le sentait, il n’avait pas fini d’en démêler avec cette fille, il était par contre incapable de savoir si c’était une affaire de destin ou s’il avait tout simplement envie de la revoir. L’un ou l’autre cependant ne présageait rien de bon.

Des cicatrices tous en avaient, mais contrairement à elle il ne s’était jamais intéressé à celle des autres. Enquiquiné par le passé de ses pairs, insensible à leurs histoires, il était agacé quand quelqu’un lui imposait un discours explicatif sur le « pourquoi du comment je suis comme ça aujourd’hui. » Il y avait quelque chose de profondément malaisant à les écouter, de terriblement impudique, il ne supportait pas les gens qui s’exposaient sans réserve. Aujourd’hui pourtant il avait l’impression de se livrer au monde à cause de ces marques qui ne pouvaient échapper à personne. Il ne voulait pas les voir autant qu’il aurait voulu qu’elles soient cachées aux autres. Ils ne savaient pas bien ce qu’Aileen cherchait à lui prouver en affirmant qu’ils avaient tous leurs blessures, c’était un fait irrévocable et il s’en moquait bien, il n’y avait rien de réconfortant dans l’idée qu’ils souffraient tous plus ou moins silencieusement et que chacun avait à en démêlé avec ses cicatrices. La suite était plus intéressante mais, malheureusement pour lui, il ne pouvait l’appliquer à son cas. Le SEED n’avait d’aucunes manières été plus fort que ses assaillant, à l’heure qu’il est il serait mort si on ne lui avait pas porté secours. Mateusz devait à tant de personnes d’être encore debout aujourd’hui, être redevable à un tiers était un sentiment épuisant et peu gratifiant. Personne n’était censé le savoir mais au final ce n'était plus un secret pour personne à la BGU, son interlocutrice lui aurait d'ailleurs peut-être ri au nez si elle avait entre ses mains les explications. L’imaginer était étrangement douloureux et il devint clair qu’il ne voulait s’épancher plus longtemps sur la question, d’ailleurs habilement elle emmenait la conversation ailleurs et il répondit à son sourire alors qu’elle affirmait que la première chose qu’elle avait remarquée, c’était son mauvais caractère. « Difficile d’y échapper. »

Il n’aimait pas vraiment qu’elle tourne autour de lui comme s’il était une espèce d’objet d’observation étrange, il lui avait sans doute trop longtemps laissé l’occasion d’être la maîtresse de cette conversation. D’ailleurs au final il n’avait rien appris, elle avait le chic de parler pour ne rien dire, une très intelligente manière de répondre sans offrir de réponse claire. Tout un art.

