AccueilAccueil  FAQFAQ  RechercherRechercher  MembresMembres  GroupesGroupes  S'enregistrerS'enregistrer  ConnexionConnexion  

Partagez | 
 

 Un mois d'août à Timber - Callista&Willys

Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Aller en bas 
(Admin) ϟ Résistante de Timber
avatar
Date d'inscription : 11/05/2016
Messages : 1263
Avatar : Brie Larson
Crédits : BALACLAVA (avatar) ultraviolences + moony. (gifs) anaelle (sign)

Âge du perso : 24 ans
Activité : Professoresse de solfège
Feuille de personnage
stat :
stat points
force
magie/aura■■■
resistance
esquive

Magies maîtrisées :
Objets:
Voir le profil de l'utilisateur http://fieldofheroes.forumactif.org/t184-willys-how-do-you-prove
MessageSujet: Un mois d'août à Timber - Callista&Willys   06.10.16 11:08



Un mois d'août à Timber


   
Le temps pour un mois d’août était plutôt exécrable. Le ciel était grisâtre, la ville plus triste que jamais. Timber s’en était accommodé, comme toujours, et on osait presque pas s’en plaindre. Après tout ici le soleil paraissait plutôt cynique et la pluie seyait bien mieux aux bâtiments et à l’humeur générale, c’était triste à dire mais c’était un fait. Du moins c’est ce que pensait Willys qui, au milieu de ce marasme, effectuait comme chaque matin sa ronde de factrice sur son vélo préféré. L’objet était vieux, un peu rouillé, mais pour rien au monde elle n’avait envie de le troquer contre quelque chose de plus moderne. Cela embêtait sa mère, habituée à remplacer tout ce qui était caduc par ce qu’on faisait de mieux sur le marché. Une manie que Kathryn ne partageait pas avec son mari, un amoureux des vieilles choses, qui laissait pourtant sa femme faire ce qu’elle jugeait être le mieux pour eux et qui n’allait jamais à l’encontre de ses désirs. Willys, avait hérité du paternel et avait une affection particulière pour les breloques qui avaient une histoire. C’était peut-être idiot à dire mais elle était bien plus émue devant quelque chose qui avait vécu, qui recelait forcément tout un tas de souvenirs merveilleux, que devant un objet tout droit sorti de l’usine et dont l’histoire elle restait à écrire. Elle aimait personnifier ces babioles, peinait d’ailleurs à jeter la moindre chose. Combien de fois enfant avait-elle débarqué dans sa chambre débarrassée de tous ses trésors par sa mère fatiguée de la voir entasser des choses jugées inutiles ? Willys avait appris malgré elle à « garder l’essentiel » et aujourd’hui sa chambre pouvait paraître aux yeux de ses très rares visiteurs bien austère tant elle manquait de personnalité.

Toujours est-il qu’il avait été hors de question de se débarrasser de ce vélo et que, craignant parfois que sa mère comme à son habitude ne s’en débarrasse à son insu, elle ne le gare jamais près de chez elle, quitte à marcher quelques mètres pour rejoindre sa maison. Si elle venait à prendre le large du jour au lendemain, elle emporterait deux choses, son véhicule à deux-roues et sa trompette, le reste aujourd’hui lui paraissait bien superflue. Oui, elle s’était souvent posé la question, car l’idée de partir sur un coup de tête ne l’avait jamais vraiment quitté à partir du jour où elle avait appris la vérité sur ses parents collaborateurs. À vrai dire Willys culpabilisait de ne pas l’avoir fait dès la première seconde où elle avait compris ce qui se tramait sous son toit, mais son premier réflexe n’avait pas été de crier ou de s’enfuir, mais bien d’aller pleurer chez Meera, la seule personne qui était à ce moment de l’histoire capable de la comprendre. Meera qui lui avait dit de rester encore un temps pour ne rien risquer. Et puis, si Willys voulait rejoindre la résistance comme elle venait de la réclamer entre deux sanglots, elle pourrait peut-être trouver des informations et empêcher certaines choses de se produire en écoutant aux portes ou fouillant dans les affaires. Une infiltrée dans sa propre famille. Combien de temps allait encore durer cette situation ?

Cela devenait insupportable. L’ambiance chez les Weiss, tous ces non-dits, l’absence totale de communication entre eux et les faux-semblants… On jouait encore à la famille parfaite alors que chacun des membres dans cette maison savait pertinemment que c’était faux. Mais c’était confortable, pour chacun d’eux, de continuer ce petit manège en ne voulant jamais affronter la vérité, en esquivant toujours les sujets fâcheux et, de concert, ils avaient finalement tous décidé de faire comme si de rien n’était. Et maintenant ? Maintenant… Ah, Willys était bien incapable de savoir ce que serait la suite. Dans toutes les hypothèses qu’elle avait pu imaginer cependant cela ne se terminait jamais bien. Leur histoire était condamnée à avoir une fin tragique, c’était terrible d’en avoir conscience et de retarder inconsciemment toujours plus loin le moment ou tout imploserait mais il ne pourrait, elle le savait, en être autrement. Cela finirait mal. Cela finirait mal. Perdue dans ses pensées, quelqu’un sembla l’interpeller et la tirer avec violence de ses rêveries, relevant la tête un peu tard, Willys aperçu la voiture au dernier moment et dans un réflexe paniqué évita le véhicule de justesse. Avec un bruit effroyable le vélo répondit à ses commandes mais quelques mètres plus loin, la factrice perdit l’équilibre et s’écroula au sol. Son cœur battait à cent à l’heure et elle ne réalisait pas vraiment encore ce qu’il venait de se passer. Elle sentait bien que son bras devait être dans un sale état mais, sous le choc, elle avait totalement perdu le contact avec la réalité. Une femme venait de la rejoindre et son premier réflexe fut en la voyant s’approcher d’elle de lui demander, naïve et paniqué. « Mon vélo ? Mon vélo, il est intact ?! »
   
© Field of Heroes

_________________

your mess
is mine

• Award du personnage miss Castrophe •
   • Award du membre en or •
   • Award du meilleur RP •
Revenir en haut Aller en bas
avatar
Date d'inscription : 29/07/2016
Messages : 205
Avatar : Natalie Dormer
Crédits : Yusuradreams/Moony

Âge du perso : 30 ans (17 janvier)
Activité : Instructrice spécialisée dans les armes à feu
Feuille de personnage
stat :
stat points
force■■
magie/aura■■■■■
resistance■■■
esquive■■■

Magies maîtrisées :
Objets:
Voir le profil de l'utilisateur http://fieldofheroes.forumactif.org/t263-callista-arriline-instr
MessageSujet: Re: Un mois d'août à Timber - Callista&Willys   08.10.16 12:22



Un mois d'août à Timber


Feat Willys


Une robe encombrante, des bijoux… Pas de doute, Callista avait bien changé de continent. Elle s'était habillée selon les consignes de ses parents mais, une fois arrivée à Gabaldia, elle n'avait pas eu le courage de se rendre directement à Dollet. Elle avait pris la fuite et s'était rendu à Timber, ce qui ne lui avait pas pris beaucoup de temps maintenant qu'elle avait de l'argent. Il faudrait bien qu'elle mette un terme à cette visite et qu'elle prenne son courage à deux mains, mais pour le moment, elle avait fait une pause dans l'une des auberges où elle avait travaillé quand elle était adolescente pendant sa fugue – l'histoire se répétait – et elle avait acheté une teinture temporaire brune. C'était l'une de ses habitudes à l'époque où sa sœur était avec elle, l'une des deux devenait châtain, brune ou rousse pour être différenciée de l'autre. Elle ne l'avait plus refait depuis quelques temps, mais elle avait besoin d'un changement radicale. Quitte à avoir l'impression d'être déguisée, autant le faire jusqu'au bout. En plus, si une fois chez leurs parents, leur père la prenait pour Nina, ça allait simplement réussir à la mettre en rogne.

Elle était désormais méconnaissable. Plus rien chez elle ne rappelait la Callista de la BGU… sauf si on regardait de plus près et qu'on voyait qu'elle avait caché un de ses pistolets sous le bas de sa robe grâce à un holster sur mesure. L'autre était dans son dos, caché par les plis du tissu et retenu par la raideur du corset qui faisait complètement tâche dans le décor de Timber. Elle serait bien plus passé inaperçue avec ses vêtements habituels, mais pour ne pas être tenté de désobéir, elle n'avait emmené aucun de ses vêtements « normaux ». Sauf qu'en plus d'être un réel déguisement à ses yeux, ça paraissait l'être aussi à ceux qu'elle croisait… à part ceux qui la connaissaient et qui savaient très bien où elle se rendrait dès qu'elle aurait repris les forces psychologiques nécessaires.

C'était l'avantage d'avoir vadrouillé pendant a fugue : elle connaissait plein de monde. « Tu es sûre de vouloir sortir comme ça ? » Lui demanda justement l'une de ses connaissances alors qu'elle s'apprêtait à prendre l'air en ville. « Tous les vêtements que j'ai emmené sont dans le même style, et si on essaie de me voler mes bijoux, au moins j'aurais une occasion de m'en débarrasser ! » Rétorqua-t-elle en posant une main sur son cou autour duquel elle avait mis un des colliers offerts par son père. La robe aussi avait été choisie par lui, le corset était inconfortable mais ce n'était pas ce qui gênait le plus Callista. La robe était longue, bien que le tissu soit léger car c'était une robe d'été. Et l'ensemble était clair et fleuri, pas du tout le style sobre de la Seed qui ne jurait que par des tenues noires ! Ça pour lui rappeler son enfance, ça la lui rappelait…

Elle sortit néanmoins, sentant Bélias qui regardait ce qui se passait car il la sentait tendue. « Je vais pouvoir revoir Nina, cela fait bien longtemps. » Commenta le gardien de Callista qui sourit pour lui mais pour elle aussi. « Oui, mais il est peu probable que tu puisses sortir. Je suis en vacances, et en plus mon père ferait une attaque en te voyant… encore que… ce soit peut-être un plan à creuser... » Bélias s'amusa lui aussi de cette idée mais il savait que Callista n'en ferait rien. Elle était trop honnête pour ça, et c'était très bien ainsi.

La jeune femme déambula dans les rues sans but, et si certains l'observèrent, personne ne lui fit de remarque. Peut-être à cause de son port de tête naturellement noble qui n'invitait pas vraiment à la moquerie, aussi ridicule que soit son accoutrement en ces lieux.

Puis, les choses s’accélèrent brusquement : une voiture arriva vite et une jeune femme en vélo en perdit l'équilibre, tombant au sol. Aussitôt, Callista s'approcha en courant pour venir à son secours et vérifier qu'elle allait bien. Mais avant qu'elle ait pu dire quoi que ce soit, la jeune femme s'inquiéta principalement pour son vélo. « Hein ? Votre vélo ? Heu… je ne sais pas... » Elle regarda l'engin mais décida que quoi qu'en dise la jeune femme, ce n'était vraiment pas la priorité. « Mais vous, comment allez vous ? Attendez, laissez-moi vous aider... » Elle lui prit les bras et l'observa. Callista n'était pas médecin, mais elle pouvait toujours utiliser un petit sort de soin basique si nécessaire. En général, on évitait d'utiliser la magie devant des civils, mais tant qu'il ne s'agissait que de petits sorts sans grande incidence, ce n'était pas considéré comme grave car beaucoup de civils avaient parfois ce don naturellement contrairement à la paramagie, plus complexe et uniquement enseignée aux Seed. « Nous devrions nous éloigner un peu plus de la route. » remarqua-t-elle, lâchant l'inconnue d'une main pour tenir sa robe qui avait une agaçante tendance à traîner par terre (alors que le sol n'était pas bien propre...). « Et récupérer votre vélo évidemment. » Puisque la jeune femme semblait tant y tenir. Même si elle savait qu'à Timber la vie était différente de celle qu'elle avait connu dans sa famille bourgeoise de Dollet, elle ne pensait pas qu'un vélo passerait avant l'instinct de survie. Comme quoi… elle pouvait encore être surprise.

© Field of Heroes

_________________
Aimer jusqu'à en mourir
Il n'est pas question d'être heureux en ce monde. On ne l'est jamais absolument, puisque le lendemain de notre existence et celles des êtres que nous chérissons (⚡) ne nous appartiennent pas


• Award du personnage le plus badass •
Revenir en haut Aller en bas
(Admin) ϟ Résistante de Timber
avatar
Date d'inscription : 11/05/2016
Messages : 1263
Avatar : Brie Larson
Crédits : BALACLAVA (avatar) ultraviolences + moony. (gifs) anaelle (sign)

Âge du perso : 24 ans
Activité : Professoresse de solfège
Feuille de personnage
stat :
stat points
force
magie/aura■■■
resistance
esquive

Magies maîtrisées :
Objets:
Voir le profil de l'utilisateur http://fieldofheroes.forumactif.org/t184-willys-how-do-you-prove
MessageSujet: Re: Un mois d'août à Timber - Callista&Willys   11.10.16 10:05



Un mois d'août à Timber


   
« Ça va, ça va, je crois… » Déboussolée, Willys ne savait plus ce qui aurait été le plus sage de mettre en première position sur l’échelle de ses inquiétudes. Son regard un peu fou s’était braqué sur la voiture qui s’en était allé en loin en klaxonnant, sur son vélo dont elle n’acceptait les dégâts puis sur la femme qui lui avait prêté secours. Elle n’osait en tous les cas pas vraiment prêté attention son bras qu’elle savait pertinemment dans un sale état, ses doigts curieux s’étaient machinalement posés sur sa manche et elle avait deviné sans peine que sa veste en jean s’était partiellement déchirée. L’inconnue se proposa alors de mesurer les dégâts à sa place, se saisissant de son bras avec délicatesse pour l’observer alors que Willys s’acheminait à regarder ailleurs. Lentement son rythme cardiaque redevenait plus ou moins normal, elle s’efforçait en tous les cas à retrouver une respiration correcte en fixant un point imaginaire l’air un peu absent jusqu’à ou ce que l’inconnue juge plus sage qu’ils quittent la route. Effectivement. Se redressant, un peu chancelante, ce n’est seulement qu’à cet instant qu’elle réalisa à qui elle avait à faire. Une femme sublime, drôlement apprêtée, presque tout droit sortie d’un conte d’enfants, elle aurait sans mal répondue à toutes les attentes d’une petite fille qui aurait souhaité voir se matérialiser devant ses yeux sa princesse préférée. L’espace d’un instant, Willys crut même que le choc avait été si rude qu’elle était victime d’hallucination.

Elle n’avait en tous les cas pas manqué de redresser son vélo défaillant en se relevant et mesurait maintenant avec horreur combien le choc lui avait été fatal. La vieille breloque avait moins encaissé le coup qu’elle de toute évidence et il serait inutilisable pour la fin de sa ronde, les roues étaient tordues et dégonflés, le guidon dévié, elle sentit les larmes lui monter aux yeux sans trop savoir si c’était à cause de la peur, du choc ou de l’état de son vélo. Un mélange de tout ça, très certainement. « Merde. » Bredouilla t’elle alors que les deux femmes maintenant se retrouvaient loin de la route et qu’elle put poser l’antiquité contre le mur d’une maison avoisinante. Sa main valide libérée, elle essuya d’un geste brusque les larmes accrochés à ses cils qui menaçaient de couler sur ses joues et renifla avec force. « Merde, merde, merde… » Répéta t’elle en fixant l’objet comme si elle eut le pouvoir de remonter dans le temps rien qu’en l’observant. Ce qui était stupide, mais quand prise au dépourvue Willys n’arrivait à rien, elle agissait souvent dans ce sens. Stupéfaite, elle ne bougeait plus et attendait souvent que les autres arrangent les choses pour elle, elle avait toujours manqué d’initiatives. Se rappelant soudainement qu’une inconnue se trouvait à ses côtés, elle secoua la tête et l’observa avec des yeux ronds, comme surprise de la voir toujours là. Dieu que cette femme était jolie, que pouvait elle bien faire à Timber ? Car de toute évidence, elle ne venait pas d’ici. « Pardon, je devrais pas jurer comme ça c’est juste que… Je… Je l’aime bien ce vélo, ça me… » S’arrêtant à temps pour étouffer un sanglot et reprendre ses esprits, Willys souffla un bon coup et pu assez rapidement se reprendre en main. Affichant un visage moins affecté, neutre, presque froid, elle décrocha du vélo sa petite besace ou elle entassait les lettres à distribuer. Par chance, cette rue était la dernière dont elle aurait dû s’occuper. « Merci de m’avoir aidé en tout cas, vraiment, tout le monde fait pas ça ici. » Elle considérait bon de le préciser car cette femme ne pouvait être du coin. Elle aurait parié qu’elle était de Deling et se demandait bien pourquoi diable trainait elle dans les rues de la maudite Timber dans cette tenue ? Curiosité mal placée Willys, c’était un défaut tout à elle, elle aimait en savoir plus qu’elle ne le devrait mais regrettait souvent d’avoir céder à ce vice. « Ils pourront faire quelque chose, pas vrai, pour le vélo ? Aoutch ! » S’exclama-t-elle alors que par inadvertance la lanière de la besace qu’elle passait autour de son cou érafla la blessure superficielle qu’elle s’était faite au bras. Elle avait oublié ce détail, pressée de passer à autre chose qu’elle était.
   
© Field of Heroes

_________________

your mess
is mine

• Award du personnage miss Castrophe •
   • Award du membre en or •
   • Award du meilleur RP •


Dernière édition par Willys D. Weiss le 11.10.16 16:15, édité 1 fois
Revenir en haut Aller en bas
avatar
Date d'inscription : 29/07/2016
Messages : 205
Avatar : Natalie Dormer
Crédits : Yusuradreams/Moony

Âge du perso : 30 ans (17 janvier)
Activité : Instructrice spécialisée dans les armes à feu
Feuille de personnage
stat :
stat points
force■■
magie/aura■■■■■
resistance■■■
esquive■■■

Magies maîtrisées :
Objets:
Voir le profil de l'utilisateur http://fieldofheroes.forumactif.org/t263-callista-arriline-instr
MessageSujet: Re: Un mois d'août à Timber - Callista&Willys   11.10.16 13:32



Un mois d'août à Timber


Feat Willys


Honnêtement ? Callista n'avait pas l'impression que la jeune femme aille bien. Mais elle préféra ne pas insister car elles avaient plus urgent à gérer, comme s'éloigner de la route par exemple. Cela avait l'air simple dit comme ça, mais il fallait récupérer le vélo, et Calli' n'était pas forcément d'une grande aide avec sa robe longue qui l'empêchait de bouger correctement. Elle s'empêcha de pousser des soupirs frustrés pour ne pas augmenter le stress de sa compagne du moment.

Pendant que celle-ci jurait, l'instructrice chez les Seed continuait d'évaluer la situation. La jeune femme ne souffrait d'aucune blessure grave, en revanche le choc semblait avoir été important au niveau psychologique. Quant au vélo, visiblement si important pour elle, il avait pas mal souffert et il n'était pas certain qu'il soit réparable. Callista dressait mentalement toute cette liste avec un certain détachement et une certaine froideur. Elle avait croisé les mains devant elle, attendant que la jeune femme s'adresse de nouveau à elle. Hors de question de la laisser seule dans cet état. Qui plus est, sa seule présence suffisait à repousser les curieux. En revanche, elle sentit bien que quelques passants avaient sauté à des conclusions erronés : ils pensaient qu'elle était la cause des larmes de la demoiselle. Ils n'auraient pas pensé ça si elle avait été habillée plus sobrement. Mais dans tous les endroits où on trouve la misère, on pense – souvent à raison – que c'est le riche qui est la cause de tous les maux. Pas cette fois-ci. En tout cas, ce n'était pas elle. Et si on s'en tenait à son métier, elle ne gagnait pas des millions. Sauf qu'elle était aussi l'héritière de ce cher monsieur Arriline, tellement riche et influent qu'il n'avait presque pas souffert de l'invasion de Gabaldia (sa fortune un peu plus, et encore!). Enfin… pour ce dernier point, elle n'allait pas s'en plaindre, au moins sa sœur avait été en sécurité durant toute cette période.

« Il n'y a pas de quoi. Cela me semble une attitude normale. » Elle continuait à regarder le vélo, se demandait si… Mais le fil de ses pensées fut interrompu par la question de la jeune femme et surtout par son cri de douleur. Elle s'était si vite évadée de sa prise tout à l'heure qu'elle n'avait même pas eu le temps de la soigner ! Il faut dire que ce vélo semblait prendre toute la place. « Attendez s'il vous plaît, je peux m'occuper de votre bras. » D'autorité, elle le prit d'une main et mit l'autre au-dessus, elle n'avait pas le droit d'utiliser ses sorts de soin puissants pour soigner un accident de ce genre. Néanmoins, vu le peu de gravité de la blessure, elle se contenta d'un « soin » tout simple qui améliora nettement l'aspect du bras de sa protégée du moment.

« Ce sera mieux ainsi. » Conclut-elle avant d'en revenir au vélo. « Vous êtes occupée là, tout de suite ? Parce que je pense pouvoir faire quelque chose pour votre vélo, mais il faudrait aller à l'auberge où je séjourne. » Et peut-être aussi, tant qu'à faire, téléphoner avant pour vérifier que ses anciens collègues auraient le temps pour une mission sauvetage de ce genre. Quoique… vélo réparable ou non, la jeune femme était dans un état de nerf qu'un verre ne lui ferait pas de mal de toute façon.

© Field of Heroes

_________________
Aimer jusqu'à en mourir
Il n'est pas question d'être heureux en ce monde. On ne l'est jamais absolument, puisque le lendemain de notre existence et celles des êtres que nous chérissons (⚡) ne nous appartiennent pas


• Award du personnage le plus badass •
Revenir en haut Aller en bas
(Admin) ϟ Résistante de Timber
avatar
Date d'inscription : 11/05/2016
Messages : 1263
Avatar : Brie Larson
Crédits : BALACLAVA (avatar) ultraviolences + moony. (gifs) anaelle (sign)

Âge du perso : 24 ans
Activité : Professoresse de solfège
Feuille de personnage
stat :
stat points
force
magie/aura■■■
resistance
esquive

Magies maîtrisées :
Objets:
Voir le profil de l'utilisateur http://fieldofheroes.forumactif.org/t184-willys-how-do-you-prove
MessageSujet: Re: Un mois d'août à Timber - Callista&Willys   11.10.16 16:36



Un mois d'août à Timber


   
Passer à autre chose au plus vite, nier l’évidence, ne pas regarder la vérité en face. Tout cela, Willys en avait fait sa spécialité depuis bien longtemps. Aussi n’avait-elle aucune envie de revenir sur l’incident, aucune envie de s’appesantir sur le sujet, le désir de passer à autre chose dominait le tout. Elle tremblait encore un peu, son regard était fuyant et elle paraissait hagarde mais lentement elle reprenait le contrôle, s’efforçant d’effacer les images de "l’accident" de sa mémoire. Ce n’était pas grand-chose, pas de quoi en faire toute une histoire, pas vrai ? Elle était là, debout, en un morceau et tout allait pour le mieux. On avait évité la catastrophe, point.

L’inconnue disait avoir eu une attitude normale, cependant ici on évitait de s’attirer des ennuis et parfois on osait tendre la main à une personne dans le besoin, craignant que ça ne nous retombe dessus. En réalité c’était ses parents qui, dès son plus jeune âge, lui avaient ordonné de se tenir à l’écart des "problèmes". Il existait bien à Timber ces personnes qui traçaient leurs routes sans jamais se soucier des autres, mais certains individus eux s’entraidaient plus que jamais et se moquaient bien des conséquences. Il avait fallu un temps à Willys pour prendre conscience de cela, que le monde était différent de celui que lui avaient dépeint ses parents soupçonneux, des années, à vrai dire, avant qu’elle ne se débarrasse de sa propre méfiance envers les autres. Fut un temps chaque inconnu était un ennemi, quand elle était enfant sa mère tachait de le lui rappeler toujours, Willys ne t’avise pas de parler à quelqu’un que tu ne connais pas, alors évidemment difficile de tisser des liens quand on prenait cette recommandation au pied de la lettre… Si on rencontrait un "problème" on fuyait, sa mère attrapait sa main et pressait le pas en relevant le menton, faisant mine de ne pas avoir vu, de ne pas avoir entendu. Aujourd’hui donc, Willys continuait de croire que la plupart des personnes n’étaient pas prédisposées à aider les autres alors qu’en réalité, comme l’avait dit la jeune femme plus tôt, c’était elle qui avait eu une attitude normale.

Poliment d’ailleurs cette dernière l’informa qu’elle pouvait l’aider avec son bras et Willys le lui tendit naïvement. De ses doigts jaillirent de la douceur à l’état pur et la factrice se sentit instantanément mieux. Elle se rappelait très bien de cette sensation si particulière, Selena avait usé du même sort pour réparer sa cheville foulée lorsque, maladroite, elle avait dégringolé des marches de la gare de Balamb. Se pouvait-il que la femme qui lui faisait face fasse partie elle aussi du SEED ? Attrapant son poignet initialement blessé, elle le fit bouger sans peine et constatât que sa blessure sur son bras s’était refermée. Pendant ce temps, l’inconnue s’était penchée sur son vélo et lui affirmait pouvoir faire quelque chose, le sourire de Willys s’élargit alors qu’elle poussait un soupir de soulagement « Oh, je vous suis, son sort est entre vos mains alors ! J’ai terminé ma tournée je rentrais chez moi donc je suis tout à vous si vous avez une solution. Merci, je ne sais vraiment pas comment vous remercier entre ça et… » Ne terminant pas sa phrase mais désignant son bras, elle hocha la tête profondément reconnaissante. « Je… Comme vous voulez, vraiment, si je peux vous rendre la pareille d’une manière ou d’une autre. » Attrapant le vélo abîmé pour le faire plus ou moins rouler, elle releva la tête vers sa mystérieuse sauveuse en la laissant prendre les devants. Il était toujours un peu délicat d’entamer une discussion avec quelqu’un qu’on ne connaissait pas mais Willys ayant une sainte horreur du silence trouvait toujours quelque chose pour briser la glace. « Qu'est ce qui vous amène à Timber ? Si ce n’est pas trop indiscret. » Précisa-t-elle tout de même, sachant que tout le monde n’était pas prédisposé à répondre à ce genre de questions personnelles. Le mot "séjour" l'avait interpellé à vrai dire, il était rare qu'on décide de rester de son plein gré dans cette ville. Pour elle les jeux étaient fait et Willys voulait se persuader qu’il s’agissait d’une mercenaire en mission d’infiltration, quelque chose de ce genre, cela donnait du piquant à l’affaire et justifiait la tenue de la femme et le fait qu’elle use de la magie. Elle était prête en tout cas à ne pas trop la questionner sur l'affaire et à ne pas commenter le fait qu'elle y ait eu recours.
   
© Field of Heroes

_________________

your mess
is mine

• Award du personnage miss Castrophe •
   • Award du membre en or •
   • Award du meilleur RP •
Revenir en haut Aller en bas
avatar
Date d'inscription : 29/07/2016
Messages : 205
Avatar : Natalie Dormer
Crédits : Yusuradreams/Moony

Âge du perso : 30 ans (17 janvier)
Activité : Instructrice spécialisée dans les armes à feu
Feuille de personnage
stat :
stat points
force■■
magie/aura■■■■■
resistance■■■
esquive■■■

Magies maîtrisées :
Objets:
Voir le profil de l'utilisateur http://fieldofheroes.forumactif.org/t263-callista-arriline-instr
MessageSujet: Re: Un mois d'août à Timber - Callista&Willys   12.10.16 17:53



Un mois d'août à Timber


Feat Willys


« Ne vous inquiétez pas pour moi. » Répondit Callista  la proposition de la jeune femme de lui rendre la pareille. Bien que peu sociable par nature, l'instructrice était en revanche sincèrement altruiste et humaniste. Même dans une ville comme Timber, elle cherchait ce qu'il y avait de bon. Et quand on cherchait, figurez-vous qu'en général, on trouvait. C'était tout petit, infime, presque invisible… et pourtant, c'était bel et bien là.

Tandis qu'elle sortait de son minuscule sac son téléphone portable, elle leva le nez de son répertoire pour répondre à la question qui lui était posé et qui était assez logique vu comme elle ne se fondait pas dans le paysage… en fait, elle se demandait où ce genre de robe pouvait passer à part dans les réceptions de son père. Enfin… ce n'était que le temps de son séjour, une fois rentrée à la BGU, elle reprendrait ses habitudes vestimentaires.

« Je suis venue rendre visite à des connaissances avant d'aller dans ma famille à Dollet. En temps normal, je travaille à Balamb et j'ai peu l'occasion de voyager alors c'était l'occasion. » Expliqua-t-elle en retournant à son téléphone. Le fait qu'elle soit Seed n'était pas un secret en soit, mais ça n'avait aucun intérêt pour la conversation puisqu'elle était en vacances. Et en plus, elle ne faisait plus vraiment parti du service actif… la preuve, depuis qu'elle était instructrice, on ne l'avait pas envoyé en mission. Cela aurait pu, mais quand ce n'était pas nécessaire, les instructeurs restaient dans les écoles pour dispenser leur savoir. Vu que ses parents voulaient qu'elle reste dans des endroits sûrs, ce n'était pas plus mal… Elle se demandait comment ils prendraient son détour par Timber. Pouvait-elle encore dire qu'elle s'était perdue à trente ans ? Elle en doutait… même son père n'était pas assez idiot pour croire une chose pareille.

« Je dois les appeler d'ailleurs pour qu'ils se préparent à travailler sur votre vélo. » Elle avait enfin trouvé le numéro de sa vieille connaissance, tenancier d'auberge (ou de bordel, selon le point de vue et l'heure) dont le père l'avait autrefois embauché pour servir des bières quand elle était encore mineur. C'était un de ces nombreux hommes biens qui n'avait pas essayé de profiter de la situation des jumelles et qui les avait en quelque sorte protégé d'elles-mêmes, car elles étaient encore naïves lors de leur premier séjour à Timber. Cela avait une sorte de choc des cultures. Mais ça leur avait fait du bien en ce que ça n'avait fait que renforcer leur envie de devenir des personnes utiles (et elles s'étaient mise dans la tête qu'elles le seraient en étant Seed, vous connaissez la suite!).

« Salut, c'est moi » … « Non, non, on ne me les a pas volé. Mais j'ai besoin d'un coup de main, tu pourrais demander à tes potes d'aller me chercher des pièces de rechange pour un vélo. Je ne suis pas une spécialiste alors qu'ils ratissent large. » … « Tu as tout compris. T'inquiète, tu peux mettre ça sur la note de mon père, il pensera que je me suis achetée une nouvelle robe ou quelque chose du genre… » … « Dans tes rêves peut-être. En tout cas, dis-leur qu'ils se dépêchent, j'arrive avec la bécane à réparer. Ah, et sors-moi une bonne bouteille, je n'ai pas envie de boire la piquette que tu sers à tes ivrognes. » … « C'est ça. A tout de suite. » Elle raccrocha. Heureusement que les téléphones passaient… Quand on voyait l'état de la ville, on pouvait parfois se poser des questions légitimes sur le sujet.

Se tournant vers sa protégée, elle lui adressa un petit sourire, assez discret – Calli' était plutôt du genre beauté froide -. « Tout est réglé, il faut juste que nous parvenions à le traîner jusqu'à l'auberge. Pensez-vous pouvoir le pousser ? Car j'ai bien peur d'avoir du mal à le faire avec ma robe. » Cette stupide et encombrante robe… et ce n'était même pas la pire de sa valise ! Elle avait gardé le meilleur pour parader chez son père – et sa mère – comme le bel objet qu'elle se devait d'être (le plus temporairement possible). Combien de « visites » inopinées de ses amis son père avait-il prévu pendant son séjour ? Ah… Heureusement qu'elle aurait toujours ses armes pour se défendre au cas où l'un d'entre eux prendraient des libertés histoire d'avoir de l'avance sur ses concurrents !

« Au fait, je m'appelle Callista, Callista Arriline. Puis-je connaître votre nom ? » Willys connaissait peut-être sa famille, les entreprises Arriline étant assez réputées, mais vu qu'elles étaient à Timber, peut-être pas non plus. C'était plutôt à Delhing que son père avait des clients et des relations… Calli' nota mentalement qu'elle était en train de se dédoubler elle-même à force de naviguer entre l'attitude qui allait avec sa robe et celle qu'elle avait plus habituellement et qu'elle avait eu au téléphone. Elle décida qu'une fois à l'auberge, robe ou pas, elle allait essayer de se détendre… quand bien même porter un corset fut en soit une source de stress pour les femmes comme Callista.

© Field of Heroes

_________________
Aimer jusqu'à en mourir
Il n'est pas question d'être heureux en ce monde. On ne l'est jamais absolument, puisque le lendemain de notre existence et celles des êtres que nous chérissons (⚡) ne nous appartiennent pas


• Award du personnage le plus badass •
Revenir en haut Aller en bas
(Admin) ϟ Résistante de Timber
avatar
Date d'inscription : 11/05/2016
Messages : 1263
Avatar : Brie Larson
Crédits : BALACLAVA (avatar) ultraviolences + moony. (gifs) anaelle (sign)

Âge du perso : 24 ans
Activité : Professoresse de solfège
Feuille de personnage
stat :
stat points
force
magie/aura■■■
resistance
esquive

Magies maîtrisées :
Objets:
Voir le profil de l'utilisateur http://fieldofheroes.forumactif.org/t184-willys-how-do-you-prove
MessageSujet: Re: Un mois d'août à Timber - Callista&Willys   15.10.16 12:00



Un mois d'août à Timber


   
Balamb, bien. A priori son hypothèse se tenait, sa mystérieuse sauveuse pouvait très bien faire partie des rangs du SEED. Willys n’allait pas pour autant fouiller dans cette direction et se satisfaisait des informations que son interlocutrice lui avait livrées, elle était peut-être curieuse mais pas fouineuse, le reste de l’histoire elle prendrait soin de le fantasmer selon les idées qu’elle se faisait sur la belle brune. Elle s’était pourtant trompée sur sa destination, Dollet et non pas Deling City la grande et luxueuse capitale de Galabadia. Une ville qu’avait un temps porté Willys dans son cœur mais aujourd’hui, quand bien même elle continuait d’exercer une certaine fascination chez elle, elle ne l’observait plus avec le même regard. Ses parents voulaient y déménager, depuis combien de temps aujourd’hui entendait-elle régulièrement qu’un jour ils poseraient bagage dans la capitale ? Finalement, c’est Hazel qui réaliserait leur rêve avant eux, en Décembre elle serait mariée avec son lieutenant, ils avaient acheté un appartement et s’y installeraient le même mois. Bref, son interlocutrice elle s’en allait à Dollet, une ville qu’elle n’avait pour sa part jamais visité. C’était regrettable, il était plutôt facile de s’y rendre de Timber mais elle n’avait jamais eu l’impulsion nécessaire pour décider d’y aller de son propre chef. Comment se pouvait-il qu’en vingt-trois ans elle n’y ait jamais mis les pieds ? Ses parents ne jurant que par la capitale, ses vacances elle les avait toujours passées à Deling City, bien que cela ne justifie pas vraiment qu’elle n’ait jamais eu la curiosité de voir du paysage…

Elle se posait tout de même une question mais elle était plutôt délicate à formuler. Dollet avait été envahis par Galbadia le mois dernier, d’après ses lectures une partie des troupes s’étaient depuis retiré mais l’armée de Vinzer Deling continuait d’occuper le territoire. Comment les habitants vivaient ils la situation ? Finirait-il par se passer à Dollet la même chose qu’ici, à Timber ? Le monde semblait au bord de l’implosion et il était étrange qu’on continue malgré tout de suivre nos petites habitudes en l’observant passivement prendre feu. Quand elle pensait qu’elle, le mois prochain, ferait partie de ceux qui alimenteraient un peu plus ce grand incendie elle avait le vertige. Fermant un instant les yeux pour chasser toutes ces pensées alors que son interlocutrice passait un coup de fil, Willys pressa son pouce et son index contre ses paupières closes en grimaçant, une grande habitude quand elle voulait se délivrer de pensées encombrantes ou remettre de l’ordre dans son esprit. Elle dut alors relever la tête pour s’assurer que la femme qu’elle entendait parler était bien la même à qui elle avait eu à faire plus tôt. Bien moins courtoise, bien moins maniéré, sa sauveuse s’était radicalement transformée sous ses yeux. Un peu hébétée, Willyss l’observa un instant de façon un peu interdite avant de détourner le regard, prenant conscience qu’elle n’avait peut-être pas à écouter l’échange. Jouant machinalement avec le guidon dévié de son vélo, elle ne put pour autant s’empêcher de garder une oreille attentive sur la conversation. Pas de doutes cette femme la savait jouer la comédie et s’adapter en fonction de son interlocuteur. Finalement, sa sauveuse se retourna à nouveau vers elle et lui adressa un sourire à peine perceptible avant de reprendre la parole. Ce qui ne manqua évidemment pas de la frapper fut qu’elle avait adopté à nouveau ce ton extrêmement poli et mesuré, ce qui était assez déroutant après l’avoir entendu parler à l’aubergiste. « Oh oui, pas de soucis ça ne posera pas de problème. » Assurera Willys alors qu’elle poussait l’engin qui, s'il grinçait de manière effroyable, arrivait tout de même à rouler péniblement.