Elle fut plutôt franche pourtant sur la suite, lui apprenant qu’elle ne s’était jamais chargé elle-même des entretiens, lâchant que sa maison à Deling City avait été vandalisée et lui apprenant comment Norg était arrivé jusqu’à elle. Il sentait pourtant que toutes ces informations étaient superflues, qu’ils n’étaient jamais rentrés dans le vif du sujet et qu’ils n’avaient fait que tourner autour depuis le début. Ses réflexions furent balayées rapidement quand elle lui demanda sans transition s’il avait déjà tué quelqu’un. « C’est plus ou moins à cela qu’on est entraîné ici. » Répondit-il alors qu’il l’observait manger un bretzel avec un détachement si malvenu qu’on aurait pu facilement la prendre pour une sociopathe. Les gens, en général, prenaient des pincettes pour évoquer un sujet plus ou moins tabou qu’on était habituellement frileux à l’idée d’évoquer. La théorie c’était une chose, la pratique en était une autre. Lui avait un rapport à la mort pour le moins tortueux. Personne n’échappait à son destin, si la mort n’avait aucun sens, la vie n’en avait pas plus. C’était une sorte de jeu, à celui qui irait le plus loin, à celui qui réussirait à ce que son existence ait un écho dans le futur tout en ne pouvant être témoin de la suite une fois que tout serait terminé. Tuer quelqu’un c’était l’empêcher de poursuivre l’aventure, le renvoyer à la case départ, là où ils finiraient au final tous par échouer quoi qu’ils aient réussi à construire de leur vivant. Tuer quelqu’un n’avait pas plus de sens que de mettre un individu au monde, l’un et l’autre était selon lui tout aussi criminel. « Un attrait morbide pour les tueurs misanthrope où est-ce que s’est censé m’aiguiller d’une quelconque manière sur la suite de la mission ? Si on part du postulat que j’aurais le poste pour avoir eu le malheur de te défier. » Le garçon jeta un coup d’œil derrière lui, se demandant si le portable qu’elle avait dissimulé tantôt sous l’oreiller était toujours là, il ne l’avait pas vu le récupérer, mais, raisonnable, il ne se hasarda pas à vérifier. Sans doute obtiendrait-il cependant toutes les réponses désiré en déverrouillant l’engin, obtenir le code de la tempétueuse Aileen semblait plus complexe. « Même si quand on examine la situation je ne sois pas certain que ce soit la plus sage des décisions. Mais je pense que le concepts même de sagesse t'es inconnu. » Poursuivit il, songeant à ce qu'une alliance entre eux pourrait présager. Rien de bon. Certainement rien de bon. Ramassant un vêtement de Georgia qui traînait sur le lit, jeté là dans la chute, il découvrit sous ce dernier le poignard que la diva avait laissé là. Attrapant l’objet qui brilla un instant à la lueur de la lumière traversant la chambre, Mateusz observa le sinistre rappel. Cette histoire-là aussi il avait toujours su qu’elle finirait mal, son instinct le trompait rarement et pourtant il fonçait toujours droit dans le mur, à croire qu’il ne tirait jamais de leçons. « Pourquoi le poignard ? » Demanda t’il tout en pensant deviner quel genre de réponse il allait obtenir, mais curieux, pourtant, de l’entendre répondre à voix intelligible.

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MessageSujet: Re: Bang, Bang, I shot you down | Mateusz   02.01.17 22:44



Bang, Bang, I shot you down


J’appréciais décidément beaucoup trop ce garçon. C’était toujours plutôt mauvais signe. Les rares personnes qui captaient mon attention finissaient toujours par mourir, souffrir ou se révéler de parfaits monstres. Et je ne voulais le placer dans aucune de ces catégories. La prudence m’aurait recommandée de m’éloigner le plus possible de lui. De le fuir comme si ma vie en dépendait. Ou comme si sa vie en dépendait. Mais je n’avais jamais été capable d’apprendre de mes erreurs. Trop impulsive, trop détachée. Après tout j’étais peut être maudite. Ce ne serait pas si aberrant. On disait bien que les péchés des pères rejaillissaient sur leurs enfants.

Combien de personne mon père avait-il bien pu tuer dans sa carrière ? Son carnet ne comprenait que des cibles connues mais il devait bien y en avoir d’autres. S’il m’avait tout appris concernant la partie arme de son travail, il était toujours resté étonnamment silencieux sur ses cibles ou la façon dont il appréhendait le fait de prendre une vie. Comme si tout cela devenait alors trop réel. De mon côté, je n’avais jamais osé demandé. Mais tous mes tabous étaient tombés avec sa disparition. L’innocente petite fille à Papa que j’étais était morte ce jour-là. Très jeune on m’avait appris qu’il fallait parfois tuer pour survivre et que la seule vie qui comptait, c’était la mienne. Que le bien et le mal étaient des notions que l’Homme avait inventées pour se donner l’impression d’être civilisé mais qu’une fois acculé, c’était encore et toujours la loi de la jungle donc à quoi bon faire semblant ?