Alors que leur curieux duo s'engageait sur la route vers l’auberge, son interlocutrice se présenta. Callista Arriline. Le nom lui était familier mais impossible de se souvenir ou elle avait bien pu l’entendre, le fait est qu’il devait être important. « Willys, enchanté Callista. » Se présenta t’elle en retour en adressant un sourire franc à son interlocutrice. Depuis un moment maintenant elle dissimulait son nom qui lui faisait honte. Bien sûr il y avait peu de chance que Callista connaisse les Weiss et encore moins qu’elle sache qu’ils étaient des collaborateurs, n’empêche que Willys ne voulait plus être associé à cela. « Willys la factrice maladroite. » Ajouta t’elle comme si cela pouvait faire office de nom d’un ton un brin désespéré par son propre cas. Poursuivant quelques mètres en silence, elle finit comme à sa grande habitude par le briser. « Dites-moi, où en est la situation à Dollet ? Parce qu’ici, comment dire… On n’entendra pas forcément la vraie version des faits. » Elle n’osait ajouter que Vinzer Deling contrôlait la presse et qu’il était donc compliqué à Timber de se renseigner de manière correcte, elle devait de toute manière le savoir. Elle doutait que Callista soit pro-régime du tyran mais elle avait tout de même appris à se taire à temps quand elle l’évoquait. « Je me demande jusqu’où ils vont aller. Enfin, je ne suis pas pressé de la savoir c'est juste que... Je sais pas, tout ça, ça me surpasse pour être franche. Ça me surpasse et ça me fait peur aussi. » Avoua t'elle alors que ses yeux étaient rivés au sol, ses sourcils un peu froncé, perdue dans ses propres réflexions.
   
© Field of Heroes

_________________

your mess
is mine

• Award du personnage miss Castrophe •
   • Award du membre en or •
   • Award du meilleur RP •
Revenir en haut Aller en bas
avatar
Date d'inscription : 29/07/2016
Messages : 205
Avatar : Natalie Dormer
Crédits : Yusuradreams/Moony

Âge du perso : 30 ans (17 janvier)
Activité : Instructrice spécialisée dans les armes à feu
Feuille de personnage
stat :
stat points
force■■
magie/aura■■■■■
resistance■■■
esquive■■■

Magies maîtrisées :
Objets:
Voir le profil de l'utilisateur http://fieldofheroes.forumactif.org/t263-callista-arriline-instr
MessageSujet: Re: Un mois d'août à Timber - Callista&Willys   16.10.16 16:25



Un mois d'août à Timber


Feat Willys


« Enchantée de même Willys. » L'avantage pour Willys dans le fait qu'elle n'ait pas donné son nom de famille était que cela empêchait à la très procédurière Callista de l'appeler « mademoiselle ». En effet, comme cela était visible depuis son coup de fil, l'instructrice était parfaitement capable de parler familièrement. Toutefois, elle ne le faisait presque jamais avec des personnes qu'elle connaissait peu ou pas, car, peu à l'aise dans les relations sociales, elle se cachait systématiquement derrière sa bonne éducation lorsqu'elle faisait de nouvelles rencontres. Nina, sa sœur jumelle, était bien plus à l'aise qu'elle et pouvait babiller pendant des heures sur tout et rien avec de parfait inconnus. Calli' lui avait toujours envié cette facilité, elle qui devait se faire violence pour obtenir le même résultat.

Cette politesse forcée ne l'empêchait tout de même pas de tenir une conversation, surtout quand elle n'avait pas à en lancer les sujets. Ce qui tombait bien était que Willys paraissait parfaitement capable de remplir les vides. Elle fit une remarque sur sa maladresse à laquelle Callista répndit par un sourire indulgent et un peu plus prononcé que précédemment : « Il arrive à tout un chacun d'être maladroit. » Même si chez les Seed c'était déconseillé car cela pouvait entraîner une mort douloureuse, ou, comme pour Nina, un handicap à vie. Callista ne pouvait pas s'empêcher de se dire qu'elles n'avaient pas été assez prudentes ce jour-là… et c'était peut-être à cause de ces reflux de culpabilité qu'elle avait du mal à se rendre à Dollet. Elle n'avait presque pas vu sa sœur depuis que celle-ci vivait chez leurs parents. Et puis il y avait eu le conflit dans lequel les Seed n'étaient pas intervenus, encore moins les instructeurs, ce qui n'avait pas toujours favorisé les communications… Sa sœur lui manquait, et pourtant, la voir aveugle – elle qui avait été un des sniper les plus doués de leur catégorie d'âge – était un véritable crève cœur pour Callista.

Et justement, Willys lui posa une question à propos de Dollet tandis qu'elles se dirigeaient vers l'auberge. Il y avait un peu de trajet et le vélo était actuellement plus un boulet qu'autre chose, mais la conversation paraissait faire défiler les kilomètres plus vite. Surtout que Calli' avait beau y repenser, elle n'avait pas énormément d'éléments sur la situation à Dollet. Son père ayant fait jouer sa fortune, elle avait l'impression que ça ne les concernait presque pas. En même temps, c'était aussi bien qu'ils n'aient pas eu à se défendre chez elle car même aveugle Nina restait la seule capable de se battre, cela en disait long sur les capacités de la famille Arriline… quoique la preuve en était que faire des affaires pouvait sauver de tout. Et cette idée rendit amère Callista, elle qui n'avait rêvé que de justice depuis qu'elle avait 15 ans… elle en était réduite à se réjouir que son père ait été capable de protéger leur famille ainsi. Mais tous les autres à Dollet ? Est-ce que cela allait devenir un deuxième Timber ? Son regard se perdit sur les façades mal entretenues des rues qu'elle parcourait avec Willys. Elle espérait que non…

« Je n'en suis pas certaine… ma famille est très aisée… mon père a en quelque sorte acheté l'ennemi en échange de la tranquillité. Mais d'après les informations que me donne ma sœur, même ailleurs dans la région, c'est plutôt le statu quo. Tout le monde reste sur ses gardes, mais comme les attaques ont cessé, le quotidien a plus ou moins repris ses droits. » Elle fronça les sourcils, c'était toujours difficile d'évoquer son père, et encore plus son comportement. Mais elle n'était pas du genre langue de bois non plus, de toute manière, elle ne vivait plus chez lui depuis presque seize années, on ne lui avait pas demandé son avis et qu'elle ne cautionne pas complètement ne rendait pas la réalité plus reluisante.

« Il ne faut pas avoir peur, il y a toujours eu des puissants malfaisants, mais il y a toujours eu aussi des gens pour se dresser contre eux. Pour le moment le tableau est encore trop flou… et vivant à Balamb, je ne saurais vous aider à y voir plus clair. On ne nous dit pas tout non plus. » Kramer n'était pas un tyran, mais on ne pouvait pas dire qu'il partageait beaucoup d'informations, ou du moins pas avec Callista. Ce qui n'était pas anormal puisqu'elle n'allait plus sur le terrain. Et elle devait avouer qu'elle s'intéressait assez peu aux détails, cherchant plutôt à dégager le tableau d'ensemble pour réussir à survoler la situation. L'ambition était toujours guidée par quelque chose… sauf qu'elle n'avait encore eu ni le temps ni l'envie de découvrir quoi. Sa vie personnelle était en quelque sorte trop prenante depuis qu'elle avait quitté le service actif.

« Nous sommes arrivées. » Dit-elle quelques minutes plus tard en désignant la porte d'une auberge plus que modeste dont l'enseigne paraissait branlante – mais elle n'était jamais tombée sur personne, promis -. « J'espère que vous n'avez rien contre ce genre d'endroit, mes amis sont un peu rustres, mais dans le fond, ils sont gentils. » Elle ajouta mentalement qu'ils l'étaient avec elle, car elle était loin de cautionner leur comportement avec les femmes incapables de leur tordre le bras au premier geste déplacé… Mais malheureusement, le loi de la jungle de Timber s'appliquait aussi à l'inégalité des sexes. Ce n'était pas pour rien que l'ancien propriétaire avait jugé bon de protéger les deux jumelles débarquées de Dollet et qui n'y connaissait rien à rien…

© Field of Heroes

_________________
Aimer jusqu'à en mourir
Il n'est pas question d'être heureux en ce monde. On ne l'est jamais absolument, puisque le lendemain de notre existence et celles des êtres que nous chérissons (⚡) ne nous appartiennent pas


• Award du personnage le plus badass •
Revenir en haut Aller en bas
(Admin) ϟ Résistante de Timber
avatar
Date d'inscription : 11/05/2016
Messages : 1263
Avatar : Brie Larson
Crédits : BALACLAVA (avatar) ultraviolences + moony. (gifs) anaelle (sign)

Âge du perso : 24 ans
Activité : Professoresse de solfège
Feuille de personnage
stat :
stat points
force
magie/aura■■■
resistance
esquive

Magies maîtrisées :
Objets:
Voir le profil de l'utilisateur http://fieldofheroes.forumactif.org/t184-willys-how-do-you-prove
MessageSujet: Re: Un mois d'août à Timber - Callista&Willys   17.10.16 19:08



Un mois d'août à Timber


   
« Oui, oui c’est sûr… Enfin je ne sais pas si beaucoup atteignent le niveau "a failli de provoquer un accident" mais… Non pas que ça m’arrive beaucoup, non, en réalité c’est une des premières fois. » Raclant sa gorge d’un air embêté et fronçant légèrement les sourcils, Willys se trouvait effectivement dans l’incapacité d’affirmer que ça ne lui était jamais arrivé auparavant. Enfant, elle avait manqué de se faire percuter par une voiture alors qu’elle s’amusait à tenir en équilibre sur un trottoir de Deling City, le souvenir de la réprimande de sa mère lui inspirait encore toujours autant de honte aujourd’hui, depuis lors la jeune fille avait toujours été (trop) prudente, ce qui n’empêchait pas les catastrophes d’advenir pour autant. Willys n’en revenait toujours pas d’ailleurs, comment avait-elle pu manquer à ce point de vigilance ? Ce n’était pas dans ses habitudes ni dans son tempérament de se perdre si loin dans ses pensées qu’elle en oubliait d’être attentive. Elle d’accoutumer si alerte, c’était inconcevable d’avoir manqué de peu l’accident. Elle l’avait évité, certes, mais cela restait inquiétant il fallait qu’elle se ressaisisse. Machinalement elle refit bouger son poignet, comme pour s’assurer qu’il n’était pas foulé, bien soigné, mais le sort de Callista avait définitivement fait effet.

Dollet était dorénavant au centre de la conversation. Willys fut alors surprise que son interlocutrice lui avoue sans détour que son père avait sans doute réussis à s’en sortir en achetant l’ennemi. Elle avait dit cela d’un ton si détaché, ne soutenant pas pour autant la chose mais il était surprenant qu’elle le lui confit à ce stade de la conversation. Elle ne s’imaginait pas pouvoir parler de son propre paternel de la sorte tant elle avait honte de ses actions, était-ce cependant la bonne attitude à adopter ? Pour l’heure sans doute avait-elle tenté de se convaincre. Il y aurait une heure pour tout. « Je vois… » Bredouilla-t-elle quand Callista eut terminé, consultant rapidement son visage visiblement peiné d’évoquer tout cela. Du moins elle l’interpréta ainsi, son interlocutrice était du genre insondable. Cette dernière repris d’ailleurs en affirmant qu’il ne fallait pas avoir peur, une leçon difficile à mettre en pratique pour la grande anxieuse qu’était Willys. « Non, clairement on ne nous dit pas tout. » Répéta-t-elle tout de suite avant de reprendre à son tour. « Pour le moment c’est certain les choses fonctionnent, enfin fonctionnent… Disons que je me demande juste pour combien de temps. Je veux dire, oui, bien sûr, il y a les puissances malfaisantes comme vous dites et ceux qui se hissent contre mais… Si un jour il n’y avait plus assez de personnes pour se battre ou que… Je ne sais pas, on ne devrait pas parler de ça lors d’une première conversation, pas vrai ? C’est loin d’être un sujet que je maîtrise en plus, seulement je m’interroge, on va dire ça comme ça. » Finit elle en grimaçant, grattant l’ongle de son index contre son pouce comme elle en avait l’habitude lorsqu’elle était embarrassée ou contrariée. C’était bien la gêne qui l’emportant dans le cas présent, heureusement l’auberge de Callista se dressait déjà devant elles et son interlocutrice s’assura qu’elle n’avait rien contre ce genre d’établissement. « Oh non, non non… Enfin, je veux dire, non… Croyez-moi on m’a traîné dans des endroits pires que celui-ci. »

L’auberge qui lui faisait face paraissait insalubre. Comme le tripot dans lequel on l’avait entraîné il y a quelques mois et qu’elle avait plus ou moins évoqué dans sa dernière phrase, il était proche des quartiers mal famés. Elle se rappelait non sans frissonner du jour ou Lucian Morgenstern l’avait conduit tout droit dans l’antre d’un type à la réputation douteuse qui les avait, lui et elle, sortit d’un sacré pétrin en les aidant avec un soldat Galabadien "malencontreusement" assommé par le SOLDAT. Un souvenir qu’elle avait pris le soin d’enterrer et qu’elle n’avait aucune envie d’évoquer avec qui que ce soit. Elle n’était pas tranquille, clairement pas dans son élément, mais elle ne voulait surtout pas que son interlocutrice s’en rende compte, elle aimait toujours laisser croire aux autres qu’elle était plus solide qu’on ne le pensait. « Enfin n’allez pas croire que je fréquente ce genre de quartier fréquemment non plus. » Ajouta-t-elle avant de perdre toute ses couleurs, réalisant ce qu’elle venait de dire. « Enfin je ne juge pas, non non, c’est juste… Comment dire… Je… Enfin non clairement je n’ai pas pour habitude de venir ici, mais je connais et… Merde. » Conclut-elle désespéré par sa prise de parole. Secouant la tête elle prit une longue respiration avant de reprendre. « Désolé, ce n’est pas ce que je voulais dire. Mais je ne doute pas une seconde que les personnes derrière cette porte soient gentilles, d’ailleurs la preuve ils ont accepté sans broncher de m’aider avec ce vieux tas de ferraille, rien que ça… J’ai la preuve que se sont des gens bons. » Conclut-elle en souriant un peu piteusement. « Je vous laisse passer devant avant que je ne dise d'autres bêtises... »
   
© Field of Heroes

_________________

your mess
is mine

• Award du personnage miss Castrophe •
   • Award du membre en or •
   • Award du meilleur RP •
Revenir en haut Aller en bas
avatar
Date d'inscription : 29/07/2016
Messages : 205
Avatar : Natalie Dormer
Crédits : Yusuradreams/Moony

Âge du perso : 30 ans (17 janvier)
Activité : Instructrice spécialisée dans les armes à feu
Feuille de personnage
stat :
stat points
force■■
magie/aura■■■■■
resistance■■■
esquive■■■

Magies maîtrisées :
Objets:
Voir le profil de l'utilisateur http://fieldofheroes.forumactif.org/t263-callista-arriline-instr
MessageSujet: Re: Un mois d'août à Timber - Callista&Willys   18.10.16 12:22



Un mois d'août à Timber


Feat Willys


« Vous n'êtes pas seule en tord, vous savez. La voiture aurait pu prendre la peine de s'arrêter pour vérifier comment vous alliez. » Elle ne put cacher son agacement, sa main secouant sa robe dans un geste presque rageur. Voilà plusieurs jours qu'elle ne s'était pas entraînée au tir ou à quoi que ce soit d'autre, et sa nature combative avait tendance à refaire surface. Elle était assez glaciale d'apparence, mais en réalité, elle pouvait éclater à tout moment. Un peu comme quand, à quatorze ans, après avoir supporté pendant des années la pression de son père ainsi que ses gestes violents, elle lui avait envoyé dans la figure le premier objet lourd qui lui était tombé sous la main. Elle était l'exemple parfait du « ne vous fiez pas aux apparences ».

Le sujet dériva sur Dollet et cela n'améliora pas beaucoup son humeur, même si c'était pour des raisons différentes. Aucun rapport avec son père pour le coup car elle avait des sentiments ambigus sur la question : elle n'aimait pas l'idée qu'il ait frayé avec l'ennemi mais elle n'aurait pas voulu que sa mère et sa sœur soient en danger non plus.

« Nous pouvons parler de ce qu'il vous plaira, mais je pense que vous êtes encore un peu choquée par l'accident de tout à l'heure. » Elle resta un instant silencieuse. Elle se souvenait avoir eu les mêmes craintes. Mais elle était beaucoup plus jeune que Willys à l'époque. Elle s'était arrêtée dans une auberge un peu avant d'arriver au cœur de Timber. Là, Nina et elle avaient croisé deux Seeds qui racontaient leur dernière mission (pas une mission secrète du coup) avec un indéniable don pour la narration. Callista avait été fascinée… Voyant leur regard d'adolescentes émerveillées, les deux Seed avaient discuté avec elle, et Nina avait fait part de ses craintes sur les injustices de ce monde – que les deux filles vivaient de plein fouet par la simple nature de leur naissance et de leur sexe -, et Calli' se souvenait très bien des paroles que les deux hommes avaient eu. Sans penser réellement à ce qu'elle était en train de faire, elle les répéta à Willys : « Si vous avez peur de l'avenir, prenez les armes par vous même. » Mais elle avait dit ses paroles dans un souffle, comme perdu dans un autre monde. Ce qui n'était pas complètement faux. Elle revint à la réalité, secoua légèrement la tête, faisant voleter au passage quelques longues mèches brunes, et elle sourit : « Désolée, c'est ce qu'on m'a dit un jour où j'avais des craintes similaires aux vôtres. Mais ce n'est peut-être pas approprié à tous les cas. » Dans le sien, ça l'avait poussé à se rendre à la BGU – plus loin de leur père que Gabaldia Garden – et à devenir Seed. Tout ça pour finalement revenir dans le giron paternel treize ans plus tard… Quelle ironie… mais Calli' ne cesserait jamais de se battre ! Jamais !

Willys s'empêtra dans des explications que l'instructrice eut du mal à suivre lorsqu'elles arrivèrent à l'auberge. Tout ce qu'en comprit l'actuelle brunette, c'était que sa camarade du moment pensait que les réparations seraient gracieusement faites par les amis de Calli'. C'était en partie vrai dans le sens où Willys n'aurait pas à payer, mais ce n'était pas gratuit, c'était seulement que Callista allait payer pour elle – ou pour être tout à fait exacte, son père allait payer -.

« Tout va bien se passer. » Dit simplement Calli' car elle ne voyait pas vraiment quoi dire d'autre à la jeune femme pour l'aider à juguler sa panique chronique. Ce n'était peut-être pas que l'effet de l'accident, elle était peut-être vraiment d'un naturel anxieux. La flegmatique Seed comprenait mal ce genre de caractère, mais elle n'était pas sans savoir que cela existait – certains collègues l'étaient -. Elle passa devant et fut accueilli par son ami, Samwell, celui qu'elle avait eu au téléphone.

« Alors princesse, tu fais dans l'adoption de chaton blessé maintenant ? » Puis, l'homme d'une trentaine d'année posa son regard sur Willys et sourit, sans concupiscence mais avec amusement. « Joli chaton en plus de ça. » Calli' enleva le bandeau brodé qui retenait ses cheveux et le posa sur le bar. Machinalement, elle secoua sa chevelure et soupira : il fallait de toute urgence qu'elle enlève aussi son collier. Faisant se suivre l'acte après la pensée, elle se débarrassa du bijou. « Bas les pattes chat de gouttière. Et je t'ai déjà dit de ne pas m'appeler princesse. Willys est mon invitée. Tu es prié de nous servir à boire et de t'occuper de son vélo. » Samwell mit les mains en avant comme pour dire qu'il allait être sage. « Tout doux Calli', les pièces ne sont pas encore arrivées mais je vais aller voir où ils en sont. Pour ce qui est de boire, je t'ai sorti mes meilleurs bouteilles, mais je ne peux pas être au four et au moulin. Sers-toi. » Puis, il jeta une nouvel œillade sympathique à Willys. « Mademoiselle, si vous permettez, je vais vous emprunter votre vélo pour le réparer avant que la princesse ne m'envoie valser à travers la pièce d'un coup de pied dans mon charmant postérieur. » Calli' émit un petit rire amusé et le laissa se diriger vers le vélo tandis qu'elle fouillait dans les bouteilles. Elle ne se releva qu'après avoir sorti un peu de choix de l'endroit où Samwell rangeait ce qu'il ne servait pas aux clients ordinaires. Mais Callista n'était pas ordinaire.

« Willys ? Que voulez-vous boire ? Moi je vais prendre du vin, je n'aime pas beaucoup la bière. On a peut-être quelque chose de non-alcoolisé ici, mais je n'en suis pas sûre. » Et comme Samwell était parti assez vite pour éviter toute représailles face à ses taquineries, elle ne pouvait pas le lui demander.

© Field of Heroes

_________________
Aimer jusqu'à en mourir
Il n'est pas question d'être heureux en ce monde. On ne l'est jamais absolument, puisque le lendemain de notre existence et celles des êtres que nous chérissons (⚡) ne nous appartiennent pas


• Award du personnage le plus badass •
Revenir en haut Aller en bas
(Admin) ϟ Résistante de Timber
avatar
Date d'inscription : 11/05/2016
Messages : 1263
Avatar : Brie Larson
Crédits : BALACLAVA (avatar) ultraviolences + moony. (gifs) anaelle (sign)

Âge du perso : 24 ans
Activité : Professoresse de solfège
Feuille de personnage
stat :
stat points
force
magie/aura■■■
resistance
esquive

Magies maîtrisées :
Objets:
Voir le profil de l'utilisateur http://fieldofheroes.forumactif.org/t184-willys-how-do-you-prove
MessageSujet: Re: Un mois d'août à Timber - Callista&Willys   20.10.16 22:13



Un mois d'août à Timber


   
« C’est vrai. » Oui, la voiture aurait pu s’arrêter. Elle n’avait même pas pris le temps de s’insurger, elle qui pourtant ne s’en privait jamais. Le choc ? Peut-être, elle l’avait presque oublié au final. Le véhicule, le conducteur… Elle jeta un inutile regard derrière son épaule, comme pour vérifier qu’il avait bel et bien disparu sans s’inquiéter de son état mais rien, personne. Willys déglutit avec difficulté alors qu’elle se reconcentrait sur la route, son regard se posa alors sur les mains de son interlocutrice qui lissait nerveusement le revers de son élégante robe avant d’observer son visage. Willys ne put s’empêche d’esquisser une espèce sourire, son vélo continuait de grincer de manière effroyable, elle devait hausser un peu le ton pour se faire entendre. « Cet abruti se sera sans doute rendu compte que je n’avais rien quand je me suis relevé et il n’a pas jugé nécessaire de s’arrêter. Ce qui ne l’excuse en rien, clairement. J’ai eu de la chance de tomber sur vous. » Conclut-elle d’une voix franche et reconnaissante.

Dollet, la guerre, les envies de conquêtes de Vinzer… Rien de tout ça n’était franchement agréable à aborder, pourtant souvent Willys avait besoin de mettre des mots, souvent maladroits, sur ces sujets jugés délicats. Elle n’avait pas le vocabulaire adéquat pour en parler, rarement les connaissances nécessaires, mais à voix hautes elle distillait toutes ses pensées à ses interlocuteurs, tentant de mettre de l’ordre dans son esprit en désordre. Elle s’était réveillée avec une multitude de questions et des envies de réponses, voulait comprendre et espérant toujours en apprendre plus en conversant avec les autres. Faire exploser le silence, les non-dits. Il était peut-être, voir certainement, mal venue et étrange de parler de tout cela à une inconnue qui venait de vous sauver la vie, pourtant elle sentait que son interlocutrice ne la jugerait pas. C’est vrai, elle semblait froide au premier abord, mais Willys la trouvait surtout attentive et particulièrement bienveillante. Elles étaient rares, les personnes qui l’écoutaient sans broncher, qui avait la patience de prêter une oreille attentive à son charabia sans faire le moindre commentaire.

Callista pensait qu’elle était sans doute encore un peu sous le choc, Willys aurait voulu le contester mais ses mains tremblaient toujours et le ton de sa voix trahissait sa nervosité. Il aurait été inutile de nier les faits. Perdue dans ses pensées, son interlocutrice murmura alors une phrase que la factrice avait déjà entendue. Et pour cause, c’est Meera qui l’avait prononcé le jour ou, en larmes, Willys s’était rendue chez elle en découvrant la vérité sur ses parents. Peut-être pas avec les mêmes mots mais l’idée était là et elle trouvait la coïncidence assez extraordinaire. « Ah non ne vous excusez pas, au contraire, c’est assez amusant que vous me disiez ça. Enfin amusant, je veux dire… En tout cas ce n’était absolument pas déplacé, et très approprié. » Déclara-t-elle avant de baisser à nouveau les yeux sur son vélo malheureux. Prendre les armes. C’est ce qu’elle avait fait, n’est-ce pas ? S’engager dans la résistance, refuser le régime totalitaire de Vinzer Deling, commencer à avoir une opinion et ne pas laisser les autres décider pour elle. Et pourtant… Willys fronça les sourcils, secouant vivement la tête alors qu’un vilain mal de crâne commençait à l’assaillir. Elle voulait que ses tourments lui fichent la paix, Callista avait parler d’une bonne bouteille, elle serait sûrement la bienvenue.


Après que sa sauveuse lui ait assuré que tout se passerait bien, elles passèrent le cadre de la porte sans plus discuter. Complétement ailleurs, Willys baladait son regard dans la taverne jusqu’au moment où elle croisa le regard du propriétaire des lieux. Chaton ? C’était d’elle qu’on parlait ? Avant même qu’elle n’ait pu intervenir, Callista remettait l’homme en place qui, amusé, s’approcha de la factrice pour récupérer son vélo. Étrangement réticente à l’idée de se séparer de son précieux bien, elle finit par confier le tas de ferraille au tenancier non sans faire une précision. « Au fait, chaton ? Franchement ? Non non, trouvez-moi le nom d’une autre bestiole, mais pas chaton ça ne me va pas. » Assura t’elle en secouant son index. La séduction ? Willys ne connaissait pas. Elle n’entrait jamais dans le jeu des hommes mais ne baissait pas non plus les yeux quand on la "complimentait". Non, elle leur répondait plutôt de manière un peu abrupte, sans jamais trop réfléchir, et cela surprenait la plupart du temps une gente masculine prise au dépourvue. Ses répliques étaient souvent terriblement naïves dans le fond et on pouvait se demander si elle avait réellement compris de quoi il en retournait. C’était une attitude en tous les cas qui décourageait un peu les hommes, amusés, mais pas séduit. Callista l’interpella alors et Willys se tourna vers la jolie brune qui avait détaché ses cheveux et l’attendait près du comptoir. Du vin ? Pourquoi pas. « Je prendrais comme vous, c’est très bien. » Annonça t’elle en rejoignant la jeune femme. « Au fait… » Commença-t-elle alors qu’elle s’asseyait. « Je vous ai entendu dire au téléphone quelque chose comme ‘met le sur ma note’ mais je veux régler les frais. Sincèrement, j’insiste. Vous avez déjà fait beaucoup et… Et ça m’embarrasse vraiment, je payerais. » Conclut-elle en attrapant le verre que Callista venait de lui servir avant de le lever vers le ciel. « A votre précieuse aide ! Vraiment, vous êtes quoi en fait, une sorte d’ange gardien ? » S’amusa-t-elle avant de boire une gorgée de la liqueur. Remettant ses cheveux en arrière, elle pinça ses lèvres avant d’observer encore une fois le visage fascinant de son interlocutrice. Une princesse tombée du ciel oui, définitivement, cette version ne l’aurait même pas étonné. Une princesse d’ailleurs qui ne s’exprimait pas toujours de manière courtoise, et ça lui plaisait encore plus. « C’est amusant, la manière dont vous vous adressez à… Votre ami ? » Supposa-t-elle alors qu’elle faisait tourner le verre entre ses doigts. « Ma famille est aussi… Comment dire… Très à cheval sur les bonnes manières. Petite je devais faire attention à ma façon de m’exprimer, de me tenir… Alors quand ils sont dans les parages j’essaye de faire des efforts mais c’est jamais bien convainquant. Ma sœur s’en sort bien elle par contre… » Ajouta t’elle d’un ton évasif alors qu’elle buvait une autre gorgée avant de ne s'imposer mentalement d’aller moins vite. « Excusez moi c'est sans doute franchement maladroit, la manière dont je m'exprime, je veux dire, c'est juste... J'adore le contraste entre... Vous et tout ça à vrai dire. » Annonça t'elle en regardant autour d'elle. « Sincèrement je trouve ça génial en fait. »
   
© Field of Heroes

_________________

your mess
is mine

• Award du personnage miss Castrophe •
   • Award du membre en or •
   • Award du meilleur RP •
Revenir en haut Aller en bas
avatar
Date d'inscription : 29/07/2016
Messages : 205
Avatar : Natalie Dormer
Crédits : Yusuradreams/Moony

Âge du perso : 30 ans (17 janvier)
Activité : Instructrice spécialisée dans les armes à feu
Feuille de personnage
stat :
stat points
force■■
magie/aura■■■■■
resistance■■■
esquive■■■

Magies maîtrisées :
Objets:
Voir le profil de l'utilisateur http://fieldofheroes.forumactif.org/t263-callista-arriline-instr
MessageSujet: Re: Un mois d'août à Timber - Callista&Willys   21.10.16 16:32



Un mois d'août à Timber


Feat Willys


Il était probable que Willys eut raison, ça ne rendait pas la chose plus acceptable aux yeux de Callista qui considérait que ce genre de comportement était indigne. Toutefois, elle préféra ne pas s'y étendre plus avant. Quoi que les deux femmes en pensent, elles n'allaient pas ré-écrire ce qui s'était passé, et Willys avait effectivement eu de la chance, Callista était plus compatissante que la moyenne des passants. En plus, elle n'avait pas vraiment autre chose à faire. Si elle était venue à Timber, c'était surtout parce qu'elle n'avait pas réussi à se rendre directement à Dollet. Elle ne craignait pas réellement son père, en revanche, une partie d'elle avait peur de revoir sa sœur… Elle était sûrement redevenue une jeune fille de bonne famille, à ceci près qu'elle avait un fusil sous son lit et qu'elle savait aussi faire apparaître des flammes à volonté (et même plus) grâce à sa magie. Bon, elle ne le faisait pas parce que c'était interdit pour les anciens Seeds, mais en cas de grave danger… C'était rassurant de se dire qu'elle n'était pas complètement démunie. Ah, et aussi, maintenant elle était aveugle, ce qui n'était pas vraiment ce qu'on attendait d'une femme à marier. En l'occurrence, du point de vue de Callista, c'était plutôt une bonne chose, quand bien même cela la mette, elle, dans une position inconfortable. Car c'était surtout Callista que son père essayait de marier, sauf que ce n'était pas si simple, elle n'était pas femme à laisser un homme décider pour elle !

« Tant mieux si cela fait écho en vous. Je me souviens qu'à l'époque, cela m'avait beaucoup aidé. » devenir Seed avait donné un sens à sa vie, cela lui avait permis de sortir du cocon pas si confortable que ça dans lequel elle avait grandi. Elle avait vu la misère en face, la mort aussi. Elle avait été blessée, certaines cicatrices étaient là pour le prouver, mais pour elle cela n'altérait en rien sa beauté, car elle ne souhaitait pas être jugée sur son physique, uniquement sur ses capacités. C'était pour cela qu'en général elle s'habillait de manière simple et discrète. Elle s'attachait aussi les cheveux en arrière pour dégager son visage. Rien à voir avec l'apparence qu'elle avait en ces vacances qui n'en étaient pas vraiment tant elles l'épuisaient psychologiquement. Heureusement, Samwell était du genre à savoir la détendre. Elle le connaissait depuis sa fugue et il savait la faire rire à leurs dépends à tous les deux.

Il partit d'ailleurs dans un grand éclat de dire quand Willys lui demanda de trouver autre chose qu'un chaton. Mais il n'avait rien répondu car il devait partir rejoindre ses amis pour réparer le vélo. Pendant ce temps-là, Callista se chargeait de la boisson, parfaitement à son aise. Elle n'avait pas été serveuse longtemps ici, mais elle y était parfois revenue pendant ses congés pour voir comment ses bienfaiteurs allaient et pour leur montrer comment Nina et elle avaient progressé. Elle se sentait plus chez elle ici qu'à Dollet. Malgré toutes ses bonnes manières, elle ne serait jamais à l'aise dans le luxe qu'aimaient tant les Arriline.

« Va pour du vin alors. » Elle vérifia la propreté des verres et les servit. Elle goûta la première : sans être excellent, il n'était effectivement pas mauvais. On était loin de la piquette qu'il avait voulu lui servir la veille. « Oh, non, ne vous inquiétez donc pas. En fait, ma note est réglée par mon père et il n'a aucune notion de la valeur des choses. Il pensera juste que la chambre ici est plus chère qu'elle ne l'est ou que je me suis achetée quelque chose. Vraiment, il ne faut pas que ça vous soucis, pour une fois que son argent peut être utile. » Elle soupira, passant un doigt dans son corset. Que ces robes étaient inconfortables ! Et puis, elle avait trop de poitrine pour porter ce genre de machins !

Elle laissa Willys porter un toast et lui sourit en levant son verre elle aussi. Elle la laissa poursuivre tandis qu'elle remarquait le contraste qu'il y avait entre sa tenue et l'endroit, de même qu'entre les manières qu'elle pouvait avoir avec elle et celles qu'elle avait avec Samwell. En même temps, il ne manquerait plus qu'elle fasse des ronds de jambe à son vieil ami ! Il se moquerait d'elle jusqu'à la fin des temps !

« En fait, je ne suis pas exactement un ange gardien, mais je suis une des héritières des Arriline, une grande famille bourgeoise de Dollet qui fait beaucoup de commerce, et comme avec ma sœur jumelle nous rêvions d'autre chose, nous sommes partis pendant notre adolescence, nous avons rencontré Samwell et plein d'autres personnes… ensuite nous sommes devenus Seed. » Elle fit signe à Willys de ne pas bouger, mais aussi en quelque sorte de ne pas s'effrayer, elle passa la main dans son dos et elle sortit le petit pistolet qu'elle y cachait. Elle le posa sur le bar en souriant. « Maintenant ma sœur est retournée à la vie civile à Dollet et moi je suis instructrice à la BGU. Vous parliez de votre sœur, la mienne aussi est plus douée que moi. Si je pouvais je resterai sans cesse dans des ambiances comme celle-ci à jouer les redresseurs de tord. Mais je ne peux pas me le permettre… Ma sœur, mes élèves... beaucoup de monde compte sur moi. » Elle désigna la porte par laquelle Samwell était sorti. « Ici tout le monde sait qui je suis, quand je travaillais comme serveuse l'année de mes quatorze ans, je les bassinais sans cesse en leur disant que je deviendrai Seed. Et eux, ça les faisait beaucoup rire. Je suis leur princesse, vous comprenez ? Mais maintenant, je pourrais vraiment envoyer Samwell à travers la pièce si l'envie m'en prenez. Sauf que c'est mon ami évidemment, encore heureux pour lui. » Callista parlait rarement autant quand elle était à la BGU, mais le lieu était propice, ainsi que le fait que Willys lui soit inconnue. C'était parfois plus facile de parler avec des gens qui ne vous connaissaient pas. Ils portaient moins de jugement parce qu'ils avaient moins d'attente.