« On peut connaître mille façons de tuer quelqu’un, ça ne veut pas dire qu’on les a forcément mises en application. »

Quand il m’était tombé dessus tout à l’heure, si j’avais été moins… ridiculement perturbée par son corps sur le mien, j’aurai très bien pu lui planter ce fameux poignard qu’il m’avait donné dans n’importe quel organe vital. J’avais certes une force de fillette, mais il suffisait de savoir ou frapper. Viser les zones tendres, éviter les os. Pourquoi fallait-il toujours que mon esprit dérive lorsque je me sentais vulnérable ? Et ce SEED au sourire suffisant me rendait vulnérable.

C’est alors qu’il prononça cette phrase d’apparence anodine. Pour lui, ce n’était sans doute qu’un trait d’esprit, un brin de cynisme sorti tout naturellement. Mais pour moi… Je n’avais sans doute pas pu masquer la peine et la douleur que ces mots provoquaient. Bien sûr, elles avaient très vite été remplacées par une colère sourde. J’hésitais entre l’envie de lui faire ravaler ses mots à coup de griffes et celle de le jeter sur mon lit pour le réduire à ma merci d’une façon plus satisfaisante. Et c’était cette deuxième option qui m’inquiétait le plus.

Sortant de ma transe, je fermais les yeux en frottant mes tempes du bout de mes doigts. Il allait me falloir me montrer plus prudente. Je lui en avais plus révélé en… mais depuis combien de temps est-ce que je le retenais exactement ? Enfin bref, il en avait plus appris sur moi depuis notre rencontre que ce qu’avait réussi à m’arracher des journalistes chevronnés en plusieurs heures d’interview. Je ne pouvais même pas me réfugier derrière leur entrainement à la récolte d’information, c’est moi qui m’étais montrée étonnamment démonstrative avec lui.

Mais encore une fois, il me surprenait en m’arrachant un sourire en coin.

« Je suis démasquée, on dirait. Et tu auras le poste. Aucun doute la dessus.»

Oui, j’avais l’arrogance d’affirmer cela car je savais exactement comment arriver à mes fins. Kramer n’aurait d’autre choix que d’obtempérer. Que cela lui plaise ou non. J’avais beaucoup à leur rapporter et, surtout, je connaissais beaucoup de ceux dont l’argent faisait tourner cette organisation. Me défier ne lui apporterait rien de bon. Cela n’apportait jamais rien de bon à personne. J’avais la rancune tenace et éternelle.

Et voilà qu’il se penchait vers le lit maintenant. Je repoussais rapidement une pensée parasite qui avait fait jour dans mon esprit. Ça commençait à devenir inquiétant à force. Il rattrapait un vêtement échappé du carton avant de s’intéresser au poignard. Je réfléchissais un instant avant de répondre.

« Parce que c’est un bon rappel de ce qu’est la vie. Belle. Létale. Et à double tranchant. Et, comme tu l’as fait remarquer, j’ai un faible pour les jolies choses qui peuvent tuer. »

La recherche du contrôle encore. Agrémenter mes phrases d’un sourire de madone et faire oublier mon bref moment de vulnérabilité un peu plus tôt. J’aimais les roses de Trabia pour la même raison. Elles cachaient des épines aiguisées comme des lames de rasoirs tout en résistant au climat Trabien.

« Pourquoi le SEED ? Tu n’as pas vraiment le type du parfait petit soldat. »

Je m’étais toujours demandé ce qui poussait les gens à devenir mercenaire et surtout à rejoindre ce genre d’organisation. Je présumais qu’ils n’avaient pas vraiment leur mot à dire sur leurs missions et devaient respecter tout un tas de règles. Pourquoi voudrait-on s’infliger ça ?
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MessageSujet: Re: Bang, Bang, I shot you down | Mateusz   07.01.17 13:24