« Au fait, je n'ai pas compris, c'est quoi le problème avec les chatons ? » Oui, ça n'avait rien à voir, mais à force de laisser ses pensées vagabonder, elle en était revenue au point de départ. On notera toutefois qu'elle parlait de manière plus détendue, le vin et l'ambiance aidant.

© Field of Heroes

_________________
Aimer jusqu'à en mourir
Il n'est pas question d'être heureux en ce monde. On ne l'est jamais absolument, puisque le lendemain de notre existence et celles des êtres que nous chérissons (⚡) ne nous appartiennent pas


• Award du personnage le plus badass •
Revenir en haut Aller en bas
(Admin) ϟ Résistante de Timber
avatar
Date d'inscription : 11/05/2016
Messages : 1263
Avatar : Brie Larson
Crédits : BALACLAVA (avatar) ultraviolences + moony. (gifs) anaelle (sign)

Âge du perso : 24 ans
Activité : Professoresse de solfège
Feuille de personnage
stat :
stat points
force
magie/aura■■■
resistance
esquive

Magies maîtrisées :
Objets:
Voir le profil de l'utilisateur http://fieldofheroes.forumactif.org/t184-willys-how-do-you-prove
MessageSujet: Re: Un mois d'août à Timber - Callista&Willys   22.10.16 18:35



Un mois d'août à Timber


   
Le vin ? Willys n’était définitivement pas une connaisseuse. Dans son esprit il s’agissait de « la boisson des adultes » et il était, toujours d’après elle, impossible de l’apprécier avant d’avoir atteint un certain âge. Pendant longtemps elle avait rechigné à en boire, et quand enfin elle avait goutté à la fameuse liqueur elle avait été honteusement déçue. Elle ne savait pas bien à quoi elle s’attendait, sûrement à quelque chose de sensationnel, un breuvage révolutionnaire qui aurait fait sensation dans son palais. En vérité elle n’avait pas aimé ça, du tout même, alors bêtement elle avait jugé ne pas être encore prête. Avec le temps elle avait fini par s’y faire, sans foncièrement apprécier la chose elle restait tolérable et elle gardait au fond l’espoir qu’un jour elle découvre ce que tant d’autres aimaient dans le vin. Pour l’heure, cela restait un mystère. Elle fit tournoyer celui que lui avait servi Callista au fond de son verre, comme si ce dernier allait ainsi lui révéler tout ce qu’il lui cachait, comme tous les autres il n’était pas détestable mais loin d’être aussi merveilleux que ce qu’on semblait lui avoir vendu depuis toujours.

Il aidait en tout cas à délier les langues. L’ambiance ici était légère, le lieu, un peu lugubre mais néanmoins chaleureux, participait aussi à ce qu’elle se détende, sans oublier évidemment le fait que son interlocutrice avait réussi à la mettre tout à fait à l’aise. Cette dernière insista d’ailleurs pour régler la note, ou plutôt laisser son père s’en charger et ne semblait d’ailleurs pas décider à lâcher le morceau sur ce point. Ne sachant trop quoi répondre Willys avait hoché la tête d’un air un peu embêtée, cherchant déjà comment remercier son interlocutrice qui prenait si bien soin d’elle. Ce n’était pas une question de « dette » ou quoi que ce soit de ce genre, seulement elle aimait pouvoir rendre autant qu’on lui donnait, en quelque sorte… Elle sentait bien que Callista ne réfléchissait pas à ce genre de chose, elle la sentait profondément honnête et sincère et c’était très beau d’ailleurs. Elle, ne connaissait pas grand monde qui donnait autant sans rien attendre en retour, Zael, bien sûr, faisait partie de ces personnes profondément généreuses et altruistes, mais dans son entourage restreint peu étaient de la même trempe. Elle-même ne disposait pas vraiment de ces jolies qualités, elle n’était pas vilaine mais clairement pas désintéressée, elle se surprenait parfois à attendre quelque chose des autres en retour à ses bons et loyaux services et n’appréciait d’ailleurs pas particulièrement ce trait de sa personnalité. Gaïa l’avait encouragé pourtant à ne pas être généreuse, à ne donner qu’au personne qui le méritait, à apprendre à s’écouter avant de s’occuper des autres… Aujourd’hui elle jetait un peu cet enseignement par la fenêtre et voulait s’en détacher, autant que de l’éducation de ses parents d’ailleurs dont elle mesurait seulement depuis peu l’absurdité. Pendant des années les personnes autour d’elles l’avaient façonné à leur constance, il était peut-être grand temps aujourd’hui qu’elle arrive à être elle-même et qu’elle arrêter d’écouter ceux dont elle cherchait la continuelle approbation.


Pourquoi remuer autant de pensée sombre aujourd’hui ? Sans plus réfléchir elle porta son verre à ses lèvres, fronçant un peu les sourcils en avalant difficilement cette troisième gorgée de vin. Callista tachait de répondre à ses réflexions et Willys l’écouta attentivement, fascinée par sa verve, sa manière de lui expliquer les choses. Coite devant les aventures que lui décrivait son interlocutrice, la factrice buvait ses paroles les yeux ronds alors qu’un timide sourire étirait ses lèvres. Légèrement ahuris quand Callista tira de sa robe un petit pistolet, elle fixa l’arme sans oser trop s’en approcher. Elle était surprise, mais peut-être un peu moins qu’elle ne l’aurait été il y a quelques mois. Après tout pas mal d’évènement avait bouleversé son quotidien dernièrement, elle qui n’avait jamais vraiment été confrontée au SEED était aujourd’hui ‘proche’ de certains d’entre eux. Elle avait vu et entendu des choses, vécu aussi des aventures bien différentes de ce qu’elle avait connu jusqu’alors. L’arme à feu que Callista avait flanqué sous ses yeux ne lui rappelait d’ailleurs pas des événements bien joyeux. Des événements qu’elle avait encore tachés de repousser au loin et auquel elle refusait de songer aujourd’hui. Une image fugace, elle, tirant sur un homme lui revint en mémoire avant qu’elle ne la chasse en buvant un peu trop vite dans son verre. « C'est fou... Vous avez dû voir tellement de choses. Quatorze ans ? C'est fou... » Murmura t’elle en relevant ses sourcils. « Vous avez beaucoup de courage, enfin, je ne sais pas comment vous vous appelleriez ça mais pour moi ça reste du courage. Je veux dire, envoyer valser le confort et partir comme ça à l’aventure, vous et votre sœur, pour moi qui n’ai jamais vraiment bougé d’ici ça me parait complètement… Waw. » Continua t’elle en faisant un grand geste des mains pour appuyer son propos. « Et puis vous avez réalisé votre rêve, vous leur avez prouvé des choses, prouvé que vous pouviez y arriver. Je trouve ça beau. » Chassant au plus vite les pensées qui voulaient l’assaillir, qui voulait la forcer à faire un parallèle avec sa propre vie et lui montrer combien elle était misérable face à cela, Willys fut hautement rassurée que la conversation s’en aille sur un sentier plus… Inattendue, quand Callista la questionna sur le problème avec les chantons. « Oh, aucun ! » S’amusa-t-elle alors qu’un rire lui échappait. « C’est juste… Comment dire… Je n’ai pas vraiment l’air d’un chaton. » Grimaçant, toujours souriante, Willys secoua la tête avant de poursuivre. « C’est bête, disons que… Attention ça va peut-être partir très loin… » Prévint elle en levant sa main. « Je crois qu’on a tous une sorte d’animal spirituelle. Je ne sais pas, il y a des personnes très faciles à raccorder à un animal je trouve, d’autre un peu moins mais… Pour l’heure je m’interroge sur le mien. Mais clairement ce ne serait pas un chat. Je les aime pourtant hein, n’allez pas croire ! Seulement… Je ne sais pas… Un chat ? » Répéta t’elle en retroussant son nez avant de rire à nouveau. « Non. Je trouve ça bizarre qu’on m’associe à eux. C’est pas une idée qui me rend tranquille. » Conclut-elle avant de regarder son interlocutrice. « C’est pas trop bizarre j’espère ? »
   
© Field of Heroes

_________________

your mess
is mine

• Award du personnage miss Castrophe •
   • Award du membre en or •
   • Award du meilleur RP •
Revenir en haut Aller en bas
avatar
Date d'inscription : 29/07/2016
Messages : 205
Avatar : Natalie Dormer
Crédits : Yusuradreams/Moony

Âge du perso : 30 ans (17 janvier)
Activité : Instructrice spécialisée dans les armes à feu
Feuille de personnage
stat :
stat points
force■■
magie/aura■■■■■
resistance■■■
esquive■■■

Magies maîtrisées :
Objets:
Voir le profil de l'utilisateur http://fieldofheroes.forumactif.org/t263-callista-arriline-instr
MessageSujet: Re: Un mois d'août à Timber - Callista&Willys   24.10.16 9:10



Un mois d'août à Timber


Feat Willys


« J'ai surtout vu que sans mes parents, il était nettement plus difficile de manger à sa faim. » Répondit Callista en souriant avec un peu de nostalgie. Cette période de sa vie n'avait pas été facile, mais elle avait été riche d'expérience, plus que d'aventures d'ailleurs car elles avaient commencé à vraiment en vivre après être devenues SEED. Rester diplomate avec les pervers et apprendre à poser des pièges pour manger un peu de viande étaient les parties les plus difficiles de leur apprentissage en solo. Elles avaient toujours eu beaucoup de chance de toujours rencontrer les bonnes personnes au bon moment ! Ce devait être pour ça que leur bonne étoile avait fini par tourner et que Nina avait eu un accident...

« A part ça, nous étions obligées de partir ma sœur et moi. Dollet nous étouffait... et honnêtement, ça m'étouffe encore rien que de devoir porter ces robes ridicules quand je dois m'y rendre ! » Parfois c'était moins une question de courage que de survie. Elles n'étaient pas capables de répondre aux attentes de leur père et lui devenait de plus en plus insatisfait, il les frappait à la fin... Partir loin de lui était la meilleure décision qu'elles aient prise même si c'était difficile, surtout au début, avant leur entrée à la BGU. Car elles n'avaient pas pris le chemin le plus court pour aller de Dollet à Balamb, loin de là, elles n'en avaient pas les finances de toute manière... pas même avec l'aide de leur mère.

« Nous avons trouvé notre rêve en cours de chemin, au départ, nous voulions juste partir. Si nous n'avions pas été deux, nous n'aurions peut-être même pas réussi à arriver jusqu'ici. Comme beaucoup de filles ayant grandi dans une cage dorée, nous étions pleine d'espoir mais complètement creuses… Timber a été une étape importante de notre voyage. Le père de Samwell nous a appris à travailler et à reconnaître les plantes comestibles sur notre chemin – il adorait la botanique -, Ruben nous a entraîné au tir et même certaines filles d'ici nous ont appris des choses… mais une jeune femme de bonne famille ne peut pas les répéter. » Elle glissa un clin d’œil à Willys : il était assez évident que l'endroit où elles se trouvaient n'était pas de meilleure réputation. En journée, c'était plutôt calme et vide, mais le soir, on y trouvait tout un panel de personnes, dont des prostitués. Calli' se souvenait encore qu'à leur arrivée à Timber, Nina et elle ne savaient même pas que le plus vieux métier du monde existât. A cet égard, leur père avait fait du bon travail, elles étaient bel et bien deux oiselles blanches et pures. Les prostitués qui venaient ici étaient diversement sympathiques, mais le père de Sam' n'autorisait pas le trafic de personnes qu'il n'appréciait pas. Il faisait une sorte d'écrémage. Et si « les filles » avaient le droit de venir chercher des clients, voire même de prendre une chambre, chez lui, certains autres corps de métier étaient interdits en ces murs : les dealeurs de drogues et les parieurs. Les premiers parce qu'il y avait assez des soûlards à gérer sans s'occuper en plus des drogués, les seconds parce que ça finissait toujours en bagarre.

Peut-être parce que la nouvelle de leur arrivée avait précédé leur premier jour de travail, on ne les prit jamais pour des prostitués alors qu'elles faisaient le service ou le ménage. Ou peut-être était-ce à cause de leur âge : les hommes qui venaient ici n'avaient jamais eu l'air de faire dans le détournement de mineur, mais les jumelles s'étaient toujours bien gardées de trop poser de questions aux clients.

Plongée dans ses souvenirs, elle en sortit pour revenir sur quelque chose qui la tracassait en dépit de son peu d'importance, à savoir cette histoire de chaton. Elle écouta les explications de Willys en terminant son verre de vin, elle se resservit mais se dit que ce serait le dernier car elle n'avait pas assez mangé pour se permettre plus d'alcool dans l'estomac. « Non, ce n'est pas bizarre, même si je ne suis pas sûre que nous ayons vraiment un animal qui nous corresponde vraiment... » Elle se demanda brièvement quel pourrait être le sien, mais elle ne voyait pas. « Cela dit, Samwell ne faisait pas d'analogie sur la base de votre personne mais plutôt sur celle de la situation. Pour lui la situation est similaire à celle d'un enfant qui ramènerait un petit animal en demandant à le sauver… mais il aime à m'imaginer plus capricieuse ou enfantine que je ne le suis. » Et après une seconde, elle ajouta : « Et en plus un chaton fait plus féminin qu'un chiot. Mais j'admets que sa manière de voir les choses est assez condescendante. Samwell est légèrement machiste, j'en ai peur. » Mais en dépit de tous les défauts énoncés, Callista aimait bien Samwell ainsi que toutes ses anciennes connaissances de Timber. Elle l'avait dit, son passage dans cette ville avait été important pour son évolution. Elle n'aurait peut-être pas réussi à entrer à la BGU si elle n'avait pas appris ce qu'était le vrai monde – sous toutes ses facettes – avant.

© Field of Heroes

_________________
Aimer jusqu'à en mourir
Il n'est pas question d'être heureux en ce monde. On ne l'est jamais absolument, puisque le lendemain de notre existence et celles des êtres que nous chérissons (⚡) ne nous appartiennent pas


• Award du personnage le plus badass •
Revenir en haut Aller en bas
(Admin) ϟ Résistante de Timber
avatar
Date d'inscription : 11/05/2016
Messages : 1263
Avatar : Brie Larson
Crédits : BALACLAVA (avatar) ultraviolences + moony. (gifs) anaelle (sign)

Âge du perso : 24 ans
Activité : Professoresse de solfège
Feuille de personnage
stat :
stat points
force
magie/aura■■■
resistance
esquive

Magies maîtrisées :
Objets:
Voir le profil de l'utilisateur http://fieldofheroes.forumactif.org/t184-willys-how-do-you-prove
MessageSujet: Re: Un mois d'août à Timber - Callista&Willys   24.10.16 15:43



Un mois d'août à Timber


   
Willys se sentait soudainement si petite face à cette femme, ses mots et ses souvenirs. De sa position, elle était tout bonnement incapable de dire qu’elle comprenait ou même qu’elle était en mesure d’imaginer par quoi sa sœur et elle étaient passées, s’aurait été certainement tout à fait déplacé de sa part. La factrice avait une sorte de vision fantasque de ces deux adolescentes traversant le monde, elle idéalisait leur parcours et songeait à tout ce que ces épreuves à travers les villes du continent avaient dû leur apporter. Car qu’elles que soient les difficultés qu’elles aient eues à surmonter, Callista aujourd’hui se tenait devant elle, solide, et lui relatait ces faits avec une assurance déconcertante. Cela forçait l’admiration, elle avait tout du moins réussi à capter toute la sienne. Lorsque son interlocutrice évoqua l’inconfort de la robe qu’elle portait, Willys esquissa une sorte de grimace entendu mais ne réussit pour autant à s’exprimer sur le sujet. Quelque part, elle savait que Callista allait poursuivre son récit et elle ne voulait l’interrompre, elle était bien trop curieuse d’entendre la suite.

S’imposant de ne toucher à son verre avant un moment jugé ‘raisonnable’, elle continua d’écouter la jolie brune avec passion sans trop savoir s’il était bien convenable d’envier son parcours. Et puis un mot tomba, concluant une phrase qu’elle pouvait cette fois tout à fait entendre : « Comme beaucoup de filles ayant grandi dans une cage dorée, nous étions pleines d'espoir mais complètement creuses… » Creuse. Le mot raisonna encore un instant dans son esprit. Creuse… C’est ce qu’elle était, du moins ce qu’elle avait la sensation d’être, elle la petite factrice insatisfaite mais bien heureuse pourtant d’avoir eu pendant longtemps une vie confortable et sécurisante. Elle ne se cognait jamais aux problèmes, elle les fuyait, l’aventure la tentait mais plutôt que de se lancer elle préférait la fantasmer. Willys ne pouvait se targuer d’avoir vécu grand-chose à l’heure actuelle tant elle prenait soin d’éviter de se confronter directement aux choses. Avoir une vie ordonnée, un emploi du temps et des habitudes la rassurait, connaitre comme sa poche ce qui l’entourait aussi. Elle se contentait donc d’évoluer en terrain conquis, l’inconnu, l’ailleurs, lui faisait peur. Enfin, était-ce réellement ça ? Peut-être était-elle juste fainéante dans le fond et qu’elle manquait cruellement de curiosité. Creuse. Elle jugea qu’elle pouvait lever l’interdiction de finir son verre et bu le restant de son contenu sans demander de reste avant de manquer de s’étouffer en entendant un nom. Ruben. Toussant férocement en dissimulant sa bouche derrière sa main, elle tenta avec plus ou moins de réussite de dissimuler sa surprise. Elle n’était pas censée connaître le chef de son réseau et il était donc convenu logiquement qu’elle ne parlerait de lui avec personne. Seulement, quelle coïncidence ! Car il n’y avait aucun doute à avoir, le Ruben qu’avait évoqué Callista était le même qu’elle connaissait, il ne devait pas y en avoir beaucoup, des hommes portant ce nom spécialiste des armes à feu. « Excusez-moi. » Bredouilla-t-elle embêtée avant de reprendre. « Je suis… Impressionnée, oui, je crois que c’est le mot. » Toussant une dernière fois avant s’essuyer le bord de ses yeux, elle prit une longue inspiration avant d’offrir une sorte de sourire qui se voulait rassurant. « J’ai pas de mots à vrai dire, ça m’a l’air aussi effrayant qu’extraordinaire tout ça, c’est tellement loin de tout ce que je peux connaître. » Et, voyant que Callista se resservait un verre, elle se permit de récupérer la bouteille à sa suite pour s’en servir un autre. Le dernier, se promit-elle.

La discussion s’était donc tournée vers la réflexion de Samwell tantôt qui l’avait comparé à un chaton, et tandis que Callista lui expliquait qu’il n’avait pas fait le lien avec son physique mais plutôt avec la situation, Willys piqua un fard en repoussant la bouteille le plus loin possible d’elle. « C’est juste que… Oui, oui bien sûr. » Commença-t-elle avant de se taire, secouant la tête en haussant les sourcils, fatiguée par sa propre naïveté. Elle eut un rire un peu stupide quand son interlocutrice lui avoua que leur hôte était machiste et reprit en tentant de se redonner constance. « Certains hommes aiment croire qu’on est des petites choses à protéger, fragile et pas forcément très dégourdie. Je dirais que ça les arrange aussi de le croire. Enfin cet homme là n’a pas l’air de douter de votre férocité. » Mais tout ce qui sortait de sa bouche lui semblait stupide dorénavant et elle évita de s’attarder sur le sujet. « Dites-moi, est ce qu’aujourd’hui vous pensez que vous avez eu raison de le faire ? Partir, je veux dire. J’ai la sensation que oui, c’est juste… » Marquant une pause, elle soupira avant de poursuivre. « Je ne sais pas, est-ce qu’il faut attendre un déclic ou le provoquer ? Parfois c’est une évidence, on sait qu’il faut sortir de sa zone de confort si on veut… Évoluer, on va dire, mais pour passer à l’action c’est une question de quoi ? De courage ? De volonté ? »
   
© Field of Heroes

_________________

your mess
is mine

• Award du personnage miss Castrophe •
   • Award du membre en or •
   • Award du meilleur RP •
Revenir en haut Aller en bas
avatar
Date d'inscription : 29/07/2016
Messages : 205
Avatar : Natalie Dormer
Crédits : Yusuradreams/Moony

Âge du perso : 30 ans (17 janvier)
Activité : Instructrice spécialisée dans les armes à feu
Feuille de personnage
stat :
stat points
force■■
magie/aura■■■■■
resistance■■■
esquive■■■

Magies maîtrisées :
Objets:
Voir le profil de l'utilisateur http://fieldofheroes.forumactif.org/t263-callista-arriline-instr
MessageSujet: Re: Un mois d'août à Timber - Callista&Willys   29.10.16 11:59



Un mois d'août à Timber


Feat Willys


Callista sourit, sans condescendance, mais avec un peu d'amusement. Elle se voyait un peu en Willys, si ce n'est qu'elle était beaucoup plus jeune quand elle avait été subitement émerveillée par la vie d'aventure et d'action des SEED. Elle se rendait vaguement compte que ce n'était pas tout à fait ce qui fascinait la jeune femme dans son récit, mais le sentiment éprouvé devait être néanmoins assez proche. Il n'y avait pas d'âge pour regarder à travers le trou de la serrure ce qui existe à l'extérieur, et Callista était l'exemple même d'une femme vivant entre deux mondes. Elle avait conscience du sensationnel de son histoire, ainsi que de la chance qu'elles avaient eu, Nina et elle. Car si leur voyage initiatique avait été palpitant, rétrospectivement, elle déconseillerait à toute adolescente de vivre le même. Le monde était dangereux, elles auraient pu mourir plusieurs fois, de maladie, de faim et parfois même en passant juste sur le mauvais chemin et en rencontrant des monstres dont elles ignoraient alors l'existence. Le destin les avait guidé, des inconnus les avait aidé, Callista savait que d'autres n'auraient pas survécu et imaginer que Nina (ou elle) aurait pu mourir bêtement à l'époque lui faisait un peu froid dans le dos.

« Peu de gens connaissent ce genre de parcours, c'est un enchaînement de circonstances toutes extraordinaires. Mais Nina et moi avions surtout une bonne étoile pour guider nos pas. Sur le moment nous étions trop exaltées pour avoir peur, maintenant que j'y repense, nous étions surtout inconsciente. Enfin… nous y sommes arrivé, c'est le principal. » Callista but une nouvelle gorgée de vin, elle tenait bien l'alcool – au grand damne de bien des hommes de son entourage -. Et, justement, puisqu'on parlait des hommes, il fallait bien admettre qu'ils étaient tous assez machos, contrairement à la BGU où aucun homme ne se risquerait à aller embêter ses collègues féminins, bien conscient qu'elles étaient aussi capables qu'eux. C'était peut-être aussi ça qui avait attiré les jumelles : à la BGU, elles n'étaient pas de jolies poupées destinées à servir des mâles en manque de confiance !

« Samwell sait à quoi s'en tenir. Pour une Seed, je ne suis pas dans le haut du panier en terme de force, mais comparé à lui, il n'y a pas photo, je le mets à terre sans même être essoufflée. » Elle avait su se faire respecter, d'abord par sa distinction, et ensuite par son statut de Seed. Ils ne pensaient pas qu'elle y parviendrait, et finalement elle l'était devenue ! Alors ils ne tentaient pas le diable ! Mais elle devait bien reconnaître qu'avec Sam, c'était surtout un jeu. Ils se taquinaient pour s'amuser, comme le fond de vieux amis qui profitent des rares moments où ils se voient.

Calli' posa son verre avant de répondre à la question suivante. Ce n'était pas qu'elle voulait gagner du temps parce qu'elle ne savait pas ce qu'elle allait dire, c'était juste qu'elle se demandait pourquoi Willys éprouvait le besoin de la questionner sur ce point… et elle n'avait pas envie de dire de bêtises. « Je ne sais pas… Je n'ai aucun regret, ma sœur non plus malgré sa situation actuelle, mais chez nous ça s'est imposé comme notre seule porte de sortie. » Elle hésita et se resservit du vin qu'elle avala presque d'une traite. Elle passa la langue sur ses lèvres pour enlever le surplus de rouge qui n'avait rien à voir avec la couleur de son maquillage. « Mon père nous préparait pour un futur mariage avec des hommes aussi riches et cupides que lui. Lorsque nous ne faisions pas ce qu'il voulait, il nous battait. Un jour, il a frappé si fort ma sœur qu'elle en ait tombé et que j'ai cru qu'il l'avait blessé. On ne pouvait plus rester, même notre mère nous a aidé… C'est devenu une belle aventure, mais au départ, ce n'était que la fuite de deux petites filles. Et je pense que c'est souvent le cas, le courage ne vient pas seul, il arrive plus souvent lorsqu'on est acculé. » Ce qui ne correspondait à aucune des options proposées par Willys...

© Field of Heroes

_________________
Aimer jusqu'à en mourir
Il n'est pas question d'être heureux en ce monde. On ne l'est jamais absolument, puisque le lendemain de notre existence et celles des êtres que nous chérissons (⚡) ne nous appartiennent pas


• Award du personnage le plus badass •


Dernière édition par Callista Arriline le 05.11.16 10:17, édité 1 fois
Revenir en haut Aller en bas
(Admin) ϟ Résistante de Timber
avatar
Date d'inscription : 11/05/2016
Messages : 1263
Avatar : Brie Larson
Crédits : BALACLAVA (avatar) ultraviolences + moony. (gifs) anaelle (sign)

Âge du perso : 24 ans
Activité : Professoresse de solfège
Feuille de personnage
stat :
stat points
force
magie/aura■■■
resistance
esquive

Magies maîtrisées :
Objets:
Voir le profil de l'utilisateur http://fieldofheroes.forumactif.org/t184-willys-how-do-you-prove
MessageSujet: Re: Un mois d'août à Timber - Callista&Willys   30.10.16 11:37



Un mois d'août à Timber


   
Une bonne étoile, tiens, Willys n’avait jamais été franchement assurée d’en avoir une. Qu’on ne se méprenne pas, elle était loin d’être maudite mais tout aussi loin, d’après elle, d’être chanceuse. De quoi se plaignait-elle pourtant ? Sa vie avait été confortable, sans embûches, qu’on se le dise elle avait même été privilégiée comparé à un grand nombre d’enfants de son âge résident à Timber. Dans son quotidien, pas de peur, juste de l’insouciance. Combien en avait réclamé ? Plus de douceur, plus d’innocence, et elle, qui ne pouvait clairement pas se targuer d’avoir eu la vie dure, sans réclamer l’inverse culpabilisait quelque part d’avoir eu une vie aussi peu chargée en difficultés. Elle faisait face tous les jours à des gens qui avaient réussi à surmonter l’impossible, longtemps elle avait fermé les yeux sur eux d’ailleurs, voulant croire que le monde était aussi beau et simple qu’elle l’avait toujours souhaité. Et puis il y avait eu la prise de conscience, le « réveil », comme elle l’appelait souvent et si elle ne pouvait pas se vanter d’être moins naïve que lors de son enfance et son adolescence, elle avait tout de même eu la sensation violente d’atterrir dans une réalité qu’elle n’avait jusqu’alors jamais voulu regarder en face mais à laquelle elle s’était décidé à se confronter enfin.

Beaucoup cependant par leurs discours, leurs regards, leurs opinions, lui rappelaient son train de retard. La question alors méritait d’être posé : avait-elle réellement envie de le rattraper, ce retard ? N’était-il pas plus agréable, plus commode, de rester insouciante ? Sans doute, à n’en pas douter même, mais alors que pendant longtemps elle n’avait jamais remis en question son mode de vie, aujourd’hui elle sentait que ce n’était pas normal de rester à cette place. C’était devenue inconfortable, malaisant, elle ne pouvait plus nier la réalité maintenant qu’elle avait ouvert les yeux et ne pouvait plus continuer à jouer à ce petit jeu sans conséquences. Devant les autres, elle affirmait que cette prise de conscience était une bénédiction, qu’enfin elle avait la force d’affronter la vérité en face et qu’elle avait trouvé un sens en faisant du combat de son réseau le sien. Elle cachait habilement être toujours aussi perdue que par le passé, qu’elle était à vrai dire plus désœuvré que jamais et qu’elle n’avait très clairement toujours pas trouvé sa place ni de sens à son existence. C’était plutôt déprimant, mais elle préférait tenir un discours positif, pensant qu’à fur et à mesure, sans doute, elle finirait par y croire.

Mince, est-ce qu’elle avait l’alcool triste ? Dans un premier temps elle pensait que le vin allait l’aider à passer à autre chose, à être plus légère, décontractée et bavarde. Finalement l’heure de l’introspective semblait avoir sonné, ou plutôt se prolongeait car c’est bien à cause de cela finalement qu’elle avait manqué un accident plus tôt. Elle n’aimait pas ça, elle était toute déconcentrée et commençait à peiner de prêter une oreille attentive aux propos de son interlocutrice. Autocentré, Gatiss lui avait fait la remarque un jour, « Tu es autocentré. », Willys s’en était défendu, piqué au vif, mais au fond c’était sûrement juste. Il n’avait pourtant clairement pas question de lui donner raison. La factrice alors avait demandé quelque chose de très personnelle à Callista, cette question du ‘déclic’ qui l’interpellait encore et encore. Elle n’avait osé soumettre ces interrogations à une personne proche, de peur que celle-ci se fasse des idées ou retourne ses interrogations contre elle en voulant l’emmener sur un autre terrain. Le regard de Callista était neutre, finalement elle n’avait eu qu’un très bref aperçu de ce qu’elle était et ne savait au final presque rien d’elle. Oh l’instructrice avait très certainement eu le temps de se faire une idée, ses questions respiraient après tout la naïveté et elle avait clairement dû comprendre qu’elle n’avait pas vécu grand-chose. Passé ce fait, à part quelques informations sur sa famille, Callista n’avait pas trop de cartes en main aussi Willys s’était-elle sentie capable de la questionner.

La jolie brune avait alors fait une analogie avec sa propre vie et lui donna de nouveaux éléments qui lui firent froid dans le dos. La factrice se sentait presque gênée maintenant d'en disposer d’autan, se demandant si Callista avait l’habitude d’en parler mais pensant plutôt que, comme elle, il était plus simple de se confier à quelqu’un qu’on ne connaissait pas. Elle avait assez d’imagination pour se représenter ce qu’avait dû subir les deux sœurs, pas assez d’expérience pour les comprendre. « Je suis désolé de vous faire évoquer tout ça à voix haute. » Glissa Willys en fixant son verre de vin qu’elle n’osait plus toucher. Ce qu’elle ignorait c’était que parfois il était bon de mettre des mots sur les choses, que le non-dit détruisait à petit feu un individu et qu’elle devrait en prendre de la graine. « J’imagine… J’imagine que c’est aussi une question de tempérament. » Ajouta-t-elle d’une voix un peu éteinte, le regard toujours aussi absent. Car certains, à la place de Callista, n’auraient sûrement pas eu la force de partir. Secouant la tête pour se sortir de cet état qu’elle n’appréciait nullement, Willys prit une inspiration et se décida à terminer son verre avant de le repousser. Elle n’en prendrait pas d’autres il valait mieux s’arrêter là, surtout qu’elle reprenait la route ensuite si Samwell réussissait à redonner vie à son tas de ferraille. Elle jugeait presque plus prudent cependant de rentrer chez elle à pieds.

« Pourquoi est-ce que vous retournez là-bas ? »
Elle mesurait combien cette question était mal placée, l’alcool sans doute l’aidait à avoir l’insolence de la poser à voix haute. « Après ce que vous venez de me raconter je suis juste… Comment dire… Enfin je comprends pas. Est-ce que vous vous êtes réconciliés, lui et vous ? Vous avez réussi à lui pardonner ou… » Et à cet instant, la question n’était évidemment pas innocente, puisque même si on ne pouvait comparer le père de Callista et le sien, il y avait cette question de pardon qui pouvait faire un parallèle entre les deux cas. Serait-elle en mesure de pardonner à son propre père ? De revenir sur ses pas le jour où elle déciderait de claquer la porte ? Est-ce que ce ne serait pas une sorte d’échec ? Ou au contraire une preuve de sagesse ? Elle fixait en tout cas Callista comme si la réponse à cette question était d’une importance primordiale.
   
© Field of Heroes

_________________

your mess
is mine

• Award du personnage miss Castrophe •
   • Award du membre en or •
   • Award du meilleur RP •
Revenir en haut Aller en bas
avatar
Date d'inscription : 29/07/2016
Messages : 205
Avatar : Natalie Dormer
Crédits : Yusuradreams/Moony

Âge du perso : 30 ans (17 janvier)
Activité : Instructrice spécialisée dans les armes à feu
Feuille de personnage
stat :
stat points
force■■
magie/aura■■■■■
resistance■■■
esquive■■■

Magies maîtrisées :
Objets:
Voir le profil de l'utilisateur http://fieldofheroes.forumactif.org/t263-callista-arriline-instr
MessageSujet: Re: Un mois d'août à Timber - Callista&Willys   05.11.16 10:48



Un mois d'août à Timber


Feat Willys


« Peut-être… mais nous étions deux et ma sœur est très différente de moi. Pourtant nous sommes parties d'un commun accord, bien que j'admette être celle qui a mis le feu au poudre en répondant aux coups de mon père. Mais vu d'aujourd'hui, la tête qu'il avait faite était impayable. » Quant à parler de choses douloureuses, elle n'avait pas répondu. Elle aurait voulu lui dire que ça ne la dérangeait pas, parce que c'était vrai, mais entre ne pas dérangé par quelque chose et ne pas en souffrir, il y avait un monde… Callista ne gardait pas de rancune de cette époque, elle se considérait vengée, mais elle se souvenait quand même que ça n'avait pas été simple de se jeter dans le grand bain du monde réel sans bouée alors qu'elles ne savaient pas y nager. Toutefois, Callista, contrairement à Willys, avait conscience que ce qu'on ne disait pas était souvent ce qui devait être le plus dit. C'est pourquoi, bien qu'ayant d'abord omis de le faire, elle répondit à la première remarque de Willys. Non sans se resservir un verre. Elle ne le but pas mais cela lui plaisait de regarder la lumière artificielle au-dessus d'elle briller dans son verre avec un éclat rouge foncé.

« Je n'en aurais pas parlé si ça m'avait dérangé… vous savez… je suis née avec une sœur, jusqu'à récemment je n'avais jamais été seule. Nous étions toujours deux. Alors je ne souffre pas de mon passé d'adolescente en fuite, parce que Nina était là. En revanche, ça ne veut pas dire que c'était facile. Qui sait ce que nous serions devenues si nous n'étions pas tombées sur les bonnes personnes ? » Elle repensa aux yeux de sa sœur fixant les siens. Des yeux bleus qu'elle possédait à l'identique mais qui la regardait d'un air de confiance absolue. Oui. Tant qu'elles avaient été deux, ça avait été. Mais maintenant Callista était seule, séparée physiquement de Nina. Si l'instructrice était celle avec le caractère le plus affirmé de visu, ce n'était pas le cas, Calli' prenait des décisions et Nina lui donnait la force de les accomplir. Seule, elle ne valait pas grand-chose.