Bang, Bang, I shot you down


Bien sûr. Combien de SEED avaient perdu la raison sur le terrain ? C’était sans doute la une statistique que l’établissement cachait adroitement aux recrues. En gage d’avertissement nombre d’instructeurs prévenaient des ravages créés par le métier, pourtant on dissimulait à ceux qui étaient encore debout le sort des hommes et des femmes qui n’avaient pas réussi à assumer la charge qu’on mettait sur leurs épaules en devenant mercenaires. En ce sens les Gardiens faisaient un admirable travail en dévorant la plupart des souvenirs les plus dévastateurs, ils minimisaient le poids de certains actes et la charge émotionnelle qu’avait susciter certaines décisions. Nosferatu était un maître sur le sujet, quand Mateusz tentait de se remémorer ce que l’on ressentait en tuant un homme les contours des souvenirs qu’il cherchait à rappeler étaient flous, comme s’il n’avait jamais accompli l’impardonnable et pouvait continuer à vivre l’esprit illégitimement léger. Cela l’arrangeait, évidemment, de faire équipe avec ce démon qui anéantissait tout sentiment d’empathie et lui permettait d’accomplir ses missions froidement. Mais si Nosferatu lui avait bien souvent rendu service, il semblait de son propre chef avoir décidé de ne pas effacer les images de l’incident de Dollet. L’humiliation et la honte continuaient de le hanter et s’il avait demandé des comptes silencieux à son gardien en cherchant à comprendre pourquoi diable ce monstre ne lui avait pas retirer ce souvenir, il n’avait obtenu en retour qu’un silence méprisant. Mateusz en avait déduit que ce jour là, il l’avait déçu, et que pour se venger certainement l’esprit continuait de le tourmenter avec ces images et continuerait d’ailleurs à le faire.

Les yeux de la belle changèrent fugacement d’humeurs, il eut à peine le temps de le remarquer que déjà elle affichait son plus beau sourire. Il ignorait quel point sensible il venait d’atteindre mais avait de toute évidence mis le doigt sur quelque chose sans même le vouloir. Si c’était inquiétant ? Évidemment. Quelle que soit la réponse à ce trouble, il n’était pas certain de vouloir la connaitre. Cette fille là était aussi belle que profondément dérangé, elle cachait habilement sa folie mais Mateusz n’était pas dupe, elle était capable du pire, et par Hyne pourquoi trouvait-il ça terriblement attrayant ? Mal à l’aise avec ses propres affection, honteux de devoir prendre toujours plus de médicaments pour résoudre des problèmes toujours plus nombreux, pourquoi diable alors qu’il rejetait tout ce qui était fou en lui se trouvait-il attirer par quelqu’un de manifestement aussi dérangée qu’il l’était ? Ça n’avait sur papier aucun sens à ses yeux, et pourtant cette fille là avait de toute évidence toutes les cartes en main pour lui faire tourner la tête. Le simple souvenir de son corps contre le sien, de ses grands yeux verts perdus et de son souffle irrégulier suffisait à le griser. C’était affligeant.

« J’attends de voir ça. » Répondit-il à son arrogance après qu’elle ait affirmé qu’il aurait le poste. Il imaginait déjà la mine déconfite de Kramer, ses tentatives vaine de se défendre contre le choix du démon aux cheveux roux, le directeur s’engagerait dans un combat perdu d’avance. Si Aileen lui affirmait qu’il aurait le poste, il la croyait. Cela ne présageait toujours rien de bon, mais il fallait sans doute se faire à l’idée.

« Létale. » Répéta-t-il, alors que son regard se baladait sur la lame qu’il tenait entre ses doigts. Il aimait ce mot, appréciait l’avoir en bouche, la réplique qu’elle lui avait adressée était somme toute parfaite. Aussi inquiétante que le personnage qui l’avait prononcé. « Bonne réponse. » Glissa-t-il alors qu’après s’être approché tout près d’elle, il lui avait rendu ce qui devenait officiellement son bien. C’était sans doute là une très mauvaise idée, au pire si un jour elle se décidait à retourner l’arme contre lui, il profiterait un temps de l’acerbe ironie de l’instant. Frappé par une lame offerte à son ancienne fiancée par le double de cette dernière ? Avouez qu’on ne découvrait pareil scénario que dans les plus rocambolesques romans.

Elle se décida à lui soumettre une nouvelle question. On avait rien sans rien avec elle, une information contre une autre ou la balance n’était plus équilibrée. Mais Mateusz en avait décidé autrement, elle lui avait dit qu’elle aurait le poste, bien, il la croyait, devait-il s’habituer pour autant à lui donner tout ce qu’elle désirait ? « Non effectivement. » S’amusa-t-il alors qu’il retournait fourrer dans le carton deux trois affaires éparpillées dans la chambre avec négligence. Il n’avait rien du parfait petit soldat, il était plus que surprenant qu’il se soit engagé auprès de la BGU selon certain, pourtant il avait très tôt caressé l’envie de rejoindre l’un des Gardens, moins par vocation que par certitude de se placer au meilleur des endroits. Le SEED exerçait un tel pouvoir sur le monde, sous couvert qu’ils agissaient « pour le bien » et prétendument neutre, ce corps était au goût de Mateusz tout aussi criminel que l’armée Galbadienne qu’on taxait la plupart du temps de monstrueuse organisation. Mais qu’était-il eux ? Pourquoi donc serait-il prétendument les « gentils » de l’histoire ? C’est simple, il n’y avait ni mal, ni bien, cela dépassait cette éternelle opposition entre le juste et le mauvais. Ils étaient tous aussi coupables les uns que les autres, défendaient tous leurs intérêts et étaient persuadées d’œuvrer dans le bon sens, et bien autant trouver une place dans ce système en restant flexible selon le sens du vent. Et si il avait fallu répondre à Aileen, il aurait tout simplement dit qu’il voulait se faire un nom et concéder à demi-mot qu’il n’y avait rien de pire que l’oubli.

Ça pourtant il n’était certainement pas prêt à le lui révéler, pas aussi tôt, et plaçant le carton sous son bras, signale d’un départ imminent, il se retourna vers elle. « Je suis certain que tu pourras trouver la réponse à cette question sans que je ne te le serve sur un plateau en argent. » Lâcha-t-il avant de lisser du plat de la main le drap froissé par leur malencontreux rapprochement. « Madame réussira t'elle à s'en sortir si je prend conger maintenant ? » Se moqua t'il face à ces airs qu'elle se donnait, se persuadant que comme lui, elle n'appréciait jamais avouer à quelqu'un que son aide avait été la bienvenue.

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MessageSujet: Re: Bang, Bang, I shot you down | Mateusz   22.01.17 15:07



Bang, Bang, I shot you down


Il attendait de voir ça hein ? Pensait-il que je n’en serais pas capable ou au contraire attendait-il de savoir comment j’allais m’y prendre ? Difficile de savoir avec lui. Il était très difficile à déchiffrer ce qui ne rendait le jeu que plus agréable. Vous avez sans doute dû le remarquer, j’adorais jouer. En particulier quand c’était moi qui fixait les règles. Mais parfois… parfois, se laisser surprendre par un autre joueur avait du bon. Et je voyais chez ce Mateusz un adversaire digne de ce nom. C’était plutôt excitant alors il était hors de question qu’on me refile à la place un empêcheur de tourner en rond. Kramer ferait ce que je lui dirais ou je camperais dans la BGU et causerait le plus grand scandale qui soit.