Ce qui revenait à la question suivante, car Willys lui demandait pourquoi elle y retournait. « J'y vais pour voir ma sœur. Elle n'est plus Seed. Elle a été blessée et elle est aveugle. Je n'avais pas les moyens avec ma seule solde de lui fournir l'aide dont elle avait besoin, alors nous avons demandé à notre mère… Et nous avons passé un marché avec mon père et elle. » Callista haussa les épaules, c'était comme ça. Cela ferait bientôt deux ans et ça ne se passait pas si mal que ça, à part qu'elle devait se déguiser pour aller à Dollet alors qu'elle n'était plus cette fille depuis plus de quinze ans mais bon… « Donc on ne peut pas vraiment dire que je lui ai pardonné. Mais j'ai confiance en ma mère, et le plus important pour toutes les deux c'est que Nina apprenne à vivre avec son handicap. » Même si ça avait remis au goût du jour ces histoires de mariage. Sauf que cela n'effrayait plus vraiment Callista et Nina, parce qu'elles étaient devenues fortes – même aveugle Nina pouvait maîtriser un homme – et que leur père aurait bien du mal à trouver un gendre à son goût qui accepte une ancienne ou actuelle Seed comme épouse.

© Field of Heroes

_________________
Aimer jusqu'à en mourir
Il n'est pas question d'être heureux en ce monde. On ne l'est jamais absolument, puisque le lendemain de notre existence et celles des êtres que nous chérissons (⚡) ne nous appartiennent pas


• Award du personnage le plus badass •
Revenir en haut Aller en bas
(Admin) ϟ Résistante de Timber
avatar
Date d'inscription : 11/05/2016
Messages : 1263
Avatar : Brie Larson
Crédits : BALACLAVA (avatar) ultraviolences + moony. (gifs) anaelle (sign)

Âge du perso : 24 ans
Activité : Professoresse de solfège
Feuille de personnage
stat :
stat points
force
magie/aura■■■
resistance
esquive

Magies maîtrisées :
Objets:
Voir le profil de l'utilisateur http://fieldofheroes.forumactif.org/t184-willys-how-do-you-prove
MessageSujet: Re: Un mois d'août à Timber - Callista&Willys   12.11.16 11:42



Un mois d'août à Timber


   
Elles avaient été deux. C’était quelque chose qui revenait souvent dans le récit de son interlocutrice qui insistait sur le fait qu’elle n’aurait certainement pas pu partir sans que sa sœur ne l’accompagne. On ne pouvait qu’imaginer combien le lien entre les deux femmes devait être fort, encore une chose qui échappait partiellement à Willys. Combien elle l’enviait cependant ! Hazel et elle étaient des sortes d’étrangères l’une pour l’autre, jamais elles n’avaient réussi à créer quelque chose ensemble et si elle ne se détestaient pas, elles s’ignoraient tout simplement. Chacune avait tracé sa route sans s’intéresser au parcours de l’autre, leur rapport était si froid, dénué de toute forme d’amour ou de tendresse… Presque gênée quand elles se retrouvaient ensemble, elles avaient bien peu à se dire et s’en tenait toujours à quelque chose de tristement conventionnel, faute de pouvoir faire mieux. Pourtant Willys l’avait longtemps admiré, encore aujourd’hui Hazel continuait de la fasciner quelque part. C’était une femme qui savait ce qu’elle voulait et qui s’était donné les moyens pour parvenir au destin auquel elle aspirait. Là-dessus elle rejoignait étrangement Gaïa, sa meilleure amie, celle avec qui Willys aurait pu prétendre avoir eu un temps un lien fusionnel, quelque chose qui ressemblait à de l’amour entre sœurs. Elle était finalement souvent entourée de gens ambitieux et doués et n’expliquait pas pourquoi allait instinctivement vers eux, acceptant souvent volontiers de s’épanouir dans leur ombre en silence comme si cela était un sort convenable. Il y avait très certainement bien des choses à en dire mais Willys n’était pas certaine d’accepter ce que la psychanalyse en déduirait.

Machinalement ses doigts s’étaient resserrés autour du pied du verre à vin qu’elle faisait très légèrement tourner sur lui-même. Quand Callista repris cependant, lui révélant le destin qu’avait connu sa sœur, elle figea son mouvement un instant, choqué par la révélation. Cela commençait à faire beaucoup à encaisser et elle ne savait plus vraiment comment réagir face aux dures confidences de son interlocutrice. Elle n’était pourtant pas quelqu’un de profondément empathique, Willys avait toujours taché de mettre une certaine distance entre elle et les autres, une sorte de mécanisme de défense que sa mère avait enclenché depuis son plus jeune âge. Égoïste ? Oui, elle l’avait longtemps été en ne se focalisant que sur son petit monde, décidé à ne jamais voire au-delà car c’était bien plus confortable ainsi. Les choses avaient changé depuis, elle avait accepté d’ouvrir sa fenêtre vers le monde mais devait depuis accepter aussi sa noirceur. « Je… Pardon. » Bredouilla t’elle en mesurant qu’elle était restée longtemps silencieuse après les révélations de Callista. Prise au dépourvue, sachant que tout ce qui sortirait de sa bouche serait stérile, elle tapota doucement ses joues comme pour se ressaisir et secoua vaguement la tête. « Je ne sais pas quoi vous répondre, ça me parait terrible mais vous… Vous en parlez avec une force qui force l’admiration justement. Peut-être que vous n’en avez même pas conscience mais… Mais c’est… Excusez-moi. » S’excusa-t-elle une énième fois, s’agaçant de son incapacité à communiquer correctement. « J’ai toujours du mal à trouver mes mots. » Crispant sa mâchoire alors qu’elle détournait le regard, elle souffla avant de fermer un bref instant les yeux. « Je ne sais pas pourquoi je les cherche à vrai dire, je ne les trouverais pas c’est sûr. » Autant être franche, ce que lui confessait Callista était à ses yeux tellement terribles qu’elle n’arrivait absolument pas à trouver les mots adéquats. Son interlocutrice pourtant ne cherchait pas à être plainte, ni soutenue, elle en parlait avec une simplicité déconcertante quand on se disait qu’il y a à peine une dizaine de minutes elles étaient des étrangères l’une pour l’autre. Elles le restaient quelque part, car si maintenant Willys en savait beaucoup sur son interlocutrice ce n’était pas forcément le cas dans le sens inverse. À croire qu’elle avait senti qu’elle pouvait lui faire confiance, ou que tout cela elle pouvait le dire sans difficultés aux autres. La factrice restait déconcertée cependant, peu habituée à recueillir des révélations qui pesaient aussi lourd.

Renchérir s’avérait être complexe, des idées stupides lui venaient en tête mais aucune n’était convenable après ce qu’il venait d’être posé sur la table. Willys ne manquait d’accoutumé jamais de briser les silences les plus pesant, ne supportant pas la gêne ou le sérieux de certaines conversations. Mais là, partiellement déprimée depuis le début de la journée et tourmentée par tout ce qu’il venait d’être évoqué, elle ne savait pas bien quoi dire ou que faire. « C'est une leçon de courage. » Finit elle par poursuivre tout de même, le regard un peu absent. « Je manque peut être de vocabulaire, vous me direz que ce n'est peut être pas une question de ça mais pour moi ça l'est. Vous et votre sœur. Vous êtes des femmes fortes et courageuses. Et ce qui vous unit est très beau. Vraiment très beau. »
   
© Field of Heroes

_________________

your mess
is mine

• Award du personnage miss Castrophe •
   • Award du membre en or •
   • Award du meilleur RP •
Revenir en haut Aller en bas
avatar
Date d'inscription : 29/07/2016
Messages : 205
Avatar : Natalie Dormer
Crédits : Yusuradreams/Moony

Âge du perso : 30 ans (17 janvier)
Activité : Instructrice spécialisée dans les armes à feu
Feuille de personnage
stat :
stat points
force■■
magie/aura■■■■■
resistance■■■
esquive■■■

Magies maîtrisées :
Objets:
Voir le profil de l'utilisateur http://fieldofheroes.forumactif.org/t263-callista-arriline-instr
MessageSujet: Re: Un mois d'août à Timber - Callista&Willys   13.11.16 10:19



Un mois d'août à Timber


Feat Willys


Le lien gémellaire était quelque chose que beaucoup de gens ne comprenaient pas, ou du moins avaient du mal à se représenter. Ce n'était pas qu'avoir grandi au même rythme, dans le cas de Nina et Callista, elles étaient de vraies jumelles et elles avaient tout partagé. Dire qu'elles étaient deux n'était pas juste un fait parmi d'autres, cela faisait partie de leur identité. Et la seule chose qui fasse encore souffrir Callista au moment de cette discussion avec Willys était qu'elle était maintenant seule. La séparation d'avec sa sœur était une douleur quasiment physique les premiers temps… puis c'était devenu plus comme quelque chose de lancinant. Elle avait pris l'habitude de lui parler au téléphone ou de lui écrire en braille… mais sans sa sœur, elle se sentait parfois vide. Et seule. Alors que tant que Nina avait été là, tout avait simple, facile, tracé : elle devait protéger sa sœur, l'écouter, l'aimer… Que ce soit Nina ou elle, elles n'avaient jamais réussi à garder longtemps un petit ami car elles étaient tellement fusionnelles que les hommes avaient du mal à s'imposer dans leur vie. Nina restait plus douée que Calli', ses relations étaient plus longues, mais le résultat restait toujours sensiblement le même. Et depuis qu'elle était seule, sans sœur pour la pousser vers les autres, on pouvait dire que Callista était carrément devenue solitaire à tout point de vue. Sa vie amoureuse, qui n'avait jamais été folichonne, était devenue désertique, et elle n'avait presque pas d'amis à la BGU car elle ne connaissait pas les instructeurs avant d'en être devenu un, quant aux SEED, ils étaient très souvent partis en mission, elle les croisait à peine, trop occupé par ses préparations d'entraînements… Se noyer dans le travail l'avait aidé à ne pas penser à Nina mais l'avait encore plus coupé du reste du monde. Être deux les avait souvent sauvé, mais pas toujours malheureusement… et c'était la partie compliquée de son histoire. Celle qu'elle n'avait pas vraiment abordé. A quoi bon ? Cela n'aiderait pas Willys. D'ailleurs, Callista s'en voulait un peu car elle avait l'impression d'avoir secouée la jeune femme, ce qui n'était pas le but.

« Je suis désolée… Je ne pensais pas que vous raconter mes histoires vous... » Elle chercha le bon mot, elle aussi manquant de vocabulaire tout d'un coup. « Vous choquerait ? Je ne sais pas si c'est le terme adéquat. » Elle se détacha de son propre verre et entoura de ses mains celles de Willys avec un léger sourire. Les compliments étaient beaux mais ils sonnaient faux aux oreilles de Callista, car elle avait plutôt l'impression de manquer de courage : n'avait-elle pas été à Timber pour ne pas se rendre directement à Dollet ? Parce qu'elle avait peur de voir sa sœur dans leur ancien environnement ? Parce qu'elle craignait la pesanteur de l'ambiance qui régnerait chez ses parents ? Ce n'était faire preuve de courage que de fuir comme elle l'avait fait.

« Être à Timber me replonge sûrement trop facilement dans mes souvenirs… je ne suis pas si courageuse. Si je suis ici aujourd'hui, c'est parce que je n'ai pas réussi à me rendre directement à Dollet. Je ne souffre pas de mon passé, mais je crains énormément le présent. » Elle se releva, lâchant les mains de Willys. Son regard aussi clair qu'un ciel d'été resta, lui, fixé sur la jeune femme : on lisait beaucoup de choses dans ces yeux, de l'assurance surtout, mais aussi de la bonté. Callista était assez froide, retranchée derrière ses bonnes manières quand elle ne savait pas comment agir, néanmoins elle restait fondamentalement quelqu'un de bien. « Au moins, venir ici m'aura permis de sauver votre vélo. C'est une réelle consolation d'être utile à quelqu'un. Être enseignante est un métier ingrat, croyez-moi, surtout quand on ne l'a pas choisi. » C'était une tentative pour rebondir sur autre chose, un peu maladroite, certes, mais il lui avait toujours été plus facile de raconter que de faire se suivre une conversation. Là encore, comme Nina lui manquait...

© Field of Heroes

_________________
Aimer jusqu'à en mourir
Il n'est pas question d'être heureux en ce monde. On ne l'est jamais absolument, puisque le lendemain de notre existence et celles des êtres que nous chérissons (⚡) ne nous appartiennent pas


• Award du personnage le plus badass •


Dernière édition par Callista Arriline le 25.11.16 13:53, édité 1 fois
Revenir en haut Aller en bas
(Admin) ϟ Résistante de Timber
avatar
Date d'inscription : 11/05/2016
Messages : 1263
Avatar : Brie Larson
Crédits : BALACLAVA (avatar) ultraviolences + moony. (gifs) anaelle (sign)

Âge du perso : 24 ans
Activité : Professoresse de solfège
Feuille de personnage
stat :
stat points
force
magie/aura■■■
resistance
esquive

Magies maîtrisées :
Objets:
Voir le profil de l'utilisateur http://fieldofheroes.forumactif.org/t184-willys-how-do-you-prove
MessageSujet: Re: Un mois d'août à Timber - Callista&Willys   14.11.16 12:14



Un mois d'août à Timber


   
Choqué ? « Non, non surtout pas, ce n’est pas ça. » S’empressa de répondre Willys qui, réveillé de sa torpeur, s’affolait déjà. Sans trop savoir pourquoi d’ailleurs, car choquer n’était-il pas le bon terme ? Choqué par la violence qui avait bercé le quotidien de ses deux sœurs et qui continuait de les maltraiter aujourd’hui encore. Le terme n’était pas si mal choisi, mais elle ne voulait pas que son interlocutrice pense que ses confidences l’avaient gêné et craignait encore que l’emploi de certains mots lui fasse du tort. « Je suis juste… Impressionné. Votre parcours, ce que vous avez traversé et ce que vous traversez encore aujourd’hui, ça… Oui, ça m’impressionne. » Secouant vivement la tête en sentant que l’alcool faisait sans doute effet, déliant un peu plus sa langue et exacerbant ses émotions, Willys prit quelques secondes pour se reprendre avant de lier ses mains à celle de son interlocutrice. D’habitude si peu encline à laisser les autres la toucher, ne sachant jamais se comporter quand quelqu’un établissait un contact avec elle, elle se surprit à juger que cette étreinte en disait sûrement bien plus que ses mots maladroits. C’est à ce moment que Callista repris, affirmant qu’elle n’était pas aussi courageuse qu’elle l’avait dépeinte, son détour à Timber le prouvait. La factrice lui adressa un sourire franc avant de répondre. « Non non ne vous inquiétez pas, ça, ça prouve juste que vous êtes humaine. N’importe qui aurait des craintes. Elles sont justifiées et c’est honorable que vous les affrontiez. Vous avez quand même le droit de souffler avant de partir au combat, ne soyez pas trop sévère avec vous-même. » Il n’y avait pas que l’idée de refaire face à son père violent qui devait la tourmenter, être confronté à sa sœur devenue aveugle devait être une épreuve épouvantable. Callista desserra l’étreinte de leurs mains et Willys n’osa plus poser de question. Comment la SEED vivait-elle aujourd’hui sans cette sœur avec qui elle avait partagé toutes ses aventures ? Elle l’avait dit tantôt, aujourd’hui elle était seule, cela sonnait effroyablement maintenant qu’elle connaissait son histoire.

C’est son interlocutrice qui reprit la parole, détournant légèrement la conversation. Lui offrant un nouveau sourire, légèrement décontenancé par l’émotion qui l’avait submergé plus tôt, Willys secoua à nouveau la tête en soupirant, se replongeant dans les circonstances de leur rencontre. « Vraiment, je vous en suis redevable. » S’égaya la factrice qui, avec quelques verres de vin, trouvait le souvenir plus amusant que terrifiant. « J’y tiens beaucoup à ce vélo, merci d’avoir pris les choses en main et d’avoir trouvé une solution, vraiment. Seule j’aurais pesté et trimballé ma mauvaise humeur toute la journée, ça n’aurait pas été bien productif. » Willys était plutôt débrouillarde quand elle le voulait, mais trop souvent elle laissait ses humeurs la submerger. Elle aurait laissé panique et colère contrôler ses pas et si elle se serait présenté à un garage, sa journée aurait tout de même été définitivement gâché. « Vous n’avez pas choisi d’être instructrice ? » Rebondit-elle avant de réaliser que ce devait être un choix pris après que sa sœur n’ait été blessé. Craignant alors que l’ambiance ne se charge à nouveau d’émotions, elle renchérit. « Je ne sais pas si vous avez de la chance d’avoir les élèves qu’on vous a confiés, mais eux ils en ont de vous avoir, j’en suis certaine. » Marquant une pause, elle ne put s’empêcher de poursuivre. « Comment c’est, d’être instructeur dans ce genre d’établissement ? Je comprendrais tout à fait que vous ne vouliez pas en parler par ailleurs. » Ajouta t’elle en levant brièvement les mains. « Mais... Enfin si jamais vous avez un conseil qui revient souvent ou quelque chose que vous jugez très important de leur dire, je suis preneuse. Pour une première mission, par exemple ou... Enfin... Quelque chose dans ce genre. » Avança t'elle un brin nerveuse, sachant que dans un mois ce serait à elle de partir sur le front.
   
© Field of Heroes

_________________

your mess
is mine

• Award du personnage miss Castrophe •
   • Award du membre en or •
   • Award du meilleur RP •
Revenir en haut Aller en bas
avatar
Date d'inscription : 29/07/2016
Messages : 205
Avatar : Natalie Dormer
Crédits : Yusuradreams/Moony

Âge du perso : 30 ans (17 janvier)
Activité : Instructrice spécialisée dans les armes à feu
Feuille de personnage
stat :
stat points
force■■
magie/aura■■■■■
resistance■■■
esquive■■■

Magies maîtrisées :
Objets:
Voir le profil de l'utilisateur http://fieldofheroes.forumactif.org/t263-callista-arriline-instr
MessageSujet: Re: Un mois d'août à Timber - Callista&Willys   25.11.16 20:01



Un mois d'août à Timber


Feat Willys


Partir au combat… ce n'était pas une si mauvaise image que ça. Elle se sentait tendue à l'idée de retourner à Dollet, de voir sa famille, y compris sa sœur. Elle adorait Nina, à tel point que leur relation lui suffisait pour être normalement épanouie dans sa vie de tous les jours (à contrario, son absence se faisait d'autant plus sentir), toutefois, la voir diminuée lui était encore difficile. Callista avait sans arrêt l'impression que cela aurait du être elle, que les rôles auraient du être inversés… que Nina n'avait pas mérité ça : n'était-elle pas la meilleure des deux ? Mais les choses étaient ce qu'elles étaient et c'était Callista qui pouvait encore voir le monde et ses couleurs.

« Il n'y a pas beaucoup d'honneur à être celle qui s'en est sortie… même si ça aurait sûrement pu être pire. Et que renouer avec mes parents est un moindre coup à payer pour le confort de Nina. » Nina aurait pu mourir ce jour là, ou, moins dramatique, être défigurée. Car sa blessure au visage était loin d'être propre et belle, les médecins et la para-magie avaient aidé… sans pouvoir soigner ses yeux. Nina était toujours le reflet de Callista, mais désormais ses prunelles ne renvoyaient plus que le vide. Un vide qui faisait peur à Callista, sûrement parce qu'elle s'en sentait encore responsable.

Elle changea de sujet, s'ébrouant mentalement comme un animal se débarrassant de l'eau de pluie. Tous ses problèmes n'étaient que ça : de fines gouttes qui s'accumulaient et qu'elle devait mettre loin d'elle. Au bout d'un moment, elle finirait par s'habituer.

« En même temps, je m'ennuyais un peu… nous étions toutes les deux gagnantes. » car c'était bien beau d'avoir fait un détour par Timber, mais elle n'avait pas grand-chose de concret à y faire, sans compter qu'à part ses armes (on est jamais trop prudent), elle n'avait rien emmené de sa vie de SEED, juste pour ne pas être tenté. Elle s'était teinte les cheveux… mais ça ne lui avait pas pris des heures non plus. Il faudrait qu'elle aille à Dollet dans peu de temps, s'ennuyer n'était pas forcément meilleur pour le moral.

« Non, c'était une des conditions de mes parents. Mais je reste SEED, ce qui est déjà pas mal. » Ce n'était pas comme une démission, plutôt une autre façon de faire le métier. Elle prit le compliment avec le même sourire modeste qu'elle avait depuis le début de cette rencontre.

« C'est… particuliers. On doit les préparer à risquer leur vie, ce n'est pas totalement neutre et c'est beaucoup de responsabilité. Mais ce que je leur conseille toujours, c'est de ne pas aller se battre en manquant de confiance en eux. Je suis une tireuse d'élite : si ma main tremble, je loupe la cible. Et je crois que c'est quelque chose de généralisable. » Bien sûr, on pouvait avoir confiance et que ça se passe mal, la preuve pour Nina, mais même avec son handicap, elle restait sûrement très habile, Callista lui faisait confiance là-dessus. De toute manière, SEED était un métier dangereux, c'était ce qu'elle avait aimé : l'adrénaline et l'impression de pouvoir changer le monde… Et c'était ce qui lui manquait.

© Field of Heroes

_________________
Aimer jusqu'à en mourir
Il n'est pas question d'être heureux en ce monde. On ne l'est jamais absolument, puisque le lendemain de notre existence et celles des êtres que nous chérissons (⚡) ne nous appartiennent pas


• Award du personnage le plus badass •
Revenir en haut Aller en bas
(Admin) ϟ Résistante de Timber
avatar
Date d'inscription : 11/05/2016
Messages : 1263
Avatar : Brie Larson
Crédits : BALACLAVA (avatar) ultraviolences + moony. (gifs) anaelle (sign)

Âge du perso : 24 ans
Activité : Professoresse de solfège
Feuille de personnage
stat :
stat points
force
magie/aura■■■
resistance
esquive

Magies maîtrisées :
Objets:
Voir le profil de l'utilisateur http://fieldofheroes.forumactif.org/t184-willys-how-do-you-prove
MessageSujet: Re: Un mois d'août à Timber - Callista&Willys   29.11.16 17:27



Un mois d'août à Timber


   
La culpabilité du survivant, pourquoi l’autre et pas moi ? Elle avait une vague idée de ce que cela pouvait être et n’était en mesure encore une fois que de l’imaginer. Willys avait d’ailleurs du mal à concevoir la chose, sûrement parce qu’elle était trop terrible et qu’elle n’avait certainement pas l’expérience nécessaire pour la saisir. De son avis naïf on ne pouvait pas choisir et la culpabilité n’apportait qu’un lot supplémentaire de peine. En faire l’impasse semblait cependant compliqué, quand on était profondément attaché à la personne qui avait subi un préjudice il était certainement normal de ressentir cette forme de faute sans doute. Elle se sentait cependant profondément égoïste en songeant au fait qu’elle n’était pas certaine, elle, de la ressentir si elle venait à en faire l’expérience et qu’elle n’arrivait pas à concevoir qu’on puisse en arriver à vouloir échanger sa place avec la victime. Était-ce parce qu’elle n’avait pas assez aimé ? Parce qu’elle était bien trop centrée sur elle-même ? Ou tout simplement qu’elle n’avait jamais eu à vivre quelque chose d’aussi atroce et qu’elle parlait d’un événement qu’elle ne pouvait pas réellement concevoir ? Un mélange de tout cela, sans doute.

La conversation se poursuit sur des sentiers moins tumultueux et Willys laissa derrière elle certains de ses doutes et quelques interrogations. Le sourire qu’elle adressa alors à Callista quand celle-ci confessa s’ennuyer avant qu’elles ne se rencontre fut franc. « Eh bien… Eh bien ravie d’avoir pu illuminer votre journée alors ! » S’amusa t’elle en levant légèrement son verre vide. L’alcool jouait avec ses émotions, quelque chose qui l’atteignait semblait l’anéantir tandis quelque chose qui lui plaisait la rendait plus joyeuse que jamais, et elle pouvait de toute évidence passer d’un état à l’autre en un claquement de doigts. Il avait été sincèrement sage de s’arrêter après son deuxième verre.

La factrice écouta attentivement la suite, curieuse de savoir ce que l’on pouvait ressentir quand on endossait un rôle aussi dur que celui d’instructeur formant des mercenaires. « Particulier, oui, je veux bien vous croire. » Reprit-elle en hochant doucement de la tête, plongée dans ses propres réflexions, elle secoua finalement légèrement la tête pour se défaire de ses pensées et continua. « J’imagine... Enfin, comment dire... Heureusement qu'il y a des personnes comme vous, prête à endosser cette responsabilité. Qu’il y ait des personnes prêtes à le faire pour tous les postes à responsabilité, à vrai dire. La pression parait tellement démentielle, je ne sais pas comment... Enfin comment nait la vocation, pour ce genre de chose. Ça m’interroge, vraiment, je ne me suis jamais projeté dans ce genre de scénario personnellement c’est comme si… Comme si… Oh, j’en sais rien, peut être au fond que ça m’arrange de laisser les autres décider et de penser que je n’ai pas les épaules pour entreprendre quelque chose qui dépasse mon niveau. » Bredouilla t’elle en fronçant légèrement les sourcils avant de se ressaisir, consciente que son charabia n’avait sans doute, encore une fois, rien de vraiment clair. « Enfin, la clé c’est la confiance. » Annonça-t-elle comme pour effacer ses paroles précédentes un brin embarrassée, ce qui était ironique, car son discours précédent en manquait de toute évidence terriblement. L’alcool encore déliait sa langue mais comme si le destin voulait la tirer d'affaire, c'est à cet instant que le gérant de l'établissement revint dans la salle. Le bruit rassurant de l'engrenage lui apprit que l'opération s'était bien passée et se relevant prestement sur ses jambes, se cognant à l'occasion au rebord du bard dans la précipitation, cela ne l'empêcha pas de se précipiter avec un sourire joyeux vers l'engin. « C'est parfait ! » S'emporta t'elle, rayonnante, donnant l'impression d'être une enfant découvrant le cadeau qu'elle avait le plus ardemment souhaiter recevoir.
   
© Field of Heroes

_________________

your mess
is mine

• Award du personnage miss Castrophe •
   • Award du membre en or •
   • Award du meilleur RP •
Revenir en haut Aller en bas
avatar
Date d'inscription : 29/07/2016
Messages : 205
Avatar : Natalie Dormer
Crédits : Yusuradreams/Moony

Âge du perso : 30 ans (17 janvier)
Activité : Instructrice spécialisée dans les armes à feu
Feuille de personnage
stat :
stat points
force■■
magie/aura■■■■■
resistance■■■
esquive■■■

Magies maîtrisées :
Objets:
Voir le profil de l'utilisateur http://fieldofheroes.forumactif.org/t263-callista-arriline-instr
MessageSujet: Re: Un mois d'août à Timber - Callista&Willys   04.12.16 11:37



Un mois d'août à Timber


Feat Willys


Illuminer. Oui, peut-être que ça avait été ça. En tout cas, sans jouer sur les mots, ça l'avait rendu plus intéressante. Errer sans but dans la ville n'avait jamais été son idée d'une bonne journée. Elle ne savait pas si se griser légèrement à l'aide de la boisson était réellement mieux, mais dans tous les cas, c'était une activité moins solitaire. Le plus gros soucis quand on est en vacances alors qu'on n'en a pas spécialement envie, c'était qu'à force de ne pas savoir quoi faire de ses dix doigts, on en devenait soi-même ennuyeux. En aidant Willys, elle avait eu l'impression de reprendre un peu les choses en mains, quand bien même cela l'ait aussi poussé à parler d'elle plus qu'elle ne le faisait normalement. La boisson l'avait aidé, le statut particuliers de cette rencontre aussi… et elle avait sûrement besoin de s'épancher un peu. Elle avait beau avoir l'air de toujours tout bien prendre, elle supportait mal la séparation d'avec sa sœur. Et il y avait aussi cette demi-sœur qui était dans la nature sans que Callista sache où, cela faisait parti des sujets que les jumelles devraient aborder à l’abri des oreilles de leurs parents. Pour le bien être de Freya, mieux valait que leur père ignore qu'il avait une autre fille, pour celui de leur mère, il n'était pas nécessaire qu'elle connaisse les projets des jumelles consistant à tout dire à leur demi-sœur pour qu'elle le devienne officiellement (à leurs yeux tout du moins). Le silence sur ce sujet n'avait que trop duré, Callista s'en était rendu compte lors du bal. Malgré tout, aller à Dollet était douloureux… elle avait reculé. Mais demain, elle sauterait. Elle se le promit.

Elle laissa Willys parler, suivant le fil de ses pensées sans en percevoir pleinement la profondeur. Elle se demandait ce qui la préoccupait autant, toutefois, elle ne poserait pas la question, parce que ça ne la regardait pas et qu'elle avait déjà trop embarrassée son invitée d'un jour avec son passé. Influencer les autres était une partie du métier d'instructeur, si ce n'est que Willys n'était pas son élève.

« C'est ça, la clé c'est la confiance, mais la confiance en soi. » Elle fit une pause et ajouta, juste au moment où Samwell revenait : « Vous trouverez vos réponses quand le moment sera venu. » Sans pouvoir s'étendre plus. Elle sourit à son ami qui semblait fier du travail accompli. Elle se demandait avec amusement si elle devait lui donner un sucre parce qu'il avait été gentil. Mais c'était un peu trop mesquin comme réflexion alors elle la garda pour elle.

« Tu as bien travaillé Sam', merci. » Elle sourit et regarda l'heure. Comme Sam' avait été occupé avec le vélo, rien ne serait prêt pour l'ouverture si elle ne lui donnait pas un coup de main, mais cela allait l'obliger à écourter sa conversation avec Willys. Néanmoins, le plus gros était fait : le vélo était réparé et revenu dans les mains de sa propriétaire. « Je suis navrée Willys mais maintenant que ceci est terminé, nous allons devoir préparer le bar pour l'ouverture. Et je vais devoir l'aider vu que je lui ai pris de son temps. Un des garçons peut vous escorter si vous le désirez... » Dit-elle en les désignant, et aucun ne protesta. En même temps, si Willys choisissait d'être raccompagné, l'heureux élu ne pourrait que se sentir chanceux, n'est-ce pas ?

Une fois que Willys ait décidé ou non d'être accompagné, Callista la raccompagna jusqu'à la porte : « J'espère que nous nous reverrons. Je pars demain pour Dollet. Merci pour votre écoute. » Et dans un sourire, elle laissa la jeune factrice s'en aller avant de s'occuper d'aller vérifier l'état des verres dont beaucoup avaient bien besoin d'un nouveau nettoyage. Elle avait retrouvé un peu d'énergie, il ne restait qu'à espérer qu'elle en aurait autant demain à l'heure du départ !

{Terminé pour Calli'}

© Field of Heroes

_________________
Aimer jusqu'à en mourir
Il n'est pas question d'être heureux en ce monde. On ne l'est jamais absolument, puisque le lendemain de notre existence et celles des êtres que nous chérissons (⚡) ne nous appartiennent pas


• Award du personnage le plus badass •
Revenir en haut Aller en bas
(Admin) ϟ Résistante de Timber
avatar
Date d'inscription : 11/05/2016
Messages : 1263
Avatar : Brie Larson
Crédits : BALACLAVA (avatar) ultraviolences + moony. (gifs) anaelle (sign)

Âge du perso : 24 ans
Activité : Professoresse de solfège
Feuille de personnage
stat :
stat points
force
magie/aura■■■
resistance
esquive

Magies maîtrisées :
Objets:
Voir le profil de l'utilisateur http://fieldofheroes.forumactif.org/t184-willys-how-do-you-prove
MessageSujet: Re: Un mois d'août à Timber - Callista&Willys   08.12.16 14:29



Un mois d'août à Timber


   
Elle trouverait les réponses en temps voulu. Sans doute. L’idée avait beau être réconfortante elle était aussi tout autant frustrante, mais quelque chose dans l’inflexion de la voix de son interlocutrice de profondément confiant et doux donnait envie de la croire. Jusqu’il y a peu, Willys n’avait jamais cherché les réponses à ses questions. Ses interrogations restaient suspendues quelque part, un endroit qu’elle tenait très loin d’elle et qu’elle tachait d’ignorer dieu sait pourquoi. Cela lui permettait de vivre légèrement, sans trop de soucis et cela lui avait convenu un temps, trop long sans doute, avant qu’elle ne réalise que cela ne pouvait pas durer. Mais aujourd’hui qu’en était-il ? Elle n’était pas certaine de savoir ce qu’elle attendait, souvent elle imaginait avoir un déclic, une sorte de révélation, jamais quelque chose de progressif mais plutôt un événement fulgurant comme si les fameuses réponses se révéleraient d’un coup à elle et que tout, très brutalement, deviendrait clair. Alors voilà qu’elle attendait ce jour effectivement, ce fameux jour ou tout serait plus limpide, sans penser une seconde qu’elle faisait fausse route.

Mais déjà Samwell revenait avec le vélo et avec un flagrant manque de concentration qui aurait pu la faire passer pour une enfant hyperactive, Willys se précipitait déjà vers son précieux bien en oubliant le sérieux de la conversation engagé avec son interlocutrice. Elle tourna autour de l’engin avec un large sourire, on doutait toujours autant que le bolide tienne la route mais il était bel et bien réparé et de nouveau prêt à l’emploi. Si cela avait été son genre, elle aurait sauté au cou de ses sauveurs, à la place de cela elle souriait bêtement sans trop savoir comment manifester sa joie, agitant ses mains d’un air embarrassé et ne sachant comment les remercier correctement. « Vraiment, oui ! » S’exclama-t-elle après l’intervention de Callista, hochant ostensiblement de la tête à l’intention du gérant visiblement amusé par la scène. Replaçant ses mains sur le guidon pour diriger l’objet, elle répéta à voix basse un merci profondément sincère avant que l’instructrice ne reprenne la parole. « Je suis navrée j’espère que ça va aller, vraiment, je… Vous avez été adorables ! » Elle peinait à cacher son enthousiasme et ne cherchait plus vraiment d’ailleurs à le cacher. Il était si rare qu’on la voit de si bonne humeur, mais ça Callista l’ignorait… « Cela devrait aller, pour la route, j’ai encore quelques lettres à livrer mais pas grand-chose ensuite je rentre chez moi, ça devrait aller. » Assura t’elle en souriant avant que la jeune femme ne la raccompagne à la porte.

« Bon courage. » Glissa-t-elle avant de passer le cadre de la porte, posant brièvement sa main sur celle de l’instructrice. « Si vous refaites des escales ici on fera en sorte de se revoir. Merci à vous encore pour tout ça. » Offrant un dernier sourire à Callista, peinant en réalité à exprimer tout ce qu’elle aurait voulu lui dire et à lui témoigner le respect et l’admiration qu’elle lui avait inspirée, elle hocha une dernière fois de la tête avant de quitter les lieux.

Timber était grise, cela ne cadrait plus avec son humeur soudainement si légère. Enveloppé dans une sorte d’aura bienveillante, Willys remonta prudemment sur son vélo avant de pédaler avec plus d’attention que ce matin. Elle aurait voulu noter quelque part tous les détails de cette rencontre singulière et croire qu’elle n’était pas tout à fait le fruit du hasard.

{ Sujet terminé }
   
© Field of Heroes

_________________

your mess
is mine

• Award du personnage miss Castrophe •
   • Award du membre en or •
   • Award du meilleur RP •
Revenir en haut Aller en bas
Contenu sponsorisé

MessageSujet: Re: Un mois d'août à Timber - Callista&Willys   

Revenir en haut Aller en bas
 
Un mois d'août à Timber - Callista&Willys
Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Revenir en haut 
Page 1 sur 1
 Sujets similaires
-
» Abonnement Xbox Live : 13 mois pour 30 €
» Joueur du mois d'avril
» Thème Scénario mois de Décembre- Janvier
» ~Callista pour vous servir~
» gagner de l'argent tous les mois en visionnant des pubs!

Permission de ce forum:Vous ne pouvez pas répondre aux sujets dans ce forum
Field of Heroes :: Have A Break :: Notre Histoire :: Chapitre 2 : Dollet et le bal-