Tandis qu’il était concentré sur le poignard, je profitais de l’instant pour l’observer. Il y avait quelque chose d’assez intriguant chez lui et je n’arrivais pas à déterminer quoi ce qui me perturbait plus que je ne voulais bien me l’avouer. Comme un écho étrange et assez terrifiant. Mateusz semblait satisfait de ma réponse ce qui eut le don de m’arracher un vrai sourire. Sincère pour une fois. Le voilà maintenant qui s’approchait tout prêt de moi. C’était une chose quand j’opérais ce mouvement, j’étais alors en contrôle mais en être le destinataire c’était beaucoup plus… intimidant. Mais je n’étais pas su genre à me laisser intimider. J’accueillais donc son approche un sourcil arqué et le sourire aux lèvres. Il m’offrait officiellement le poignard. Ce n’était plus un objet que j’avais plus ou moins réclamé de force, non. A cet instant il devenait un… cadeau ? Je ne me souvenais pas de la dernière fois que j’avais reçu un cadeau en tant qu’Aileen. Ou plutôt si, je ne m’en souvenais que trop bien et je préférais ne pas y penser. C’était il y a plus de dix ans après tout. Offert par un autre genre de tueur rémunéré que j’avais aimé de tout mon cœur. Mon arme, sans l’inscription, à l’époque. Ironique n’est-ce pas, que cet inconnu qu’était Mateusz m’offre à son tour un instrument de mort. Je ne lui dis pas merci, il ne fallait pas trop m’en demander mais mon regard, lui, exprimait ce que mes lèvres, si orgueilleuses, ne diraient jamais.

Dans la suite de notre jeu des mille questions, il était resté étonnamment vague. Ce n’était pas très grave de toute façon. Je pensais savoir pourquoi il était devenu SEED. J’avais côtoyé suffisamment les milieux souterrains (de loin car mon père n’aurait pas permis que je m’approche) pour savoir qu’ils recherchaient tous la même chose. Je sentais que notre rencontre fortuite touchait à sa fin tandis qu’il empaquetait les affaires d’une autre jeune femme dans son fameux carton. Je le regardais avec cet air si agaçant de la personne qui a tout compris. C’était simple en vérité. Il me ressemblait trop pour que cela passe inaperçu.

« Et si je te disais que je connaissais déjà la réponse à cette question ? »

Je n’en disais pas plus. Il voulait la reconnaissance. Que son nom perdure bien après sa propre existence. Être quelqu’un et même quelqu’un d’important. La gloire, la vraie. Celle que les artistes comme moi touchaient du doigt avant qu’elle ne disparaisse soumises aux velléités d’un public capricieux. Non, lui ce qu’il voulait ce n’était pas la célébrité mais entrer dans l’Histoire. Ce qui, malheureusement, n’arrivait presque jamais ou alors par hasard. Ma propre micro célébrité était d'abord le fruit d'une rencontre et ensuite de beaucoup de travail. J'avais pris sur moi pour me rapprocher (parfois un peu trop) des bonnes personnes sans jamais leur donner suffisamment de cartes pour qu'ils puissent asseoir leur emprise sur moi. C'était le plus difficile et j'avais ainsi raté plusieurs bonnes opportunités mais c'était sans regret. Tout ce que j'avais fait m'avais conduit à ma place aujourd'hui. La seule chose que j'avais jamais souhaité changer était le destin de mon père mais on n'y pouvait rien. Tout ce que je pouvais faire c'était le venger.

Mon regard s’assombrit tandis qu’il lissait du plat de la main le drap du lit que nous avions totalement défait. Des images de notre rapprochement embrumèrent mon esprit, envoyant comme une décharge à travers tout mon corps. Cette réaction traîtresse de mon corps me pris totalement au dépourvu. Ça ne m’arrivait jamais. Je ne me laissais pas guider par de bas instincts, j’étais en contrôle. C’était dangereux. Cet interlude, bien que délicieux, n’avait que trop duré. Il était plus que temps d'y mettre fin et Mateusz semblait être arrivé à la même conclusion.

Il se moquait de moi à présent ! Me traitant comme une sorte de duchesse douairière insupportable. Mais on pouvait être deux à jouer à ce petit jeu.

« Je pense oui, vous pouvez disposer. »

J’avais répondu de mon air le plus hautain avant de l’escorter jusqu’à la porte. Mue par une impulsion de dernière minute et aussi pour profiter de ma dernière chance de le déstabiliser, je déposais un rapide baiser sur sa joue avant de littéralement lui claquer la porte au nez.
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